<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-2016329538476784943</id><updated>2011-12-18T05:26:10.925-08:00</updated><title type='text'>Porte-Paroles</title><subtitle type='html'>Je voulais débuter doucement le travail sur la veine. M’enfoncer dans la galerie sans risquer l’éboulement. Convenir que le noir et le blanc, traversés par la mémoire, allaient s’allumer ça et là. Étincelles ou brûlots. Feux de paille ou d’artifice. Donner donc de l’énergie à ce qui était parfois fatigué et oublié presque.</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://porte-paroles.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2016329538476784943/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://porte-paroles.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>La notice</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>7</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2016329538476784943.post-3388412138587545021</id><published>2009-04-15T07:17:00.000-07:00</published><updated>2011-09-17T09:37:25.521-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>Marronnier&lt;br /&gt;Ne subsiste plus qu’une seule des deux gargotes de Foy-Notre-Dame. L’Auberge du Vieux Marronnier propose deux terrasses sous un vénérable... marronnier. Envahie de motards ou de cavaliers, de gîteurs ou de pèlerins, la maison ne vaut que par le bruit qu’on y fait et la convivialité musclée des convives. On attache les chevaux aux clôtures et les motos rangées en essaim et paisibles se reposent sur la place. La population plus âgée s’en allait jadis se crêper, se sucrer pour le quatre heures. C’est à croire qu’ils ont disparu. L’autre lieu s’est ouvert aux plus jeunes moins inquiets et sourcilleux du cimetière qui entre par l’est dans la cuisine du restaurant mais plus sensibles aux vertus d’un partage fraternel et amical des candeurs de la vie. Les tablées de l’un comptaient sur les doigts d’une main quelques vieux couples qu’on pensait éternels mais qui ne furent que silencieux et discrets, celles de l’autre sentent les comptes partagés et les amitiés précaires. Ce qu’il peut y avoir de différence entre le sucré et le salé.&lt;br /&gt;        &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maredsous&lt;br /&gt;Encore la lumière très tôt ce matin et l’horizon repoussé au plus loin, par delà les collines de la frontière française. Profiter de ces grands espaces ouverts quelques jours encore, avant que les vents d’en face, d’ouest ne viennent bousculer portes et fenêtres à l’arrière de la maison, en face du bureau d’où j’écris. On installe du son, des bruits, de la musique autour de soi pour se rassurer. Je me laisse réveiller puis houspiller par la musique de Dhafer Youssef. Je tente de me convaincre qu’une petite escapade dans la campagne me ferait un peu de bien avant que le soleil ne me soit une épreuve. Comme souvent j’hésite entre le Condroz de l’arrière pays havelangeois, la vallée de la Leffe ou celle de la Molignée. Mes pas me poussent souvent vers Maredsous, Foy ou Vervoz sans que des raisons majeures ou objectives guident ces choix. Sauf peut-être le plaisir que j’avais d’en garder des traces sous forme d’aquarelles ou de croquis, le plaisir que j’avais d’y croquer la vie; aussi, sans doute.&lt;br /&gt;J’ai perdu, déchiré, brûlé, supprimé des centaines de pages d’écriture journalière. Persuadé , a posteriori, après mille relectures, de leur inutilité, de leur fiel ou de la douleur, de la haine qu’elles pouvaient provoquer chez le lecteur à qui elles n’étaient pas destinées. Je m’accommode aujourd’hui de quelques réflexions plus sages qui composent utilement avec le temps dont je ne me suis guère soucié jadis et dont je mesure à quel point il est conseiller avisé.&lt;br /&gt;Parfois pourtant l’envie d’écrire à la hache me reprend. Comment négocier et avec qui l’impunité en réponse à l’agression alors provoquée ?&lt;br /&gt;Je marche sur Maredsous. Par Sosoye et la route escarpée des crêtes plutôt que par l’enroulé sinueux de la vallée qui gigote entre les plateaux calcaires pelés. Je m’assieds dans la nef à cet endroit où le soleil vient casser l’ombre, parfaitement sur moi, au travers d’un vitrail que je devine à peine tant l’intensité de la lumière m’éblouit et m’empêche de le regarder. Je reste de longues minutes entre le rien et le silence. Entre leurs échos, dans la réverbération d’un cantique parfaitement silencieux. J’ai l’impression d’être au cœur d’un disque ECM. Reposant. Dehors, quand je marche sur les feuilles perdues par les sept marronniers d’une drève déjà asséchée, je ne peux éviter une canette de Red Bull. Dieu n’est pas toujours en forme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dimanche, octobre 30, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nougat&lt;br /&gt;La journée, comme celle de samedi, est chaude, bienvenue.&lt;br /&gt;Cachou est pourtant un peu fébrile. La soirée d’hier fut bien agréable réellement. Des centaines de personnes nonchalantes dans les rues paisibles de Namur, attablés aux terrasses, dans le soleil tombant d’abord, dans la nuit tiède ensuite. Nous avons dîné superbement à la Petite Fugue en compagnie de Caro et Fabrice. Un nougat de foie gras d’oie aux fruits secs précède le poisson dans sa peau sombre, sandre sur un stoemp aux choux et une tartelette cassonade chaude pour conclure un petit voyage gastronomique entrecoupé d’anecdotes, de rires, de confidences confuses ou sincères. Nous ne saurons toujours pas où et comment ceux-là ses sont rencontrés. Il est toujours beaucoup question de tous les enfants de partout, dans toutes les familles et chez les amis. C’est à croire que la planète n’est peuplée que d’enfants. Nous nous autorisons le champagne, va savoir pourquoi... Nous rentrons doucement en traversant presque toute la ville, persuadés qu’il faut souhaiter très fort le bonheur de tous. Le souhaiter parce que c’est la dernière, première, seule option possible à tous les comportements de vie. Qu’il n’y a pas d’autre choix possible que d’avoir envie et besoin d’être heureux dans ce trafic émotionnel et familial. C’est juste toujours l’heure de pointe dans les familles qui ont du composer avec l’échec ou le changement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi, octobre 29, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Remise à niveau&lt;br /&gt;En parcourant le site, je mesure à quel point, les quelques mots écrits chaque jour ou presque condamnent le souvenir des précédents et hypothèquent la découverte sereine des suivants. J’ai rassemblé les émotions d’un peu plus d’une année dans les quelques lignes qui suivent pour vous faire une idée. Pas une idée juste mais juste une idée (comme disait JL Godard) de ce qui me tient en vie, me freine ou m’exalte. Pas de commentaires possibles juste vos remarques sur lefebvre.jeanpol@skynet.be&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi 7 août 2004&lt;br /&gt;Une lettre dans un roman. La dernière lettre qu'écrit Robert à Francesca dans Sur la route de Madison. Le temps sépare les êtres. Chaque lettre écrite est du temps que l'on essaie désespérément de sauver. Chaque lettre écrite est une victoire contre le temps. Cette heure qu'il a fallu pour écrire, cette heure passée à lire et relire. Ce rituel de l'écriture et de la lecture est une victoire sur le temps. Tout est prétexte à être autre chose. Or, une lettre vient chambarder l'ordre du monde et des choses.&lt;br /&gt;"J'essaie de garder cela présent à l'esprit", écrit Robert. Photographe qui vit quatre jours d'amour et se bat contre quatre milliards d'années-lumières.&lt;br /&gt;Clint Eastwood en a fait un film, de ce roman. On peut y voir Francesca (Meryl Streep) lisant cette dernière lettre écrite par Robert avant de mourir. Non, le temps n'efface pas tout entre les êtres. Une lettre peut en être le signe, puisque chaque lettre écrite est une mémoire, le récit d'une histoire, une trace d'encre sur le papier, une tache d'encre dans le firmament. Le ciel bleu, le ciel gris finira bien par l'effacer. Les hommes aussi lorsqu'ils s'amusent à bombarder la bibliothèque de Sarajevo. Mais le désir d'exister demeure. Toute lettre est la preuve de notre acharnement. Tant pis si c'est raté, tant pis si c'est oublié. Quelque part, quelqu'un cherche à comprendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dimanche 8 août 2004&lt;br /&gt;L’abri par temps d’alerte, c’est un peu le quartier, ses habitudes, ses bruits, ses émotions, le tout replié sur quelques mètres carrés, les gens essaient de dominer leur angoisse mais rien à faire quand les bombes ou les avions sans pilote s’écrasent en sifflant... Les bouches s’ouvrent, les petits cri étouffés s’échappent des gorges sèches. Chacun, dans l’instant, essaie de situer l’impact... Il doit être tombé pas loin du pont du tram... On verra plus tard les dégâts. &lt;br /&gt;- Dans l’abri, la société des voisins ne frime pas. On est véritablement qui on est, explique Paulina. Les qualités et forces de chacun, ses vertus et ses faiblesses apparaissent dans la minute ou l’avion survole les rues. Parfois, pour se donner du courage, on se serre l’une contre l’autre, on se tient la main. Parfois, quand c’est le déluge, on prie et on entend le silence qui reprend sa place entre les explosions. Un silence qui remonte du sol pour redonner de courage aux uns et de l’inquiétude aux plus vulnérables. Un silence qu’il ne vient à l’idée de personne de briser tant il soude les consciences.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi 4 septembre 2004&lt;br /&gt;Il s’agirait alors moins d’exercer, à travers l’autorité, un pouvoir que de concéder un droit. Et, conscient de son pouvoir sur un être, de lui donner les moyens d’augmenter le sien. À conditions, en effet, de lui en concéder le droit…sans intention de l’asservir. &lt;br /&gt;Autorité reconnue, autorité accordée. Autorité revendiquée, arrachée, contestée… L’autorité ne saurait être imposée sans être, d’une certaine manière, prouvée par la capacité d’octroyer, à celui sur qui elle s’exerce, ce droit d’être, à son tour, augmenté… Par cette même autorité. &lt;br /&gt;Ne peut-on penser alors qu’une saine relation d’autorité devrait déboucher sur une relation de confiance sans donner lieu, au contraire de certains pouvoirs, à aucun marchandage… ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi 11 septembre 2004&lt;br /&gt;Dans le train, une femme habituée au voyage matinal s'est émue d'avoir vu une superbe étoile filante dans la nuit, tard, vers vingt-deux heures trente, la veille, en allant déposer en bordure de route un sac d'ordures ménagères pour la collecte du lendemain.&lt;br /&gt;Ce même jour à la même heure, dans les mêmes circonstances domestiques, j'ai vu sans doute, cette même étoile filante. Une petite dizaine de kilomètres sépare nos deux vies.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lundi 20 septembre 2004&lt;br /&gt;J’ai traversé mille fois en courant l’atelier de la Neuville où Paulina, ma mère, commandait en douce reine un essaim d’ouvrières bruyantes mais actives. J’avais dix ans. Des tables larges entre lesquelles je m’aventurais, des allées jonchées de bouts de tissus, du paysage arrosé d’une lumière pâle et froide. Des femmes enfin et déjà que je frôlais sans avouer que je les empoignais, que j’escaladais sans avouer que je les caressais. Des femmes lourdes ou légères, vieilles et jeunes, sans âge pour moi, à vrai dire, que j’aimais parce qu’elles m’enveloppaient d’une attention qu’elles voulaient maternelle et que je traduisais sensuelle. Sous les tables et les machines, dans les “loques” glissantes sur le sol, je me roulais pour aller regarder les genoux et les mollets des femmes affairées, les bas nylon filés et les porte-jarretelles lourds sous leurs robes et leurs jupes que ne cachaient pas des corps encore secrets pour moi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi 20 novembre 2004 &lt;br /&gt;Elle s'est goinfrée de médicaments. La nuit du vendredi au samedi. Elle s'est assoupie dans une lourde mais paisible sérénité. Quarante et un ans. Un mari qui décède en lui laissant un garçon et une fille. Qui lui laisse une vie qu'elle ne parvient qu'à remplir de fumée de cigarettes. Sa main et sa pensée se mettent à douter, ses enfants, trop loins d'elle, trop exigeants, normalement exigeants, la font douter. Son compagnon la fait douter. Et l'argent qui fait défaut. Cela suffit pour en appeler à la clémence qu'elle se donne dans la discrétion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi 1er janvier 2005&lt;br /&gt;Il a donc fallu l’encombrante, l’insolente, l’irrespectueuse et soudaine présence de Dorothée accrochée à ses dérisoires et égoïstes certitudes - lesquelles doivent se compter sur les doigts d’une main -pour m’obliger à la contrition.&lt;br /&gt;Douloureuse contrition en face de Paulina.&lt;br /&gt;Ainsi donc j’aurai été incapable de regarder et aimer comme elle le méritait cette femme de don. Incapable tout au long d’un parcours chaotique et pardonné de lui rendre grâce et honneur.&lt;br /&gt;Il me faut voir l’indécente volonté de thésauriser de l’une pour bénir- trop tard hélas- la générosité de l’autre.&lt;br /&gt;Il me faudra donc avouer de la compassion pour l’une et un immense amour par défaut à l’autre.&lt;br /&gt;Grande souffrance que celle-ci. grande douleur. Grande épreuve.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mercredi, janvier 05, 2005 &lt;br /&gt;Et surtout, n'oubliez pas que dans la vie il n'y a que trois sortes de personnes : celles qui savent compter... &lt;br /&gt;Et celles qui ne savent pas !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lundi 10 janvier 2005&lt;br /&gt;Ma Belle,&lt;br /&gt;Savoir s’il faut dire je t’aime ou je t’aimais, revient à dire es-tu encore avec moi ? Et donc, la véritable question à se poser n’est-elle pas : Que penses-tu, là haut, de me voir pleurer pour toi ?&lt;br /&gt;Moi, là-haut, je ne veux pas, ma chérie, te voir pleurer pour moi ... Je veux te savoir forte et confiante en l’avenir. Je veux que, si tu m’appelles, ce soit pour me convier au bonheur de tes réalisations, aux sourires de tes réussites, aux folies de tes envolées. Et moi, là haut, je peux voir que tu t’y est mise déjà. Que je sens chaque battement de ton cœur comme une musique magique et celui qui t’accompagne comme un indispensable appuis. &lt;br /&gt;J’ai, moi-même, ma belle, cette merveilleuse sensation de confiance lorsque j’entretiens ma mère à propos de ma propre vie.&lt;br /&gt;Elle sourit plutôt que de juger et son sourire vaut, du lointain d’où elle se trouve, la plus ardente des complicités.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi 12 mars 2005&lt;br /&gt;Le couple des enfants passe dans les turbulences et les questions d'une séparation traînent sur la table entre le linge à repasser et un bouquet de tulipes. Les petits, eux, s'en remettent aux guides pour Louise et à Spiderman pour Milo.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mardi 29 mars 2005&lt;br /&gt;Vendredi. Descente au Tombeau. Comme chaque année, infinie compassion d'un petit peuple décalé, isolé dans la vallée de l'Ywoigne, loin de la planète et si au dedans d'elle. Je souffre tellement que lors de la longue génuflexion qui accompagne le trépas du Christ, je dois m'appuyer sur le banc qui me fait face. Je prie pour tous les miens et des proches tellement loin encore.&lt;br /&gt;Impasse de fatigue pour la nuit pascale.&lt;br /&gt;Je participe avec un recueillement sincère et dense à la liturgie romaine du dimanche et à l'eucharistie grecque du lendemain. Beaucoup de silence à l'intérieur de moi, sans qu'il soit question de paix pourtant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dimanche 11 septembre 2005&lt;br /&gt;Hier, quand le nuit est venue, les hommes sont allés se promener dans l’obscurité. Les hommes, ça marche toujours dans l’obscurité. Milo et papy ont marché dans la nuit profonde au moins jusqu’aux poiriers. Sous un ciel à quatre étoiles et dans un silence qui fait parler l’herbe mouillée. &lt;br /&gt;T’as pas peur papy ? Moi j’ai un petit peu peur et la main de mon homme est venue dans la mienne. Et puis après un si long moment mon homme s’est rassuré en disant je t’aime papy. En serrant fort ma main. Ça vaut la peine de faire des concessions comme ça quand on est un vrai homme.&lt;br /&gt;Hier, quand le nuit est venue, les hommes sont rentrés dans l’obscurité. Les hommes, ça complote toujours avec l’obscurité. Milo et papy ont marché dans la nuit profonde au moins des poiriers jusqu’ici. Sous un ciel à quatre étoiles et dans un silence qui fait parler l’herbe mouillée.&lt;br /&gt;Et puis ils ont raconté nimporte quoi. Qu’ils avaient vu un renard et des araignées lumineuses. Les hommes sont des enfants qui grandissent tout le temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A vrai dire&lt;br /&gt;Il me reste encore quelques affaires à régler.&lt;br /&gt;Ainsi, je devrais apprendre à Milo à regarder le ciel dans un télescope planté dans le champ et à le convaincre que j’ai vu sur la lune quelque chose bouger, et que je me demande bien ce que c’est et qu’il sait sûrement lui.Aller manger une sole avec Louise au Royal, là même où sa mère alors âgée de huit ans, se débrouilla avec tant de sagesse pour lever la chair du poisson et la déguster avec une parfaite désinvolture qui fit l’admiration de Jean Servais, alors directeur du théâtre de Namur.Convaincre Cachou à préparer et cuire des galettes et apprendre aux marmots à tremper les doigts dans la pâte molle et sucrée et à négocier le droit de s’approprier les premières cuissons, ces petites alvéoles pas assez dorées mais si bonnes lorsqu’elles sont encore tièdes.laisser Louise me lire des passages de l’Immortalité de Milan Kundera avant que je m’endorme, La laisser vérifier que je ne cède pas trop vite à la fatigue et qu’elle doit donc continuer et sentir le bonheur qu’elle prend à me faire partager la force des mots.&lt;br /&gt;installer une petite tente sous le vieux prunier et passer une nuit de printemps, rien qu’une, dans le secret de la petite maison de toile avec Milo et Louise, s’étonner des silences et des bruits et raconter des histoires de pays lointains avant d’avoir un peu peur de ce qui risque d’arriver quand le soleil est tombé.partir au bord de la Semois avec Louise et revenir dans la nuit tombantes avec des dizaines d’aquarelles, les installer sur les murs et attendre que les amis, les proches et les parents en disent du bien. Rien que du bien. grimper sur un rocher avec Milo, pas très haut, bien sûr. Juste là où il sera plus haut que moi et qu’il dira comme il sait si bien le faire...Allez viens... et que je dirais que c’est trop haut pour moi et qu’il sera devenu presqu’un homme de six ou sept ans.Boire avec Milo une première gorgée de bière. Toute petite pour goûter. Traverser la Lesse en septembre à Chaleux en se tenant la main tous les trois, sentir le courant qui nous pousse, nous bouscule et la température de l’eau qui change, qui refroidit les membres avant de les réchauffer. Parler sérieusement de choses graves comme le ciel et la mort, parler en rigolant de choses rigolotes comme le ciel et la mort. Et puis, si ça se trouve, je tenterais comme Paulina d’influencer le temps, de l’amadouer, de pactiser avec la vieillesse et je dirais qu’ “avec un peu de chance, je les verrais faire leur petite communion” comme elle disait. Ce qui me fera sans doute rire. Je n’en suis pas très sûr, à vrai dire, que cela me fera rire.&lt;br /&gt;        &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sapienza &lt;br /&gt;Vers le début de la nuit, un bref mais violent orage a plaqué sur le sols, en même temps que quelques éclairs très pâles, des milliers de feuilles jaunes, ocres, brunes. Le vent tournoyant a poussé des petits tas de mousse à l’aventure. J’ai préféré le bruit de la nature à celui du dernier album de Souchon. J’ai commencé la lecture de L’art de la joie de Goliarda Sapienza. Comme je le pressentais, je vais m’éblouir de ces mots justes et denses même s’ils sont prévisibles, de ces situations que l’histoire façonne ou cautionne, que la passion instruit.&lt;br /&gt;J’en oublie déjà les recommandations du toubib et les nouveaux médicaments prescrits pour le coeur et la tension compatibles avec les autres. Il veut me revoir sur un terrain de tennis. Cela me fait sourire, moi qui suit désormais persuadé qu’on a élargi les courts, qu’on les a allongé aussi pour faire la nique aux vieux, pour les dégoûter de jouer et laisser la place aux jeunes; c’est pour cela que nous débrayons encore lundi et vendredi prochains, non ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce matin, je me suis taillé la barbe. Il y a des petits matins où l’on doit se résoudre à recadrer l’image, à reformater le contour de son faciès sous peine de paraître incapable de tenir son rang, de permettre aux autres de trouver des points de repère. A moins qu’il ne faille, en retournant vers le glabre, se ressourcer, se remettre en situation de vieillir, de mûrir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“J'adore les livres d'occasion qui s'ouvrent d'eux-mêmes à la page que leur précédent propriétaire lisait le plus souvent” (Hélène Hanff, Charing Cross Road). Il y a dans la cuisine, à côté des biscuits, des bonbons et des ordonnances de toubibs, une édition économique de l’Art d’Aimer d’Ovide qui traîne là, sur le plan de travail; depuis des années. Cachou y tire au sort des décisions de vie quotidiennes et j’y lis parfois des bribes qui m’ont fait rêver ou qui me sont redoutables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“J'adore les dédicaces sur les pages de garde et les notes dans les marges, j'aime ce sentiment de camaraderie qu'on éprouve à tourner, à lire les passages sur lesquels quelqu'un, disparu depuis longtemps, attire mon attention. (Hélène Hanff , Charing Cross Road). Walter Carloni, un fidèle, lointain et discret ami de jeunesse a annoté sur des dizaines de pages “Le Loup des Steppes” de Herman Hess que je lui ai laissé quelques années avant qu’il me retourne le livre. Des ratures enflammées au crayon , des surlignages revendicatifs, de délicates interrogations ou des acquiescements comblés. Aujourd’hui encore je parcours avec bonheur la lecture de sa lecture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;jeudi, octobre 13, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Presque vingt minutes&lt;br /&gt;Il y a 184 pas à parcourir avant d’atteindre le chemin composé de près de 300 dalles de bétons de 7 à 8 pas chacunes. C’est un vieux calcul que j’ai fait il y a quelques années. J’ai donc parcouru tous ces pas pour l’aller et pour le retour, trois fois. afin de déposer les poubelles de la semaine et celles de la précédente, refusées par la grève. A l’issue de la première partie de mon troisième trajet, je me suis retrouvé nez à nez, sous la lampe au sodium, avec ma voisine d’en face, de l’extrème en face, qui doit au mieux parcourir deux cents pas avant d’atteindre le chemin composé donc de 300 dalles de béton de 7 à 8 pas. Nous sommes arrivés face à face avec nos deux sacs que nous avons déposé sur notre bord. Nous avons échangé, sans réellement voir nos visages, des phrases de convenance, d’humour et de société. Puis, elle est repartie, un peu fatiguée dans son peignoir clair. Je suis reparti, un peu fatigué dans mon pull trop large et dans les volutes de fumée d’un cigare à son terme. J’ai connu des passions qui naissaient avec moins que ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Caroline a appelé pendant 19 minutes et 23 secondes.&lt;br /&gt;Elle a raconté la difficile et délicate montée en puissance des exigences patronales, ses remue-méninges professionnels, ses pressions hiérarchiques et finalement son enthousiasme et sa fulgurance. Je serais toujours désarçonné par sa vitalité. Je me dis en même temps qu’il y a là pour elle,en permanence sans doute, matière à choisir, à prioriser. Deux enfants et une vie affective et familiale à construire encore, du temps à gérer, des instants à bien disperser pour que chacun y trouve son compte. Il se pourrait qu’elle doive compter sur une sagesse qu’elle n’a pas encore vu dans le fond de sa poche. L’en-cas, le quatre-heures. A moins qu’elle soit tellement sûre d’elle qu’elle nous fasse le coup du “pique-nique en novembre”. Ce qui, dans les couleurs de la saison et l’amour des autres, voudrait dire quelque chose comme “ regardez comme j’assure”. Elle en est foutue. Elle le fait. Bon Dieu, comme je l’aime.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mercredi, octobre 12, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hosto&lt;br /&gt;Commencée très tôt , la journée se termine très tard, avec la reprise de Cachou à St Anne. Dans les couloirs de la clinique et de la résidence on ne croise, en début de nuit, que du personnel soignant âgé. Cachou fait partie du personnel soignant âgé. Les plus jeunes déclinent le travail de nuit, cela les prive de leur vie de famille, de leurs enfants et de la Starac. Je n’ai pas respecté l’ordre de préférence. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’aime l’atmosphère des cliniques le nuit. Un silence disponible autorise les attentions les plus intimes. La lumière présente où il faut, éclaire l’espace ou l’estompe quand il le faut. On entend le bruit discret de la présence rassurante des machines, le bourdonnement léger de l’électricité, de l’électronique qui circulent en réseau, dans les câbles, sur et dans les boites, les pièces, les coins et les recoins. &lt;br /&gt;L’humain délègue à la technique le soin de... dans une clinique quoi de plus normal. &lt;br /&gt;Je garde en tête un livre dense, roublard et batailleur de Victoria Thérame sur le sujet, Hosto Blue, peut-être. Le titre n’est plus fidèle à ma mémoire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’odeur dans la clinique la nuit est absente ou au repos. Elle ne se faufile plus nulle part, elle reste en suspend. Le cas échéant, on l’évacue par de petites fenêtres ouvertes discrètement sur l’extérieur. Personne ne traîne dans les couloirs pour se plaindre de ces petites fenêtres ouvertes qui refroidissent les lieux. C’est ainsi que la douleur des gens s’estompe, libérée par de petits orifices. Il faut faire place à une nouvelle journée propre, pure et paisible qui suffira bien à la peine et à la douleur des gens. Les gens ne savent rien des tendresses du personnel soignant, sauf quand ils souffrent et se meurent, mais il est alors souvent trop tard pour le dire à qui que ce soit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mardi, octobre 11, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Semences&lt;br /&gt;Nous sommes presque déjà au coeur de la nuit puisque dans le ciel, seule une fine ligne rouge mais intensément lumineuse subsiste, qu’elle est vouée à disparaître, étouffée par un amas de nuages inoffensifs dans quelques secondes. Voilà, c’est fait... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Encore quelques coloquintes et déjà des fleurs de tombes sur les bords de la place communale toujours paisible. Je shoote dans une canette de Jupiler vidée en hâte et secret maladroits par un gars que je devine aux limites de la dépendance et que je sens vulnérable mais qui me fait une belle sortie marxiste sur sa condition. Cela fait des siècles que je n’ai pas entendu un pêlot revendiquer avec tant de précision sa lutte désespérée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’immense tracteur arpente, tous feux allumés, le terrain débarrassé de ses betteraves et tamisé pour accueillir la semence. C’est pour ce soir, l’engin dépose en terre la graine. Amours industrielles. Mariage de raisons économiques urgentes. Il y a pendant quelques temps, un doux questionnement sur ce qui va pousser dans les semaines à venir. J’aime ce partage douloureux et ordonné entre la mécanique et la nature. Chacun y laissant du sien. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est la fin d’une journée que j’esperais rare et qui ne fut que vide de tout. J’ai une pensée pour Virginie dont le combat semble rude et pour Dervenn dont le silence m’inquiète. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lundi, octobre 10, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les maïs&lt;br /&gt;Je m’accroche encore à la musique sereine de Chapman. Je m’accroche à toutes les petites choses de la vie. Je pense qu’accumuler au fil du temps les petites choses de la vie la rendent grande. Un terril de petites choses accumulées. Des objets inutiles, des rencontres inattendues ou improbables, des chapardages émotionnels souriants, des cambriolages amoureux désespérés, voilà ce qu’il nous faut partager et revendiquer. Je dîne seul sur le tard. La journée, commencée vers cinq heures, est enfin à son terme. Les maïs sont tombés dans les champs à gauche de la maison. Je l’écris à Virginie en lui précisant que l’hiver fait un pas encore vers nous. Demain, début d’un Rite à Mariembourg. La Place Marie de Hongrie a des airs de Provence quand le soleil la traverse et l’enrobe. Il fait bon y planter ses sens pendant quelques heures. Entre le fleuriste, la terrasse du bistrot et le terrain de basket-ball déserté, les gens vivent au rythme d’un pas qui leur est propre, ni pesant ni léger... Un pas vu pas pris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dimanche, octobre 09, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tracy Chapman&lt;br /&gt;Les anges sont venus, ils ont virevolté et sont repartis. C’est le propre des anges d’agir ainsi, de se multiplier, se démultiplier et puis se reposer. Avant de dormir, Milo a hip-hoppé sur Jamie Cullum . Un beat du Bronx dans les quilles sur un ravalement de crooner. Grand, totalement indescriptible. Loulou a raconté la classe et les habitudes de la bande, les garçons qui en font trop, va savoir pourquoi et les filles qui les font marcher, va savoir pourquoi. Et puis Cachou a raconté l’histoire de Thimoty et Grand’Pa qu’on commence quand même à connaître. Puis on s’est endormi dans le bruit assourdissant de nos bisous. Quelque part dans la nuit, Loulou a senti ses jambes grandir et elle a dit “Ça me fait souffrir” et papy a massé doucement avec patience et douceur sa fine et longue jambe droite. Puis elle a dormi jusqu’à huit heures. On a mangé des fibres au chocolat avec Milo. Puis la journée a ressemblé à une musique de film, on ne la voit pas et on ne l’entend pas, elle passe. Et puis, les anges sont allés se perdre dans la ville pour cueillir des bazars et des choses, des machins et des joyaux rares... faire une provision d’inutile parfait et joyeux... Et puis les anges sont montés dans l’auto pour adieu et loin. Un pays à chier.... On ne peut pas dire à chier, Papy. Puis Papy a écouté, tout seul, Tracy Chapman qu’il venait d’enregistrer et ça lui a foutu le vrai cafard. Et le pire du plus beau restait à venir car sur l’oreiller bien tiré sur le lit ouvert dans sa chambre, Loulou avait laissé deux dessins pour lui, rien que pour lui, c’est écrit là : pour papy. Faut pas lui faire des coups comme ça à Papy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;         &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi, octobre 08, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Coloquintes&lt;br /&gt;Petit matin maussade. Je suis taquiné dès l’aube par une douleur dans les mollets. Douche brûlante comme chaque matin et la peau qui rétrécit pendant l’heure qui suit. Café et médocs. J’entends à la radio les analyses de la grève d’hier, je regarde ce qu’en disent les médias français.&lt;br /&gt;“ Principale cible des grévistes, la réforme à venir de la sécurité sociale et des retraites. Le gouvernement libéral-socialiste a engagé, il y a quelques semaines, une vaste concertation sur ces deux questions face à l'amenuisement continue de la population active (le taux d'emploi y est l'un des plus faibles d'Europe) en raison du vieillissement de la population et au coût d'un système de sécurité sociale réputé généreux.&lt;br /&gt;(Libération.fr)”.&lt;br /&gt;A la radio, les vieux monstres de la pop défilent de bonne heure. Déjà du gros lourd qui tache. Deep Purple, Alice Cooper. J’avoue que je m’accroche. Ça n’a pas fait que vieillir, ça a un peu pourri.&lt;br /&gt;Je lis le billet de Marc Ochinsky dans le Vif. Lennon sur les ondes.&lt;br /&gt;Le vieux pic vert, plus tôt qu’à son habitude sur le gazon. Il entame un vol circulaire lent et maladroit qui le fait passer entre deux peupliers, disparaître une petite minute et revenir par les sapins pour recommencer la même procédure alimentaire. Je fais le tour des amis. Dervenn en absence. De jonckeere toujours : “Anne et moi avons regardé attendris ces images et d’autres voisines dans le temps, toutes vieilles de deux ans, un chahut dans la pièce du bas entre Nathan et Julien, un réveil en famille au dessus de la librairie et quelques extraits aussi aux Rigaudières, les enfants sont tellement grandi, je crois que c’est ce que l’on se dit en général devant pareil spectacle ...” &lt;br /&gt;Atkinson : “ le ciel est parfaitement blanc &lt;br /&gt;je n'arrive pas à me défaire des considérations météorologiques et rentre dans la fraîcheur silencieuse avec délectation: le temps parfait pour lire des comics en buvant du café bien au chaud: il est tôt et pourtant : les petites lumières sont déjà allumées, la dépression délicate permet travail, contemplation et recueillement. Et cèpes, marrons, thé, crumble...” &lt;br /&gt;Rien sur le site de ma fille, occupée sans doute à de célestes désarrois.&lt;br /&gt;Lecture distraite d’un bref entretien paru dans les Inrocks de Jean-Philippe Toussaint. Il y parle de l’influence plus importante qu’il y a trente années des images qui nous submergent sur l’écriture. &lt;br /&gt;La brume se lève difficilement. Le jardin est bien affairé à son vain combat automnal. L’écureuil ( ils sont en fait deux à partager l’espace autour de la maison) transporte avant de les enterrer des provisions jaunes que j’ai du mal à identifier. Le rouleau rouillé attend que je le rentre dans le garage, les derniers outils utilisés s’appuient quelques jours encore contre le mur pas trop loin du balai de sorcière. Les poiriers sont complètement déshabillés déjà. Pas un fruit n’a été récolté. Quelques bûches attendent encore une éventuelle et tardive envie de barbecue. A vrai dire, je patiente comme je peux avant d’accueillir les petits. J’arpente les abords en me disant que bientôt, je peinerais à pousser la tondeuse, à vider l’herbe à l’avant du champs dans ce compost improvisé parfois fumant, toujours coloré.&lt;br /&gt;J’apprends à serrer dans la paume de ma main, au fond de ma poche, des petits objets familiers qui me sont signes de quiétude ou de réconfort, de promesses d’instants futurs paisibles et heureux. Je tripote ainsi, la tête d’un petit homme casqué en fonte, ce qui reste d’un crampon destiné à empêcher les volets de se rabattre sur les fenêtres. Dans le bureau, les fleurs en papier de soie rouge, souvenir du mariage de Caroline, pâlissent sous les assauts de deux années de soleil. Je ne m’en étais pas rendu compte mais la lumière efface en même temps qu’elle éclaire. Comme le temps d’ailleurs qui peut revendiquer pareilles fonctions et excès. Cachou a ramené des coloquintes de toutes les couleurs dorées de la saison. Elles sont disposées là où la lumière leur donne plus de présence, de volume et d’éclat. Les éboueurs, en grève hier, n’ont pas collecté les sacs de déchets. Je vais les reprendre au bord de la rue, accompagné sur le parcours par les brebis curieuses et bruyantes. La mousse en cette période humide envahit doucement le sentier lui donnant un air oriental lorsqu’il glisse sous les conifères. Le geai est évidemment catastrophé par ma présence au pied des arbres et il le fait savoir...&lt;br /&gt;Il faudrait pouvoir montrer le Rite ( mais au fait à qui et pourquoi ? Dans quel but particulier et précis ?) en le filmant sans le filmer réellement. Sans en faire un reportage mais plutôt un constat proche des pratiques du Dogme. Je prends des notes et fait quelques croquis pour supposer des plans utiles. Je relève la liste des personnes qu’on peut interroger sur le sujet et dans quel sens et avec quelles émotions ils sont capables de répondre. Je déjeune rapidement avec Cachou très énervée du trafic et de la foule qu’elle a rencontrés pendant ses courses ce matin, de charcuteries arrosées d’un bordeaux jeune et léger. J’avale quelques raisins blancs trop sucrés et trop petits à mon goût. Je peine à quitter la table, mes articulations me figent dans ces postures que je connais maintenant trop bien, préalables à la douleur sourde et donc au traitement inconfortable et pesant qui la suivra.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;          &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;vendredi, octobre 07, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La grève&lt;br /&gt;Grève générale et nationale. Pour moi la grève restera toujours attachée à l’hiver 60-61. Au pied des deux terrils à l’arrière de la chaussée de Montignies, parcourus par les glaneuses. Nous jouions au football alors qu’au loin la foule grondait “Eyskens au poteau”, que les pétards explosaient et que la cavalerie chargeait. Trop tendre pour comprendre. Les cris, slogans et chants exaltés des grévistes ressemblaient tellement aux envolées bruyantes des supporters de l’Olympic et du Sporting lors des joutes du dimanche après-midi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;       &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;jeudi, octobre 06, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Gilly&lt;br /&gt;La journée est ensevelie sous un brouillard épais. La route vers Nivelles, un piège permanent et le combat pour sauver l’emploi des pêlots insouciants difficile et âpre. De neuf à quatorze heures pour défendre trois têtes de gosses, une panse de théoricien de l’insolence et une midinette. Cinq sur six sont provisoirement à quai. La seconde session commence lundi, plus facile sans doute mais celle-ci réserve encore sûrement quelques surprises.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n’y a désormais plus rien qui me conduira vers Gilly. La maison de Dorothée est vendue et avec son discret estompement du paysage s’écrit en pointillés la fin de nos souvenirs d’enfance. Avant de passer chez le notaire pour conclure l’affaire puisque Cachou récupérait de sa nuit de travail, j’ai traîné dans les rues proches du gazomètre et des quatre bras. Une promenade triste et lasse. Le quartier dans les années septante si prospère et ouvert, ne peut cacher son délabrement et sa peur. Les trottoirs sont envahis de touffes d’herbe et jonchés de papiers et d’ordures. Les vitrines sont abandonnées ou éventrées et les seuls commerces qui subsistent s’acharnent au discount, au rabais. Des gens, on ne dira rien ou alors peu tant ils sont effacés et résignés. Les jeunes sont gros et les vieux bas. Il y a sans doute de la mélancolie dans mon jugement ou de la désillusion auquel cas, il se pourrait que je sois quelque part en cause dans ce délabrement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cachou souffre beaucoup de ces instants de fin de quelque chose d’essentiel. Je ne lui suis guère d’une grande utilité tant ce qu’elle a vécu lui appartient, lui colle aux membres. Elle a dormi sur son vieux missel retrouvé dans les tiroirs du déménagement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Coup de fil vespéral de Didier. Mis au courant de l’avertissement qui me concerne, il a les mots d’un réconfort solide et sincère et donc forcément efficace.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les anges viennent dans deux jours! Vous entendez ? les anges viennent dans deux jours !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;          &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mercredi, octobre 05, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On serait mercredi&lt;br /&gt;J’ai laissé glisser dans un bain brûlant et réparateur les reliquats d’une journée remplie de fatigue mais aussi de sollicitations. Quatre rites ont été programmés pour les jours à venir et l’idée de consacrer un module d’humour et d’action à nos demandeurs d’emploi agite ce vieux pote Vincent qui croit comme moi qu’un peu de théâtre ne peut pas faire de mal à qui doit composer avec le discours pour s’en sortir. Je pense que la sympathie que Vincent me porte, et que je souhaite lui rendre simplement en toutes circonstances, lui vaut sans doute parfois d’être isolé voire déconsidéré dans sa démarche créative de mise à l’emploi. J’aime chez lui l’homme vulnérable et juste. Vulnérable pour lui et juste pour l’autre. J’aime, sans les connaître, ses deux enfants qu’il accroche à la vie comme on s’entête à planter des graines pour ouvrir un beau jardin. J’aime ses envies d’amour fou pour les femmes qu’il croise, j’aime que ses pêlots l’aiment sans mesure. Et qu’il les aime sans mesure. Et puis, il s’y connaît pour faire les meilleures soupes, rares et savoureuses et il peut chanter - wap doo wap- cent tubes d’affilée des années soixante en français et en anglais. Ce qui est rare et tellement wap doo wap évidemment. &lt;br /&gt;         &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mardi, octobre 04, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On serait mardi...&lt;br /&gt;Sylvia écrit la nuit en musique. J’ai toujours la crainte qu’elle renonce à ses confidences. J’aimerais acquérir cette sagesse face aux choses à faire simplement ou à dire tout aussi simplement en temps utiles. “Nous avons regardé ensemble de vieilles photos et elle m'en a données que je n'avais jamais vues de mon père, petit garçon et jeune homme. Elle est remontée dans ses souvenirs, dévoilant des aspects de mon père que malheureusement j'ignorais. Je ne sais pas où est passé ce jeune homme des photos, celui que j'aurais tant voulu connaître.”&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Stéphania a passé une heure à me dessiner le théâtre des jeux de rôles. Les libérables ou les justiciables. Les blacks, les browns, les yellows et l’arc en ciel des émigrés qui nous viennent. Je vais travailler avec elle sur les projets marginaux. Fin de parcours avec les plus jeunes.Carte jaune de la part de mes supérieurs pour non services rendus à un duo d’accompagnantes sociales en les “agressant” verbalement ( elles ont pleuré paraît-il) et en faisant de la rétention d’info... Je ne suis ni surpris ni déçu, ni ravi bien entendu. Il y a dans cette remontrance la mesure d’un fonctionnement qui sied à l’univers de l’insertion et de l’accompagnement. On s’accomode en grand(es) professionnel(les) d’un comportement immature et autoritariste sans mesure ni limite de la part d’un pelôt mais on refuse de partager les territoires de l’insolence quand ils sont balisés en dehors du champ de jeu. Ou plutôt dès que les clés de l’expérience sont dans la poche de quelqu’un d’autre à qui on n’a pas envie de dire qu’on en a besoin. Et que donc, l’éternel conflit des passeurs de savoir se répète. J’aime utiliser le mot branque qui n’est qu’un imbécile piémontais à l’origine, mais qui est devenu dans nos langues le maladroit, le demi-cougni, comme on dit en wallon. Celui qui a été fait à moitié. Sans doute suis-je à moitié fait. Seulement. Je revendique ce statut de branque, de demi-cougni, parce qu’il impose la violence de l’espoir et non la démission de l’espoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Véronique est aujourd’hui encore absente..&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Phil rencontre les élèves de la classe de Nathan. Il explique l’autisme de son gars. Je lui écris :&lt;br /&gt;J'écoute parce que je ne peux pas faire autrement. J'entends vos voix,&lt;br /&gt;celle de Anne et la vôtre; inconnues jusqu'ici. J'entends des enfants&lt;br /&gt;qui ne sont que des enfants. J'entends parler de lui, de ce qu'il est,&lt;br /&gt;ce qu'il faut faire ou essayer de faire ou envisager d'essayer de&lt;br /&gt;faire; J'entends l'appel aux parents. Je suis le grand-père de deux&lt;br /&gt;petits. Louise et Milo. Milo pense au bout de ses mains de quatre ans&lt;br /&gt;que Spiderman peut tout régler et Louise pleure parfois dans les bras&lt;br /&gt;de mon épouse et de moi-même la séparation de ses parents. J'aimerais&lt;br /&gt;vous convaincre que la quatrième personne qui encombre, perturbe,&lt;br /&gt;complique ou ralentit vos relations n'est que le temps. Rien d'autre&lt;br /&gt;que le temps. Je ne sais pas de quel droit je m'autorise ces remarques.&lt;br /&gt;Peut-être le même que celui qui vous pousse à parler de Nathan aux&lt;br /&gt;gosses et aux parents. Cette envie de rétrécir l'espace de séparation.&lt;br /&gt;Donc de rapprocher choses et gens, donc de serrer corps et âmes. Je&lt;br /&gt;voudrais encore un rayon de soleil dans vos regards. Un de plus. Il y&lt;br /&gt;en a tant déjà. Ceux que Nathan fait briller. &lt;br /&gt;Il me répond :&lt;br /&gt;Merci Jean Pol pour ces paroles aimables. J'ai peur que ce qui les motive&lt;br /&gt;est que vous sentiez dans les lignes du bloc-notes une manière de désespoir,&lt;br /&gt;ce n'est pas le cas, il y a de la rage à vaincre cette affaire surtout. Ce&lt;br /&gt;qui me pousse à rendre ceci public tient davantage d'un autre&lt;br /&gt;questionnement, c'est-à-dire, celui artistique qui consiste à faire son&lt;br /&gt;sujet du quotidien. Cela peut heurter, ce n'est cependant pas le but, la&lt;br /&gt;question du respect est chaque fois posée.&lt;br /&gt;Je lui réponds :&lt;br /&gt;Je n’ai pas l’impression d’avoir mal perçu votre démarche. Je la sens cette rage de vaincre. Il est tellement difficile de faire la juste part de son engagement quotidien. Souvenez-vous de votre texte sur l’impuissance face à l’accident prévisible de ce conducteur ivre. Nous sommes tous un peu paralysés devant ce qui détermine notre devenir et en même temps heureusement exaltés et débridés. Vous faites parfaitement ce qu’il convient de faire en le disant mot à mot. son par son, en corrigeant les émotions et les validant. Le partage créatif ne vient qu'entre mesure et démesure.&lt;br /&gt;Vous faites sans doute ce que j’ai échoué à faire. Donner à lire trois carnets de vie, des centaines de pages par crainte de me montrer tel quel, tel que naïvement et superbement pur et sincère donc.. Ce que vous êtes vous et les vôtres.&lt;br /&gt;J’ai bien du bonheur à vous connaître, à vous lire et relire .&lt;br /&gt;          &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi, octobre 01, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Concert de Cologne&lt;br /&gt;S’appeler Marte Bonaparte et avoir vingt ans aux States. Ecrire que les deux premieres minutes trente du Concert de Cologne sont parfaites. De la pure poésie. Et puis ne plus rien savoir d’autre d’elle.&lt;br /&gt;        &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier&lt;br /&gt;Hier, dans la fin de la nuit, une écoute si loitaine et indulgente de ce pur instant de grande ferveur. Je veux me souvenir de ces minutes dont je dirais si j'osais qu'elles font comprendre les mathématiques et la douceur. Il y a tout dans l'éclosion progressive et patiente de ce morceau de soie douce.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se peut que d'ici, les habitudes ne soient que des morceaux de vie bien rangés dans une armoire dont on a pas gardé la clé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;vendredi, septembre 30, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;parapluie&lt;br /&gt;Hier, j’ai conduit un Rite avec de futurs préparateurs de commandes pour une entreprise de Nivelles. Les onze garçons et les filles sont de bonnes volontés, conscients que c’est un passage obligé vers plus d’exigences. &lt;br /&gt;Parmi eux, un gamin taiseux a perdu son père et celui qui l’a remplacé dans le creux de sa mère n’est pas tendre avec lui. Pendant toute le session, il a caché son silence. Maintenant il faut. &lt;br /&gt;-Il m’a toujours rrrrrrrrrabaissé...Les mots sont longs et improbables... .il les cherche et ne les trouve pas...plus que le bégaiement, c’est l’astoc. Le butoir. &lt;br /&gt;-Je sais que je vvvvvvvvvais ddddevoir... il se met à suer, à grosses gouttes. &lt;br /&gt;-Monsieur, je ne vais pas vous mettre à l’emploi parce que vous bégayez... &lt;br /&gt;la sentence écrase le groupe, soudain silencieux, ahuri. &lt;br /&gt;-Vous m’avez bien compris, Monsieur, vous êtes trop vulnérable, vous êtes incapable de vous défendre. Je ne me demande pas si je vais trop loin, je sais que je vais réussir à venir plus près. &lt;br /&gt;- Monsieur, prouvez-moi que j’ai raison de vous engager... &lt;br /&gt;Et le garçon se met à parler, parce que je lui dis qu’il doit me regarder en face comme une belle montagne qu’il doit gravir. Et les mots viennent avec douceur et beauté. Et les phrases se construisent et le groupe a soudain envie de marcher à ses côtés Je dois me contrôler pour ne pas laisser submerger par son bonheur, sa fougue et sa volonté, par la merveilleuse douceur de sa voix. Je ne lui ai pas encore parlé de sa voix. Les unes pleurent et les autres écrasent d’un coup le banal d’une vie trop facile, trop futile. C’est tout, on se quitte pour se retrouver demain à l’usine. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Non, c’est pas tout, le gamin reprend le même train que moi....Il est là et il dit de sa belle voix : je voudrais vous dire merci parce que je crois que vous m’aimez... Je m’accroche à mon parapluie. C’est la seule chose à faire quand l’envolée est vertigineuse. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;jeudi, septembre 29, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Slow&lt;br /&gt;Mets de la lenteur pour aborder une entreprise; mais le travail commencé, poursuis-le avec énergie.&lt;br /&gt;Bias (de Priène) Les penseurs grecs avant Socrate&lt;br /&gt;          &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les grands hommes ont toujours porté la barbe. Le grand schtroumpf est né avec une barbe sous son bonnet. La lutte des classes maternelle et primaire est restée dans la mémoire de Karl. Saint-Nicolas faisait croire à tout le monde qu’il existait sous sa barbe. Que dire de Nietzche ou de Bakounine, les camarades vitamines et de Dieu lui-même qui la portait en pointe. Je ne parle pas de Charlemagne qui la faisait parterre ou de Don quichotte qui, moustache et bouc dressés, fendait l’air. Les grands hommes ont toujours fièrement porté l’oeuvre et les petits ont toujours pensé que le savon rapprochait de la sagesse. A juste titre.&lt;br /&gt;          &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mardi, septembre 27, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;femme_au_sourire&lt;br /&gt;J’ai parcouru votre blog dense et urbain en me disant que votre patience et votre tenacité compliquée par la vie sauvage et insousciante des enfants ne s’exprimerait que par accoups, par bribes. C’est l’inverse, il ronronne le moteur de votre travail; doucement, sans arrêt prévu et passage ravitaillement par le stand de l’inspiration.&lt;br /&gt;J’isole un de vos croquis, un signet. Une femme au sourire. Vous me l’autorisez j’espère (sources : Virginie Ducoulombier). Pour être plus concrètement dans votre sillage. Je vous lis maintenant. Un autre manière de me laisser happer par la vitesse de vos élans et leur parfaite mesure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Godinne&lt;br /&gt;Je viens de lire vos pages du mois de septembre et je suis touchée, vraiment, par votre écriture qui me parle fort... Travaillée, forcément, car elle coule de source, c'est beau, c'est une musique qui fait du bien... C'est bon tous ces moments que vous décrivez, c'est comme une douce promenade le long d'un ruisseau, je ne me sens pas obligée de rester, je reste, les angles sont arrondis, adoucis, je peux me promener là en toute sécurité... C'est tout ça que j'ai ressentis à vous lire... Je pensais parcourir très vite, trop vite, survoler vos écrits car pas le temps... et puis non, je me suis arrêtée, j'ai lu et je me suis laissé conduire par votre main à votre rythme à vous et vous m'avez fait voir la vie à votre façon à vous, c'est vachement bien, merci!... C'est magique des découvertes comme ça!... &lt;br /&gt;En plus, Namur... est très proche de mon enfance à moi, et Godinne... de ma jeunesse ... &lt;br /&gt;A bientôt! &lt;br /&gt;Virginie &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;     &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lundi, septembre 26, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;trajectoires&lt;br /&gt;Sortir de la trajectoire. Aujourd’hui, j’ai vu un petit véhicule mordre l’accotement et glisser sans contrôle sur sa droite dans un petit carré d’herbes rases. &lt;br /&gt;Sortir de la trajectoire. J’ai lu les dernières lignes simples et détachées du journal de Sylvia. Il y a la maîtrise du temps dans ses patiences. &lt;br /&gt;Sortir de la trajectoire. J’ai regardé les photographies de James. Le Pays Noir avec des majuscules pour la nostalgie et l’histoire et le vent qui souffle au dessus des terrils. &lt;br /&gt;Sortir de la trajectoire. J’en ai voulu à Dervenn d’être une ombre dans le décor de la télévie des autres. &lt;br /&gt;Sortir de la trajectoire. Voilà ce qu’il reste à faire. &lt;br /&gt;Aujourd’hui, le vent frais a soufflé du nord pendant quelques heures. &lt;br /&gt;La fête de la Communauté, demain mardi, permet de prolonger le week-end de deux journées. J’ai consacré celle d’aujourd’hui à la rédaction d’un dossier consécutif à un appel à projet de la Fondation Léonardo Da Vinci. Tenter de valoriser le Rite pour une mise à l’emploi réussie dans les zones socialement et économiquement à la dérive. Je suis fatigué. Les mêmes mots toujours employés à l’identique pour convaincre les mêmes acteurs politiques. &lt;br /&gt;Aujourd’hui en fin de journée, le vent s’est tu. &lt;br /&gt;J’ai écouté les dix dernières chansons de Léonard Cohen et, comme souvent quand je suis las, les voix de choeurs baroques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;       &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;jeudi, septembre 22, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;anémones&lt;br /&gt;On arrache les betteraves à l’arrière de la maison. Huit ou neuf hectares tous visibles qui ne seront plus que boue si l’averse vient. Elle n’est pas attendue. Le lourd matériel s’active dans un boucan régulier, industriel. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toutes les jardinières se vident. Cachou est impitoyable pour chaque fleur fatiguée. Seuls subsistent quelques clématites apparues sur le tard le long de la gouttière, de grandes belles anémones blanches qui me dépassent en taille et quelques annuelles à la traîne et lasses. Les poires pourrissent sur les branches, renoncent et se laissent tomber dans l’allée. Les bégonias sèchent sans couleur sur leur branche. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’automne a commencé hier. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chauffage s’enclenche maintenant chaque jour à six heures. La vieille tuyauterie accueille la chaleur bruyamment. Depuis une dizaine de jours, nous dormons fenêtres closes. les grosses araignées remontent sans vergogne dans les éviers. Les mouches qui subsistent sont pataudes et vulnérables. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a revu Arte entre les branches des peupliers, les satellites sont au plus bas. La télévision a repris quelques forces et nous avons consentis deux fois trois heures de silence éveillé devant l’écran. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons dîné un risotto un peu terne en parlant de Freud et du rêve étrange qui a secoué mon épouse. Nous avons bu un bourgogne dans le soleil écrasé, en fuite. Nous avons constaté que Caro restait décidément secrète. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mercredi, septembre 21, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soleil&lt;br /&gt;Cordier. Il n’est ni juge, ni flic. Plutôt de l’autre côté de la barrière. Il doit rentrer dans sa cellule pour dix-neuf heures. Quand le train s’arrête à la première voie, il lui reste une trentaine de minutes pour regagner son univers. Il va marcher pendant dix minutes. Il se reposera alors dix minutes encore dans le soleil bas et fuyant à l’arrière de l’hôtel Ibis. Seul contre un mur, en buvant avec mesure une dernière canette de bière avant d’appeler, sur le gsm, son épouse et lui dire - je ne sais trop comment- qu’il l’aime. Puis dans le noir, peut-être moins sombre bientôt de sa vie, il va s’endormir jusqu’à demain avant de reprendre le chemin de la gare à six heures trente et revenir suivre un cours d’informatique inutile à cent kilomètres d’ici, juste là où je travaille. Demain, on prévoit du soleil, de la lumière. &lt;br /&gt;- C’est essentiel pour moi la lumière, souvent elle me manque. Cela ne vous dérange pas que nous restions assis au soleil en attendant le train en retard. &lt;br /&gt;Bien vite, paisiblement installé à ses côtés, je me rends compte que la douce chaleur et la lumière de cette fin de journée du premier jour de l’automne me comblent d’un plaisir simple. &lt;br /&gt;-Je ne vous ennuie pas ? Il ne doit surtout pas attendre la réponse à la question. &lt;br /&gt;-Je ne peux pas vous parler de football, tout au plus de la pêche. Je ne sais même pas pourquoi pêcher me remplit de plaisir. &lt;br /&gt;Quand il part vers la rive du fleuve, il emporte toujours son secret comme une poignée d’ascicots. Il me dira dans les jours qui viennent la martingale qui le tient en vie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;     &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lundi, septembre 19, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;voix&lt;br /&gt;J’ai perdu l’essentiel de ma voix pour quelques heures ou pour quelques jours. A cause d’un refroidissement peut-être ou d’un nouveau développement de la maladie. Reste un filet grave et éraillé qui racle entre deux quintes de toux le fond de ma gorge. J’aime cette voix rauque et douloureuse, comme si parler méritait un effort constant, pénible et en même temps jovial. J’aime le versant chaleureux de mes mots difficilement prononcés. Ces cassures de tons, ces brisures de souffles. Savoir qu’on ne peut plus chanter ni crier, qu’on est obligé de composer avec la douceur rugueuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi, septembre 17, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les femmes du train&lt;br /&gt;La petite douce aux yeux noisettes qui reprend sa voiture verte sur le parking. &lt;br /&gt;La mamy de Matéo, belle femme simple qui rit stupidement mais si bien des tirades machistes de ses collègues. &lt;br /&gt;La chiqueuse solitaire dont la bouche dit le dégoût de vivre, la solitude et tellement de méchanceté. &lt;br /&gt;Pincette, la soupireuse cassante déplacée sur terre, inconsciente de ses devoirs de sourire &lt;br /&gt;La petite ronde, enceinte que je croyais étudiante besogneuse. &lt;br /&gt;Agatha Christie, j’ai jamais pensé qu’il y en avait tant. &lt;br /&gt;La petite vive à la tête qui bouge qui descend à Lustin, sans un regard pour les autres. &lt;br /&gt;Tricote blonde sèche et raide d’un autre âge. &lt;br /&gt;La fonctionnaire noire du cabinet qui monte à Yvoir. &lt;br /&gt;la petite sexagénaire sexy de Godinne aux mille vestes et aux lamellés dorées. &lt;br /&gt;Rondelette de Godinne à la nuit difficile et sans sommeil. &lt;br /&gt;Josette qui ne travaille pas aujourd’hui. &lt;br /&gt;Bénédicte qu’on a plus vu depuis longtemps-comme-c’est-curieux &lt;br /&gt;La femme au sac en papier discret d’un magasin sélect. &lt;br /&gt;La femme aux deux sacs en plastic géants. &lt;br /&gt;La première femme du chemin de fer. &lt;br /&gt;La deuxième femme du chemin de fer. &lt;br /&gt;La femme de la poste ou du tri. Va savoir. &lt;br /&gt;La frisée sereine aux yeux tendres. &lt;br /&gt;La femme qui dort sur la tablette. &lt;br /&gt;La femme au short beige. &lt;br /&gt;La grande grise au parka bariolé. &lt;br /&gt;La blonde qui s’est coupé les cheveux et qui s’en veut. &lt;br /&gt;La blonde qui dort la main sur la bouche. &lt;br /&gt;La femme qui reste debout. &lt;br /&gt;La maman de Sharapova quadra au physique olympique. &lt;br /&gt;La sœur de Sharapova avec sa boutroule à l’air. &lt;br /&gt;La femme qui écoute la musique et qui lit Voici en chiquant. &lt;br /&gt;La femme qui s’habille comme les nouveau-nés, en rose ancien et blanc d’hier. &lt;br /&gt;La femme qui ne dit rien mais qui n’en pense pas moins. &lt;br /&gt;Blanche de Namur. &lt;br /&gt;La vieille femme toujours bronzée qui monte à Godinne. &lt;br /&gt;La femme toujours bronzée qui monte à Lustin. &lt;br /&gt;La femme qui garde les clés de sa voiture en main. &lt;br /&gt;La femme qui sourit aux anges. &lt;br /&gt;La femme que son homme conduit sur le quai. &lt;br /&gt;La femme-enfant à qui on ne peut donner d’âge et qui porte le violon de son fils. &lt;br /&gt;La belle femme sans âge austère qui corrige des équations. &lt;br /&gt;La petite à lunettes qui les cogne en buvant du fanta. &lt;br /&gt;La mère albanaise qui parle sa langue avec sa fille. &lt;br /&gt;La contrôleuse blonde des tickets. &lt;br /&gt;La hippie de Godinne et ses sandalettes en cuir &lt;br /&gt;Les femmes des premiers wagons de Jambes &lt;br /&gt;Régine de la compta des cinémas. &lt;br /&gt;Les quatre vendeuses italiennes de fringues. &lt;br /&gt;La grande femme blonde qui se plaint de tout si bien. &lt;br /&gt;Nez d’aigle qui boude toujours pour rien. &lt;br /&gt;Et puis d’autres entr'aperçues ou d’autres encore plus discrètes, plus rares que je me réjouis secrètement et tendrement de voir chaque matin parce qu’elles sont des étoiles filantes. Que c’est toujours merveilleux une étoile filante dans le jour naissant. Ça autorise l’aveu plutôt que les vœux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;jeudi, septembre 15, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paris&lt;br /&gt;Assise en tailleur sur le fauteil face a mon ecran d'ordinateur, je ne peux m'empecher de sourir en mastiquant mon chewing gum. &lt;br /&gt;vous etes incroyable! &lt;br /&gt;quel est l'interet de vous parler de ma saison. &lt;br /&gt;je suis les quatres saisons a moi toute seule!!!!! &lt;br /&gt;et pour repondre a votre question ,je me suis sentie blessée par les regards de ces fillettes pleine d'assurance et d'energie. j'ai eu peur d'elle.&lt;br /&gt;elles etaient pretes a prendre le dessus (que je ne voulais pas perdre) quand j'ai compris que je n'avais rien a leur enlever pour pouvoir moi exister. elles ont besoin de moi pour apprendre ce que je sais et j'ai besoin de leur fraicheur de leur vitalité. &lt;br /&gt;voila ce que j'ai compris alors le jour où.... je leur laisserai ma place sans en etre frustrée, consciente que mon bonheur sera ailleur. &lt;br /&gt;je suis sereine....aujourd'hui....peut etre pas demain!....mais ca c'est un combat que je veux bien mener. &lt;br /&gt;vous etes tellement discret! &lt;br /&gt;j'ai tellement peur d'etre sans interet(je ne cherche pas la flaterie en disant cela.) &lt;br /&gt;je vous embrasse &lt;br /&gt;prenez soin de vous &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;         &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lustin&lt;br /&gt;J’ai toujours préféré Lustin à Profondville, plus encore qu’à Rivière. C’est avec mon oncle Victor que j’ai imaginé pêcher en barque juste en aval de l’écluse qui n’avait pas l’apparence et la majesté qu’elle revendique aujourd’hui. C’était une écluse dont on ouvrait les vantelles à bras d’hommes. Nous vivions quelques jours de vacances ici dans une cabane de pêcheur sur la rive droite avec Adélia et ses pains perdus au sucre vanillé. Au pied du pont, la plaine de jeu laissait courir sur ses flancs une petite cascade qui descendait au fil des escaliers jusqu’au bord de la rive. A deux pas vers la gauche, en regardant le fleuve, on pouvait manger de grosses frites dans une espèce de garage aménagé en friterie-terrasse. A deux pas sur la droite, on sentait l’odeur des pommes qui cuisaient chez Confilux. Les trains roulaient sans fils au dessus de leur tête. La criée aux fraises se faisait sur le parking de la gare. L’air embaumait d’une merveilleuse douceur sucrée dans une couleur de champs de coquelicots. Sur la route quelques cafés (aujourd’hui des maisons de repos) vivaient de l’insousciance des touristes. C’étaient les congés de l’immédiat après-guerre, les premières voitures et les week-ends coquins et goguenards. On pouvait acheter des cartes postales avec vue du village pour témoigner d’un passage bienfaisant dans la région. On s’écrivait encore. J’ai vu mon premier orvet sur la route des crêtes et dans le dessus de la côte, les fougères envahissaient le paysage et le petit sentier en lisière de bois.&lt;br /&gt;J’ai regardé sans rien comprendre du drame qui se jouait, la barge qui transportait des enfants habillés en princes et princesses se retourner sous le pont et noyer les anges. Vingt ans plus tard, Robert Delieu est venu me raconter la douleur qui se cicatrise mal.&lt;br /&gt;J’ai passé un mois dans une colonie de vacances dans la maison juste en face de la gare. Celle qui enferme aujourd’hui des bégonias derrières des grilles bleues. C’était un ancien militaire qui commandait les enfants. J’ai en bouche encore la saveur du sirop dans les tartines des quatre-heures, la douceur des pommes de terres froides-légumes lors des soupers et le souvenir des files bruyantes pour la distribution de l’argent de poche et donc des bonbons qu’on pouvait s’acheter. J’étais amoureux d’Olga Thielemans, une bruxelloise d’au moins quatorze ans, la première fille à m’avoir fait le coup des larmes au robinet sur un courrier de rupture. J’étais comme un petit enfant de Souchon. Vulnérable et montré du doigt parce que sans papa et maman qui vivent ensembles. De l’autre côté du fleuve, à Profondville, alors que je ne la connaissais pas, Cachou échappait à la noyade après avoir glissé d’une barque dans le fleuve. Elle se souvient encore de la punition de Nestor.&lt;br /&gt;Quand, jeunes mariés, nous faisions la navette quotidienne entre Charleroi et Ciney, je confesse avoir asphyxié le moteur d’une deux-chevaux en confondant la troisième et la première vitesse dans la solide montée entre le passage à niveau et le haut du village. Ce qui nous valut de disposer d’un second moteur grâce à la garantie et de rouler ainsi deux années supplémentaires.&lt;br /&gt;Je crois qu’un village où l’on a embrassé une femme est un village inoubliable. Je crois qu’un village où l’on a été triste et heureux en même temps est un village que l’on porte dans son histoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dimanche, septembre 11, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les enfants&lt;br /&gt;Les enfants s’y prennent tellement mieux. Il y a dans les attitudes et les échanges la fulgurance de la confiance et la brillance des bonheurs futurs. Ils disent tout haut ce que leurs sens pensent tout bas. Les adultes eux doivent se dire je t’aime avant de se faire confiance. Ils disent tout bas, ce que leurs sens pensent tout haut.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les hommes&lt;br /&gt;Hier, quand le nuit est venue, les hommes sont allés se promener dans l’obscurité. Les hommes, ça marche toujours dans l’obscurité. Milo et papy ont marché dans la nuit profonde au moins jusqu’aux poiriers. Sous un ciel à quatre étoiles et dans un silence qui fait parler l’herbe mouillée. &lt;br /&gt;T’as pas peur papy ? Moi j’ai un petit peu peur et la main de mon homme est venue dans la mienne. Et puis après un si long moment mon homme s’est rassuré en disant je t’aime papy. En serrant fort ma main. Ça vaut la peine de faire des concessions comme ça quand on est un vrai homme.&lt;br /&gt;Hier, quand le nuit est venue, les hommes sont rentrés dans l’obscurité. Les hommes, ça complote toujours avec l’obscurité. Milo et papy ont marché dans la nuit profonde au moins des poiriers jusqu’ici. Sous un ciel à quatre étoiles et dans un silence qui fait parler l’herbe mouillée.&lt;br /&gt;Et puis ils ont raconté nimporte quoi. Qu’ils avaient vu un renard et des araignées lumineuses. Les hommes sont des enfants qui grandissent tout le temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi, septembre 10, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu sais&lt;br /&gt;Elle est grande comme Caro, belle comme Caro, elle a juste l’âge de Caro. Elle exerçait, il y a peu encore, au sein de l’institution des responsabilités qu’elle a abandonnées. Manque de compétences avance-t-elle pour justifier un moment de doute.&lt;br /&gt;Aujourd’hui, la langueur coule du nez et de ses yeux clairs. Elle se courbe, se plie depuis quelques mois sous le poids des épreuves et des craintes. Ceux qui sont partis autour d’elle, ceux qui doutent d’elle, elle qui doute d’elle, ça fait beaucoup de gens à oublier, à laisser sur le côté pour repartir. Ca patine, ça dérape ...&lt;br /&gt;Elle parle longtemps et doucement, avec retenue pour raconter ses démissions multiples et dérisoires, ses retraits, ses défaites, sans indulgence pour l’histoire qu’elle côtoie et qu’elle voudrait ne plus savoir sienne. Elle s’excuse en partant, pas fière du tableau. Elle vient déjà d’ oublier, parce qu’elle n’a plus la force d’écouter, ce que je lui ai promis et qu’il me faut répéter ici et qu’il me faudra répéter aussi dans les couloirs, dans son bureau, au réfectoire et sur le parking, sur outlook et sur ses mails :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma Belle, ma toute belle,&lt;br /&gt;Je sais que tu sais sourire et rire. Je l’ai vu et entendu. Je sais que tu sais marcher comme une libellule vole. J’ai vu ta grâce et ta légèreté. Je sais que tu sais parler, discourir, argumenter, négocier, convaincre. Je l’ai entendu cent fois en réunion ou ailleurs. Je sais que tu sais décider dans l’instant ou après réflexion, dans l’urgence ou la patience. J’ai partagé tes mesures ou tes sanctions. Je sais que tu sais grandir sans avoir besoin de talons hauts. Je t’ai vu immense. Je sais que tu connais la compassion et la fraternité, la solidarité et l’exigence. J’ai entendu tes conseils, tes reproches, toutes ces choses qui nettoient le cœur et le renforcent. Je sais que tu sais que les autres attendent tout de toi et qu’ils se trompent. Je sais que tu sais qu’il faut en donner beaucoup pour en récolter un peu. Je sais que tu sais que parfois on aime la mer, le vent, les hommes, les anges et que parfois on s’en passe. Je sais que tu sais que plus loin c’est pas forcément plus chaud, plus doux, plus sûr, plus facile. Je sais que tu sais qu’indulgence et compétence se tournent le dos au travail. Je sais que tu sais que l’ambition est légitime et motrice. Je sais que ton désordre n’est que l’ordre sans l’exercice du pouvoir. Je sais que tu sais que tu n’es pas que douce et tendre, vulnérable mais aussi dure et forte, battante. Je sais que tu sais que tu reviens de là où y a plus rien avec tout dans ton regard et tes mains. Je sais que tu remontes sur l’amont, vers la source, là où la rivière est plus étroite, plus fraîche, plus souple, plus vive, nouvelle de chaque averse. Je sais que tu deviens le début. Je sais que tu apprends à voler avant de vouloir courir. Je sais que c’est toi que je vois se déplier et s’élargir, se déployer et s’ouvrir, se donner. Je sais que je ne me trompe pas. Je sais que tu sais que je ne me trompe pas. Je sais que tu sais que ça y est. Fonce, ma belle, et surtout, t’occupe pas de moi si je me repose dans la côte... On t’attend de l’autre côté de la colline.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous vivons dans un monde hyperfictif où on est tous potes (M. Dantec)&lt;br /&gt;          &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Envie ou pas&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peu d’envie, à vrai dire, d’écrire depuis quelques jours. Le travail (deux séances du Rite et deux autres encore à venir) a sérieusement conditionné toutes mes attitudes; Les difficultés de la communication quotidienne entre Adeline et moi n’arrangent rien à l’installation d’une paix intérieure. &lt;br /&gt;Modérateur dans un débat d’un jour sur l’insertion des travailleurs étrangers dans l’entreprise, je suis bien obligé de livrer que dans l’industrie du bassin, si l’étranger n’est pas rejeté, les travailleurs des pays de l’est sont préférés aux nord-africains qui sont eux-mêmes choisis de préférence aux centrafricains. Le tout non pas sur des délits de faciès mais sur des attitudes comportementales et sociales. La fameuse nonchalance donc. La palabre ou une gestion du temps qui fait qu’être à l’heure, pour l’Africain, c’est arriver dans l’heure. &lt;br /&gt;En écoutant les intervenants me vient cette pensée. A propos de l’Islam dans nos régions. Pourquoi l’occident démocratique et généreux qui fait se décomposer une religion catholique à coup d’ouvertures sociales sur les champs du comportement ou de la tolérance ne parvient-il pas à condamner les mêmes travers qu’il combat ici dans l’Islam qu’il pourrait combattre là, pour les même raisons surtout qui l’ont fait se battre ici ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Envie de lire ( transmise par Pascale Haubruge dans Le Soir) le roman de Goliarda Sapienza, L’art de la joie. &lt;br /&gt;Petit bout du texte : Le mal réside dans les mots que la tradition a voulu absolus, dans les significations dénaturées que les mots continuent à revêtir. Le mot amour mentait, exactement comme le mot mort. Beaucoup de mots mentaient, ils mentaient presque tous. Voilà ce que je devais faire : étudier les mots exactement comme on étudie les plantes, les animaux ... et puis les nettoyer de la moisissure, les délivrer des incrustations de siècles de tradition, en inventer de nouveaux et surtout écarter pour ne plus m’en servir ceux que l’usage quotidien emploie avec le plus de fréquence, les plus pourris comme : sublime, devoir, tradition, abnégation, humilité, âme, pudeur, cœur, héroïsme, sentiment, piété, sacrifice, résignation. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;vendredi, septembre 02, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bonheur&lt;br /&gt;C’est un site d’une discretion parfaite. Je veux dire que chaque phrase qui y est inscrite absorbe la jachère de la vie. L’auteure est une femme d’un âge amical. Sans doute. Je la lis depuis des mois. J’ai l’impression de connaître sa demeure, sa rue, son quartier, de précéder ses déplacements. A vrai dire, de comprendre ses attentes simples et évidentes. Cette phrase, par exemple, pleine et lumineuse que personne n’écrira sauf elle. Cette phrase magnifiquement anodine et si parfaitement essentielle. “Une de nous, celle qui est habituellement la plus secrète, nous a assez timidement confié certaines vulnérabilités et quelques difficultés qu'elle connaît actuellement. J'ai beaucoup, beaucoup aimé l'attitude des autres. Je les regardais toutes trois et j'étais fière d'elles. Je pensais aussi à tous ces gens de ma vie, principalement à ceux auxquels je suis particulièrement attachée et je me sentais vraiment heureuse, vraiment riche. Je suis en vie et j'aime.”. &lt;br /&gt;C’estr une valse lente si douce au coeur. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:01   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;10/01/2005 - 11/01/2005 08/01/2005 - 09/01/2005 Page d'accueil &lt;br /&gt;Inscription à :  Messages (Atom) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui êtes-vous ?&lt;br /&gt;Jean-Pol Lefebvre&lt;br /&gt;Afficher mon profil complet &lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Archive de blog&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;samedi, août 27, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Saison&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;P1040008 &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Les jours changent de lumière rapidement. Les fleurs échangent leur superbe contre quelques jours de répis avant le relachement automnal. Les peupliers vont être les premiers à se laver de leurs feuilles et de leurs fines branches mortes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  12:47   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lieu&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;P1040007 &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Le bureau ordonné par un jovial bordel. Les hauts confières au dehors empêchent de voir la vallée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  12:40   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paris/danse&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À vingt ans, on danse au centre du monde. À trente, on erre dans le cercle. À cinquante, on marche sur la circonférence, évitant de regarder vers l'extérieur comme vers l'intérieur. Plus tard, c'est sans importance, privilège des enfants et des vieillards, on est invisible. &lt;br /&gt;Christian Bobin&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  11:37   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;trains&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les trains (pour me rendre au travail) sont encore vides. Juste quelques sièges de plus occupés entre Namur et Charleroi. Pas vraiment la rentrée encore. Les juste-back de vacances sont irrésistibles derrière la couverture d’ Interview ou des peoples . Ce matin, une des reines du bon chic “du bureau de la rame”, curieusement fagotée à la va-vite, a enlevé ses chaussures et s’est recroquevillée sur la banquette, parlant pour elle seule, terne, blanche, morte. Elle partage soudain avec elle-même, sans retenue la détresse d’une petite employée seule. Que son mec a laissé seule, qui a choisi de vivre seule, à qui la vie a imposé de vivre seule, qui court derrière sa propre solitude en lui parlant tout haut devant tout le monde qui s’en fout. Tout le monde qui est au bord du rire. Une femme désespérée qui fait rire, c’est d’une classe folle...une classe de train de banlieue. Une seconde classe. Je crois que nous ne méritons rien d’autre que ces images rudes et glacées dans nos statuts de journaliers sociaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les trains de la ligne sont maculés de tags, à l’extérieur comme à l’intérieur des wagons. A vrai dire , ce sont les plus inconfortables et les plus bruyants de tout le réseau. De Charleroi à Bruxelles, les dégradations sont permanentes, les sièges sales, les couloirs remplis de canettes. On y parle fort et vulgairement. Les petits groupes y sont nombreux et impudiques, les clans banalisent les lieux, conquièrent les banquettes, s’octroient des passe-droits corporatistes. Les autres ont trouvé refuge dans des oreillettes de mp3 ou dans John Irving. Ou dans des regards fuyants, des relâchements physiques qui tendent à l’amorphe, des absences feintes. Faire semblant de ne pas être là... quel destin pendant deux heures le matin et deux heures le soir. Être ailleurs, oui mais où ?&lt;br /&gt;Traitement ce midi et déjà la fatigue qui tombe anticipée et lourde. Le ciel est superbement dégagé. On promet quelques jours de lumière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  11:13   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi, août 20, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Août&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;scan20030726_233059 &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Les anges sont dans l’autre famille. Il en va maintenant ainsi. Un aller-retour hebdomadaire. Un échange de bons procédés. Un pire que je peux, un mieux que je veux. Un échange de bons procédés donc.&lt;br /&gt;Les petites fioles de parfums ont été adjugées à Louise pour 3 euros. De quoi se faire un commerce lucratif en cas de revente. L’étal dressé dans la pelouse est désert maintenant, lavé par la pluie incessante. Milo a renoncé à vendre du potage. Pas de clients et pas, à vrai dire, de légumes pour la soupe.&lt;br /&gt;Ainsi racontée, la dernière journée du passage des petits à Sorinnes à quelque chose de surréaliste. On s’est embrassé avec la vigueur de tous nos sens. On s’est promis de se revoir très vite et de s’aimer à nouveau comme jamais et pour toujours. Je pense réellement, mes bébés, qu’on s’aime comme jamais et pour toujours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  15:15   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paris&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai le souvenir, un dimanche triste, sur le Quai d'Orsay, au début des années nonante, d'avoir croisé des humains venus de nulle part qui transportaient, avec mille précautions, d'énormes choux verts. Ils se dirigeaient dans une ville muette vers la maison de Gainsbourg. Hommage parisien et mondain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  11:45   2 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mercredi, août 17, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Landscape&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;HdV lezfebvre &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;une farde vieille de six ans . Collages et aquarelles. A l'epoque, le blog n'existait pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  20:33   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Atkinson&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a quelque chose d'infiniment précis dans les courtes descriptions de ces lieux visités sous la pluie par un couple dont elle est l'un de deux. Un mot, toujours discret, pour dire la limite palpable entre le crachin et la pluie, la langueur et la lenteur, la beauté et l'essence. Je lis son blog avec un réel sentiment d'apprendre sur les choses ce que les gens en font.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  17:44   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Gratin&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les petits sont ici pour trois jours. Ils reviennent d’Ardèche en belle forme physique. Milo s’assagit et passe désormais plus de temps à des occupations paisibles. Il écrit aussi à coup de grandes lettres droites et rouges. Milo écrit uniquement en couleurs. Vives de préférence. Hier avant de dormir, nous avons parlé de la vie avec Louise. Nous avons échangé des larmes, les miennes étant plus grosses que les siennes. Ce qui est très normal. Elle a des mots simples mais coupants pour parler de la séparation de ses parents. Ce soir, nous mangeons un gratin de pâtes aux carottes. De l’avis général, c’est encore et toujours le meilleur plat que Cachoux puisse proposer en fin d’une journée estivale comme celle-ci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  17:42   4 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dimanche, août 14, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Santé...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cinq jours difficiles, douloureux. Il me semble que je passe encore au travers de cette crise, une fois encore. Un jour, le traitement s’arretera là, net et ce sera la fuite vers plus rien. Les douleurs dans les genoux ont été plus tenaces. Cette période de mort douce s’apparente à la coulée continue- si chère à mes pêlots dans l’industrie, si présente encore à quelques mètres du bureau- dont le flux chaud, brillant et épais se transformerait dans mes veines en un lait pâle et tiède. J’ai froid depuis cinq jours. Aujourd’hui, j’ai tenu à peine une demi-heure à l’office de Chevetogne. Dehors le vent rappelait les premières feuilles à un rôle modeste, secouées mais bienheureuses puisqu’encore accrochées à l’arbre. Le cimetière du monastère a été nettoyé. Les buis taillés et les petites lanternes redressées et rangées.&lt;br /&gt;Je n’ai le besoin de rien et plus la force de sortir. Marcher me manque mais la force de me mettre en recherche d’un itinéraire tout autant. &lt;br /&gt;En relisant les pages de ce blog, je me rends compte des moments d’absence provoqués par la maladie et la douleur.&lt;br /&gt;Demain, il me faut profiter de cette dernière journée d’un congé qui ne fut qu’un long sommeil entrecoupé de réveils réguliers mais éphémères. Demain, selon le calendrier désormais ordinaire de mes traitements, les tensions devraient se relâcher et la douleur s’estomper.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:44             &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lundi, août 08, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Corps&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Votre blog, la simplicité des mots qui s'y écrivent (leur force aussi), les photographies absentes aux signes trop évidents donnent une idée assez précise du travail en cours. Manque la musique feutrée, glissée ou têtue des pas et des sauts sur le parquet. Le chant du souffle et d'autres bruits parasites ou attendus comme celui des cordes et des poulies... sans doute. Je vous suis de loin... &lt;br /&gt;9:44 PM &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;merci beaucoup...&lt;br /&gt;les sons de feutre, des feutres, et les souffles de dictaphones et autres respirations sont effectivement la bande originale qui pourrait s'imiscer...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:52   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;delvaux2 &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:33   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un soir un train...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Courrier de la fille de André Delvaux à propos de sa bio. Me reste en mémoire la voix douce et raffinée de cet homme brillant. Me restent en mémoire ces mots prononcés au cours de l'année 1969, à l'Insas. L'homme y donnait un cours d'initiation aux techniques cinématographiques aux théâtreux que nous étions : "Le réalisateur qui doit expliquer son film a raté son film"...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:22   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paris&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'entre dans votre blog par mégarde, mais vous aviez ouvert sans le vouloir la porte du mien il y a quelques jours, Comme on entre dans un petit appart aménagé et désuet dans une demeure bourgeoise pas faite pour cette fonction. Je me doutais bien que je n'allais rien connaitre de ce qui fait votre univers. Même pas le nom des chanteurs sur les cd's par terre, même pas le nom des victuailles que vous grignottez. Enfin, ça sent pourtant bon chez vous... un mélange de parfums légers et de bonbons. Je voulais vous dire que j'étais passé...j'ai laissé pour vous, à côté du clavier, une tablette de chocolat belge. J'ai vu que vous aviez laissé trainer votre montre. C'est dommage, car c'est un modèle précieux, elle marque l'heure de demain. Elle vous serait d'une grande utilité pour agencer les bribes du temps à venir d'autant que ce modèle permet de se choisir des lendemains qui chantent. Vous avez beaucoup de chance. je me sauve. Merci encore d'avoir laissé la porte ouverte. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;6:32 AM, August 07, 2005 j'ai glaner quelque bribes de votre vie au fil de ma lecture, et oui vous avez raison je ne connais rien de votre univers et pourtant....&lt;br /&gt;j'ai,de loin, entrevu votre quete et il m'a semblé la reconnaitre.&lt;br /&gt;Sur la porte de mon appartement parallele il n'y a pas de clef, et meme si la lumiere n'est pas allumée n'hesitez surtout pas a y entrer.&lt;br /&gt;PS j'ai beaucoup aimé le roman de louise. &lt;br /&gt;2:00 AM &lt;br /&gt;merci pour la barre chocolatée...&lt;br /&gt;J'ADORE LE CHOCOLAT!!!&lt;br /&gt;Quant a la montre je la croyais cassée merci de l'avoir reparée....&lt;br /&gt;j'ai deposé pour vous a coté du clavier une pitite bougie parfumée lavande, angelique et fleur d'oranger.... &lt;br /&gt;2:13 AM &lt;br /&gt;il est 11h47 a Paris &lt;br /&gt;Un grand merci au pitit ange du web qui a retrouvé et réparé la montre que j'avais piétinée.&lt;br /&gt;Je parlais hier de mon impatience a retourner travailler.&lt;br /&gt;Pourtant que de soucis depuis mon arrivée dans cet endroit !&lt;br /&gt;Ne parlons pas des conditions de travail desastreuses, ni de la mediocrité du spectacle présenté. J'avais accepté tous ces points.&lt;br /&gt;Mais j'ai du affronter la pression morale, les rumeurs, les actes mesquins, le mensonge... Les etres humains font parfois preuve de tellement de bassesses.&lt;br /&gt;La victimisation m'exaspere meme si parfois j'ai tendance a m'y adonner et je ne veux en aucun cas m'apitoyer en disant tout cela.&lt;br /&gt;Non aujourd'hui je voulais simplement dire qu'après quatre ans de bons et loyaux services dans cette boite, on reconnait enfin mes qualités professionnelles&lt;br /&gt;et la c'est limite orgasmique!&lt;br /&gt;On me demande mon aide, on reconnait que j'ai un oeil experimenté, ainsi que du talent..&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:08   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi, août 06, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Petite rentrée&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Semaine de rentrée paisible mais besogneuse. La Mirec délaissée par la quasi totalité de son personnel devient un lieu propice au travail. Moins de frottement thermodynamiques dans les couloirs et dans les bureaux et donc une énergie plus fluide et plus utile. Les pêlots sont en vacances aussi. Juste deux messages de gars devenus chauffeurs de taxi qui me remercient et l'étreinte reconnaissante et sincère de Mohamed, heureux chez Bemis. Ces marques de tendresse et d'amitié nouvelle sont sans doute un des petits bonheurs du métier. je suis seul dans le bureau (pour combien de temps ?). Une situation qui me ravit; elle aussi propice au travail et à la concentration.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  14:26   2 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;vendredi, août 05, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Esperanzah!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec le H et le point d'exclamation. J'ai une pensée tendre, émue et sincèrement attachée au festival de Floreffe. Il sera un de mes plus beaux rêves éveillés. Je suis persuadé que les gamins vont y arriver. Il leur faudra galèrer dans des eaux troubles mais quel bonheur de voir la gueule de pablo plus jeune et déterminé qu'avant (il y a quatre ans) devant l'ampleur de la tâche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  19:53             &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;09/01/2005 - 10/01/2005 07/01/2005 - 08/01/2005 Page d'accueil &lt;br /&gt;Inscription à :  Messages (Atom) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui êtes-vous ?&lt;br /&gt;Jean-Pol Lefebvre&lt;br /&gt;Afficher mon profil complet &lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Archive de blog&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dimanche, juillet 31, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;hic&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Boire au corps vivant. Un texte déniché sur la toile de George Picard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne m’est jamais arrivé de croire que l’ivresse soit un moyen de combattre l’ennui pour la raison que je ne m’ennuie guère, très peu souvent et jamais longtemps. Mais que l’ivresse soit plus un moyen qu’une fin n’est pas absolument prouvé. On peut avoir envie de s’enivrer sans véritable raison, ou pour la raison légère de se sentir léger. Boire procure une illusion éphémère qui n’est pas sans agrément. Mais peut-être y a-t-il quand même autre chose de plus dans ce désir d’étourdissement. Je ne suis pas du genre à rouler sous la table, ni même à picoler très souvent. Trop boire tue la soif et anesthésie les sensations fines. &lt;br /&gt;    Mauvais chemin. Il faut plutôt se mettre en disposition et s’arrêter très vite en évitant les alcools forts qui abrutissent*. Un verre de bon vin a ma préférence. J’affirme qu’il est d’une grande conséquence de ne s’enivrer qu’à un moment choisi, après s’être débarrassé de ses soucis car, à les prendre avec soi, on est à peu près sûr de les excéder jusqu’au pessimisme. Mieux vaut s’enivrer quand on est heureux ; la tristesse déteint partout et décolore tout. Le vin triste est une malédiction. L’ivresse permanente aussi, je le soutiens contre Baudelaire et son comminatoire : « Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question ». Certes, il précise que l’on peut s’enivrer « de vin, de poésie ou de vertu, à votre guise » – mais l’ivresse permanente, même l’ivresse de poésie, est soûlante à la longue. Je prends le contre-pied de cette curieuse hygiène existentielle, d’un romantisme quelque peu exalté, qui conduirait, si on pouvait l’appliquer, à une espèce de folie monotone et vite retombante. L’idée serait plutôt de s’enivrer rarement pour conserver de la fraîcheur aux sensations aériennes et colorées que procure une ivresse maîtrisée. Ce n’est pas tout à fait un art, ni même une technique ; c’est presque déjà une esthétique. Peut-être suffirait-il de s’enivrer dix fois dans sa vie, à condition de préparer ces expériences et d’en exploiter ensuite intensément le souvenir. L’époque ne nous y prépare guère qui nous voue au quantitatif, à la répétition boulimique et morose de la consommation réplétive. S’enivrer : vous voulez dire se soûler, se beurrer, se torcher ? Qui croit que se cuiter étanchera jamais une certaine soif peut cuver sans moi. Non que je sois moi-même toujours capable d’une telle économie vitale : je ne peux qu’envier les vrais épicuriens, puristes du plaisir mesuré. Comme la majorité des gens, sans doute, je goûte mal à la vie, faute d’un clair parti pris. Quand on ne peut contraindre ses appétits, au moins devrait-on avoir la ressource de les déchaîner à la façon rabelaisienne, buvant « pour la soif advenir et éternellement ». Au lieu de quoi, nous buvons la plupart du temps sans authenticité ni conscience, rarement à la bonne mesure. Comment tirer philosophie de ce train médiocre ? Si les Dieux n’ont plus soif, c’est que nos libations ne les sollicitent plus. Les dieux antiques s’enivraient pour exalter le lyrisme surnaturel de leur état. En contrepartie, les hommes s’enivraient pour glorifier les dieux et participer à la griserie dionysiaque de la Création. C’était le temps héroïque des ivresses magiques. Dans un monde matérialiste, l’hydromel est un breuvage de dupe. Quant au sang du Seigneur, il y a belle lurette qu’il n’irrigue plus que les esprits complaisants envers un sacré de routine. Même la dive bouteille provoque des aigreurs aux derniers fidèles de Bacchus. Boire a été rabaissé à un acte social et économique, provoquant des injonctions hygiéniques dont le but déclaré est la préservation de l’équilibre budgétaire de la Sécu. Pour le dire clairement, je me fous de la santé publique. Cette santé-là n’est qu’une affaire de statistiques pour laquelle les corps ont la minceur d’unités arithmétiques. Je préfère boire au corps vivant, chaud, frissonnant, éphémère, singulier. Le sacré, c’est la réalité de ce corps qui passe - si présent et bientôt éternellement absent. Je n’en vois pas d’autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  09:24   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;jeudi, juillet 28, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je veux vous dire.&lt;br /&gt;Si je devais partir brutalement demain, ne pleurez pas pour moi. J'aurai fait ce que je voulais faire, vécu plus que ce que la vie m'avait réservé. J'aurai été une femme heureuse, malgré les moments de doute et de détresse j'aurai été ce que j'avais fait de moi et j'aurai aimé ce que j'étais. Je n'aurai pas nourri de regrets. J'aurai aimé, oh tellement aimé... et j'aurai reçu plus d'amour qu'il n'est permis. &lt;br /&gt;Alors non, ne versez pas de larmes sur ce qui aurait pu être. Célébrez, souriez, vivez comme j'aurai vécu. Le deuil n'entre pas dans la maison du poète.&lt;br /&gt;Quelques mots trouvés dont l'auteure est restée discrète.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  13:44   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mercredi, juillet 27, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bios&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le travail d'écriture se termine doucement. A ce jour près de 80 bios sont terminées; Certaines me semblent inconciliables avec le projet de par la personalité même des acteurs. Enfin.&lt;br /&gt;Je feuillette Belle du seigneur et surtout Mémoires d'Hadrien. je plonge avec bonheur dans ces mots du plein exercice et de la patience. Je vole une petite citation et voilà pour ce jour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  15:36   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;jeudi, juillet 21, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;21 juillet...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;21 juillet 1969...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’avais passé la journée à Liège. Parti très tôt le matin de Charleroi pour la retrouver. Ma Christine, ma petite douce. Elle passait son temps entre le Sart-Tilman, où elle résidait et le centre de la ville où se donnaient les cours. Elle serait pharmacienne dans quelques temps. Pendant le week-end, la ville était presque déserte et j’avais deviné la confirmation de la victoire finale d’Eddy Merckx au Tour de France, au travers de la retransmission muette dans la vitrine d’un vendeur de téléviseurs de la rue des Guillemins. La fière Belgique, vélocipédique et sociale, renvoyait aux exploits du cycliste une gratitude palpable.&lt;br /&gt;J’avais embrassé mille fois celle qui devenait doucement mon épouse au millieu du Parc d’Avroy avant de reprendre au milieu de la nuit, le train vers Charleroi. Paulina, la tendre, m’attendait à l’autre bout de la ligne. Une mère de tendresse et de douce compréhension. Un steack épais et grésillant avalé ensembles pour tenir encore. Le quartier de l’Europe, le Chant des Oiseaux, à Chatelineau ne dort pas. Armstrong vient comme le père Noël. Il y a un soudain moment de magie lorque je découvre tous les halos noirs et blancs (donc gris) aux façades des maisons. Nous sommes donc bien des milliers, voire des milions à chercher la lune et à la trouver. Je rentre pour ne rien perdre du spectacle. J’ai parfaitement conscience de vivre un moment unique et historique. Parfaitement exceptionnel. . Découvrez ce que les autres en disent en cliquant sur “comment” ici en dessous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  12:46   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mercredi, juillet 20, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fête Nationale&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PICT5166 &lt;br /&gt;Originally uploaded by Nicolas Hoizey.&lt;br /&gt;Je me réjouis à l'idée de conduire Milo, demain, près de la collégiale pour assister au feu d'artifice. L'an dernier, "grand guerrier" s'était caché, bousculé par le bruit des fusées dans l'étroite vallée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  12:56   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lundi, juillet 18, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mensonges&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un long article du monde (appuyer sur comment ci-dessous pour lire)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  12:34   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;jeudi, juillet 14, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Totems&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;julos2 &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Les textes à écrire sur Julos me laissent glisser dans une douce nostalgie. Ma loulou et tous les mots d'une tendresse revendiquée malgré la douleur. Lettre d'adieu insensée pour l'époque. La sublime poésie de la vie banale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:27   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bonbon&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Entre la bio de Charlemagne, celle de julos et celle de Vandervelde, je me prends un instant de détente. A la télé, un documentaire sur la tournée de Birkin "Arabesque". Un petit film qui se monte au fur et à mesure d'une tournée. Là, pendant quelques secondes, un cadeau. Elle, le public du Châtelet et moi, au bord des larmes, nous chantons ensembles doucement "La Javanaise". Le film s'arrête juste après la séquence... c'est un ravissement d'après-midi d'été.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  17:28   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mercredi, juillet 13, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;soeur sourire&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;soeur_sourire_01 &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;L'article est signe Ghislain Debailleul, en date de mai 2005. Il y a si peu de temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:30   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le travail de biographie à réaliser pour l'exposition de Beloeil m'oblige à écrire sur Soeur Sourire dont j'ai topujours en mémoire le Dominique nique nique. Je peine à trouver sur internet une bio crédible jusqu'à ce que j'arrête ma recherche sur ces lignes douloureuses : Jeannine Deckers, le véritable nom de Soeur Sourire, est née le 19 octobre 1933 à Bruxelles. Son père, Lucien Deckers, est pâtissier et sa mère, Gabrielle Denis, est la fille de commerçants aisés. Jusqu'à l'âge de 13 ans elle vit avec ses parents et sa soeur cadette rue de Laeken à deux pas de la Place de Brouckère. En 1946, toute la famille déménage pour gagner Woluwe-Saint-Lambert, une commune bruxelloise plus cossue pour tenir une pâtisserie et un salon de dégustation. La future religieuse est une bonne élève au caractère indépendant. Elle entre dans les Guides, un mouvement de jeunesse catholique où elle recoit le surnom d'Ourson concentré. &lt;br /&gt;A l'issue de ses études secondaires, elle entre à l'école normale pour devenir en 1953 professeur de dessin. De 1954 à 1959 elle enseigne le dessin et joue de la guitare tout en suivant des cours dans un institut supérieur d'architecture. &lt;br /&gt;En septembre 1959 elle décide de tenter l'expérience monniale au couvent de Fichermont près de Waterloo. En mai 1960 elle revêt les habits de dominicaine. Elle restera attachée au couvent dominicain de Fichermont de septembre 1959 à juillet 1966. &lt;br /&gt;Le 24 octobre 1961 elle entre dans les studio de la grande firme de disque Philips pour enregistrer un premier 45 tours. Début 1962 le disque sort et connaît immédiatement un succès considérable. La chanson Dominique restera numéro un durant quatre semaines et dix semaines en tête des hit-parades des albums ! &lt;br /&gt;Le 21 juin 1963, Soeur Luc-Gabriel, son véritable nom chez les dominicaines, prononce des voeux provisoires pour une période de 3 ans. Elle suit des cours de sciences religieuses à l'Université de Louvain. A la mi-décembre 1964 elle retrouve Annie Pecher, une amie d'adolescence, qui ne la quittera plus jusqu'à leur fin commune tragique. Le 20 juin 1965 elle renouvelle ses voeux au couvent de Fichermont. En 1966, les Etats-Unis décide d'exploiter le succès considérable de Soeur Sourire en lui consacrant un film The Singing Nun avec l'aval des autorités religieuses belges. Comme le voulait la règle monacale, Soeur Luc-Gabriel reverse la totalité de ses gains à l'Ordre des Dominicains qui les utilisa pour ses oeuvres. En juillet 1966, Jeaninne Deckers signe une série de documents que lui proposent sa Mère Supérieure et l'avocat-conseil du couvent. Ces documents seront à l'origine des énormes problèmes que connaîtra la nomme chantante car elle y renonce au surnom de Soeur Sourire et conforte le flou qui règne dans la perception des droits sur ses chansons. Elle quitte le couvent et le couvent rompt le contrat avec la firme Philips.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 21 mars 1967 Jeaninnne Deckers se libère officiellement de son ordre, elle n'est pas strictement parlant une nonne défroquée car elle n'a jamais prononcé de voeux définitifs. Elle prend alors le nom de Luc-Dominique pour continuer son apostolat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1967 elle provoque un mini-scandale en composant et en chantant La pillule d'or pour défendre la contraception. En juin de la même année elle fait une tournée au Québec qui rencontre un franc succès mais est victime d'un impressario peu scrupuleux. Les doutes quant à sa foi et les nombreuses épreuves qu'elle doit affronter conduisent Luc-Dominique à une grave, longue et profonde dépression.&lt;br /&gt;Elle suit des séances d'assistance pscychologiques à répétition. Les années 70 et 71 restent des périodes médiatiques avec une interview par Philippe Bouvard et un passage en télévision en compagnie de Nino Ferrer. En mai 1973 elle suit un recyclage religieux à la côte belge. 1974 est une année noire pour Soeur Sourire qui reçoit du courrier du receveur des impôts qui lui réclame des sommes considérables en guise d'arriérés. De plus en plus fréquemment Jeaninne Deckers fait appel à des coktails de médicaments mélangés à de l'alcool, les périodes d'euphorie succèdent aux périodes de dépression avec une fréquence alarmante. Elle évoque à de nombreuses reprises des idées de suicide dans son journal intime. En 1976 elle fait appel aux techniques du Docteur Tomatis et à sa fameuse oreille électronique pour signer son état pscychologique fragile. Les problèmes d'argent et les relations conflictuelles avec le fisc marqueront les dernières années de sa vie. L'appartement du dernier étage des Verts Horizons à Wavre dans le Brabant Wallon abrite Jeannine Deckers et Anne Pecher pour des périodes de plus en plus sombres.&lt;br /&gt;Complètement désespérées les deux amies décident de mettre fin à leurs jours. La police locale retrouvera autour des 2 corps des lettres d'adieu, dans un coin reposent Adèle la première guitare de la nonne chantante et une autre offerte autrefois par Georges Brassens. Suivant leurs ultimes volontés, Jeannine Deckers et Annie Pecher sont enterrée ensembles au cimetière de Wavre après une messe dans la chapelle du monastère Saint-André de Clerlande à Ottignies. La mort de Soeur Sourire est annoncée aux médias le lundi 1er avril 1985. Une fin qui laisse songeur si l'on pense que Soeur Sourire meurt dans le denuement le plus complet alors que l'ensemble de sa carrière a généré des gains pour environ 2,5 millions d'euros !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:17   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lundi, juillet 11, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;SREBRENICA, Bosnie - Des rescapés du massacre de Srebrenica sont revenus sur le lieu de la pire atrocité commise en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale pour réinhumer une partie des 8.000 Musulmans tués par des soldats bosno-serbes puis jetés dans des fosses communes, en juillet 1995.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vivants et morts convergent vers cette ville de l'est de la Bosnie où se tiendra lundi une cérémonie marquant le dixième anniversaire de ce massacre, en présence d'environ 50.000 personnes dont Richard Holbrooke. L'ancien émissaire américain dans les Balkans a été l'un des artisans des accords de paix de Dayton, qui avaient mis fin en 1995 à la guerre en Bosnie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Samedi, des cercueils recouverts d'un drapeau vert - couleur de l'islam - et contenant les corps de 610 Musulmans massacrés à Srebrenica ont été portés dans les rues de Sarajevo, sous les yeux d'une foule bosniaque recueillie. Ces victimes doivent être réinhumées lundi dans des tombes individuelles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des femmes déversent déjà leurs pleurs sur les tombes du cimetière de Srebrenica, surmontées chacune par une plaque de bois vert frappée d'un numéro.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux mille victimes dont les corps ont été retrouvés dans des fosses communes ont déjà eu droit à un enterrement en bonne et due forme, mais 7.000 sacs contenant des corps doivent encore être analysés et il reste à fouiller une vingtaine de fosses communes. Une fosse récemment découverte doit être présentée au public lundi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autre moment fort de ces commémorations, depuis vendredi, un demi-millier de rescapés du massacre parcourent les collines de l'est de la Bosnie, reproduisant, par une marche commémorative de 73 km, la fuite éperdue qui leur avait permis de survivre aux forces séparatistes serbes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:19   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;journée de soleil&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Belle et bonne journée. Le soleil a guidé les fleurs vers l'ouverture. Passé la journée à rédiger des biographies. Dix utiles et une superflue. A cette heure de la presque nuit, le vent s'est levé. Les jours qui viennent devraient être chauds mais secs.&lt;br /&gt;Baekeland, Gramme, Adamo pour dire la Belgique qui gagne. Mais aussi Cordy et Fabian pour dire la Belgique qui triche. Aujourd'hui, tristesse de l'enclave. A la lisière, à la tache, à l'attache de la Serbie et de la Bosnie. Qui se souvient de ces marques vieilles et douloureuses de dix ans d'âge déjà ? Une première page de Libération.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:02   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dimanche, juillet 10, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Metta Sutta est un des textes les plus récités dans la tradition du bouddhisme vipassana&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Longue et belle journée de respiration lente. Vers vingt-deux heures, le dernier merle se tait. souriant sans doute.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:44   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sage&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voici ce qui doit être accompli par celui qui est sage, &lt;br /&gt;Qui recherche le bien et a obtenu la paix. &lt;br /&gt;Qu’il soit appliqué, droit, parfaitement droit, &lt;br /&gt;Sincère, humble, doux, sans orgueil, &lt;br /&gt;content de toutes choses et joyeux. &lt;br /&gt;Qu’il ne se laisse pas submerger par les soins du monde, &lt;br /&gt;qu’il ne se charge pas du fardeau des richesses. &lt;br /&gt;Que ses sens soient maîtrisés, &lt;br /&gt;qu’il soit sage sans être hautain, &lt;br /&gt;et ne convoite pas des biens de famille. &lt;br /&gt;Qu’il ne fasse rien qui soit mesquin &lt;br /&gt;et que les sages puissent reprouver. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que tous les êtres soient heureux. &lt;br /&gt;Qu’ils soient en joie et en sûreté. &lt;br /&gt;Toute chose qui est vivante, faible ou forte, élevée &lt;br /&gt;Moyenne ou basse, petite ou grande, visible ou invisible, &lt;br /&gt;Près ou loin, née ou à naître, &lt;br /&gt;Que tous ces êtres soient heureux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que nul ne déçoive un autre ni ne méprise aucun être &lt;br /&gt;Si peu que ce soi t. &lt;br /&gt;Que nul, par colère ou par haine, ne souhaite du mal à un autre . &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi qu’une mère au péril de sa vie, &lt;br /&gt;surveille et protège son unique enfant, &lt;br /&gt;Ainsi, avec un esprit sans entrave &lt;br /&gt;doit-on chérir toute chose vivante, &lt;br /&gt;aimer le monde en son entier, &lt;br /&gt;Au dessus, au dessous, et tout autour, sans limitation &lt;br /&gt;Avec une bonté bienveillante et infinie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Etant debout ou marchant, étant assis ou couché, &lt;br /&gt;tant que l’on est éveillé, on doit cultiver la pensée &lt;br /&gt;que cela est la manière de vivre la meilleure du monde. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Abandonnant les discussions oiseuses, &lt;br /&gt;ayant la vision intérieure profonde, &lt;br /&gt;débarrassé des appétits des sens, &lt;br /&gt;Celui qui s’est perfectionné &lt;br /&gt;ne connaîtra plus les renaissances.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:40   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;vendredi, juillet 08, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lieu de silence&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;scan20030726_233905 &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;sur la hauteur de la cite. A quelques pas du fleuve, dans le dos du quartier commerçant. En contrebas de la vieille ville, sur les marches de l'esplanade. Loin et ici, dans un silence d'absence et de chaleur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  18:05   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Saramago&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certains sons inarticulés qui nous sortent parfois involontairement de la bouche ne sont en vérité que les gémissements irrépressibles d'une douleur ancienne qui se rappelle soudain à nous, à l'instar d'une cicatrice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  11:53   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'image date de quelques années.( 2000 peut-être). Les couleurs sont le résultat de la lente dégradation des pigments dans l’eau qui a servi pour d’autres couleurs. Au fil du temps, les résidus deviennent non seulement ternes mais virent au brun et au vert sales. Ils se densifient et les dépots rendent une matière- de la matière- qui s’exprime sur la feuille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  11:32   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dancing time&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;scan20030727_001959 &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  11:28   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mercredi, juillet 06, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Holidays&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le traitement agit enfin, les gosses sont à la maison pour quelques jours. je travaille par ailleurs sur la liste de Monoye. Aujourd'hui, nous avons travaillé au premier roman de Louise. (on peut le lire intégralement en cliquant sur comment)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  17:51   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;rust&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;rust &lt;br /&gt;Originally uploaded by Idio Lector.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  17:43   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;08/01/2005 - 09/01/2005 06/01/2005 - 07/01/2005 Page d'accueil &lt;br /&gt;Inscription à :  Messages (Atom) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui êtes-vous ?&lt;br /&gt;Jean-Pol Lefebvre&lt;br /&gt;Afficher mon profil complet &lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Archive de blog&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;mercredi, juin 22, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Wimbledon&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Justine est sortie dès le premier tour du tournoi de tennis. Il y a quelque chose d'ordinaire dans le dégoût ordinaire que cette petite femme ordinaire provoque chez les wallons ordinaires. On n'aime pas Justine. On n'aime pas son côté j'explique le monde parce que je ne suis pas de ce monde ou parce que je suis trop de ce monde. Justine ne partage pas les valeurs des wallons, elle est une jack-pot en jupettes, les wallons n'aiment pas les jack-pots encore moins en jupettes. Elle est indécente. Voilà...Indécente. Donc on ne peut pas vraiment la regarder. Justine est le vrai mal wallon... le wallon ne supporte pas d'être un tueur, un gagneur...juste un "réalisateur" de douleurs et de défis...C'est bon d'âtre wallon... Ca permet de dormir sur ses deux oreilles et de respecter l'autre. Je parlais de tennis ou quoi...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  20:56   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Libres ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne me sens ni solidaire ni convaincu par le ramdam médiatique autour de la libération des otages florence - Hussein. Quelque chose de déplacé conduit le débat. Un accord tacite entre palabre et finances, entre pub et barbarie, entre baratin et fusils mitrailleurs, entre raison et cinémapolitic... la vraie société du spectacle..hein Guy ??&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  20:50   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dimanche, juin 12, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;libé&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;une2 &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;libres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  19:49   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi, juin 11, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Caro's home&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La fille s'est vite retournée après sa séparation. Unae autre spacieuse maison sur les venelles de Liège et un déménagement programmé avec les potes. Je serais bien incapable de l'aider en quoi que ce soit. Les enfants font la part des choses et séparent donc vêtements et jouets.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:30   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Début juin&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mois se fige dans des températures trop froides. Ma peau, mes articulations s'acharnent à me faire crever de mal. Déjà plus de dix jours sans rien écrire ni penser d'ailleurs.Pas encore de réponse fournie à Cédric pour l'accepteation du travail. Les conditions ont été revues, le projet aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:25   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;07/01/2005 - 08/01/2005 05/01/2005 - 06/01/2005 Page d'accueil &lt;br /&gt;Inscription à :  Messages (Atom) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui êtes-vous ?&lt;br /&gt;Jean-Pol Lefebvre&lt;br /&gt;Afficher mon profil complet &lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Archive de blog&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;lundi, mai 30, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Casting&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Séance de prises de vues ce matin dans le studio de la Maison pour Associations en vue de réaliser la carte de visite d'un petit gars gonflé et volontaire qui se voit dans les écrans de kids. Le montage se fera demain. Il disposera alors d'un DVD de présentation multivitesse et maxi-sourire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  20:44   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;jeudi, mai 26, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui oui&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est le nom d'un restaurant du midi et de l'en-cas sur l'avenue Brugmann. Nous y avons diné ce midi avec cédric. Je n'avais plus roulé dans les petites rues transversales de la capitale depuis si longtemps. Avidité et plaisir de passer sous les arbres de l'avenue Molière, de revoir, en la doublant la rue où vécu quelques mois Caro pendant ses années unifs à l'Ulb. De repasser sous la Blue Tower qu'on appelait jadis la Tour Seifi et dont je me souvient avoir arpenté le toit dans le vent, sous les antennes de SIS... 1985. Je n'avais plus parcouru un jardin de Bruxelles, dans la douce chaleur d'une journée sortie de nulle part, depuis des siècles. Je m'étais surpris aujourd'hui à compter quinze années de moins au compteur du banal. Monoye ne change pas. Il me propose de l'aider à poursuivre un engagement qui tient du défi mais dont, comme toujours, il ne mesure pas toutes les implications. 100 belges célèbres à emballer dans le catalogue d'une exposition de deux mois qui débute en septembre. Quelques semaines donc pour triturer l'archi-connu et le m'as-tu-vu de ces gloires intemporelles pour en faire une accumulation de nouvelles mesures. Ambitieux et fou.&lt;br /&gt;Quand je repars, il fait trente degrés et des travaux. Je retrouve les sensations de défi qui étaient celles qui m'habitaient jadis. Un formidable coup de fouet qui, combiné aux nouvelles de Caroline concernant un nouveau poste potentiel pour elle, me transporte.&lt;br /&gt;Je n'oublie pas les pêlots. Comment le pourrai-je ? Si nous formalisons notre collaboration, je passerai le mois de juillet à écrire la biblio de quelques gloires et rois, sourires et gueules de Belgique. Il y a bien parmi eux Ghelderode et Michaux mais aussi Vandamme (biscotos) et Sandra Kim. Au resturant, la serveuse lumineuse accumule sur l'assiette mille petites cuillèrées de plats différents. Un repas enfantin et succulent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  19:36   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi, mai 21, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les frères&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cannes salue la victoire du film belge des frères Dardenne. L'histoire (on dit l'intrigue) raconte exactement celle plus dérisoire encore d'un pêlot qu'on pousse vaille que vaille à se sortir de son trip dans une formation dont il ne veut pas. Je traduis : Il y a parmi nos stagiaires un gamin qui doit avoir à peine quelques heures de plus que le héros du film, dont l'amie tient dans le ventre un rejeton et dont il n'a pas la moindre idée de ce que cela va apporter dans sa vie. Pas la moindre idée. Ni d'ailleurs la moindre idée de ce qu'il va apporter dans celle du moutard. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;la critique de liberation : Ecce homo. Voilà Bruno (Jérémie Renier, d'ores et déjà notre prix d'interprétation masculine), trafiquant dans une économie d'expédients, petite délinquance qui se démène entre vols de lecteurs de CD et autres conneries modernes, tout ce fatras parfaitement accessoire dont le capitalisme rugit qu'il faut pourtant en croquer sous peine d'être relégué encore plus loin dans le terrain vague. C'est bien pire que de l'aliénation, c'est de l'esclavage désiré. Ainsi du téléphone portable, dont il est montré qu'il est à la fois la suprême insulte faite aux pauvres mais aussi un vade-mecum qui les relie moins au merveilleux monde de la communication qu'au réel de leur vie flouée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà Sonia (Déborah François, d'ores et déjà notre prix d'interprétation féminine), petite madone de la misère qui serre contre elle son Jimmy, nouveau-né de l'amour. Bruno et Sonia sont des misérables au sens où l'entendait Hugo. Leur nuit est sombre mais constellée d'étoiles. Couple dans la panade mais aussi jeunes chiots qui se chicorent joyeusement et ont l'élégance aristocratique de claquer leur peu d'argent à louer une belle bagnole pour une virée de quelques heures, ou acheter un landau de compétition à leur Jimmy chéri. On ne voit pas meilleure façon de dire au beau monde qu'il aille se faire foutre. Des jeunes aventuriers à l'heure où l'aventure officielle se résume à voter par texto pour savoir qui de la fille ou du garçon va remporter la finale de la Star Ac.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Infamie». Tout ceci comme une chronique de la dèche en tourbillon, une magouille en appelant une autre, encore plus lamentable. Jusqu'à l'incroyable événement qui a lieu comme un coup de tête et est filmé sur les nerfs : Bruno va vendre son fils de neuf jours, le fourguer à des marchands d'adoption comme on fourgue un scooter volé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Apogée inouï. Mais Sonia est là, prématurément adulte et femme, lorsqu'elle découvre «l'infamie», et va réagir à son échelle de petite maman : ma main dans la gueule ! La scène, a priori impossible, de la confrontation avec son amoureux est un apogée inouï. Sonia ne dit mot tandis que Bruno, comme un enfant péteux, asticote son silence, guigne le pardon. «Qu'est-ce que je t'ai fait ?» demande-t-il. Dans la salle, la question a fait ricaner quelques spectateurs, alors qu'en ces circonstances abominables c'est la seule chose à dire, minable et bouleversante. Bruno ne pensait pas à mal, bande de cons, il n'en a pas les moyens. Et pour les mêmes raisons, il est tout sauf un salaud.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jusqu'à ce bel Enfant, les films des Dardenne, comme les histoires d'amour, finissaient mal en général. Ici aussi, mais dans une explosion de sanglots qui dit qu'au moment où elle craque la vie va malgré tout. Malgré la misère, malgré nos conforts obnubilés, malgré la congélation de nos révoltes, notre résignation aux ignominies d'un monde qui, à portée de main, va à sa perte. L'Enfant est d'évidence un film documentaire pour peu qu'on ne passe pas sa vie dans quelque salon à s'affoler d'un ongle retourné.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:28   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Boris samedi&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus le développement des individus les mène à l'empathie, plus l'intelligence collective invente des mondes virtuels et plus nous éprouvons le malheur des autres et l'angoisse de l'inconnu. Nous pouvons donc prévoir en toute certitude le développement mondial de l'angoisse et de la dépression. &lt;br /&gt;Il ne faut pas négliger cette intelligence du corps, les hommes s'en servent chaque jour. Lorsqu'un enfant apprend à rouler à vélo, il n'a pas besoin d'un seul mot d'explication. Son corps éprouve dans les muscles du dos, dans les mollets, les bras et son système labyrinthique les lois de l'attraction terrestre, de la cinétique et même de la chute des corps ! Un mathématicien qui voudrait lui apprendre à rouler à vélo grâce à ses formules l'empêcherait d'apprendre. De plus, le matheux ne pourrait même pas formuler les lois du virage de la bicyclette qui sont incalculables. Et pourtant, elle tourne ! Boris Cyrulnik&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  19:07   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;troisieme element&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;8 &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  12:05   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;deuxieme element&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;7 &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  12:03   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;premier element&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;6 &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  12:02   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sequence&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;petit jeu pour une construction aléatoire. Aucune idée précise de l'effet escompté ni du résultat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  11:59   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lundi, mai 16, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Départ&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fin de week-end pour les petits. Beaucoup d'énergie dépensée, beaucoup de sourires complices et de rires francs. Beaucoup de grands soupirs et de petites fêtes improvisées comme ce ramdam tambours et voix...wowowa... sur la table du déjeuner. Caroline lit Pennac. L'autre semaine vient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  17:44   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Auster&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Auster &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  15:41   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi, mai 14, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;scan20030726_211841 &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Une vingtaine de duo d'arbres. aquarelles de 2001. La réalisation se conçoit dans l'urgence. Equilibre entre les arbres et melange des couleurs. Le manche du pinceau est utilise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  10:31   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A propos des fraises&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les petits doivent arriver d’un moment à l’autre. il pleut sans arrêt depuis l’aube. Au travail, le retour de congé d’Adeline me vaut de former désormais équipe avec elle. Nous allons, je pense, au devant de quelques empoignades qui vont pimenter le quotidien. “nos clients sont les pelots” entendez il faut se couper en quatre pour mettre à l’emploi coûte que coûte le demandeur (sa version) contre “nos clients sont les entreprises qui engagent nos pelots”(ma version).&lt;br /&gt;Je crois que nous sommes des ramasseurs de fraises (poste saisonnier disponible sur fiche encore aujourd’hui) et que parfois nous tombons sur une fraise difficile à cueillir (elle résiste à nos doigts, trop ou pas assez mures, accrochée derriere une feuille... va savoir) Passer trop de temps pour essayer de la “capturer”, c’est oublier que des dizaines d’autres sont à maturité et n’attendent qu’à être cueillies. Délaisser les autres au profit d’une, c’est condamner la récolte. Nos demandeurs d’emploi sont des fruits trop mûrs. Condamnés à finir dans la confiotte, si nous n’en sortons pas les meilleurs.&lt;br /&gt;Version élitiste, tayloriste et donc royalement inconciliable avec celle socio-sociale de Adeline. Adeline a beaucoup maigri et n’a plus la vitalité qui était la sienne il y a six mois encore. ca vaut sans doute mieux pour moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  10:24   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;jeudi, mai 12, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;soleil presque chaud&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;scan20030726_203215 &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Caroline nous a donne un sourire par telephone ce soir. Des moments qui poussent vers la patience.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:43   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dimanche, mai 08, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La radio (a gauche sur la photo)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;scan20030726_173322 &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;petit texte a ecouter. Il y avait dans la boite en fer une multitude de photographies dont les acteurs m'etaient inconnus. Celle-ci m'a toujours apporte une image floue mais juste, je pense, des miens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:28   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La radio&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne connais rien de cette photographie ( un lointain parent) mais elle me semble contenir, j’en ai une “intuitive certitude”, ce qui a du, de près ou de loin , ressembler à l’univers de vie, pour quelques années sûrement, de mes grands parents. Nous sommes dimanche, jour obligé pour le port de la cravate et le costume, jour aussi de petite goutte et de cigare d’après repas. Sur la table, le gendarme, un verre sur pied épais, deux bouteilles. L’alcool sec, dans la petite bouteille, le pecket, la fine, selon le cas, réservé aux hommes et la grande bouteille issue de la fermentation des fruits ramassés ou plus généralement du guignolet sont proposés aux femmes. Il ne serait pas venu à l’esprit d’une femme de désirer l’alcool des hommes tout comme il était mal perçu de la part d’un homme de ne pas assumer sa virilité en choisissant l’alccol “sucré”. La pièce est petite comme l’étaient celles des maisons ouvrières de Jumet ou de Roux, de la basse-haie (bassée) à Heigne, ces lieux où se concentraient les familles maternelles. Le meuble a subi les assauts du temps, il est blessé mais il ne sera jamais réparé. L’installation électrique ne doit pas supporter d’autres exigences que celle d’une ampoule suspendue au dessus de la table et celle du poste de tsf, la radio est un meuble à part entière. Historiquement nouveau et important, le poste, comme s’il s’agissait d’un lieu de veille et de garde, mobilise l’attention de ceux qui l’écoutent. Tout s’arrête pendant l’audition des émissions. Le poste est une âme qui se manifeste par l’apparition de la lumière chaude d’un œil vert dès qu’on l’allume. L’odeur de bakelite est caractéristique après quelques minutes d’utilisation donc d’échauffement. La photographie glissée entre les lamelles de bois qui enserrent le diffuseur, un groupe, peut-être une trace des Carottiers une société de la Madeleine rejoint ce qui fait parole. J’écoute et je vois. La télévision était à inventer, d’évidence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:23   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le vieux&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;scan20030821_171639 &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Une des rares photographies de mezigue. J'avais encore le sourire poetique. non ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:18   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tension&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;artérielle 22 le soir, 21 le matin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  20:15   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi, mai 07, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;loulou6 &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  17:18   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;petite sortie&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Caroline, ma fille, ces mots trouvés à l’instant sur le beau site de Gilles Jobin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"tu ne peux pas t'anéantir&lt;br /&gt;tout renaît juste sous tes yeux"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Simone de Beauvoir, La femme rompue&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  17:10   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Loulou peint&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;loulou71 &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Loulou est consciente de ce qui se passe pour ses parents. Loulou connait deja les chansons de la vie, les absences et les sonneries de gsm qui ne veulent rien dire parce qu'elles arretent soudain de resonner. Loulou a ramasse dans le grenier de Gene les dernieres Barbies. C'est comme la fin d'une epoque, les poupees et leurs centaines d'attributs gonflent des cartons entiers. C'est sans doute un passage annonce vers d'autres chemins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  16:39   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En visite&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces derniers jours, Caroline est venue passer soirées et nuits à la maison. Sa rupture avec François semble consommée. Son désintérêt de tout visible et solide.&lt;br /&gt;Dans ses actes, une lente descente aux enfers. Les enfants ne sont plus dans son champ de vision moral. On la sent inconsciente à la fois de la chance qui s'offre à elle et qu'elle doit saisir pour tout reconstruire et du malheur certain qui la conduit à fuir. Nous restons sans voix devant elle puisque chaque mot la heurte.&lt;br /&gt;Chaque silence de sa part nous casse également avec la même simplicité. Elle hésite seulement entre un verre de vin blanc et une cigarette. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon état de santé s'est fortement aggravé. trois journées passées avec une tension artérielle à plus de 21. Des bourdonnements dans l'oreille et une extrême lassitude. Je pense vraiment partir vers la clinique. Christine m'enfonce dans les fesses la dose de médicament suffisante pour calmer le bang-bang.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après un premier mai lumineux et estival, les températures tutoient les 4-5 degrés pendant les journées d'un congé d'ascension maussade et triste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  16:18   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;blanc bird&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;papi1 &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Louise et moi glissons sur l'ecran l'improbable oiseau sur un fil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  16:16   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Emotion&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PPStickerRVB &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Souvenir du visuel d'appel de porte-paroles. La photo et l'atmosphere sont due a l'attention de Eddy Lohse. Il y a ainsi de la tendresse dans l'image de l'ecrit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  16:09   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Loulou peint&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parfois au milieu de la nuit, elle se pose devant l'écran et construit des images de ressources. Elle fait le point en tirant la ligne. Pendant de longs instants, elle reste devant ses gestes à regarder faire ses yeux et ses pensées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  15:54   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;loulou896523$ &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  15:51   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;jeudi, mai 05, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ecrire est un savoir ombreux&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ecrire est un savoir ombreux. Sa lumière est incomparable. Il est singulier d’écrire dans une époque barbare. Il l’est bien davantage de considérer l’enténèbrement du monde qui résulte non seulement de l’obsolescence des formes littéraires mais de la mort de la langue qui nous a constitués et dans laquelle la littérature n’aura pas été que l’exercice d’un pouvoir temporel ou une figuration romantique mais une vie d’homme tout entière vouée à une tâche où j’aurai accepté sans regret, avec ferveur, voire dans la joie de ce qui me détruit tout en me gardant en vie, de n’être qu’un appel éperdu de sens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Richard Millet, in Le dernier écrivain ; fata morgana, décembre 2004&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  19:41   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;06/01/2005 - 07/01/2005 04/01/2005 - 05/01/2005 Page d'accueil &lt;br /&gt;Inscription à :  Messages (Atom) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui êtes-vous ?&lt;br /&gt;Jean-Pol Lefebvre&lt;br /&gt;Afficher mon profil complet &lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Archive de blog&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi, avril 30, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques lignes d'autres passions&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il y a un moment où on est tout seul quand on est arrivé au bout de tout ce qui peut vous arriver. C'est le bout du monde. Le chagrin lui-même, le vôtre, ne vous répond plus rien et il faut revenir en arrière alors, parmi les hommes, n'importe lesquels. On n'est pas difficile dans ces moment-là car même pour pleurer il faut retourner là où tout recommence, il faut revenir avec eux."&lt;br /&gt;Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit, Gallimard Folio, 1972)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tout homme possède sa finalité particulière, en sorte que mille directions courent les unes à côté des autres en lignes courbes et droites ; elles s'entrecroisent, se favorisent ou s'entravent, vont de l'avant et reculent, et prennent de la sorte, les unes vis-à-vis des autres, le caractère du hasard, rendant ainsi impossible, abstraction faite des influences des phénomènes de la nature, la démonstration d'une finalité décisive dans les événements, qui embrasserait l'humanité toute entière."&lt;br /&gt;(Friedrich Nietzsche, Deuxième considération intempestive, Editions Mille et une Nuits, 2000)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il se vouait corps et âme à cette étrange religion des absences - comme s'il pouvait y en avoir une autre - et au silence qu'elle instituait."&lt;br /&gt;(Vincent Engel, Oubliez Adam Weinberger, Paris, Fayard, 2000)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre et qui, paradoxalement, est peut-être notre moteur le plus sûr."&lt;br /&gt;(Nicolas Bouvier, L'Usage du monde, Genève, Editions Zoé, 1999)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Et il faut deux personnes pour mourir... une pour disparaître et l'autre pour accepter."&lt;br /&gt;(Hélène Frappat, Sous réserve, Editions Allia, 2004, page 124)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  12:03   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malaisie&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;scan20030726_110613 &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;les jours sont enfin plus lumineux pour alerter l'ete, je jette cette image prise en Malaisie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  11:57   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Yvan Tasiaux&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà un gaillard qui dit haut (grande gueule) et bien (fine plume) ce qu'il est (catho et homo). Quelques mots du pélerin d'Awagne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous me donnez un âge&lt;br /&gt;alors que je ne suis&lt;br /&gt;qu'un moment du temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous me donnez une maison&lt;br /&gt;alors que je suis &lt;br /&gt;seulement de passage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous me donnez un pays&lt;br /&gt;alors que je ne suis&lt;br /&gt;de nulle part.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis un jour,&lt;br /&gt;vous me crierez mon nom,&lt;br /&gt;et je ne me retourneai pas&lt;br /&gt;car j'aurai un âge,&lt;br /&gt;une maison,&lt;br /&gt;un pays.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  11:29   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;rupture&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Beaucoup de tanguage dans le ménage h-l, cela ressemble à une rupture mais ce n'est pas encore tout à fait une rupture. Louise pense à la seconde maison, à l'alternance des visites. sereinement. Milo pense que Spiderman va arranger cela.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  11:12   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;coaching&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Première évaluation de mon travail de coaching à la Mirec. cliquez là en dessous sur "comment" pour voir les mots et les chiffres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  11:05   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mardi, avril 19, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Manèges&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur le parking du Palais des Expositions et au pied de l'Hôtel de ville, les attractions ferment boutique et laissent la place aux voitures. Les derniers croustillons et tours de manèges se vendent au rabais. Quand je vivais ces instants d'émotions jadis, les spectateurs anonymes et naïfs défiaient des boxeurs et des catcheurs, les attractions brûlaient nos âmes et nos yeux. Aujourd'hui, on gagne des gsm aux loteries prévisibles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:43   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;choir&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce dernier dimanche, à Chevetogne, un second choeur s'est joint aux moines de l'abbaye pour la célébration. Vigoureux et latins, les espagnols ont dopés les tendres voix locales. Un moment rare et fort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:40   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rallye&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les quelques jours du rallye de l'emploi viennent de commencer. Rencontre avec une dizaine de demandeurs avides d'emploi. La première journée est plutôt riche qualitativement. J'ignore ce que veut soudain dire riche qualitativement. Sinon que les demandeurs sont compétents dans leurs domaines d'activités et qu'ils se vendent plutôt bien. C'est une agréable surprise. Je pense que demain cinq ou six d'entre-eux trouveront de l'emploi. l'effervecence toute spontanée de la journée me donne un petit coup de fouet. Il grêle sur la ville dans l'après-midi. Quand je quitte Charleroi, c'est sous le soleil. J'apprends sur le trajet du retour que Ratzinger est le nouveau pape. Continuité austère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:30   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lundi, avril 11, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;blog moi&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'avoue que je ne me souviens pas du moment où j'ai reçu vos messages jadis. J'avoue que les blogs et les textes commencent à remplir un univers trop futile. J'avoue encore et aussi que j'ai le sentiment déplacé et douloureux qu'il est urgent de faire sourdre la vie de vos images et de vos textes. Et que, dés lors, j'ai envie de vous inviter à me sourire en m'écrivant chaque soir une phrase de confiance et de bonheur. Je suis naïf, pensez-vous. Je vous laisse le soin de le penser quelques secondes mais ensuite mettez vous à l'oeuvre. Pour votre force retrouvée.&lt;br /&gt;Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;je dois avouer que je ne sais fichtre pas non plus à quel moment vous avez pu recevoir mes messages jadis. aussi, j'avoue que j'ai toujours été très éloignée de ce que sont les blogs et textes en ligne en général, même dans mon grand intérêt pour les multiples possibilités du média. même lorsque j'ai réalisé mes tous premiers textes, il y a 3 ou 4 ans, l'écriture de l'intime en ligne, c'était déjà bien futile, fat et ennuyeux. c'est d'ailleurs de là qu'est née Ann.&lt;br /&gt;quand à faire sourdre la vie d'images et de textes que je fabrique, ça a toujours été présent dans le projet du réseau, ça l'est encore aujourd'hui. la "matérialisation" de ces projets peut prendre diverses formes : recherches universitaires, création d'une revue et préparation d'une installation-exposition. et ça prend du temps aussi, bien plus que d'écrire et publier une entrée de journal.&lt;br /&gt;quand à vous écrire chaque jour une phrase de confiance et de bonheur, réaliser un mail-journal "optimiste", je crois que l'effet de réel n'y serait pas. l'image d'une vie, c'est autant confiance et bonheur que latence et mélancolie. alors, je préfère garder mon kaléidoscope de sensations et de noms : ce magma sans hiérarchie qui fait l'image du quotidien de mes personnages.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;belles journées à vous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Céline LB&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  20:58   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lundi, avril 04, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Rite&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le texte de base relatif à l'utilisation du Rite par des tiers a été lu par Pascal. Remarques constructives. Un complément de travail sur la présentation semble nécessaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  12:10   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;vendredi, avril 01, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quad&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bruyante arrivée du cadeau pascal des moutards.un quad deux roues motrices et moteur électrique. Grandes sensations et émotions autorisées. Ca roule !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  10:57   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;05/01/2005 - 06/01/2005 03/01/2005 - 04/01/2005 Page d'accueil &lt;br /&gt;Inscription à :  Messages (Atom) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui êtes-vous ?&lt;br /&gt;Jean-Pol Lefebvre&lt;br /&gt;Afficher mon profil complet &lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Archive de blog&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;mardi, mars 29, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chevetogne&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vendredi. Descente au Tombeau. Comme chaque année, infinie compassion d'un petit peuple décalé, isolé dans la vallée de l'Ywoigne, loin de la planète et si au dedans d'elle. Je souffre tellement que lors de la longue génuflexion qui accompagne le trépas du Christ, je dois m'appuyer sur le banc qui me fait face. Je prie pour tous les miens et des proches tellement loin encore.&lt;br /&gt;Impasse de fatigue pour la nuit pascale.&lt;br /&gt;Je participe avec un recueillement sincère et dense à la liturgie romaine du dimanche et à l'eucharistie grecque du lendemain. Beaucoup de silence à l'intérieur de moi, sans qu'il soit question de paix pourtant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:35   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fin d'hiver&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La période est à nouveau pénible, douleurs physiques et morales se chamaillent. Mille questions sur le sens d'un travail morcellé et souvent inutile à la Mirec. Autant de questions sur le sens de la vieillesse, de l'expérience à transmettre. Autant encore sur l'immense silence qui vient dans une vie qui se vide. Autant sur l'importance et l'utilité du regard à poser sur la descendance et son rôle futur. Autant sur la foi. Autant sur l'amour, le don. Autant sur l'immobilité. Plus le vieux se fait plus les questions s'imposent à son reste de devoir. Il faut alors reconnaître qu'il a l'impression d'être dépassé en tout et bousculé par tout. Rien que de très normal donc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  19:09   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;geoffnet&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;geoffnet &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Les courriers de Simeon ecrits au crayon et ouverts par l'occupant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  18:12   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Siméon&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin une réponse de Maunthausen.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dear Mr. Lefebvre,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;in response to your inquiry the Mauthausen Memorial Archives can provide you with the information attached.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;notes on the attached information sheet:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;category of incarceration:&lt;br /&gt;„Schutz“ / „Schutzhaft“ (Prisoner in Protective Custody), „Politisch“ (Political Prisoner)&lt;br /&gt;The Protective Custody“ (or „Schutzhaft“) was based on a decree for the protection of people and state from February 28th, 1933. As from January 25th 1938, the “Schutzhaft” was defined as a forced measure against persons who were supposed to pose a “threat to the security of the people and the state”. The “Schutzhaft” did not have any temporary limits and was removed from any legal control and possible legal objections.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;The Mauthausen Memorial Archives hope that this information is of any help for you.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En attachement, un tableau qui reprend les informations confirmées ci-après:&lt;br /&gt;database of male prisonners&lt;br /&gt;name: Parent first name: Siméon&lt;br /&gt;131 683&lt;br /&gt;date of birth : 08 06 1901 place of birth : Roux&lt;br /&gt;nationality: Belgien&lt;br /&gt;category: schutz&lt;br /&gt;arrived from cc: Sachsenhausen 18 02 1945&lt;br /&gt;date of death : 04 03 1945&lt;br /&gt;source : AMM E/13/11/5:Y:36&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  17:53   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi, mars 12, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Isabelle Miniere&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je voudrais dire ces petits riens qui font les matins joyeux. &lt;br /&gt;Je voudrais dire ces petits quelque chose qui font les journées heureuses, simples et tranquilles. &lt;br /&gt;Je voudrais dire ces trois fois rien qui font les nuits si douces…&lt;br /&gt;Je voudrais dire l’air du temps, un soir de printemps, quand il fait si bon, si léger, si aérien…&lt;br /&gt;Je voudrais dire cette joie discrète, secrète, cette joie qu’il y a certaines fois à se sentir vivant. &lt;br /&gt;Je voudrais dire la grâce, naturelle, bouleversante, sur le visage d’un enfant. &lt;br /&gt;Je voudrais dire la maladresse, charmante, désarmante, des adolescents ; ces restes d’enfance, dans leur corps devenus si grands. &lt;br /&gt;Je voudrais dire la pureté, quelquefois, et ce vertige qui vous prend quand par hasard, au détour d’un regard, à l’ombre d’un sourire, dans l’inflexion d’une voix, vous la percevez soudain, fugace, indicible…&lt;br /&gt;Je voudrais dire les moments fragiles, délicats, les moments-papier de soie. &lt;br /&gt;Je voudrais dire le sourire d’un passant, d’un inconnu, cette complicité d’une seconde ou deux, gratuite, gracieuse. &lt;br /&gt;Je voudrais dire le charme, irrésistible, d’un éclat de rire, pour presque rien, l’innocence radieuse de ce rire-là. &lt;br /&gt;Je voudrais dire les bonheurs futiles, enfantins ; les petites joies de rien du tout, et qui changent tout. &lt;br /&gt;Je voudrais dire la délicatesse ; cette vertu modeste, discrète ; cette pierre précieuse au milieu d’un champ de cailloux. &lt;br /&gt;Je voudrais dire cette impression, au sortir d’un livre, d’avoir eu avec son auteur une sorte de conversation ; ce sentiment, si troublant, d’intimité avec quelqu’un qu’on ne connaît pas. &lt;br /&gt;Je voudrais dire ces instants, furtifs, de détachement, quand notre petit moi, à l’étroit dans sa cage, semble enfin se libérer, s’évaporer, se dissoudre ; ces instants si sereins que mourir devient soudain sans gravité, sans tourment ; ces instants mystérieux, éphémères, mais qui laissent leur empreinte, indélébile et rassurante. &lt;br /&gt;Je voudrais dire certains regards, comme des miroirs, si plaisants, si gratifiants qu’ils suffisent à nous sentir aimables. &lt;br /&gt;Je voudrais dire le charme de ces conversations, bien anodines, mais où un autre langage se devine, où la séduction doucement se dessine…&lt;br /&gt;Je voudrais dire ces mots qu’on ne dit pas, tous ces mots qu’on pense tout bas, qu’on invente en secret pour quelqu’un qui n’est pas là, ces mots tendres, ces mots idiots, ces mots tout doux, tout fous, et qu’il ne saura pas. &lt;br /&gt;Je voudrais dire la pudeur des sentiments, de ceux qu’on dit avec les yeux, quand ce sont les yeux qui sourient, quand c’est le regard qui dit oui. &lt;br /&gt;Je voudrais dire ces instants d’intense intimité, où l’on cesse de se sentir seul au monde, et pour toujours ; ces instants de grâce…&lt;br /&gt;Je voudrais dire la douceur d’un regard, la douceur d’un geste, la douceur d’un sourire, la douceur d’une parole, la douceur…&lt;br /&gt;Je voudrais dire des choses plus légères que d’ordinaire. &lt;br /&gt;Je voudrais dire la légèreté. &lt;br /&gt;Je voudrais dire l’ordinaire. &lt;br /&gt;Je voudrais dire une banalité : &lt;br /&gt;Je voudrais dire que sans une petite touche d’amour, on n’est plus personne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:49   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Song&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il m'a dit un jour, écoute petit&lt;br /&gt;Va cours rattrape ta chance&lt;br /&gt;Vis ton rêve la vie te sourit&lt;br /&gt;En une seconde, un oui, un non&lt;br /&gt;Tu passes à côté&lt;br /&gt;Ne pense pas dans le vent du courage&lt;br /&gt;Vas-y élance-toi,&lt;br /&gt;Tu seras reçu par ceux qui t'aiment&lt;br /&gt;Ceux qui dans le fond d'un regard&lt;br /&gt;En silence te comprennent&lt;br /&gt;Et ils partageront les mêmes peines, les tiennes&lt;br /&gt;Ces centaines de haine, les fois où tu parles trop&lt;br /&gt;Les fois où tu dis rien tu fais rien&lt;br /&gt;Quand tu as l'impression de vivre&lt;br /&gt;Toujours le même quotidien&lt;br /&gt;Ne baisse pas les bras, ne lâche pas&lt;br /&gt;Prends le temps de te dire&lt;br /&gt;Qu'il y a un ange derrière toi&lt;br /&gt;Relève toi, et va trouver le plus fort en toi au fond de toi&lt;br /&gt;Le bonheur est au bout des doigts ne l'oublie pas&lt;br /&gt;Sous l'oeil de l'ange&lt;br /&gt;Je suis venu te dire que j'ai su rester fort&lt;br /&gt;Sous l'oeil de l'ange&lt;br /&gt;Je suis venu te dire qu'ils n'ont rien vu encore&lt;br /&gt;Sous l'oeil de l'ange&lt;br /&gt;Je suis venu te dire que j'ai trouver la paix&lt;br /&gt;Sous l'oeil de l'ange&lt;br /&gt;J'ai su pardonner et j'ai su le chanter&lt;br /&gt;Il va falloir que tu saches&lt;br /&gt;Ce qui se cache dans une défaite et,&lt;br /&gt;Trouver la porte dans le noir qui t'en sortirai&lt;br /&gt;Et recommencer à rêver&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est dans les rêves que se cache&lt;br /&gt;La porte de l'éternel conte de fée,&lt;br /&gt;Ta vie tu la bâtiras de tes mains,&lt;br /&gt;La sueur de ton front&lt;br /&gt;Sera le pain pour ton lendemain,&lt;br /&gt;Va, et sois le meilleur dans ce que tu feras&lt;br /&gt;Ne baisse pas les bras et Dieu te gardera&lt;br /&gt;Il te parlera de ça de tout et de rien,&lt;br /&gt;Il a les mélodies, les clefs du mal et du bien&lt;br /&gt;Il fera ton histoire, il écrira demain&lt;br /&gt;Il aura tes mémoires dans le creux de sa main&lt;br /&gt;Va et sache que tu as tout ce qu'il faut,&lt;br /&gt;Et bien plus qu'il n'en faut,&lt;br /&gt;Mais donne-toi le temps qu'il faut, regarde en haut.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  11:58   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;secousse&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le couple des enfants passe dans les turbulences et les questions d'une séparation traînent sur la table entre le linge à repasser et un bouquet de tulipes. Les petits, eux, s'en remettent aux guides pour Louise et à spiderman pour Milo.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  11:53   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;neige&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ces dernières trois semaines ont vu la neige recouvrir la région. Une grande tristesse et une grande solitude ont envahi mes pensées et mes actes. La douleur est revenue et la peau reparle de ses envies.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  11:49   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;04/01/2005 - 05/01/2005 02/01/2005 - 03/01/2005 Page d'accueil &lt;br /&gt;Inscription à :  Messages (Atom) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lundi, février 21, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Terrorisme&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Allez les enfants, Papy vous regarde...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Terrorisme Poétique&lt;br /&gt;par Hakim Bey&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est une danse étrange et nocturne dans les&lt;br /&gt;guichets automatiques des &lt;br /&gt;banques. Des feux d'artifice tirés illégalement.&lt;br /&gt;L'art-paysager, des &lt;br /&gt;travaux de terrassement, ou des objets bizarres dans&lt;br /&gt;les Parcs Publics. &lt;br /&gt;Rentrez par effractions dans des maisons, mais au&lt;br /&gt;lieu de les &lt;br /&gt;cambrioler, laissez y des objets de terrorisme&lt;br /&gt;poétique. Kidnappez &lt;br /&gt;quelqu'un et rendez-le heureux. Prenez une personne&lt;br /&gt;au hasard et &lt;br /&gt;persuadez la qu'elle vient d'hériter d'une fortune&lt;br /&gt;colossale, inutile et &lt;br /&gt;surprenante - 1000 hectares en Antarctique, un&lt;br /&gt;éléphant de cirque trop &lt;br /&gt;vieux, un orphelinat à Bombay, ou une collection de&lt;br /&gt;vieux manuscrits &lt;br /&gt;alchimiques. Cette personne réalisera plus tard que&lt;br /&gt;durant un moment, &lt;br /&gt;elle a cru en quelque chose d'extraordinaire, et&lt;br /&gt;elle sera peut-être &lt;br /&gt;amenée à rechercher un autre mode de vie, plus&lt;br /&gt;intense.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Erigez des plaques commémoratives en cuivre dans les&lt;br /&gt;endroits (publiques &lt;br /&gt;ou privés) où vous avez connu une révélation ou une&lt;br /&gt;expérience sexuelle &lt;br /&gt;particulièrement satisfaisante...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Go naked for a sign.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Organisez une grève dans votre école ou sur votre&lt;br /&gt;lieu de travail sous &lt;br /&gt;prétexte que vos besoins en indolence et en beauté&lt;br /&gt;spirituelle n'y sont &lt;br /&gt;pas satisfaits.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les graffitis apportent une certaine grâce aux&lt;br /&gt;métros si laids et aux &lt;br /&gt;monuments publiques si rigides - le Terrorisme&lt;br /&gt;Poétique peut également &lt;br /&gt;servir dans les endroits publiques : des poèmes&lt;br /&gt;gribouillés dans les &lt;br /&gt;toilettes des palais de justice, de petits fétiches&lt;br /&gt;abandonnés dans les &lt;br /&gt;parcs et les restaurants, des photocopies&lt;br /&gt;artistiques placées sous les &lt;br /&gt;essuie-glaces des pare-brise des voitures en&lt;br /&gt;stationnement, des Slogans &lt;br /&gt;écrits en Caractères Enormes collés sur les murs des&lt;br /&gt;cours de &lt;br /&gt;récréations ou des aires de jeux, des lettres&lt;br /&gt;anonymes postées au hasard &lt;br /&gt;ou à des destinataires sélectionnés (fraude&lt;br /&gt;postale), des émissions &lt;br /&gt;radio pirates, du ciment humide....&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La réaction du public ou le choc esthétique produit&lt;br /&gt;par le Terrorisme &lt;br /&gt;Poétique devra être au moins aussi intense que le&lt;br /&gt;sentiment de terreur - &lt;br /&gt;de dégoût puissant, de stimulation sexuelle, de&lt;br /&gt;crainte superstitieuse, &lt;br /&gt;d'une découverte intuitive subite, d'une peur&lt;br /&gt;dadaesque - il n'est pas &lt;br /&gt;important que le Terrorisme Poétique soit destiné à&lt;br /&gt;une ou plusieurs &lt;br /&gt;personnes, qu'il soit " signé " ou anonyme, car s'il&lt;br /&gt;ne change pas la &lt;br /&gt;vie de quelqu'un (hormis celle de l'artiste), il&lt;br /&gt;échoue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Terrorisme Poétique n'est qu'un acte dans un&lt;br /&gt;Théâtre de la Cruauté &lt;br /&gt;qui n'a ni scène, ni rangées, ni sièges, ni tickets,&lt;br /&gt;ni murs. Pour &lt;br /&gt;fonctionner, le Terrorisme Poétique doit absolument&lt;br /&gt;se séparer de toutes &lt;br /&gt;les structures conventionnelles de consommation&lt;br /&gt;d'art (galeries, &lt;br /&gt;publications, médias). Même les tactiques de&lt;br /&gt;guérillas Situationnistes &lt;br /&gt;comme le théâtre de rue sont peut-être actuellement&lt;br /&gt;trop connues et trop &lt;br /&gt;attendues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une séduction raffinée, menée non seulement dans&lt;br /&gt;l'optique d'une &lt;br /&gt;satisfaction mutuelle, mais également comme un acte&lt;br /&gt;conscient dans une &lt;br /&gt;existence délibérément belle - pourrait être l'acte&lt;br /&gt;ultime de Terrorisme &lt;br /&gt;Poétique.&lt;br /&gt;Le Poète Terroriste se comporte comme un farceur de&lt;br /&gt;l'ombre dont le but &lt;br /&gt;n'est pas l'argent mais le CHANGEMENT.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne pratiquez pas le Terrorisme Poétique pour&lt;br /&gt;d'autres artistes, faites &lt;br /&gt;le pour des gens qui ne réaliseront pas (du moins&lt;br /&gt;durant quelques temps) &lt;br /&gt;que ce que vous avez fait est de l'art. Evitez les&lt;br /&gt;catégories &lt;br /&gt;artistiques identifiables, évitez la politique, ne&lt;br /&gt;traînez pas pour &lt;br /&gt;éviter de raisonner, ne soyez pas sentimentaux ;&lt;br /&gt;soyez sans pitié, &lt;br /&gt;prenez des risques, pratiquez le vandalisme&lt;br /&gt;uniquement sur ce qui doit &lt;br /&gt;être défiguré, faites quelque chose dont les enfants&lt;br /&gt;se souviendront &lt;br /&gt;toute leur vie - mais ne soyez pas spontanés à moins&lt;br /&gt;que la Muse du &lt;br /&gt;Terrorisme Poétique ne vous possède.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Déguisez-vous. Laissez un faux nom. Soyez mythique.&lt;br /&gt;Le meilleur &lt;br /&gt;Terrorisme Poétique va contre la loi, mais ne vous&lt;br /&gt;faites pas prendre. &lt;br /&gt;L'art est un crime ; le crime est un art.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Sabotage Artistique&lt;br /&gt;par Hakim Bey&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Sabotage Artistique cherche à être parfaitement&lt;br /&gt;exemplaire mais en &lt;br /&gt;même temps garde une certaine forme d'opacité - pas&lt;br /&gt;de la propagande &lt;br /&gt;mais un choc esthétique - directement attirant tout&lt;br /&gt;en étant subtilement &lt;br /&gt;présenté - l'action comme métaphore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Sabotage Artistique est le côté obscur du&lt;br /&gt;Terrorisme Poétique - la &lt;br /&gt;création par la destruction - mais il ne peut servir&lt;br /&gt;aucun Parti, ni &lt;br /&gt;aucune forme de nihilisme, ni même l'art. Tout comme&lt;br /&gt;le bannissement de &lt;br /&gt;l'illusion amplifie la conscience, la démolition du&lt;br /&gt;fléau esthétique &lt;br /&gt;adoucit l'air du monde du discours, de l'Autre. Le&lt;br /&gt;Sabotage Artistique &lt;br /&gt;sert uniquement la conscience, l'attention, l'éveil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Sabotage Artistique transcende la paranoïa, la&lt;br /&gt;deconstruction - la &lt;br /&gt;critique ultime - l'attaque physique sur l'art&lt;br /&gt;nausébond- le djihad &lt;br /&gt;esthétique. La moindre trace du plus insignifiant&lt;br /&gt;égo-ïsme ou même de &lt;br /&gt;goût personnel abîme sa pureté &amp; vicie sa force. Le&lt;br /&gt;Sabotage Artistique &lt;br /&gt;ne cherche jamais le pouvoir - il ne fait que le&lt;br /&gt;libérer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les réalisations artistiques individuelles (même les&lt;br /&gt;pires) sont &lt;br /&gt;largement hors de propos - le Sabotage Artistique&lt;br /&gt;cherche à détruire les &lt;br /&gt;institutions qui utilisent l'art afin de diminuer la&lt;br /&gt;conscience &amp; le &lt;br /&gt;profit par l'illusion. Tel ou tel poète ou peintre&lt;br /&gt;ne peut être condamné &lt;br /&gt;pour manque de vision - mais les Idées pernicieuses&lt;br /&gt;peuvent être &lt;br /&gt;combattues par les objets qu'elles génèrent. La&lt;br /&gt;MUSIQUE DE SUPERMARCHE &lt;br /&gt;est destinée à hypnotiser et à contrôler - on peut&lt;br /&gt;détruire son mécanisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les autodafés de livres&lt;br /&gt;Les autodafés de livres - pourquoi les rednecks et&lt;br /&gt;les Douaniers &lt;br /&gt;devraient-ils avoir le monopole de cette arme ? Les&lt;br /&gt;histoires d'enfants &lt;br /&gt;possédés par le diable ; la liste des bestsellers du&lt;br /&gt;New York Times ; &lt;br /&gt;les tracts féministes contre la pornographie ; les&lt;br /&gt;livres scolaires &lt;br /&gt;(plus particulièrement les livres d'Etudes Sociales,&lt;br /&gt;Civiques, de Santé) &lt;br /&gt;; des piles de New York Post, Village Voice &amp; autres&lt;br /&gt;journaux de &lt;br /&gt;supermarché ; un choix de glanures de publications&lt;br /&gt;chrétiennes ; &lt;br /&gt;quelques Romans Arlequins - une atmosphère festive,&lt;br /&gt;du vin &amp; des joints &lt;br /&gt;passant de mains en mains par un bel après-midi&lt;br /&gt;d'automne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jetter de l'argent à la Bourse fut un acte&lt;br /&gt;intéressant de Terrorisme &lt;br /&gt;Poétique - mais détruire l'argent aurait été un&lt;br /&gt;excellent acte de &lt;br /&gt;Sabotage Artistique. Pirater les émissions TV &amp; y&lt;br /&gt;programmer quelques &lt;br /&gt;minutes de Chaos incendiaire constituerait un&lt;br /&gt;exploit de Terrorisme &lt;br /&gt;Poétique - alors que faire exploser la tour de&lt;br /&gt;transmission serait un &lt;br /&gt;Sabotage Artistique parfaitement adéquat. Si&lt;br /&gt;certaines galleries &amp; &lt;br /&gt;musées méritent qu'on lance à l'occasion un pavé&lt;br /&gt;dans leurs vitrines - &lt;br /&gt;pas de destruction, mais une décharge&lt;br /&gt;d'autosatisfaction - alors qu'en &lt;br /&gt;est-il des BANQUES ? Les galleries transforment la&lt;br /&gt;beauté en produit, &lt;br /&gt;mais les banques transmutent l'Imagination en&lt;br /&gt;déchets et en dettes. Le &lt;br /&gt;monde n'y gagnerait-il pas plus en beauté à chaque&lt;br /&gt;banque qui &lt;br /&gt;tremble...ou s'écroule ? Mais comment y parvenir ?&lt;br /&gt;Le Sabotage &lt;br /&gt;Artistique devrait probablement se tenir à l'écart&lt;br /&gt;de la politique &lt;br /&gt;(c'est si ennuyeux) - mais pas des banques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne faites pas grève - pratiquer le vandalisme. Ne&lt;br /&gt;protestez pas - &lt;br /&gt;défigurez. Lorsque l'on vous impose la laideur, de&lt;br /&gt;mauvaises conceptions &lt;br /&gt;et un gaspillage stupide, contestez, et lancez votre&lt;br /&gt;chaussure dans les &lt;br /&gt;oeuvres, ripostez. Brisez les symboles de l'Empire&lt;br /&gt;au nom de rien si ce &lt;br /&gt;n'est l'envie de grâce du coeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:08   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mardi, février 08, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Allez les rouches...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Belgian waffles &lt;br /&gt;Originally uploaded by Tine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  18:43   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Victuailles&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je salive devant cette surréaliste mise en scène de nos vertus gastronomiques. &lt;br /&gt;Tout y est même les fourchettes aux couleurs du standard de Liège.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  18:35   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Trinquer&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Saturday Night &lt;br /&gt;Originally uploaded by Tine.&lt;br /&gt;Au pays des bieres catholiques, le seul pays ou les hommes savent pourquoi ils boivent et reboivent encore. La robe du breuvage s'accomode de l'irrespectueuse présence du gobelet en plastic. Cette photo comme sa voisine trahit nos faiblesses de consommateurs pourtant avises.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  18:33   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Trinquer&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Etymologiquement, le toast c'est "tostus", pour "grillé" : Un simple petit bout de pain rôti et tartiné d'hydromel, plongé dans du vin carthaginois trop fort pour l'adoucir. Mais c'est surtout, l'Alliance, le banquet et les libations où l'on prouve à l'ancien ennemi ou à la future famille élargie que le vin n'est pas empoisonné en le buvant en premier. Le toast consacre alors les réconciliations, les retrouvailles ; les adieux et la Passion aussi (La Cène : "prenez et buvez..."). Le toast est marqué par l'union de la parole et du geste, du discours et du choc. Toaster, trinquer c'est en effet conjurer le mauvais sort, chasser les esprits malins par un concert de bruits secs et violents souvent accompagnés d'une incantation guerrière. "Trinquer", "trinken", "to drink",  geste de défi et de protection contre les puissances occultes peuplant les sombres forêts celtes, germaniques et scandinaves. Geste amplifié par le tambourinement du bronze des coupes ciselées, avant d'être civilisé par le cliquetis cristallin des cristaux bohémiens. Peut-on imaginer un toast avec des timbales en plastique ou des verres à moutarde ? Avec des crânes (skoll en scandinave, skull en anglais), oui : "skoll", disent encore les Nordiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  10:52   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;aquarelle encore&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;scan20030727_213422 &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;j'ai, ce dernier dimanche repris le pinceau pour la premiere fois depuis prs d'un an. difficile remise en marche. les pains de couleurs ont seche et j'hésite à jongler avec le pinceau. Je me trouve des excuses pour justifier une absence totale de dynamisme. Je souris de moi. Indulgence naive.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  10:28   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tiroirs&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Je balaie dans les coins des fichiers ce matin de congé, je supprime ou je déplace, j’ordonne le surplus, le petit-casé dans le coin et je retrouve un texte envoyé par Gene. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous nous convainquons que la vie sera mieux une fois que nous seront mariés, aurons un bébé, puis un autre. &lt;br /&gt;Puis nous sommes frustrés parce que nos enfants ne sont pas assez vieux et que tout ira mieux lorsqu'ils seront plus grands. Puis nous sommes frustrés parce qu'ils arrivent à l'adolescence et que nous devons traiter avec eux. Nous serons certainement heureux lorsqu'ils auront franchi cette étape. &lt;br /&gt;Nous nous disons que notre vie sera comblée lorsque notre conjoint se reprendra en main, lorsque nous aurons une plus belle voiture, lorsque nous pourrons prendre des vacances, lorsque nous prendrons notre retraite. La vérité c'est qu'il n'y a pas de meilleur moment pour être heureux que maintenant. Sinon, quand? Votre vie sera toujours remplie de défis. Il est préférable de l'admettre et de décider d'être heureux malgré tout. &lt;br /&gt;Une citation d'Alfred D.Souza : " Pendant très longtemps, il me semblait que ma vie allait commencer- la vraie vie. Mais il y avait toujours des obstacles le long du chemin, une épreuve à traverser, un travail à terminer, du temps à donner, une dette à payer. Puis la vie commencerait... J'ai enfin compris que ces obstacles étaient la vie." &lt;br /&gt;Cette perspective m'a aidé à voir qu'il n'y a pas de chemin vers le bonheur. Le bonheur est le chemin. Alors, appréciez chaque instant. Appréciez-le davantage parce que vous l'avez partagé avec quelqu'un de spécial, assez spécial pour partager votre temps et rappelez-vous que le temps n'attend après personne... &lt;br /&gt;Alors, cessez d'attendre d'avoir fini l'école, de retourner à l'école, de perdre 10 livres, de prendre 10 livres, de commencer à travailler, de vous marier, à vendredi soir, à dimanche matin, d'avoir une nouvelle voiture, que votre hypothèque soit payée, au printemps, à l'été, à l'automne, à l'hiver,au premier ou au quinze du mois, que votre chanson passe à la radio, de mourir, de renaître, avant de décider qu'il n'y a pas de meilleur temps que maintenant pour être heureux... &lt;br /&gt;LE BONHEUR EST UN VOYAGE, PAS UNE DESTINATION &lt;br /&gt;Travaillez comme si vous n'aviez pas besoin d'argent. Aimez comme si vous n'aviez jamais été blessé(e). Et dansez comme si personne ne vous regardait... &lt;br /&gt;Envoyez ce message à tous ceux que vous aimez, et tiens- donc, par la même occasion, profitez-en pour leur dire, que vous les aimez. Pourquoi attendre? Avez-vous aussi réalisé cela! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  10:23   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;aquarelle 2000&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;scan20030727_213742 &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;sauvegarde de quelques aquarelles realisees (serie de 32) au cours de l'annee 2000. La technique consiste à assurer la mise à plat progressive des verts, ouis de laisser le pinceau s'exprimer ouvertement dans les autres taches de couleur. veiller à maintenir l'impression de souffle. d'agitation due au vent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  10:18   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;vendredi, février 04, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De loin&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bonjour Jean-Pol, &lt;br /&gt;quetal? &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Te plais-tu reellement a la MIREC? &lt;br /&gt;L'annee 2005 a-t-elle bien demarre pour toi? &lt;br /&gt;J'imagines que tu profites toujours autant de tes petits enfants et de ta belle maison de Sorinnes... &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Ici, je vais de mieux en mieux apres une inflammation du colon associee d'une gastrite aigue... hem. (certifie authentique). &lt;br /&gt;Je m'emmerde un peu dans l'ong, car je dois bosser dans le bureau et que je debronze, et que l'ordi n'est jamais libre, et que donc je me leve trop tot pour rien. &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Mais, apres la pluie le beau temps, mon amoureux arrive dans 4 jours! Au diable les projets sociaux, je vais profiter de la vie a du 300%. &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Je ne sais toujours pas quand je rentrerai, ni ou je rentrerai (professionnellement parlant). &lt;br /&gt;A ver... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  19:41   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mercredi, février 02, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Da doo ron ron&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De mon temps on chantait des trucs qui balançaient en anglais. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les voitures n'avaient pas de ceinture de sécurité, pas d'appui-tête et bien sûr pas d'airbags. Sur la banquette arrière, c'était "rigolo" et pas "dangereux". &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les barreaux des lits et les jouets étaient multicolores et vernis avec des peintures contenant du plomb ou d'autres produits toxiques. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'y avait pas de sécurité enfant sur les prises électriques, portières de voitures, médicaments et autres produits chimiques ménagers. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On pouvait faire du vélo sans casque. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On buvait de l'eau au tuyau d'arrosage, à une fontaine ou à n'importe quelle autre source, sans que ce soit de l'eau minérale sortie d'une bouteille stérile... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On construisait des caisses à savon et ceux qui avaient la chance d'avoir une rue asphaltée en pente devant chez eux pouvaient tenter des records de vitesse et se rendre compte à mi-chemin que les freins avaient été oubliés... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après quelques accidents, le problème était en général résolu ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On avait le droit de jouer dehors à la seule condition d'être de retour avant la nuit. Et il n'y avait pas de portable et personne ne savait où l'on était et ce que l'on faisait... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'école durait jusqu'à 4 h, le samedi jusqu'à midi mais, de toute façon, le midi, on pouvait rentrer manger à la maison. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On avait des écorchures, des fractures et parfois même on se brisait les dents, mais personne n'était mis en accusation pour ça. Même quand il y avait une bagarre, personne n'était coupable à part nous-mêmes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On pouvait avaler des tonnes de sucreries, des tartines avec des tonnes de beurre et boire des boissons avec du vrai sucre, mais personne n'avait de problèmes d'excès de poids car nous nous dépensions beaucoup en trajets et en jeux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On pouvait se partager une limonade dans la même bouteille sans risquer d'attraper des maladies. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous n'avions pas de Playstation, Nintendo 64, X-Box, jeux vidéo, 99 programmes de TV sur câble ou satellite, pas de vidéo, de Dolby surround, de portable, d'ordinateur, de chat room sur Internet : nous avions.... des amis ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On pouvait sortir, à pied ou à vélo pour aller chez un copain, même s'il habitait à plusieurs km, frapper à la porte ou simplement rentrer chez lui pour l'emmener jouer avec nous. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dehors, oui dehors dans le monde cruel ! Sans surveillance ! Comment cela a-t-il pu être possible ? On jouait au foot avec un seul but et si l'un d'entre nous n'était une fois pas sélectionné, pas de traumatisme psychologique, ce n'était pas la fin du monde ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parfois un élève, peut-être un peu moins bon que les autres, devait redoubler. Personne n'était envoyé chez les psychologues ou pédopsychiatres. Personne n'était dyslexique, hyperactif ou n'avait de "problèmes de concentration". L'année était redoublée, point et chacun avait les mêmes chances que les autres. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avions des libertés, des échecs, des succès, des devoirs et des tâches... et apprenions à vivre avec. La question du jour est donc: mais comment avons-nous survécu ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment avons-nous pu développer notre personnalité ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  19:32   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mardi, février 01, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Simeon /identité&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur, &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon grand-père : Simeon Parent que je n'ai , hélas, pas connu a trouvé la mort dans le camp de Mauthausen le 04 mars 1945. J'ai retrouvé sa trace sous le nom provisoire et supposé de Paront dans le livre des morts du camp. Sa date de naissance et la date de son décès correspondent bien sûr à cette identité , de même que sa nationalité: belge. &lt;br /&gt;Les courriers reçus de Mauthausen émanant de sa plume et de celle de ses amis témoignent de son réel courage et de sa dignité pendant sa longue incarcération. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pouvez-vous , Monsieur, faire le nécessaire pour redonner une identité, sa vraie identité, et donc une dignité, sa vraie dignité, à mon grand-père et à sa mémoire en rétablissant l'orthographe exacte de son nom (PARENT et non Paront). Je tiens, le cas échéant, à votre disposition les courriers adressés par lui au cours de sa détention. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est avec une extrême émotion que je vous écris et que j'espère une attitude concrête de votre part. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Merci de votre attention et de votre dévouement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jean-Pol Lefebvre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:24   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;03/01/2005 - 04/01/2005 01/01/2005 - 02/01/2005 Page d'accueil &lt;br /&gt;Inscription à :  Messages (Atom) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui êtes-vous ?&lt;br /&gt;Jean-Pol Lefebvre&lt;br /&gt;Afficher mon profil complet &lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Archive de blog&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;lundi, janvier 31, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Blokker&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je quitte le dermatologue et reprend la voiture pour rentrer. Sur le trottoir, un trio s'affaire dans les poubelles du magasin. Quelques faiences dépareillées, des objets griffés dans le mauvais sens du terme. des petits nimporte quoi qu'ils enfournent dans des sacs gris trop légers. La plus vieille éblouie par les phares d'une voiture perd l'équilibre et tombe dans le caniveau. Les assiettes se brisent. Le plus jeune la relève, la bouscule et l'engueule. La plus vieille est penaude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  19:22   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vie en rose (suite)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Merci, on me dit souvent qu'il y a beaucoup d'émotion dans &lt;br /&gt;mes photos ! Je vais finir par le croire !! &lt;br /&gt;Encore merci &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  19:19   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Simeon (fin de janvier)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;suite des courriers de disgrâce. Cher Monsieur, &lt;br /&gt;le Mémorial ne possède que très peu d'informations sur le passage de Siméon PArent à BReendonk. &lt;br /&gt;Je vous conseille de consulter son dossier de Prisonnier Politique conservé aux Archives du Service des Victimes de Guerre, Rue de l'Autonomie 4, 1070 Bruxelles. &lt;br /&gt;Sincères Salutations &lt;br /&gt;Patrick Nefors &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  19:17   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi, janvier 29, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les mots sont des actes qu'on fait avec la bouche&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  20:36   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ecriture&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La scéance du jour de l'atelier d'écriture a rassemblé les mêmes trois femmes autour d'une table ouverte. Clairette de Die et Gauffres légères à la cassonade. &lt;br /&gt;Les textes ont porté sur une réponse possible, une réaction écrite à la nouvelle suivante (extraite d'un forum de Psychologies.com): &lt;br /&gt;« Les autorités scientifiques et militaires sont formelles : l’astéroïde Coltranix se dirige droit sur nous. Il mesure 5 km de long sur 2km de large, mais quand il va entrer en collision avec la Terre, sa puissance de destruction sera équivalente à l'explosion de plusieurs dizaines de milliers de bombes nucléaires. Cette collision aura lieu dans 48h00… ». La voix du présentateur se perdit dans un sanglot. Incapable de bouger, je demeurais immobile sur ma chaise. Le jour se levait à peine, la cuisine embaumait le café. Il me restait deux jours avant de mourir. C’était à toi que je pensais maintenant, je voulais te dire que... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  17:22   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Vie en Rose&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Vie en Rose &lt;br /&gt;Originally uploaded by Pixelle.&lt;br /&gt;Il fait sans doute, aujourd'hui, trop gris dehors, trop loin dans l'hiver. La douceur qui s'installe de la photo a  mon regard a la vertu chaude des soleils pudiques qu'on retrouve aux premiers jours du printemps en bord de mediterranee.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  12:03   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;vendredi, janvier 28, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Simeon&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Totenbuch des Konzentrationslagers Mauthausen &lt;br /&gt;Herr Paront ?; Simeon (131683) aus Belgien &lt;br /&gt;geboren : 8 6 1901, gestorben : 4 3 1945 &lt;br /&gt;A peine identifié, presqu'inexistant déjà, à moitié oublié. &lt;br /&gt;Le nom est imparfait. Il me faut le parfaire. &lt;br /&gt;http://mauthausen-memorial.at &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  20:59   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Simeon&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;HdV simÃ©on &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Et puis il y a les traces lointaines, la presence dans les listes. Les numeros d'ecrous, les couloirs, le numero des chambres, des cellules. Le lointain témoignage des proches, la grande compassion des lointains. Le proche qui est au loin, au si loin. La fin de loin si proche. La fin des espoirs. L'encore de l'espoir, l'inutile de l'espoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  20:58   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Simeon&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les jours viennent qui me rapprochent de lui. Mon grand-père est décédé à Mauthausen le 4 mars 1945. Dans quelques semaines cela fera soixante ans. Justement. Un interminable cheminement par d'autres lieux d'horreur et de privation a précédé son incarcération en Autriche. Charleroi, Huy, Breedonck. &lt;br /&gt;Les lettres sont là encore toutes écrites au crayon, simples d'exigeance : pensez à moi. Vous n'imaginez pas combien je pense à vous. Ses deux femmes Adélia, la douce discrète, invisible presque, petite épouse et Paulina, la forte tête posée sur un corps de reine. C'était vers elles que sa vie coulait, cahotique mais têtue, dans ces camps. Sans elles pas de perspectives de salut. Derrière toutes les portes de sortie de tous les camps, s'illuminait le visage de ses femmes. &lt;br /&gt;Tu me manques. &lt;br /&gt;Je pense que tu m'as toujours manqué pendant plus de cinquante années. &lt;br /&gt;J'ai adressé des requêtes aux principaux camps et prisons où Siméon s'esrt accroché. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur, &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Suite à une panne informatique, je ne puis vous répondre imméditaement. Dès &lt;br /&gt;réinstallation de notre "database", je reprendrai contact afin de vous &lt;br /&gt;donner les renseignements demandés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans tous les cas, nos renseignements proviennent pour la plupart du &lt;br /&gt;"Service des victimes de guerre" - Ministère de la Santé - Square de &lt;br /&gt;l'aviation, 31 - 1070 Bruxelles. Vous pourriez toujours vous renseigner chez &lt;br /&gt;eux également. Ils disposent probablement du dossier relatif à votre &lt;br /&gt;grand-père. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien à vous. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Olivier Van der Wilt &lt;br /&gt;Conservator/Conservateur &lt;br /&gt;Fort Breendonk &lt;br /&gt;Brandstraat 57 &lt;br /&gt;B. 2830 Willebroek &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis il y a le livre des morts de Mauthausen.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  20:38   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;jeudi, janvier 27, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Art&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;l'Art est devenu "aujourd'hui" à la société ce que l'adoucisseur est à l'eau, il y a belle lurette qu'il remplit cette fonction, entre autres, et avec une efficacité dont je lui sais gré. &lt;br /&gt;A l'inverse, l'art est à la société ce que le grattoir est à l'allumette, à moins que ce ne soit le contraire, en tous cas il se rêve souvent ainsi. Où sont les flammes ? comme dirait Juvet &lt;br /&gt;On peut dire également que l'art est à la société ce que la choucroute est aux laxatifs, une matière première. Parfois il nourrit. Et souvent il fait chier. &lt;br /&gt;L'art est Allah ce que le Coran dit. &lt;br /&gt;L'art est à la société ce que les chemins de fer sont aux voyages: une façon de se faire embarquer, y compris dans des wagons plombés. Il y a aussi la marche à pied. &lt;br /&gt;L'art est à la société ce que le convexe est au concave, ce que le rêve est au réel, ce que la myopie est aux jumelles et parfois vis-versa, un leurre pour les chasseurs de sens, une plaie qui suppure, un cataplasme personnel, un étendard plus ou moins dérisoire, une sonde exploratoire, un gagne-pain chimérique, une façon de vivre et de ne pas vivre, une rebellion, une soumission, un orgasme diffusé, un pas sur le côté, une passerelle, un casseur d'impasses, un quiproquo, un copro-qui ? un catalyseur... Peu importe, l'art n'existe que par notre regard. &lt;br /&gt;L'art comme l'amour se prétera toujours à toutes les métaphores qui sont comme des manteaux religieux qu'on jette sur la (pro)création. &lt;br /&gt;L'homme est sans doute le seul mammifère à savoir que la fleur est un organe génital. &lt;br /&gt;Et l'homme est l'inventeur de l'art. (récupéré sur la liste rue) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  23:05   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mercredi, janvier 26, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Desordre&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rencontre sur le net et courriers qui suivent. &lt;br /&gt;Monsieur, votre grande et créative maîtrise des outils du nouveau &lt;br /&gt;quotidien vous permet sans doute de mesurer le temps que je viens de &lt;br /&gt;passer sur votre site ces deux derniers jours. Plus, à vrai dire, que &lt;br /&gt;celui que j'ai passé à la vision (tous supports confondus) d'Apocalypse &lt;br /&gt;Now. Je me permets, en plus, de vous dire l'extrême bonheur qui fut le &lt;br /&gt;mien au long de ces heures. Bonheur complété, il est vrai, par la &lt;br /&gt;référence subtile aux contributions historiques de Chautard et Esnault &lt;br /&gt;que vous mentionnez. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un nom comme le vôtre doit chercher son os du côté de la Belgique. Ce &lt;br /&gt;qui me conviendrait. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Embrassez Adèle et les deux aînés, ils en feront bon usage. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne vous quitte pas de si tôt. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lefebvre jeanpol &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Excusez moi de vous répondre avec tant de retard. Je suis très content que &lt;br /&gt;le site vous plaise et meuble un peu votre temps, au moins je me dis que le &lt;br /&gt;mien n'est peut-être pas dépensé inutilement. Mon nom est effectivement &lt;br /&gt;d'originie flamande, il semble que mas ancêtres viennent de Ieper ou &lt;br /&gt;Poperinge. Mais je ne parle pas du tout le flamand et je n'ai pas connu mon &lt;br /&gt;grand-père dont les parents furent les premiers à s'installer dans le Nord &lt;br /&gt;de la France. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Amicalement &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Phil &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  18:41   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi, janvier 22, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Louise Spaghetti&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Louise spaghetti 1janv05_1 &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Louise met au point son numero de dressage de spaga. Comme on peut le remarquer, le numero est presqu'au point.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  18:29   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;repos&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Milo fauteuil sans po#DBC95 &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;guerrier en fin de journee.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  18:26   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ecriture&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Petite rencontre improvisée chez Marcelle. Il y est question de renconduire ces cours d'écriture qui m'avaient conduits l'an dernier à l'Utan. Deux femmes, la soixantaine approchante ou avérée, participent à une heure de travail autour de textes à rédiger sur une photographie. le résultat est encourageant. Nous convenons de nous revoir dans sept jours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  17:36   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aubenas&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"S'il veut survivre, le faible est obligé de comprendre à quoi et comment réfléchit le puissant. En revanche, qu'importe au puissant ce que le plus faible a dans la tête." texte collecté par la journaliste de libé en Irak.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  17:32   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;jeudi, janvier 20, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marius et Martin&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La femme est généreuse, souriante et curieuse. Elle prend le train pas loin de moi depuis quelques jours à peine. Pour une raison banale et sociale, nous parlons un jour des demandeurs d'emploi. Elle baigne dans les nouvelles orientations de prise en compte des chômedus. un drôle de hasard qui nous colle à la peau d'un petit coup. Sa voix forte laisse glisser dans le wagon une habitude de pouvoir. &lt;br /&gt;J'ai appris à me faire plus discret. Elle me parle de Marius et Martin... deux gamins dont le dernier venu l'a éloignée du travail. Elle vient de recommencer le travail... Elle s'accroche au travail... l'écho dit travail. Je ne peux m'empêcher de l'imaginer dans dix ans... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis, c'est clic-clac. Elle revient sur Marius et Martin...Moi, je parle de mes anges, de Louise et Milo, donc. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis, elle me demande doucement, comme sur une plage dans le soleil : Louise et Milo...ce ne sont pas les enfants de François ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis, je me demande doucement si c'est du grand vent ou de la brise de mer...mais bien sûr, ce sont les enfants de françois et de Caroline... Elle sourit. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis, elle sourit plus fort qu'elle les connaît, qu'elle partage des moments de folies avec Gaelle et Olivier et que donc mes moutards et mes petits-moutards, elle les connait et qu'ils sont fantastiques. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis, je bénis ce train d'exister parce qu'il n'y a rien de plus beau que cet instant irréel où elle me montre que l'on existe que dans le regard des autres. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis, si j'osais, je lui dirais que je l'aime pour la souvenance des êtres.&lt;br /&gt;Mais je ne vais pas l'encombrer avec mes petits bonheurs...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:28   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jean-Pierre Verheggen&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est quoi cette douleur qui me pousse à croire que tu pourrais disparaître d'un coup. C'est quoi cette pensée brûlante autour de Gisèle que tu lêches encore si bien, si superbement à l'en-dedans d'elle. Je file sur Cadex, sur le Matricule des Anges où je sais trouver apaisement et sérénité. Tu cites Vaneigem, heureusement : Tu sais nous avons tant de mots pour dire le malheur et la mort et si peu de mots pour dire le jour qui se lève alors que le miracle c'est le jour qui se lève.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:04   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mardi, janvier 18, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;message&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  18:54   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lundi, janvier 10, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Blub... Adeline-à-l'eau&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien. je suis aujourd'hui au Nicaragua, a Leon. J'ai quitte les Caraibes car il y avait trop de moustiques!, et puis aussi parceque l'ile est un peu petite, que la plongee ca a beau etre genial, c'est quand meme pas donne, et enfin, que je me suis retapee la chiasse, et que donc il fallait que je change d'air. &lt;br /&gt;Donc, comme certains savent, je me suis offert un bon `petit cadeau de noel: de la plongee sous-marine dans les caraibes! Alors, la plongee, c'est TERRIBLE! (Elle est belle, l'assistante sociale, sensee visiter des projets sociaux, non?). J'ai suivi quelques cours theoriques (en francais et espagnol) + examen, et des tests pratiques d'abord en piscine et ensuite en mer, ... en espagnol et anglais! (double sport)! J'ai maintenant un petit certificat qui me permet de plonger a 18m; ce que j'ai fait au dessus de quelques recifs de coraux. Ce fut magnifique, grandiose, superbe, une autre planette! C'est deja surprenant de pouvoir respirer a 18 metres de fonds, mais en plus nager au milieu de milliers de poissons tous aussi differents les uns que les autres, se ballader entre les coraux, et les algues,... c'est une experience magique! On a l'impression de voler. J'ai vu un enorme merou (1m) qui gardait l'entree de sa grotte, un ban de petits baracudas, des etranges crevettes, un gros bernard l'hermite (30cm), et plein d'autres dont je ne connais pas les noms (evidemment, c'etait en anglais). Mais bon, tout plaisir a une fin... &lt;br /&gt;J'ai aussi visite Copan, et ses ruines mayas splendides. Notre guide etait hyper interessant, et... j'ai tout compris!!! en español!!! Bref, ca baigne (c'est le cas de le dire), et de mieux en mieux!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:05   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Noelle (réponse)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ses parents se rendaient chaque année à Jérusalem pour la fête de Pâque. Et lorsqu'il eut douze ans, ils y montèrent, comme c'était la coutume pour la fête. Une fois les jours écoulés, alors qu'ils s'en retournaient, l'enfant Jésus resta à Jérusalem à l'insu de ses parents. Le croyant dans la caravane, ils firent une journée de chemin, puis ils se mirent à le rechercher parmi leurs parents et connaissances. Ne l'ayant pas trouvé, ils revinrent, toujours à sa recherche, à Jérusalem. &lt;br /&gt;Et il advint, au bout de trois jours, qu'ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant; et tous ceux qui l'entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses. À sa vue, ils furent saisis d'émotion, et sa mère lui dit: &lt;br /&gt;-Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela? Vois! ton père et moi, nous te cherchons, angoissés. &lt;br /&gt;Et il leur dit: &lt;br /&gt;-Pourquoi donc me cherchiez-vous? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père? &lt;br /&gt;Mais eux ne comprirent pas la parole qu'il venait de leur dire. &lt;br /&gt;(Évangile de Luc, I, 41-50) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous n’appartenons pas à nos parents pas plus qu’ils ne nous appartiennent. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vos enfants ne sont pas vos enfants. &lt;br /&gt;Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle-même, &lt;br /&gt;Ils viennent à travers vous mais non de vous. &lt;br /&gt;Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées, &lt;br /&gt;Car ils ont leurs propres pensées. &lt;br /&gt;Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes, &lt;br /&gt;Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, &lt;br /&gt;pas même dans vos rêves. &lt;br /&gt;Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux, &lt;br /&gt;mais ne tentez pas de les faire comme vous. &lt;br /&gt;Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s'attarde avec hier. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés. &lt;br /&gt;L'Archer voit le but sur le chemin de l'infini, et Il vous tend de Sa puissance &lt;br /&gt;pour que Ses flèches puissent voler vite et loin. &lt;br /&gt;Que votre tension par la main de l'Archer soit pour la joie; &lt;br /&gt;Car de même qu'Il aime la flèche qui vole, Il aime l'arc qui est stable. (Kalhil Gibran) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma Belle, &lt;br /&gt;Savoir s’il faut dire je t’aime ou je t’aimais, revient à dire es-tu encore avec moi ? Et donc, la véritable question à se poser n’est-elle pas : Que penses-tu, là haut, de me voir pleurer pour toi ? &lt;br /&gt;Moi, là-haut, je ne veux pas, ma chérie, te voir pleurer pour moi ... Je veux te savoir forte et confiante en l’avenir. Je veux que, si tu m’appelles, ce soit pour me convier au bonheur de tes réalisations, aux sourires de tes réussites, aux folies de tes envolées. Et moi, là haut, je peux voir que tu t’y est mise déjà. Que je sens chaque battement de ton coeur comme une musique magique et celui qui t’accompagne comme un indispensable appuis. &lt;br /&gt;J’ai, moi-même, ma belle, cette merveilleuse sensation de confiance lorsque j’entretiens ma mère à propos de ma propre vie. &lt;br /&gt;Elle sourit plutôt que de juger et son sourire vaut, du lointain d’où elle se trouve, la plus ardente des complicités. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je t’embrasse bien fort. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  20:51   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Noelle&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ma part, je prends du temps pour moi : j'ai de la chance, la météo est avec moi. Et je pleure encore!!!  Est - ce qu'un jour on peut se remettre de quelque chose comme ça? Faut - il pour que j'aille mieux, faire comme si de rien n'était?, se voiler la face? J'essaie de ne pas me prendre trop la tête et en même temps, j'ai envie de faire le nécessaire, d'aller jusqu'au bout des choses, du "faire mon deuil" (pour autant que ce soit possible de faire son deuil à fond) pour ne pas avoir à traîner cette douleur qui forme une boule d'en votre gorge et qui vous empêche de parler, de rire, de manger.  ESt - ce que finalement, le deuil, ce n'est pas la cicatrice de la blessure qui reste à jamais la trace de ce dont on a souffert? En tout cas, ce matin, je me suis levée en forme, tôt, en ayant envie de mordre la vie à pleine dents.  Je me suis d'abord recouchée aussi vite puis, j'ai fait quelques trucs et je me suis demandée pourquoi je n'avais pas été travailler.  Enfin, en cette fin d'après - midi, je ne sais pour quelle raison, ma boule est revenue et les larmes avec.  Comment contrôler ses émotions?  Faut - il les contrôler?  Ainsi, quand j'ai l'impression que ça va mieux, je fais trois pas en arrière.  Heureusement, Didier est là pour que je m'accroche à la vie : sans sa présence et sans son affection, ce serait plus douloureux encore.  J'aimerai tellement aller mieux pour avoir le courage de faire tout ce que je veux faire de ma vie.  Comme tu vois Jean - pol, je ne suis pas très patiente, je veux tout tout de suite.  Or, c'est vrai qu'il faut laisser le temps au temps.  Mais ça fait trois ans que je laisse du temps au temps.  Quand tu dis que le travail, ça laisse en mouvements, tu as bien raison.  Surtout, ça donne un sens à la vie, ça occupe aussi pas mal, ça permet de s'occuper l'esprit et de ne pas penser.  Moi, j'ai l'impression que je pense trop depuis que je suis en congé.  Je me pose des questions telles que : quand je parle à Maman est - ce que je dois dire que je l'aime ou que je l'aimais?, est - ce bon de continuer à lui parler?  Lui parler n'est - ce pas pour la garder en vie? etc ...  des questions auxquels j'essaie de trouver une réponse.  Demain, je vais voir une personne de 40 ans qui vient aussi de perdre ses parents pour voir comment elle fait elle? Je veux trouver des réponses à mes questions même si je sais qu'il y a des choses qui restent sans réponse.  Si tu veux me donner ton avis, n'hésite certainement pas : toute idée est bonne à prendre, je trirai moi - même pour voir celles que ça m'arrange de retenir. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  20:50   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mercredi, janvier 05, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sagesse populaire&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et surtout, n'oubliez pas que dans la vie il n'y a que trois sortes de personnes : celles qui savent compter... &lt;br /&gt;Et celles qui ne savent pas ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  18:13   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mardi, janvier 04, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Message&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'an 5 de ce millénaire nous fait dépasser la moitié de la première décennie du siècle de tous les défis. &lt;br /&gt;Qu'il soit le premier pas vers l'harmonie et la solidarité dans le respect de la plus accueillante des planètes de notre système solaire. &lt;br /&gt;bien à vous, Rudy Overheyden. &lt;br /&gt;Merci Jean-Pol et c'est bien volontiers que je te réciproque tes bons &lt;br /&gt;voeux. &lt;br /&gt;Nous vivrons, cette année, de nouveaux grands défis Mirec-Forem pour le &lt;br /&gt;bien de tous et le respect mutuel. &lt;br /&gt;Bien à toi &lt;br /&gt;Pierre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  20:54   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dimanche, janvier 02, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Office&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A cette période de l’année, les abords du monastère sont déserts et seuls quelques fidèles participent à l’office. La liturgie grecque plus austère et moins bien servie par l’harmonie envelopante des chants que ne l’est la liturgie slavone n’encourage pas l’esthète à venir chercher matière à émotion. Le silence est donc perceptible. Un silence enserré dans l’office, rivé aux séquences chantées. Il n’y a ainsi aucun instant dépouillé de substance pendant les deux heures de prière. Chaque acte posé l’est dans le respect d’une tension qui s’apparente à la passion. Ne faut-il pas être passionnés pour ainsi embrasser l’icone en se rendant vers l’autel pour la communion ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  14:26   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monastere de Chevetogne&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monastere de Chevetogne &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Dans une lumiere claire et aveuglante. Ici, même le silence est prière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  13:44   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi, janvier 01, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;contrition&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La femme s’accroche à la vie par la main des autres. La femme est venue chercher un refuge dans un hospice confortable, incapable qu’elle est aujourd’hui comme toujours de compter sur elle-même. &lt;br /&gt;Dorothée s’est ainsi imposée en victime geignante à mon regard, à ma compassion absente ou presque. Il a donc falu l’encombrante, l’insolente, l’irrespectueuse et soudaine présence de Dorothée accrochée à ses dérisoires et égoîstes certitudes - lesquelles doivent se compter sur les doigts d’une main -pour m’obliger à la contrition. &lt;br /&gt;Douloureuse contrition en face de Paulina. &lt;br /&gt;Ainsi donc j’aurai été incapable de regarder et aimer comme elle le méritait cette femme de don. Incapable tout au long d’un parcours cahotique et pardonné de lui rendre grâce et honneur. &lt;br /&gt;Il me faut voir l’orgueil, la vanité et l’avarice d’une femme stupide pendue à son fric et à ses biens pour mesurer la générosité absolue de celle qui a conduit Cachou de l’école au travail sans se soucier du combien ça coûte, celle qui, jusqu’au bout, l’extrême bout de sa vie, a tout donné - un immense amour en premier lieu- à ses enfants sans que cela lui soit épreuve ou pitié. &lt;br /&gt;Il me faut voir l’indécente volonté de thésauriser de l’une pour bénir- trop tard hélas- la générosité de l’autre. &lt;br /&gt;Il me faudra donc avouer de la compassion pour l’une et un immense amour par défaut à l’autre. &lt;br /&gt;Grande souffrance que celle-ci. grande douleur. Grande épreuve.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  20:22   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paulina&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paulina &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  20:21   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kro&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kro &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Agreable de prendre des images de la saison douce pour les regarder en hiver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  18:34   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Josette&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un message du jour de l'an. Simple et généreux : &lt;br /&gt;mon grand (comme aurait dit Paulina)&lt;br /&gt;génial ton site.&lt;br /&gt;Continue, quand tu peux.&lt;br /&gt;Quand l'envie te pousse d'écrire sur la vie, sur ta vie, sur leurs vies&lt;br /&gt;continue, en te lisant on se découvre, on te découvre, on les découvre...&lt;br /&gt;bref, j'aime&lt;br /&gt;Bisou à toi ,à cachou et à toute la famille&lt;br /&gt;ta soeur&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  17:18   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Gens donc&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne connais rien de cette photographie ( un lointain parent) mais elle me semble contenir, j’en ai une “intuitive certitude”, ce qui a du, de près ou de loin , ressembler à l’univers de vie, pour quelques années sûrement, de mes grands parents. Nous sommes dimanche, jour obligé pour le port de la cravate et le costume, jour aussi de petite goutte et de cigare d’après repas. Sur la table, le gendarme, un verre sur pied épais, deux bouteilles. L’alcool sec, dans la petite bouteille, le pecket, la fine, selon le cas, réservé aux hommes et la grande bouteille issue de la fermentation des fruits ramassés ou plus généralement du guignolet sont proposés aux femmes. Il ne serait pas venu à l’esprit d’une femme de désirer l’alcool des hommes tout comme il était mal perçu de la part d’un homme de ne pas assumer sa virilité en choisissant l’alccol “sucré”. La pièce est petite comme l’étaient celles des maisons ouvrières de Jumet ou de Roux, de la basse-haie (bassée) à Heigne, ces lieux où se concentraient les familles maternelles. Le meuble a subi les assauts du temps, il est blessé mais il ne sera jamais réparé. L’installation électrique ne doit pas supporter d’autres exigences que celle d’une ampoule suspendue au dessus de la table et celle du poste de tsf, la radio est un meuble à part entière. Historiquement nouveau et important, le poste, comme s’il s’agissait d’un lieu de veille et de garde, mobilise l’attention de ceux qui l’écoutent. Tout s’arrête pendant l’audition des émissions. Le poste est une âme qui se manifeste par l’apparition de la lumière chaude d’un œil vert dès qu’on l’allume. L’odeur de bakelite est caractéristique après quelques minutes d’utilisation donc d’échauffement. La photographie glissée entre les lamelles de bois qui enserrent le diffuseur, un groupe, peut-être une trace des Carottiers une société de la Madeleine rejoint ce qui fait parole. J’écoute et je vois. La télévision était à inventer, d’évidence. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  17:15   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Gens&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Gens &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;En décodant l'image, le curieux saura que nous sommes dimanche. Un dimanche, vers quatorze heures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  17:12   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Abbey Road&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Abbey Road &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Sans doute l'album le plus acheve de mes annees musiques. Sans doute la plus emouvante des redites de la memoire. A chaque morceau son begaiement ravi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  13:43   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;herion-lefebvre&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;herion-lefebvre &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Hier, Jaquot et Claire ont telephoné. Ils sont proches des Herion-Lefebvre. Partant, ils sont proches de moi. Il y a dans les élans qui les caracterisent une vraie generosite solide et durable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  13:07   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Louise et Milo calins&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Louise et Milo calins &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;porter et serrer. toucher et aimer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  12:41   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;02/01/2005 - 03/01/2005 12/01/2004 - 01/01/2005 Page d'accueil &lt;br /&gt;Inscription à :  Messages (Atom) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui êtes-vous ?&lt;br /&gt;Jean-Pol Lefebvre&lt;br /&gt;Afficher mon profil complet &lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Archive de blog&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;jeudi, décembre 30, 2004&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Loin&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces dernières semaines sont pénibles. Mes jambes m'ont négligé jusqu'à hier soir. Le traitement avalé à la va-vite lundi dernier n'est pas étranger à cette passagère amélioration qui me pousse devant l'écran délaissé depuis près d'un mois. Pour y découvrir une planète aussi dérangée que moi et heureusement quelques mots tonifiants. &lt;br /&gt;Que beaucoup de choses passent par toi pour les faire éclore au grand jour. &lt;br /&gt;Quand viendras-tu partager ma table? Quand es-tu libre en janvier? &lt;br /&gt;Une petite bouffe sympa. &lt;br /&gt;Amitiés &lt;br /&gt;yvan &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  20:05   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;les sens&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La télévision ne permet pas encore au nez de sentir l'âcre définition du parfum de la mort. Il faut encore imaginer l'horreur sans la respirer. On parle de cent mille morts. On sent en silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  19:52   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tsunami&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MDF33736 &lt;br /&gt;Originally uploaded by heterotopias.&lt;br /&gt;L'ecume d'un jour. Le tremblement de terre a pousse la vague sur les terres. La vague a pousse les gens. Au mieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  19:50   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;fin d'année&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;porte-paroles L'autre bout de terre cherche ses peuples. engloutis dans l'océan furieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  19:45   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mercredi, décembre 01, 2004&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;New monde&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant un débat dans une université aux États-unis, le ministre de &lt;br /&gt;l'Éducation Cristovam Buarque, fut interrogé sur ce qu'il pensait au sujet&lt;br /&gt;de l'internationalisation de l'Amazonie. Le jeune étudiant américain &lt;br /&gt;commença sa question en affirmant qu'il espérait une réponse d'un humaniste &lt;br /&gt;et non d'un Brésilien. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voici la réponse de M. Cristovam Buarque. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En effet, en tant que Brésilien, je m'élèverais tout simplement contre &lt;br /&gt;l'internationalisation de l'Amazonie. Quelle que soit l'insuffisance de &lt;br /&gt;l'attention de nos gouvernements pour ce patrimoine, il est nôtre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En tant qu'humaniste, conscient du risque de dégradation du milieu ambiant &lt;br /&gt;dont souffre l'Amazonie, je peux imaginer que l'Amazonie soit &lt;br /&gt;internationalisée, comme du reste tout ce qui a de l'importance pour toute &lt;br /&gt;l'humanité. Si, au nom d'une éthique humaniste, nous devions &lt;br /&gt;internationaliser l'Amazonie, alors nous devrions internationaliser les &lt;br /&gt;réserves de pétrole du monde entier. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le pétrole est aussi important pour le bien-être de l'humanité que &lt;br /&gt;l'Amazonie l'est pour notre avenir. Et malgré cela, les maîtres des réserves &lt;br /&gt;de pétrole se sentent le droit d'augmenter ou de diminuer l'extraction de &lt;br /&gt;pétrole, comme d'augmenter ou non son prix. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De la même manière, on devrait internationaliser le capital financier des &lt;br /&gt;pays riches. Si l'Amazonie est une réserve pour tous les hommes, el le ne&lt;br /&gt;peut être brûlée par la volonté de son propriétaire, ou d'un pays. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Brûler l'Amazonie, c'est aussi grave que le chômage provoqué par les &lt;br /&gt;décisions arbitraires des spéculateurs de l'économie globale. Nous ne &lt;br /&gt;pouvons pas laisser les réserves financières brûler des pays entiers pour le &lt;br /&gt;bon plaisir de la spéculation. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant l'Amazonie, j'aimerais assister à l'internationalisation de tous les &lt;br /&gt;grands musées du monde. Le Louvre ne doit pas appartenir à la seule France. &lt;br /&gt;Chaque musée du monde est le gardien des plus belles oeuvres produites par &lt;br /&gt;le génie humain. On ne peut pas laisser ce patrimoine culturel, au même&lt;br /&gt;titre que le patrimoine naturel de l'Amazonie, être &lt;br /&gt;manipulé et détruit selon la fantaisie d'un seul propriétaire ou d'un seul &lt;br /&gt;pays. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a quelque temps, un millionnaire japonais a décidé d'enterrer avec lui &lt;br /&gt;le tableau d'un grand maître. Avant que cela n'arrive, il faudrait &lt;br /&gt;internationaliser ce tableau. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant que cette rencontre se déroule, les Nations unies organisent le &lt;br /&gt;Forum du Millénaire, mais certains Présidents de pays ont eu des difficultés &lt;br /&gt;pour y assister, à cause de difficultés aux frontières des États-unis. Je &lt;br /&gt;crois donc qu'il faudrait que New York, lieu du siège des Nations Unies, &lt;br /&gt;soit internationalisé. Au moins Manhattan devrait appartenir à toute &lt;br /&gt;l'humanité. Comme du reste Paris, Venise, Rome, Londres, Rio de Janeiro, &lt;br /&gt;Brasília, Recife, chaque ville avec sa beauté particulière, et son histoire &lt;br /&gt;du monde devraient appartenir au monde entier. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  18:38   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;01/01/2005 - 02/01/2005 11/01/2004 - 12/01/2004 Page d'accueil &lt;br /&gt;Inscription à :  Messages (Atom) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui êtes-vous ?&lt;br /&gt;Jean-Pol Lefebvre&lt;br /&gt;Afficher mon profil complet &lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Archive de blog&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;samedi, novembre 27, 2004&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;T'as vu mon oeil&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;T'as vu mon oeil &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  20:55   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux images qui surgissent du bonheur&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Petits instants de grande tendresse... les regards des petits sont vifs et fiers...tout comme je suis dans l'instant vif et fier...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  20:51   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dimanche, novembre 21, 2004&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Adeline 2&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Salut Adeline, &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les premières neiges sont tombées ici sur Dinant. La neige est un &lt;br /&gt;refroidissement de l'eau généralement connue sous le nom de pluie dans&lt;br /&gt;nos régions (Belgium, Europe). Les neiges du Guatemala sont-elles aussi &lt;br /&gt;célèbres que celles du kilimandjaro ou de bastogne ? &lt;br /&gt;J'espère que ta santé va mieux. Pour faire vite que ... tu ne pètes &lt;br /&gt;rien d'autre que la forme." &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bonjour Jean-Pol, bonjour Monsieur Lefebvre, &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'y a pas de neige au Guatemala... Nous entrons lentement, mais vigoureusement, dans la periode qu'ils appellent, ici, "el verano" soit l'ete. En fait, il fait beaucoup plus froid que le reste de l'annee (il peut geler la nuit), mais il y a moins de nuages, donc moins de precipitations, donc pas de neige et plus de soleil. Ceci dit, je mets mon polar chaque jour. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ton programme pour les mois à venir fait réellement frissonner de &lt;br /&gt;plaisir et d'envie... profite à fond de ces pérégrinations. N'oublie &lt;br /&gt;pas de faire demi-tour parfois, marche arrière souvent... le paysage à &lt;br /&gt;l'aller n'est jamais le même qu'au retour et il invite au partage et à &lt;br /&gt;la convivialité. Je sais que tu sais ça." &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis, en fait, en train de faire des allers-retours permanents entre le guatemala, la belgique et moi-meme. C'est par moment deroutant, par moment exitant; ca n'est certainement pas evident. J'essaye, pour le moins, de partager un maximum, ici avec ceux qui veulent bien de moi et de mes discours parfois un peu fous et eloignes, et sur internet avec vous (par ce plaisir gigantesque, je decouvre a quel point "l'autre", l'ami, le parent, l'inconnu comptent pour moi). Nous sommes tous plein d'amour, mais nous nous le cachons parfois. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"La Mirec va. Nous avons connu, mais tu dois sans doute le savoir, la &lt;br /&gt;disparition de Michèle. Une pénible leçon (de vie) ( de comportement &lt;br /&gt;moral et éthique des membres de notre communauté Mirec). &lt;br /&gt;La Mirec va. Pascal fait souvent référence à toi dans les réunions Fa. &lt;br /&gt;La Mirec va. donc." &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sais-tu que Silvano et toi etes les seuls a m'avoir fait par de ce triste evenement. Je connaissais peu Michele, mais suffisamment pour avoir pu l'apprecier a plusieurs reprises. Pour avoir, un long moment, discute avec elle "des choses de la vie", je comprends tout-a-fait le genre de "lecon" qui a pu souffler sur la Mirec et dans le coeur des gens. Je crois qu'elle laisse deux enfants... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et donc, la Mirec va. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Parfois, le soir, je m'imagine un décalage horaire improbable et des &lt;br /&gt;odeurs, des bruits, des langues, des discours incompris et des rires &lt;br /&gt;salvateurs; je m'imagine ta grande générosité en face de &lt;br /&gt;l'incompréhension des autres ou ton incompréhension passagère en face &lt;br /&gt;de l'exigence naïve des autres: parfois je me dis que tu es folle ma &lt;br /&gt;grande ou grande ma folle... et surtout je me dis que quand tu auras &lt;br /&gt;cinquante ans, tu en auras des choses à dire. L'essentiel alors étant &lt;br /&gt;de trouver des gens qui jugerons pertinent et utile, la démarche &lt;br /&gt;insensée et belle dont tu parleras..." &lt;br /&gt;J'espere, j'espere... parceque pour l'instant, je travaille surtout a ma propre survie dans ce monde completement different du notre.Mais lentement, je commence a m'ouvrir a lui, je peux parler avec les gens dans la rue, ils me comprennent, c'est une sensation et une decouverte terribles! Je crois, aussi, que j'ai un petit qque chose de l'ordre de la folie... mais j'aime ca. Et, sincerement, je crois que je le cultive parceque cela me tient debout et optimiste, debout et optimiste! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je t'embrasse, belle Adeline, Je t'embrasse. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A bientôt &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JPlefebvre" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela me fait vraiment, vraiment tres plaisir de recevoir de tes nouvelles. Merci. Le langage ecrit, de plus, m'agree beaucoup. J'espere que tu vas bien et que tu vis mieux l'hiver que les autres. Surtout s'il neige sur Dinant! Cela doit reveler un superbe paysage (que la Belgique est belle!).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A tres bientot, bisous, &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Adeline. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  13:45   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi, novembre 20, 2004&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sous le vent&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sous le vent &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Il y a dans la suite a venir des yeux qui se ferment ou qui se plissent devant la lumiere, devant le soleil.&lt;br /&gt;La vie est ainsi, mes anges.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  14:19   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Si je prefere les femmes aux hommes, c'est parce qu'elles ont sur eux l'avantage d'etre plus desequilibrees, donc plus compliquees, plus perspicaces et plus cyniques, sans compter cette superiorite mysterieuse que confere un esclavage millenaire.&lt;br /&gt;E. M. Cioran (Aveux et Anathemes, 1987)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  14:08   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Saison&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;leaves &lt;br /&gt;Originally uploaded by lissa.&lt;br /&gt;Les premieres neiges ont plombe les feuilles qui jonchent le sol. Le vent souffle fort et le doute n'est plus permis : la saison s'enfonce dans l'engourdissement. Les trains recommencent a prendre du retard. La nuit pour partir au boulot. La nuit pour revenir du boulot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  10:58   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Adeline&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis donc tjs a Xela, ou j'entame ma troisieme, et ultime, semaine de cours d'espagnol. Je vais etre balaise! Enfin... disons que j'ai appris le present, le preterit, le conditionel, le futur, le subjonctif, les participes (passes et present), et donc tous les temps qui vont avec, soit les "progressifs", composes, ... Maintenant... je melange tout, c'est genial! &lt;br /&gt;Mon prof est tres cultive et passionne de politique internationale, LE PIED! Nous lisons la presse chaque matin. J'apprends ainsi le vocabulaire politique et social. Il me donne aussi des cours sur l'histoire du Guatemala (je sais en gros toute l'histoire de la revolution independantiste et de la guerre civile, laquelle s'est terminee en... 1996!!!!). Je vais apprendre plein de trucs, ici, ca va etre terrible! &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;J'ai pour projets a court terme, de faire "la touriste" jusque en janvier: visiter le guatemala, gravir deux volcans (le premier par une nuit de pleine lune!!!!, de celui-la on peut observer un volcan plus petit en activite!, et le second en deux jours, donc on passe la nuit sur le volcan et on y regarde le soleil se lever sur tout le guatemala. C'est son point culminant, a 4700m +-. Enfin, je ne sais pas encore si j'y parviendrai, mais je vais essayer!), passer une semaine au bord du lac Atitlan, puis rejoindre une belge, qui travaille pour "solidarites socialistes" au Honduras! La, je passe les 15 jours de noel dans les caraibes! Youhououou!!! &lt;br /&gt;Ensuite, des 2005, je m'interesserai de plus pres aux differents projets de developpement de cette region (Nicaragua, Guatemala, et peut-etre Honduras). &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Pas mal, comme projet. Bon, j'espere que tout va se derouler +- bien. &lt;br /&gt;Cote sante, c'est pas top! Je suis encore une peu malade. Je crois que je vais faire des examens. Parceque 3 semaines de chiasse... vous imaginez! Deux prises d'antibiotiques differents, dont l'un qui m'interdit de boire 1 seule goutte d'alcool pendant 10 jours!!! (Partick, tu devrais essayer, d'ailleurs! Cela s'appelle Metronidazol, c'est terrible! Crois-moi, tu vas vivre des sensations dont tu te souviendras toute ta vie!!!!). &lt;br /&gt;Voila, +- le nouvelles. Je ne sors pas encore beaucoup, vu mon nombre restreint de connaissances ici. En plus je dors 9 a 10h par nuit, et je fais une sieste presque chaque jour.C'est l'altitude, le decalage, mon estomac, les emotions, et ...un peu les vacances! Ceci dit, je ne me suis jamais levee aussi tot. 6h30 en semaine, et certains we 5h30 ou 6h, selon les activites. &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Au fait, j'ai decide d'arreter de fumer!!! Completement incompatible avec l'altitude et mes projets de randonnees. J'ai fume 3 clopes en 4 jours. Ce sont les dernieres, promis, jure, crache! &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Que devient la MIREC? je n'ai aucune nouvelle, si ce n'est de Patrick qui me demande ou se trouve le fichier des cce. Je n'en sais fichtre rien!!!! Gros malin, cherche un peu dans mes dossiers, ca n'est nin complique. J'ai de l'ordre, moi!!! (hihihi). Et la st Nicolas, ca se prepare? Qui de l'auto-proclame "petit personnel" sera la cette annee? Pascal M. a encore une grande entaille entre les deux sourcils ou est-il un poquito plus detendu? Et vous autres??? &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;J'adore recevoir de vos nouvelles, racontez moi ce que vous faites! Waououww, au fait, j'ai eu vent du plus grand ragot que le Patro ait connu depuis au moins 20 ans!!! Terrible, qui cherche trouve! Merci les filles, j'ai deja commence a faire passer le message, mais j'aimerais avoir comfirmation, tout de meme... quoique ce ne sera pas le premier faux ragot qui se baladera dans notre monde merveilleux. &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Pensez beaucoup a moi, je pense beaucoup a vous!! C'est du donnant-donnant, hihi. &lt;br /&gt;Amusez-vous bien en Belgique, terminez bien l'annee (vous savez que pour moi 2004 est exceptionnelle?), profitez de tout ce dont vous pouvez profiter!!! &lt;br /&gt;A tres bientot! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  10:47   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Michèle&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle s'est goinfrée de médicaments. La nuit du vendredi au samedi. Elle s'est assoupie dans une lourde mais paisible sérénité. Quarante et un ans. Un mari qui décède en lui laissant un garçon et une fille. Qui lui laisse une vie qu'elle ne parvient qu'à remplir de fumée de cigarettes. Sa main et sa pensée se mettent à douter, ses enfants, trop loin d'elle, trop exigeants, normalement exigeants, la font douter. Son compagnon la fait douter. Et l'argent qui fait défaut. Cela suffit pour en appeler à la clémence qu'elle se donne dans la discretion. &lt;br /&gt;Son visage est paisible. Entraperçu lors de la fermeture du cercueil. &lt;br /&gt;Un ange, pendant la cérémonie d'adieu, au crématorium, vient espérer tout haut la réconciliation ailleurs, aux cieux, d'un couple improbable. Il pleut. Il pleut toujours dans des vieux trips sordides comme ceux-ci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  10:28             &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;12/01/2004 - 01/01/2005 10/01/2004 - 11/01/2004 Page d'accueil &lt;br /&gt;Inscription à :  Messages (Atom) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui êtes-vous ?&lt;br /&gt;Jean-Pol Lefebvre&lt;br /&gt;Afficher mon profil complet &lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Archive de blog&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mardi, octobre 19, 2004&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vers...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du standard Vers la personnalisation &lt;br /&gt;De l'informatique Vers l'organisation &lt;br /&gt;Du déluge informationnel Vers le sevrage &lt;br /&gt;De la veille "Espionnage" Vers l'intelligence économique &lt;br /&gt;Du bruit Vers le silence &lt;br /&gt;De la propriété Vers l'accès &lt;br /&gt;Du raisonnement en immortel Vers le raisonnement en mortel &lt;br /&gt;De la déduction Vers l'induction et l'abduction &lt;br /&gt;De l'information blanche ou noire Vers l'information grise  &lt;br /&gt;De l'exogène Vers l'endogène &lt;br /&gt;Du traitement Vers le questionnement &lt;br /&gt;De la structure Vers le sociogramme &lt;br /&gt;Du produit Vers le service &lt;br /&gt;De l'exhaustivité Vers la sélection &lt;br /&gt;De la gestion Vers la stratégie &lt;br /&gt;De la collecte Vers la recherche &lt;br /&gt;Du savoir Vers la décision &lt;br /&gt;Du modèle Vers l'imagination &lt;br /&gt;Des moyens Vers les résultats &lt;br /&gt;De l'efficience Vers l'efficacité&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  20:43   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lundi, octobre 18, 2004&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bus stop&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La voiture est en panne. Redécouverte forcée et pénible de la marche à pied dans le matin frais. Redécouverte douloureuse de la misère morale que transporte le premier bus de la journée. Sur les sièges du fond du véhicule bondé et bruyant, trois jeunes garçons, âgés sans doute et au plus d'une quinzaine d'années, avalent des bières à la bouteille. Comparé au bus, le train abrite des scènes paisibles et simples. On y lit.Encore aujourd'hui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:05   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dimanche, octobre 10, 2004&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Temperature&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chiaroscuro &lt;br /&gt;Originally uploaded by selva.&lt;br /&gt;premiere journee fraiche de la saison. Grand besoin de soleil sur ma peau. Long appel telephonique de Yolande pour la reprise des cours d'ecriture et de memoire individuelle. Nous nous verrons sans doute en fin de semaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:27   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;un poisson&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tomato clown anemonefish &lt;br /&gt;Originally uploaded by coda.&lt;br /&gt;Ca meurt un poisson, dans son bocal, sans rien dire. Louise raconte. Louise en dit trop sur une autre histoire. Engueulade de famille. Pour un poisson qui meurt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:14   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mardi, octobre 05, 2004&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Petit message de Marie-Noelle&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Salut, &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1° c'était prévisible, le gars ne m'a pas recontacté pour la définition &lt;br /&gt;"coffreur". Tu as eu une bonne idée une fois encore. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2° La visite chez Sodial s'est bien passée. Silvano et Mohamed m'ont &lt;br /&gt;semblé hésitants : cette semaine déterminera s'ils sont faits pour ça ou &lt;br /&gt;pas. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3° Toujours au sujet de Sodial, entre deux portes, Monsieur ???? m'a &lt;br /&gt;rappelé sa demande pour 1 livreur et 1 magasinier en m'expliquant que &lt;br /&gt;Manu était plus au courant. Evidemment, je demande à Manu qui était &lt;br /&gt;plus ou moins au courant: à l'époque la demande n'était si précise. &lt;br /&gt;Ainsi donc, il faudrait faire une étude de poste. C'est à l'agent de &lt;br /&gt;développement que tu es dans tes heures perdues (je blague) que revient &lt;br /&gt;cette tâche. Quand serais - tu disponible? Si tu le veux, je retourne &lt;br /&gt;dans l'entreprise mardi prochain pour l'évaluation : je peux donc m'en &lt;br /&gt;charger. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;T'écrire me permet de trouver des solutions et finalement, je t'écris &lt;br /&gt;pour rien. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pas tout à fait pour rien pour te souhaiter une agréable soirée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:50   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;relations professionnelles&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Copie du courrier de Perwez le recruteur de caterpillar. Aujourd'hui. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur, &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mardi de la semaine passée , la direction a décidé de geler toutes les reqs &lt;br /&gt;disponibles et à venir. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n'organise donc pas la réunion prévue maintenant sans pouvoir donner un &lt;br /&gt;suivi correct &lt;br /&gt;Je vous tiens au courant &lt;br /&gt;Merci et bonne journée. &lt;br /&gt;Didier Perwez coordinateur de recrutement et formation&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:46   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;11/01/2004 - 12/01/2004 09/01/2004 - 10/01/2004 Page d'accueil &lt;br /&gt;Inscription à :  Messages (Atom) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui êtes-vous ?&lt;br /&gt;Jean-Pol Lefebvre&lt;br /&gt;Afficher mon profil complet &lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Archive de blog&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;mercredi, septembre 22, 2004&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La manne en osier&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La manne en osier &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;A gauche sur l'image donc. Elle, Paulina, et moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  23:25   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La manne en osier&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’osier tressé de la quertinette est blanc. Le lit ainsi improvisé est spacieux et glissé sur la banquette arrière de la voiture, il accueille les enfants fatigués par les trajets bruyants de la voiture sur les routes inconfortables. Le réseau routier au sud du pays se construit à peine. Plus précisément depuis que les conducteurs s’aguérissent et osent parcourir cinquante ou cent kilometres le même jour, le même dimanche; pour une promenade familiale qui provoque les premiers, involontaires et remarquables bouchons. Je partage le matelas profond et douillet avec Josette. De longues et belles saisons durant, la manne d’osier nous sert de refuge lors des trop longues sorties que s’autorise le couple parental vers Givet, la vallée de la Meuse, en compagnie de Victor et d’Adélia. L’époque des pkgc à la Grosse bouteille, l’époque où, au poste frontière du Petit Caporal, les douaniers demandaient si nous n’avions” rien à déclarer”.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  23:09   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Loin&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hiking &lt;br /&gt;Originally uploaded by zangezur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Juste une envie sincere et douce de regarder au loin sans fermer les yeux pour imaginer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  20:09   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dorothee&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;woman &lt;br /&gt;Originally uploaded by QOATC.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;la mere de Cachoux cherche maintenant sa memoire. Desesperement. la plage ressemble a une grande surface dans laquelle on achete ce qu'il faut pour manger deux jours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  19:55   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Loulou, ce soir...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand venez-vous remettre de l'ordre dans la baraque ? &lt;br /&gt;Louise à Papy et Cachoux dans le bruit des cris de Caro et des gueulantes de Milo. Le poisson rouge chie foncé dans le bocal. Le poisson blanc chie clair. &lt;br /&gt;Le poisson rouge est celui de Louise et l'autre celui de Milo. Querelle ethnique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  19:45   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lundi, septembre 20, 2004&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Isabelle&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur la quatrième de couve de Libération. sa photo. La cousette de trente-huit ans qui crée sa petite entreprise à la suite de la faillite de son employeur. Couturière. Noble métier en voie de disparition. Je connais la rigueur du travail, les exigences et les lois implicites de la vie en atelier. Le bruit des scies, Les parlotes de riens, les avis sur tout, les chagrins d’amour, la longueur de l’ourlet, les petits amis qui attendent à la sortie, les patrons qui “tombent juste” sur l’étoffe raturée à la craie pour trouver le chemin de la coupe, l’odeur de l’acrylique mêlée aux parfums bon marchés et à la sueur , &lt;br /&gt;Sans doute,est-ce pour cette raison - une proximité historique avec son travail- qu’Isabelle m’est aussi sympathique. &lt;br /&gt;J’ai traversé mille fois en courant l’atelier de la Neuville où Paulina, ma mère, commandait en douce reine un essaim d’ouvrières bruyantes mais actives. J’avais dix ans. Des tables larges entre lesquelles je m’aventurais, des allées jonchées de bouts de tissus, du paysage arrosé d’une lumière pâle et froide. Des femmes enfin et déjà que je frôlais sans avouer que je les empoignais, que j’escaladais sans avouer que je les caressais. Des femmes lourdes ou légères, vieilles et jeunes, sans âge pour moi, à vrai dire, que j’aimais parce qu’elles m’enveloppaient d’une attention qu’elles voulaient maternelle et que je traduisais sensuelle. Sous les tables et les machines, dans les “loques” glissantes sur le sol, je me roulais pour aller regarder les genoux et les mollets des femmes affairées, les bas nylon filés et les porte-jarretelles lourds sous leurs robes et leurs jupes que ne cachaient pas des corps encore secrets pour moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  20:38   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;vole&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;seagull &lt;br /&gt;Originally uploaded by groc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une parfaite idee de l'ecriture paisible. la majuscule ouverte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  20:01   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi, septembre 11, 2004&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La ville du bord du fleuve&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La ville du bord du fleuve &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Le brouillard de septembre glisse le long des hautes demeures. leger, indiscret. permeable aux bruits que les rives escarpees du fleuve amplifient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  11:55   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Etoile filante&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le train, une femme habituée au voyage matinal s'est émue d'avoir vu une superbe étoile filante dans la nuit, tard, vers vingt-deux heures trente, la veille, en allant déposer en bordure de route un sac d'ordures ménagères pour la collecte du lendemain. &lt;br /&gt;Ce même jour à la même heure, dans les mêmes circonstances domestiques, j'ai vu sans doute, cette même étoile filante. Une petite dizaine de kilomètres sépare nos deux vies. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  11:30   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mercredi, septembre 08, 2004&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il me faut (mais quand) raconter cette confrontation avec neuf demandeurs d'emploi à qui j'ai demandé ce qu'ils devaient laisser derrière eux pour envisager sereinement l'avenir. Noter sur une feuille de papier donc ce qu'ils devaient laisser là. puis froisser la feuille et la jeter dans une poubelle/ Puis se débarasser de la poubelle et se trouver devant un noveau défi. Travailler enfin. Il me faut raconter cet instant de confiance absolue qui m'a terrassé, boulversé, anéanti et, en même temps, installé dans un rôle majeur de porteur d'espérance. Il faut que je dise au plus tôt cette confi(danse) rituelle et magique. Cette transgression physique douloureuse. Demain, il le faut.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  23:33   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mardi, septembre 07, 2004&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paulina et Robert 1943&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous vivons cachés dans une pièce au dessus du garage dans la fermette de Ligny. Robert, le fils de la maison est trop prévenant pour ne pas être interessé mais trop rustre pour l’avouer autrement qu’en forçant sur l’humour grivois. La photographie de Siméon ne me quitte pas. D’abord, je la conserve dans le petit porte-monnaie de cuir que m’a offert Zénon. Puis, elle me devient indispensable, je l’emporte partout avec moi. Dans l’atelier, aux toilettes où je peux parler quelques minutes, seule, à l’image de mon père et entendre ses douces réponses. Je suis détachée en novembre dans l’équipe du matin “aux rivets”. J’assemble des tôles qui servent au montage du carenage des avions. J’’imagine parfois le trajet bruyant et cahotique de ces petits boulons et de ces écrous sombres fixés aux ailes dont le destin est, en toutes circonstances au bout du compte, de tuer. Celui qui pilote l’avion ou ceux qui recevront sa sinistre cargaison de munitions. J’imagine parfois q’une pièce se détache pendant un raid, que l’avion plane avant de s’écraser et que le gosse qui le dirigeait vers une cible secrète a le temps de s’envoler et d’atterir en douceur, parachute grand ouvert dans un pré bien gras et qu’il s’endort là fatigué de la tragédie qu’il vit , grisé de la chance qui est la sienne à cet instant. Robert se déclare, en bon mécanicien qu’il est, après avoir” lavé le moteur”, c’est à dire après s’être aspergé d’un “sent bon” au parfum écoeurant. Mais il y met les formes devant sa mère raide et silencieuse comme à l’habitude et Maurice, son père, dont les larges oreilles rougissent devant un spectacle inattendu et réjouissant. &lt;br /&gt;- Je voulais vous dire que Paulina et moi... &lt;br /&gt;Pas la peine de terminer une phrase qui l’embarasse. Robert ne terminera jamais ce qui l’embarasse. Il ne terminera que des bricolages pathétiques comme une caravane démontable et repliable mais tellement utile, un plafond en frigolite ciselé et collé par petites pièces dans la salle à manger et puis le train électrique du gamin qui démarre et s’arrête dans les tunnels et circule illuminé et magnifique quand le petit dort. &lt;br /&gt;Je voulais vous dire que Paulina...Il ne recommencera pas une troisième fois. On boira pour la circonstance deux bouteilles d’un vieux pecket. Demain, je partrirai de bonne heure, en vélo, jusque Gosselies. Il parait qu’on y trouve encore des pommes de terre. &lt;br /&gt;Il paraît aussi que je vais épouser Robert, l’homme qui construira sur un immense platea u de bois leger, le village suisse dans lequel le train miniature Märklin passe sans s’arreter des milliers de fois. La vie quoi...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:35   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paulina et Robert 1947&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paulina et Robert 1947 &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Elle et lui. Deux annees avant ma venue au monde. L'apres-guerre et le renouveau economique autorisent des folies. L'achat d'une gtosse cylindree par exemple. Les dimanches font l'objet de longues promenades en bordure de Meuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:29   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dimanche, septembre 05, 2004&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Milo et Loulou&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Milo et Loulou &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Une image des anges vieille d'un an deja.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  20:20   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Village des rituels&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;aquarelle village &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Les ethnologues ont decrit certaines structures propres aux pratiques rituelles. Le rite de passage est caracterise par un schema en trois parties : la separation, la marge, la reintegration au sein du groupe&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  19:21   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Iles des rituels&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Quand beaucoup d'hommes sont ensemble, il faut les separer pae des rites ou bien ils se massacrent.&lt;br /&gt;Le rituel se deroulait dans un lieu nouveau, vierge de tout a priori dans le chef des participants&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  19:13   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'efficacité sociale du rite (en marge des formations des DE à la Mirec).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je considère maintenant les formations que je dispense avec fougue et rigueur aux demandeurs d’emploi non pas comme un cheminement pédagogique mais comme un rite de passage. L’abandon d’un état las et résigné pour un nouveau comportement sur un nouveau territoire. Un rituel de passage donc avec la violence qu’il engendre et la brutalité des relations qu’il génère. Un semblant d’explication théorique largement inspiré par des papiers univesitaires créatifs &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Une fois les individus assemblés, il se dégage de leur rapprochement une sorte d'électricité qui les transporte vite à un degré extraordinaire d'exaltation... et comme des passions aussi vives et aussi affranchies de tout contrôle ne peuvent pas ne pas se répandre au dehors, ce ne sont, de toutes parts que gestes violents, que cris, bruits assourdissants qui contribuent encore à intensifier l'état qu'ils manifestent... ces gestes et ces cris tendent d'eux-mêmes à se rythmer : l'effervescence devient telle qu'elle entraîne à desactes inouïs...". &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces envolées auraient pu être celles d'un commentateur particulièrement inspiré d'une certaine soirée de juillet 1998 quelque part en France... tel Edgar MORIN décrivant dans Libération cette "extase historique" qui de la "tribalisation" d'un stade de football s'étendit à tout un pays pour se transformer en "communion nationale" accomplissant un véritable"dépassement de soi dans le grand Nous"... Elles sont en réalité empruntées à DURKHEIM qui évoque ainsi dans Les Formes élémentaires de la vie religieuse le "corroborri" australien, temps fort de la vie sociale primitive d'où procède à la fois l'idée religieuse et le lien social communautaire (on sait que pour le sociologue français, la religionreprésente la réification de ce "grand Nous" qu'est la Société). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On pourrait à loisir rapprocher ces deux scènes pareillement marquées d'une efflorescence de signes tribaux (peintures tricolores sur des visages exaltés, frissons circulatoires des "olas" renvoyant à des formes archaïques) et scandées par les cris ou onomatopées... autant de gestes rituels qui témoignent de la pérennité du symbolique dans des sociétés censément "rationnelles". Les sociologues - "modernes" par définition - ont tardé à reconnaître cette réalité. Dans le passage évoqué, DURKHEIM prend la précaution de préciser que si le primitif perd si aisément le contrôle de lui-même, c'est que ses "facultés émotives et passionnelles ne sont qu'imparfaitement soumises au contrôle de sa raison et de sa volonté". Il est vrai que le football alors (dans lequel on a pu voir par ailleurs une métaphore de la société industrielle !) n'en était qu'à ses débuts... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Entérinant la distinction classique entre "communauté" (traditionnelle) et "société" (moderne), les sociologues ont donc longtemps délaissé ces "scories d'un passé révolu" pour laisser aux ethnographes le soin de recueillir les pratiques rituelles, magiques et plus généralement symboliques attachées à leur terrain de prédilection (celui des "primitifs"). Mais il n'a pas fallu attendre l'assomption footballistique de ce mois de juillet pour réaliser que ces pratiques - sous des formes à peine inédites - continuaient d'irriguer la vie sociale : depuis quelques décennies, la sociologie s'est à nouveau emparée de ces objets empruntant pour cela à la panoplie de l'ethnologue (à moins que l'ethnologie n'investisse les terrains du sociologue...). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est en particulier autour de la notion de "rite" que la recherche s'est articulée, explorant ses manifestations contemporaines, des plus spectaculaires (les "cérémonies profanes" : Claude LARIVIERE) aux plus quotidiennes (les règles de "savoir-vivre"). Mais la diversité même de ces pratiques implique au préalable un travail de définition. Ni la forme du rite (quoi de commun entre le "bonjour" quotidien et la "ola" du stade en ébullition ?) ni ses fonctions (multiples - on le verra - et partagées avec d'autres institutions) ne permettent de l'identifier. C'est, précisément, dans une articulation singulière entre la forme (des signes identifiables...) et la fonction (un impact sur la réalité sociale) que se réalise l'alchimie rituelle. Une alchimie qui implique une remarquable "économie de moyen"... comme ont dû le reconnaître récemment nos politiciens constatant que la "magie" d'un soir de Mondial avait beaucoup plus fait pour "l'intégration à la française" que des décennies de discours et d'efforts planifiés... C'est précisément cette "efficacité symbolique" qui caractérise le rite comme le suggère cette définition de Jean CAZENEUVE : "conduite codifiée ayant un support corporel, à caractère répétitif et à charge symbolique". &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;QUAND FAIRE, C'EST DIRE &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le rite ne peut être assimilé à toute forme de communication. C'est une "façon de dire" qui engage le corps, un énoncé incorporé. On songe ici à l'archétype du geste rituel, tel que le décrit Pierre CLASTRES dans La société contre l'Etat. En soumettant les adolescents à des tortures rituelles, le scarificateur guayaki imprime la marque de la société sur les corps. Geste identitaire : "tu es des nôtres et tu ne l'oublieras pas"... Le corps est ici une mémoire. S'inspirant des travaux d'un précurseur de la "ritologie", Arnold Van GENNEP, les ethnologues ont mis à jour certaines "structures" propres aux pratiques rituelles. Ainsi les rites de passages caractérisés par un schéma tripartite : séparation / marge / réintégration au sein du groupe. On a conçu, de même, des typologies permettant de distinguer par exemple les rituels "life-crisis" (marquant le destin individuel) et les rituels collectifs (cycliques dans les sociétés agraires ou intervenant lors de grands changements comme la mort d'un souverain...) ou encore d'opposer - avec DURKHEIM - rites positifs (dont la "commémoration" fournit le modèle) et rites négatifs (les interdits alimentaires par exemple). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des pratiques qui prennent sens par référence aux valeurs ou aux structures de la société. Des pratiques qui "veulent dire" quelque chose... Mais le rituel n'est pas un simple réceptacle, une simple "mémoire" incorporée : il permet d'agir sur le réel. Toujours désenchanteurs, les sociologues se sont donc attachés à comprendre d'où procédait cette efficacité rituelle... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;QUAND DIRE, C'EST FAIRE &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ouvrir la "boîte noire" du rite, c'est déjouer ce que LEVI-STRAUSS qualifiait de "piège à pensée". On pourra, pour cela, emprunter provisoirement à la panoplie du linguiste qui avec la notion d'"acte de langage" (John L. AUSTIN, Quand dire c'est faire, Seuil, 1970) est au plus près de cette alchimie du verbe. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;John L. AUSTIN montre ainsi comment le langage peut dans certains cas constituer un acte finalisé : une expression comme "je te fais chevalier" a pour propriété d'effectuer une action par le simple fait d'être prononcée. Le pouvoir illocutionnaire de quelques mots peut être - on le comprend - considérablement renforcé si on l'inscrit dans une gestuelle, un climat émotionnel avec l'autorité de la tradition... comme c'est le cas pour les pratiques rituelles. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De telles "dérivations" constituent pour PARETO des modes d'action d'une redoutable efficacité pour un coût modeste. Le rite permet parfois en effet de faire l'économie de la persuasion, de l'explication ou de la pédagogie... toutes procédures pesantes et aléatoires, on le sait ! Rappelons, par exemple, ce qu'il en a coûté au président GISCARD d'ESTAING d'entreprendre une "déritualisation" de la vie politique. Le président-pédagogue a dû se retirer devant le grand manipulateur de signes - et de rites - que fût son successeur à la magistrature suprême... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Abordant ce nouvel objet, la sociologie contemporaine a dû renouer avec une recherche largement délaissée depuis FREUD et Gustave Le BON (Psychologie des foules) autour de la mobilisation des affects. C'est ainsi que Nicolas MARIOT (Le Rite sans ses mythes, Genèses, décembre 1995) réaffirme l'origine religieuse des rites caractérisés comme "l'ensemble des pratiques matérielles accompagnant les célébrations eucharistiques". Des pratiques nullement réductibles à leurs "fonctions" ni à un simple "code". De son coté, Pierre BOURDIEU (Le Sens pratique) analyse la pratique rituelle comme une gymnastique symbolique dans laquelle "le corps pense pour nous". Les rites trouvent leur raison d'être dans les conditions d'existence "d'agents qui ne peuvent se payer le luxe de la spéculation logique ou de l'inquiétude métaphysique" : ce sont bien des "pratiques performatives" qui échappent aux catégories du logos. "Histoire incorporée", le rite cristallise les éléments constitutifs de ce que BOURDIEU appellera l'habitus, défini ici comme la "matérialisation de la mémoire collective".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais pour décrire ces "logiques pratiques", le sociologue français s'appuie essentiellement sur les observations engrangées dans les années 50 à partir de son expérience sur le terrain kabyle... Reste à montrer comment cette efficacité rituelle trouve à s'employer dans nos sociétés techniciennes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le rite a-t-il encore un avenir ? N'est-il qu'une survivance ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LE RITE FAIT DE LA RÉSISTANCE &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le désenchantement du monde - annoncé par WEBER - semble, en effet, frapper le rite d'obsolescence. La pratique de la magie, destinée selon MALINOWSKI, à apaiser l'effroi du primitif devant les mystères et l'incommensurabilité du monde, doit s'effacer avec la maîtrise technicienne de la nature. L'émergence de l'individu "moderne", affranchi des pesanteurs de la tradition, réduit la part de cette "conscience collective" dont les rites sont les dépositaires. L'avènement de la démocratie, elle-même, constitue une menace pour un ordre social structuré par les "rites de passage"... L'idéologie du progrès forgée durant les "Trente glorieuses" a, un temps, occulté cette pérennité du rite dans les sociétés contemporaines. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La publication récente d'un ouvrage comme Mythes, rites et symboles dans la société contemporaine (sous la direction de M. SEGRE) témoigne d'une résurgence de cette thématique dans la recherche sociologique. Il a fallu pour cela rompre avec le lourd héritage positiviste qui a marqué - depuis COMTE - les débuts de la discipline... Aujourd'hui, l'exploration des pratiques rituelles investit tous les champs du "social", depuis les grandes formes "eucharistiques" jusqu'à l'ethnologie du quotidien. Le match de football, on l'a vu, se prête bien à une approche du rite comme un "fait social total" (MAUSS). C. BROMBERGER a montré comment cette passion contemporaine pouvait être appréhendée à partir des outils forgés par l'ethnologue au contact des sociétés traditionnelles : il s'agit bien d'une "cérémonie profane" avec sa configuration spatiale singulière (le "stade sanctuaire"), ses affinités temporelles et rythmiques (le championnat, les deux mi-temps...), sa dramaturgie préprogrammée et un comportement "tribal" de la foule... L'homologie structurelle avec les grands rituels religieux est patente. On pourra aisément retrouver ces caractéristiques dans d'autres types de manifestations collectives... en particulier lors des grands moments de la vie politique. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'autres recherches concernent le "niveau intermédiaire" des groupes, associations ou entreprises. Y. EMERY décrit ainsi (Humanisme et Entreprise en 1990) les rites d'initiation qui président au recrutement et à l'intégration des nouveaux collaborateurs dans les grandes entreprises. Le processus épouse remarquablement les phases du rite de passage décrit - voilà près d'un siècle - par Van GENNEP. On y retrouve même souvent les rites "brimants"destinés à faire table rase des rôles antérieurement tenus et à favoriser l'intériorisation des normes et des valeurs constitutives de ce qu'on appelle désormais la "culture d'entreprise". Dans l'ouvrage dirigé par Monique SEGRÉ, Régine SIROTA montre, pareillement, comment les nouveaux rituels d'anniversaire participent de la socialisation de l'enfant tandis que M.F. DORAY (de l'Iredu de Dijon) décrit les rites familiaux concernant la "rentrée scolaire" en utilisant des catégories de l'ethnologie traditionnelle (l'école comme "espace sacré"...). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, la notion de "ritualisation" est abondamment utilisée par ce "découvreur de l'infiniment petit" que fut Erving GOFFMAN. A partir - cette fois - du vocabulaire de l'éthologie, celui-ci met à jour, dans les interactions quotidiennes, des rites de déférence destinés à protéger la "face", image de soi dotée d'une valeur "sacrée" que l'on tient à distance tout en recherchant le bien par excellence : la communion avec autrui. Dominique PICARD a adopté cette perspective pour qualifier tous les rituels du "savoir vivre" qui participent de fonctions sociales allant au-delà du simple communicationnel. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A QUOI SERT LE RITE ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est ainsi que, même dans les sociétés gouvernées par la solidarité "organique" (façon DURKHEIM) et l'ordre légal-rationnel (WEBER), le rite participe à la constitution et à la consolidation du lien social. Qu'il s'agisse de la "nation", de la famille... ou de l'entreprise, nos sociétés ont aussi leurs "corroborris" et entretiennent la mémoire de ces moments privilégiés par des pratiques quotidiennes échappant largement à la conscience et aux procédures "rationnelles". &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais le rite est tout aussi bien mobilisé pour recréer les clivages à l'intérieur de nos sociétés. Dans un article fameux ("Les rites comme actes d'institution", 1982), BOURDIEU a montré qu'en mettant l'accent sur le "passage" temporel, la théorie classique du rite ignore l'essentiel : la séparation entre ceux qui subissent le rite et les autres (les garçons et les filles par exemple), contribuant ainsi à consacrer - tout en l'occultant - une limite arbitraire. L'efficacité symbolique du rite - c'est-à-dire "le pouvoir qui leur appartient d'agir sur le réel en agissant sur la représentation du réel" - est ici mise au service de l'ordre social. Ainsi, la magie du "concours" parvient à "produire du discontinu avec du continu" en créant - entre le dernier reçu et le premier collé - des différences du tout au rien... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pareillement, Marc ABELES, traçant un parallèle entre la vie politique africaine et les pratiques de chefferies africaines, montre comment les rites d'inauguration ou de commémoration ne sont que des versions modernes de pratiques propitiatoires et expiatoires participant de la consolidation des pouvoirs en place. Dans son Anthropologie du politique, il met à jour la puissance symbolique des rites institués par le président Mitterand depuis l'"investiture" du Panthéon jusqu'à l'ascension annuelle de la Roche de Solutré... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La pérennité - voire la résurgence - des rites ne constitue donc nullement une "pathologie" ni même un anachronisme. Empruntant aux formes traditionnelles, nos collectivités sécrètent toujours de nouveaux rites... ce qui constitue encore le plus sûr moyen de réaffirmer des modèles identitaires et de structurer l'espace social. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De même qu'il n'y a pas d'amitié sans rite d'amitié, il n'y a pas de rapports sociaux sans actessymboliques... Mary DOUGLAS (De la souillure ; cf. SEGRÉ) était bien fondée à conclure : "Animal social, l'homme est un animal rituel". &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  15:37   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi, septembre 04, 2004&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certains détracteurs de l’autorité se sentent imbus sans peine d’une toute légitime autorité pour nier la légitimité d’une saine autorité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hmmm...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  18:18   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De l'autorité encore (à la Mirec )&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La dernière réunion de Formation Alternée de ce 03/07 débouche aussi sur une approche de l’autorité. En cause la confiance jugée trop laxiste par beaucoup de Pascal Malaise. Baser la dynamique de la Mirec sur la présomption de curiosité et d’éfficacité créative totale de ses animateurs et favoriser ainsi une transversalité active permanente tel est le défi du directeur en second. Mettre entre parenthèse donc le discours d’exigence et le conseil normatif, la validation impérative. Privilégier la soif de compétence. Renoncer à l’autorité de guidance. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il fut un temps, il n’y a guère, où tenter d’évoquer les vertus possibles de l’autorité faisait vite surgir des sentiments de désapprobation ou des regards sceptiques quand ce n’était pas des fins de non recevoir entre mépris affiché et indifférence délibérée. Il semble que ce que ce mot était alors censé faire entendre se confondait dans les esprits avec des notions de pouvoir, en termes d’abus et d’excès. Il aurait été alors plutôt question, derrière lui, d’autoritarisme avec ce que cela sous-entend de partialité, de volonté arbitraire de soumettre, de sévérité ou même d’intransigeance… que d’autorité. &lt;br /&gt;Il est vrai que, non entièrement remis de la culpabilité convalescente de l’après soixante-huit, qui avait mis à mal (parfois pour le bien de tous) les instances surmoïques, et drainé toutes les contestations face à un pouvoir trop souvent terni par des mesures humiliantes ou répressives, nous avions senti - nous ressentons encore parfois - nos repères vaciller, comme nous avons pu douter de l’autorité de certains professeurs, parents, politiques, qui en son nom laissaient leurs frustrations s’exprimer par des conduites équivoques. &lt;br /&gt;Par ailleurs, aujourd’hui encore, certains détracteurs de l’autorité se sentent imbus sans peine d’une … toute légitime … autorité… pour nier… la légitimité d’une saine autorité. &lt;br /&gt;Comme s’ils tendaient à interdire l’emploi du mot, non pour désavouer le bien fondé de ce qu’il représente, mais pour s’empresser de remplir et de monopoliser une fonction qu’ils priseraient tout en faisant semblant de la rejeter. &lt;br /&gt;Que la contestation permette de « faire la toilette » de l’autorité, d’en revisiter les fondements, de la remettre en question, d’en dénoncer les excès, cela fut peut-être salutaire. Nous la voyons reparaître aujourd’hui, mieux aimée, pour être débattue ou proposée, et non plus seulement imposée ou subie, comme s’il avait été nécessaire, au niveau collectif, de la repenser pour ne pas la perdre, de la restaurer peut-être pour mieux l’estimer. &lt;br /&gt;Pour ma part, bien que prêt à remettre en cause la « crédibilité » de certains de ses détenteurs, dont je trouvais les interventions outrancières pour ne pas dire outrageantes, je lui ai toujours gardé un secret attachement. Et lui prêtant presque, face à ses détracteurs, un caractère indispensable à l’élévation des esprits et des consciences, je m’obstinais à la défendre quand elle était mise en quarantaine. &lt;br /&gt;Attitudes de part et d’autres paradoxales ou contradictoires qui invitent à se pencher sur le sens réel qu’est supposé porter ce concept et, à travers l’étymologie, à remonter à ses « sources ». À participer, pourquoi pas ? à la « réhabilitation » de son sens premier. &lt;br /&gt;Si l’on interroge le petit Larousse, l’autorité signifie « droit ou pouvoir de commander, de se faire obéir ». Mais si l’on se penche sur les « origines », à travers un « antique » dictionnaire d’étymologie, autorité nous renvoie à auteur, du latin auctorem qui lui-même se rattache à augere, auctum . Vaste programme ! L’auteur est proprement celui qui augmente d’où, celui qui produit, celui qui concède un droit. À ce dernier sens se réfèrent les acceptions des dérivés savants, autoriser , autorité, autoritaire. &lt;br /&gt;Il s’agirait alors moins d’exercer, à travers l’autorité, un pouvoir que de concéder un droit. Et, conscient de son pouvoir sur un être, de lui donner les moyens d’augmenter le sien. À conditions, en effet, de lui en concéder le droit…sans intention de l’asservir. &lt;br /&gt;Autorité reconnue, autorité accordée. Autorité revendiquée, arrachée, contestée… L’autorité ne saurait être imposée sans être, d’une certaine manière, prouvée par la capacité d’octroyer, à celui sur qui elle s’exerce, ce droit d’être, à son tour, augmenté… Par cette même autorité. &lt;br /&gt;Ne peut-on penser alors qu’une saine relation d’autorité devrait déboucher sur une relation de confiance sans donner lieu, au contraire de certains pouvoirs, à aucun marchandage… ? &lt;br /&gt;Ainsi, tout adulte devrait (pouvoir) faire preuve d’autorité. Mais celle-ci resterait soumise à l’épreuve du risque de faire perdre sa légitimité à celui qui n’en donnerait pas sans cesse des preuves renouvelées. &lt;br /&gt;Ni bien de consommation ni seul objet de désir, elle se manifesterait comme une aptitude et un droit qu’une série d’épreuves initiatiques viendrait garantir ou effacer. D’où la nécessité, qui ne va pas sans difficulté pour celui qui la revendique, de ne pas perdre la face lorsqu’il s’agit de justifier son aspiration. Ainsi pourrait-on penser que l’autorité serait chaque jour à confirmer. Son exercice étant sans cesse bouleversé par les questions directes ou indirectes de ceux sur lesquels elle se traduit et qu’expriment les comportements qu’elles suscitent comme autant de réponses à ses exigences. &lt;br /&gt;Dans la pratique, certains enseignants se plaindront de voir leurs cours troublés par les comportements indisciplinés d’une horde sauvage tandis que d’autres bénéficieront de la part des mêmes élèves d’un calme olympien. &lt;br /&gt;En matière d’éducation, l’autorité légitime ne dépend-elle pas alors, d’une part, de la valeur d’exemplarité du maître, dont le comportement éveille l’adhésion, et d’autre part, de la capacité du professeur à transmettre? Ces deux aspects étant réunis en une seule et même personne. &lt;br /&gt;Il arrive que l’autorité d’un enseignant soit ébranlée par des élèves à qui cet enseignant ne parvient pas à « faire passer » son savoir. Est-elle alors remise en question par l’insolence de l’élève ou par l’adulte même, qui ne parvenant pas à remplir la fonction qu’on est en droit d’attendre de lui, laisse le désordre s’installer ? &lt;br /&gt;De fait, l’autorité du professeur, même la mieux acceptée, est toujours re-mise en questions par des comportements provoquants d’enfants ou d’adolescents, qui l’appellent et l’interpellent. Qui lui demandent, de la manière immature et désordonnée qui leur est propre, de prouver sa vocation de professeur, et non celle « d’en-saignant », qui les ferait souffrir doublement, en ne parvenant pas à leur « apprendre à apprendre », et en les punissant de ne pas avoir su (leur) apprendre. Tout en les privant de surcroît de liberté ! &lt;br /&gt;Mais si face à l’expression du désarroi que signifie souvent une conduite agressive enfantine, la réaction d’un professeur confirmera ou infirmera ce dernier dans son autorité, encore faudra-t-il s’assurer que les parents l’aient autorisé (tacitement) à exercer son autorité sur leur progéniture, avant de s’autoriser à en dénoncer l’incompétence ! &lt;br /&gt;Ici, l’exercice de l’autorité doit pouvoir s’appuyer sur un mélange subtil de doutes et de certitudes, de souplesse et de fermeté, de régularité et de patience, d’ouverture d’esprit et de rigueur, sans lequel la confiance ne parvient à s’établir ni la communication souhaitée à s’engager. &lt;br /&gt;Cet équilibre souligne la difficulté intrinsèque d’un métier qui a du mal aujourd’hui à se définir dans une société en mutation. Et doit pouvoir dissuader des velléités de tenir un professeur pour responsable de toutes les défaillances personnelles, familiales, scolaires, sociales de l’élève… &lt;br /&gt;A la Mirec, l’adulte (professionnel de l’éducation ou autre) en relation avec un public en position de dépendance doit faire ses preuves, question d’autorité, dans l’utilisation de son ça-voir. Et tenter d’aider, en dépit et en fonction des difficultés spécifiques à chacun, et des défectuosités de l’encadrement, à devenir, une fois l’enfance quittée, auteur de soi-même, en quelque sorte. À combler l’autorité parentale perdue, à en compenser les défauts (défauts d’autorité) à en réparer les failles (failles de l’autorité). À découvrir et accepter ses limites, à se supporter, et à supporter l’idée de la nécessité d’une autorité sur laquelle s’appuyer comme sur un tuteur qui permet de grandir, de se développer, de se fortifier, de s’exprimer le mieux possible, d’acquérir à son tour vigueur et … autorité. &lt;br /&gt;Malgré l’autorité (apparemment) naturelle que confère une position de pouvoir, du fait d’une supériorité à-priori, (âge, taille, position, métier, expérience supposée), le formateur (à la Mirec pour l’exemple), en situation de force, doit accepter son non ça-voir, et donc, à l’occasion, une certaine perte d’autorité, au profit de celui sur qui, un temps, il cesse de l’exercer, pour lui permettre de gagner en autonomie. &lt;br /&gt;Ainsi, à celle de l’autorité serait intimement liée la notion de respect, indépendante elle de l’exercice du « pouvoir soumettre », mais qui autoriserait l’idée que la personne qui dépend puisse en ça-voir, momentanément, plus ou mieux, que celle qui représente le pouvoir qui confère autorité. Et de ce fait d’avoir, à son tour, une certaine autorité qu’il est bon de reconsidérer pour maintenir le contact en lui permettant de s’exprimer. &lt;br /&gt;Ainsi, dans l’enceinte d’une institution ( la Mirec, l’entreprise,...) qui suppose une réglementation et un cadre de références, faire preuve d’autorité reviendrait surtout à assumer ses responsabilités - quelque soit sa place ou son poste - à en faire acte, au-delà de toute polémique, de sorte que cet acte soit accepté en soi, et rassemble une majorité de suffrages sans susciter de contestation (recevable). La conscience de cette responsabilité est indispensable pour ne pas se laisser glisser, enivré du sentiment de supériorité qu’elle accorde, sur le terrain de l’autoritarisme. En d’autres termes, l’autorité devrait garder un caractère d’exemplarité. Et permettre le maintien d’un équilibre entre les « sujets » sur lesquels elle se propose d’agir. Elle suppose donc un dosage permanent entre obligation de rappeler les règles et liberté occasionnelle de ne pas les appliquer (à la lettre), entre laisser être et invitation à s’adapter aux consignes, entre conscience de la liberté individuelle et conscience des lois mouvantes qui régissent le groupe, entre égards pour la vitalité naturelle et nécessité d’un ordre policé, entre raison et sentiments, selon les mécanismes utiles au bon fonctionnement du monde comme il va… &lt;br /&gt;Aussi, celui qui veut assumer une place d’autorité devrait-il toujours se demander, quels sont ses droits et ses devoirs. Et les limites … autorisées de son pouvoir ! Sans pour autant dispenser l’autre d’accepter la part de responsabilité qu’exige toute relation (d’autorité). &lt;br /&gt;L’autorité ne conserverait-elle pas alors une dimension « incontestable », essentielle au développement de l’être humain ? Et son évocation, bien que toujours sujette à des remises en doute, ne resterait-elle pas alors associée à certaines valeurs qui ne seraient pas étrangères à celles dont se réclame l’humanisme ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  18:09   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;10/01/2004 - 11/01/2004 08/01/2004 - 09/01/2004 Page d'accueil &lt;br /&gt;Inscription à :  Messages (Atom) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui êtes-vous ?&lt;br /&gt;Jean-Pol Lefebvre&lt;br /&gt;Afficher mon profil complet &lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Archive de blog&lt;br /&gt;samedi, août 28, 2004&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Reflexion sur violence et autorité&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De l'enfant roi à l'enfant tyran &lt;br /&gt;Dans l'Encyclopédie de la vie de famille, le psychologue clinicien Daniel Coum rappelle avec humour que savoir dire non au désir insatiable de l'enfant est au fondement même de toute autorité parentale, du moins jusqu'à présent. L'interdit, dans son acception la plus simple, c'est opposer une parole à un acte. Savoir dire non. C'est la phrase qui énonce et marque la limite de la toute- puissance dévorante, de l'appétence folle de l'enfant: «Tu ne feras pas ça.» Si les parents - c'est un métier certainement difficile, la dernière aventure des temps modernes, disait Charles Péguy - ne s'essaient pas à limiter les gestes de l'enfant, alors un boulevard s'ouvre qui le mène tout droit vers le trône familial qu'il saura occuper, avec une rare habileté, comme un tyran. «Je suis le seigneur du château» (titre d'un film de Régis Wargnier), peut-on l'entendre dire à tout moment, rapporte Daniel Coum. Alors, il faut le répéter à satiété: interdire n'est pas empêcher. C'est se tromper sur le sens des mots et chacun peut constater les ravages de l'alliance objective de la désinvolture libertaire et du libéralisme. La psychiatrie américaine, dans ses traités de diagnostic, adore évoquer les enfants hyperactifs, au point d'avoir créé, à leur usage, une maladie spécifique. Ils sont massivement traités à coup de thérapies comportementalistes et de psychotropes. Mais ne s'agit-il pas, tout simplement, d'enfants à qui les parents n'ont jamais osé dire non? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand l'acte tient lieu de parole &lt;br /&gt;Un adolescent en regarde un autre de travers. A peine quelques injures bizarrement formulées. Trois fois rien. Le coup d'Opinel est parti, un gamin tombe à terre, mortellement blessé, sans motif apparent. Toute l'opacité d'un simple fait divers, bien rarement pénétrée par les journalistes. Le refus de donner une cigarette à un «jeune» peut aussi valoir la mort. Il n'est pas rare de voir comparaître, devant les tribunaux, d'étranges délinquants qui ont l'air d'être là de passage. Des meurtriers sans culpabilité. Voilà encore un symptôme de notre temps: faute de pouvoir exprimer l'émotion qui nous submerge, on passe à l'acte violent. C'est le fameux acting out des psychanalystes britanniques. On n'a pas attendu Freud, bien sûr, pour savoir qu'une bonne engueulade dispense d'en arriver au pire. Deux automobilistes qui s'invectivent copieusement pour une place, c'est, peut-être, un meurtre évité. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme le dit Guy Ausloos, psychiatre à l'université McGill de Montréal, dans Guérir les souffrances familiales (PUF): «Les enfants et adolescents qui expriment leur malaise, leur mal-être, leur souffrance par des actes sont souvent peu capables de verbalisation.» L'acte violent vient suppléer la parole manquante. En d'autres termes, les mots pour le dire ne sont pas à disposition. Ces jeunes viennent souvent de familles défavorisées, mais cette observation n'autorise pas le misérabilisme pour la bonne raison qu'il existe des familles pauvres qui ne sont pas des fabriques à délinquants. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Souvent, il n'y a pas de cadre, donc pas d'autorité. Les deux parents travaillent. Le plus marquant est certainement cette incroyable et insoutenable intolérance à la frustration: tout et tout de suite, à consommer sur place, immédiatement, que ce soit une femme ou un objet. Ce sont pourtant les mots, ces symboles des choses, qui permettent d'aménager et de supporter la frustration, de différer la satisfaction, de jouer avec les images de ce qui ne s'offre pas, ne se donne pas. De remettre à plus tard. On appelle ça séduire et, dans la «novlangue» édulcorée, fantasmer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:57   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;jeudi, août 26, 2004&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A propos du coaching&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques principes appliqués ou plutôt appliquables à la Mirec. &lt;br /&gt;Les différents champs d’intervention possibles dans une relation complice et responsable avec la direction et les cadres de la Mirec de ma part sont reprises ci-dessous. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une culture de l’innovation pour une croissance durable &lt;br /&gt;______________________________________________ &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- combiner vision et créativité. seconder et appuyer des gestionnaires visionnaires doués de créativité. &lt;br /&gt;- gérer les processus de croissance de la créativité &lt;br /&gt;- définir le développement organisationnel et planifier, à partir d’une stratégie globale d’intervention, un ensemble de systèmes pour améliorer la structure et le fonctionnement de l’organisation mirec. &lt;br /&gt;- les aspirations qualitatives motivent davantage le développement organisationnel. Trouver des projets qui sont autant de missions inspirantes. &lt;br /&gt;-trouver un juste équilibre entre les missions du passé, du présent et du futur. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un management innovateur pour faire fructifier le potentiel créatif &lt;br /&gt;_______________________________________________ &lt;br /&gt;- Une implication sans faille de l’équipe de direction fera de l’objectif de croissance, de développement une obsession permanente. &lt;br /&gt;- diagnostiquer la croissance, c’est d’abord savoir observer &lt;br /&gt;- exploiter le potentiel de la passion, faire des activités nouvelles une question de bonnes vibrations &lt;br /&gt;- s’entourer de ressources humaines non reproductibles &lt;br /&gt;- provoquer les synergies entre équipes pour partager une même vision, une même passion &lt;br /&gt;-développer trois profils de direction et de management : gestionnaire, bâtisseur, visionnaire. &lt;br /&gt;- constituer des équipes en dosant les différents profils et instaurer un leadership partagé &lt;br /&gt;- protéger et promouvoir les performances de la créativité &lt;br /&gt;- augmenter le capital intellectuel par l’acquisition de capacités créatives (veille active et curiosité permanente) &lt;br /&gt;- conduire et gratifier les changements créatifs. &lt;br /&gt;- considérer la formation comme un facteur de réussite. &lt;br /&gt;- répondre aux besoins individuels et de l’organisation. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Développer le processus de créativité au sein de la Mirec &lt;br /&gt;____________________________________________ &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- permettre l’alternance entre la créativité et la logique &lt;br /&gt;- examiner le processus créatif de l’entreprise. &lt;br /&gt;- développer le plan des ressources humaines en tenant compte de la réalisation des projets créatifs &lt;br /&gt;- adapter les programmes de formation aux objectifs désirés, individuels ou de groupes (réduire l’écart), &lt;br /&gt;- appréhender l’implantation technique et physique du changement (organisation de l’environnement de travail) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le rôle d’animateur-coach &lt;br /&gt;____________________ &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- témoigner de la vitalité de la créativité entre les membres de l’organisation. &lt;br /&gt;- conserver, renforcer, éditer les acquis créatifs &lt;br /&gt;- provoquer à la créativité permanente, recadrer en fonction de la logique du système et induire régulièrement des perspectives nouvelles &lt;br /&gt;- construire (ou aider à) l’image de la direction auprès de l’organisation, vérifier le cheminement de l’image de la direction auprès des membres de l’organisation et des systèmes extérieurs (institutions, entreprises, tiers visiteurs) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:29   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dimanche, août 08, 2004&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les portes de l'abri (Paulina extraits)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LES PORTES OUVERTES DE L’ABRI (EXTRAITS) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut tirer le vieux Germain de la petite cave à charbon où il s’est réfugié, le convaincre de quitter sa maison trop vulnérable pour rejoindre les autres dans l’abri de la rue Bivort. Il ne veux rien entendre, comme à chaque fois. Il veut rester là, appuyé contre les gaillettes, dans la pénombre. Il se sent en sécurité et il peut voir au travers du soupirail les rares allées et venues dans la rue. &lt;br /&gt;-Tu sais qu’ils ont déjà tiré au travers des “bawettes” la semaine dernière. &lt;br /&gt;Il fait semblant de ne pas entendre. Il jette sur le charbon le sac en toile de jute qui lui servira de fauteuil pendant l’alerte. &lt;br /&gt;-Fous- moi la paix. Si je dois mourir aujourd’hui, ce sera aujourd’hui... Si je dois mourir demain ce sera demain... &lt;br /&gt;Les premières bombes sifflent et tombent sur la gare de triage, distante de trois kilomètres. Paulina le quitte sur le champ, remonte l’escalier de pierre, traverse la cuisine et sort prestement dans la rue déserte. Il fait doux à cette période de l’année. Plus qu’un chat dans la rue : un vieux mâle maigre et inconscient. Elle lui dit de ne pas rester là. Elle parle aux chats maintenant. Il l’écoute et se faufile sous un tas de bois dans une petite cour carrée. &lt;br /&gt;C’est la troisième alerte de la journée. Chacun a sa place dans l’abri. Les plus vieux dans le fond avec les gosses et les plus téméraires à la porte, le regard tourné vers le ciel et l’oreille dressée. Peu d’hommes bien sûr. Quelques vieillards qui ne pensent plus beaucoup à délivrer leurs plaisanteries salaces ou à caresser les croupes des jeunes femmes, comme ils le font généralement sans respect ni pudeur. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’abri par temps d’alerte, c’est un peu le quartier, ses habitudes, ses bruits, ses émotions, le tout replié sur quelques mètres carrés, les gens essaient de dominer leur angoisse mais rien à faire quand les bombes ou les avions sans pilote s’écrasent en sifflant....les bouches s’ouvrent, les petits cri étouffés s’échappent des gorges sèches. Chacun, dans l’instant, essaie de situer l’impact...Il doit être tombé pas loin du pont du tram...On verra plus tard les dégâts. &lt;br /&gt;- Dans l’abri, la société des voisins ne frime pas. On est véritablement qui on est, explique Paulina. Les qualités et forces de chacun, ses vertus et ses faiblesses apparaissent dans la minute ou l’avion survole les rues. Parfois, pour se donner du courage, on se serre l’une contre l’autre, on se tient la main. Parfois, quand c’est le déluge, on prie et on entend le silence qui reprend sa place entre les explosions. Un silence qui remonte du sol pour redonner de courage aux uns et de l’inquiétude aux plus vulnérables. Un silence qu’il ne vient à l’idée de personne de trouer tant il soude les consciences.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  17:07   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Suite de lettre&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;( Marc Chabot et Sylvie Chaput ont construit une superbe réflexion sur la lettre. Extraits :) &lt;br /&gt;Prendre le temps d'écrire une lettre, à un homme, à une femme, à un enfant, à l'univers entier. Une lettre, c'est le langage qui se met en action, c'est la fin du silence. C'est la victoire du langage dans le silence d'une chambre d'hôtel, au cœur d'une nuit en solitude, dans la certitude de la souffrance commune des êtres.&lt;br /&gt;L'écriture ne peut à elle seule sauver l'homme, pas plus que la philosophie, les mathématiques ou Internet. C'est tout de même un outil privilégié, un lieu de partage. Cette lettre de Miron écrite à une seule personne devient par sa publication une lettre écrite à tous et pour tous. Claude Haeffely devient tous les hommes. Ou alors, nous devenons Claude Haeffely. Mais tout cela n'a finalement qu'une importance relative. Il serait inexact d'imaginer que cette lettre, en étant publiée, change de destinataire. Lorsque j'écris à une personne, j'écris à une parcelle de l'humanité, je m'engage devant elle, je peux lui dire "je t'aime", mais je m'adresse en même temps à son humanité. Elle est une personne, elle est aussi ce que pourrait être notre humanité lorsqu'on admet la fragilité de notre situation existentielle.&lt;br /&gt;L'intimité et la solidarité se rejoignent. Tout épistolier le sait plus ou moins clairement, il le sait encore davantage lorsqu'il est un écrivain. Il y a des lettres d'écrivain qui sont clairement des lettres écrites à l'humanité, même lorsqu'elles s'adressent à une personne. Le destinataire est un prétexte. Il y a des lettres d'écrivain qui sont des chapitres en préparation pour un livre à venir.&lt;br /&gt;"Tirons le rideau", dit Miron. Bien sûr. Mais c'est souvent pour préparer la prochaine levée. Voilà donc l'épistolier au travail.&lt;br /&gt;Toutes les lettres que l'on écrit ne sont finalement que des romans, des essais, des poèmes qu'on n'oserait pas publier. Des manuscrits pour une seule personne. Des chapitres d'un livre éclaté et lu par des lecteurs et des lectrices qui ne connaîtront probablement pas le début et la fin de cette histoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour un simple lecteur qui n'est pas le destinataire, quoi de plus frustrant que des phrases comme celles-ci:&lt;br /&gt;Il y a des choses qu'on ne peut confier à une feuille de papier. J'ai écrit tout ce qui pouvait être écrit. Le reste devra être dit viva voce. &lt;br /&gt;Nous voilà réduits à imaginer ce qui s'est passé dans les marges.&lt;br /&gt;Pourtant, il y a des correspondances qui n'existent même pas, des lettres dont les traces ne subsistent pas ailleurs que dans l'esprit des gens qui ne les ont pas composées. Par négligence, par manque de temps, par crainte de ne pas savoir bien s'exprimer, ils n'ont pas écrit. Ou bien parce que la chose n'aurait pas été convenable, parce qu'elle aurait pu devenir dangereuse pour soi-même, pour l'autre, pour d'autres encore.&lt;br /&gt;Engager une correspondance est un acte solennel qui entrouvre une porte sur l'intimité, qui indique une disposition à se livrer, un désir de voir l'autre se dévoiler à son tour. C'est un geste aux conséquences parfois imprévisibles. à tort ou à raison, il y a des plaisirs que certains se refusent, des souffrances que certains prennent garde de ne pas provoquer. Parce qu'il y a cette question: jusqu'où pourrai-je aller, jusqu'où pourrons-nous aller, jusqu'où cela nous mènera-t-il?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a un rituel du courrier, de la poste. Un rituel que le fax n'utilise que trop peu. Une lettre peut être une oeuvre d'art. On joue avec les formes. On reconnaît une écriture, on fabrique une enveloppe, on choisit son papier, sa plume, la couleur de l'encre. On joue avec la matière. On écrit dans l'intention d'offrir à l'autre un moment de jouissance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  09:13   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi, août 07, 2004&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jeu de couleurs&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;scan20030727_212529 &lt;br /&gt;Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;La serie compte une vingtaine d'aquarelles dont les formats ne depassent jamais les 10 X 10 cm. Chaque fleur est saisie dans le mouvement et se compose autour d'une palette de quatre couleurs de base. L'oeuvre est consideree comme terminee lors de son impression sur toile au format minimum de 2 X 2 m. mai 2001&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:53   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;09/01/2004 - 10/01/2004 Page d'accueil &lt;br /&gt;Inscription à :  Messages (Atom) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui êtes-vous ?&lt;br /&gt;Jean-Pol Lefebvre&lt;br /&gt;Afficher mon profil complet &lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Archive de blog&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2016329538476784943-3388412138587545021?l=porte-paroles.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://porte-paroles.blogspot.com/feeds/3388412138587545021/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2016329538476784943&amp;postID=3388412138587545021&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2016329538476784943/posts/default/3388412138587545021'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2016329538476784943/posts/default/3388412138587545021'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://porte-paroles.blogspot.com/2009/04/marronnier-thyntera-originally-uploaded.html' title=''/><author><name>La notice</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2016329538476784943.post-6763445663146823791</id><published>2009-04-15T07:10:00.000-07:00</published><updated>2009-04-15T07:11:04.542-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>Autre visage&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;wom2 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Des gros plans donc jusqu’à rendre invisible le rideau de pluie qui sépare nos deux regards. Je redoute le moment où elle se dira. Que fait-il de moi, de mon image ? Elle doit bien se douter avec mon petit pinceau entre les doigts et ma petite boite à douze pains que je la capture. Mais elle ne dit rien. Il y a là bien du questionnement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  11:00   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Feutre&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;wom5 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;l’assistance bienvenue du feutre pour donner du caractère, de la force ou plus simplement parce que le pinceau ne peut pas suivre et décoder l’éphémère de la pose/pause. Que ces femmes sont belles, décidées, chargées d’une puissance que le premier regard ne voit pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  10:58   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Visage&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;wom 11 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;J’ai toujours refusé de consacrer à l’aquarelle la méticulosité qu’elle ne recherche pas. La lumière et sa sœur l’ombre suffisent à remplir mes carnets. Peu de temps à chercher les angles originaux mais pourquoi pas risquer les gros plans, les détails grossis, la déformation. Je m’essaie par défi à la capture des visages et des attitudes. C’est le travail aux pastels de Virginie qui me pousse et me guide. Plutôt que d’attendre, à la terrasse d’un bistrot par exemple qu’une âme surgisse, j’ai procédé de manière moins courtoise et plus directe. Je fixe l’autre pendant le temps nécessaire à imprimer utilement dans ma mémoire moins vive que jadis, les informations qui feront l’essence du coup de pinceau. Peu d’eau- je verrai plus tard s’il en manque- et un trait vif qui va à cœur. Difficile parce que sans excuse en cas d’hésitation ou d’à peu près. Beaucoup de déchets, beaucoup d’attitudes et d’effets non désirés. Comme avec les médocs, l’organisme doit s’habituer. Ici, les yeux souffrent et la main hésite. Cela viendra avec la pratique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  10:36   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Danger&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je viens d’apprendre la nouvelle au journal télévisé: J’emprunte tous les jours le train le plus vulnérable et le plus dangereux du pays, celui qui comptabilise le plus d’agressions verbales et physiques. Les trois garçons, montés à Charleroi, viennent s’installer aux trois places encore disponibles à mes côtés et devant moi. Je suis, comme tous les jours, attentif mais fatigué. Les garçons ne mettent pas cinq minutes avant de plonger dans leurs cours, à ouvrir fardes et cahiers. Je les regarde doucement, séparément. Il est question de mécanique, de la pression, des manomètres, d’exercices pratiques, de mesures rares et d’autres attitudes qu’il faut, confrontées aux nombres, chiffres et formules, décliner mille fois avant de les vérifier. Les grands gosses sont beaux. J’oubliais presque de dire qu’ils m’ont gratifié d’un “bonjour” jovial et inattendu. Les grands gosses sont souriants, venus tout droit d’un internat dont ils analysent sans les caricaturer les faiblesses. IIs se taisent par moment pour mieux travailler dans le silence improbable de l’heure de pointe. En les écoutant s’interroger, j’entends leur désarmante envie de construire un monde simple et juste. J’entends la confiance qu’ils ont en leurs professeurs. J’entends qu’un des trois poursuit son trajet vers Liège où il va se recueillir sur la tombe de sa grand-mère qu’il n’avait pas pu fleurir la semaine dernière. J’entends qu’ils reprendront ensemble le premier train, qu’ils vont se reposer, que l’un d’entre-eux va passer son brevet pour piloter un ulm. J’entends un feu d’artifice verbal sans grande portée intellectuelle mais tellement serein et juste. Je serais assez fier s’ils étaient mes fils. Ils ne le sont pas et poursuivent leur chemin ailleurs. Pour ceux-là et avec ceux-là, nous avons devoir de faire et tenir des serments peut-être naïfs comme celui de nous engager à leur transmettre un monde en état de marche. Ils ont les outils pour le perfectionner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  10:34   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;jeudi, novembre 03, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sainte-Rita&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;hommevisage &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Je travaille dans les anciens établissements Hanrez, en face de la gare de Marchienne-au-Pont, aujourd’hui pôle de reconversion d’où l’on tente de mettre à l’emploi une population étrangère, blessée, précaire et des dizaines de pêlots de la région (le terme “pêlot”, que ma mère employait elle même à mon égard, est un mot tendre et affectueux qui, désignant le sexe de l’enfant, voulait traduire la tendresse et l’amour maternel ou filial envers le plus vulnérable). A quelques pas de là, la route qui relie Charleroi à Mons traverse ce qui fut jadis un essaim économique. Outre la sidérurgie, le tertiaire y respirait avec vigueur. La Brasserie des Alliés dont subsiste la tour bousculée et éteinte en bordure de route faisait du quartier une dynamo économique. Des milliers de personnes y vivaient (il suffit de se promener dans les rues transversales pour découvrir des centaines de petites maisons ouvrières aujourd’hui fatiguées, éteintes mais jadis vivantes).&lt;br /&gt;J’ignore encore ce que je fais ici et maintenant.&lt;br /&gt;Ma mère venait à Marchienne-au-Pont honorer Sainte-Rita. Elle rangeait la citroen onze légère grise en bordure de la route et s’en allait prier et brûler un cierge avec ferveur et recueillement dans un édifice qui s’est effacé aujourd’hui. L’église a laissé la place à un bâtiment tellement discret qu’il pourrait disparaître demain sans qu’on le remarque. La mosquée est venue s’adosser aux bâtisses mitoyennes. Les temps ont changé. La ville n’appartient plus à personne.&lt;br /&gt;Les graffitis arrogants et les façades colorées par de jeunes artistes plutôt que de l’embellir ne font que précipiter son engloutissement dans l’anonymat. Un territoire qui appartient à tout le monde n’appartient à personne. Les rues sont gonflées de détritus encombrants. Les maisons sont laissées aux étages sous-loués desquels de vieux gosses de trente ans crachent en s’amusant sur les passants. Les voitures sont de seconde main, les musiques qui tombent des fenêtres déclinent l’identité des occupants.&lt;br /&gt;Les temps et les gens ont changé. &lt;br /&gt;Quelques habitants travaillent dans les usines dont disparaissent doucement la splendeur et l’arrogance. Les autres ont construit, structuré, élevé et chérissent une économie alternative dont les valeurs restent discutables mais qui permet de vivre, doucement au quotidien, dans un chaos singulièrement silencieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:56   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mardi, novembre 01, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Carnera&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;1-picture1 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Mon père parlait souvent de Primo Carnera. Je ne sais pas comment cette phrase est venue sous mes doigts sur le clavier. Il ne parlait pas du boxeur champion du monde des poids lourds en 1933 mais plutôt du combattant en disgrâce et malade reconverti en lutteur dont on savait les exploits à l’Ancien Eden où mes parents assistaient du haut du pigeonnier aux luttes que se livraient les anciennes vedettes des sports de combat. Moins agiles mais toujours robustes, ils confiaient à leur corps le soin de tomber sans douleur et encaisser sans faiblir des coups trop peu appuyés pour qu’ils soient honnêtes. Je ne sais si le vieillissant Primo est venu combattre à Charleroi mais il fut souvent question de sa stature et de sa force autour de la table familiale. Sans doute, en y regardant de près, à cause de son itinéraire de bosseur plutôt que de boxeur ou des films insipides qu’il tourna pour monnayer une gloire qu’il pressentait éphémère. J’ai de la peine à imaginer Paulina en train de s’extasier devant la violence d’un ring et les cris de la foule en sueur. Personne à l’époque ne pensait que les combats de catch et de lutte étaient truqués, ce qui rend leur enthousiasme plus pathétique encore. Les temps changent ... qui aurait pensé qu’un coureur cycliste pédalait autrement que poussé par l’air et ses mollets ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  12:37   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sapienza&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;P1040006 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Lecture, ce matin, que je croyais paisible mais qui réveille les sens. Le long et éblouissant texte de Sapienza a pris une autre saveur, une autre liberté échevelée avec la présence plus soutenue, sauvage, des dialogues. Je cherche dans la bibliothèque une illustration qui convient au plaisir que j’éprouve. Un autoportrait au lit. (sourire&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  11:22   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;12/01/2005 - 01/01/2006 10/01/2005 - 11/01/2005 Page d'accueil &lt;br /&gt; Inscription à :  Messages (Atom) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui êtes-vous ?&lt;br /&gt;Jean-Pol Lefebvre&lt;br /&gt;Afficher mon profil complet &lt;br /&gt;    &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Archive de blog&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;lundi, octobre 31, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marronnier&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;thyntera &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Ne subsiste plus qu’une seule des deux gargotes de Foy-Notre-Dame. L’Auberge du Vieux Marronnier propose deux terrasses sous un vénérable... marronnier. Envahie de motards ou de cavaliers, de gîteurs ou de pèlerins, la maison ne vaut que par le bruit qu’on y fait et la convivialité musclée des convives. On attache les chevaux aux clôtures et les motos rangées en essaim et paisibles se reposent sur la place. La population plus âgée s’en allait jadis se crêper, se sucrer pour le quatre heures. C’est à croire qu’ils ont disparu. L’autre lieu s’est ouvert aux plus jeunes moins inquiets et sourcilleux du cimetière qui entre par l’est dans la cuisine du restaurant mais plus sensibles aux vertus d’un partage fraternel et amical des candeurs de la vie. Les tablées de l’un comptaient sur les doigts d’une main quelques vieux couples qu’on pensait éternels mais qui ne furent que silencieux et discrets, celles de l’autre sentent les comptes partagés et les amitiés précaires. Ce qu’il peut y avoir de différence entre le sucré et le salé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  17:43   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maredsous&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;cd71b983d0 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Encore la lumière très tôt ce matin et l’horizon repoussé au plus loin, par delà les collines de la frontière française. Profiter de ces grands espaces ouverts quelques jours encore, avant que les vents d’en face, d’ouest ne viennent bousculer portes et fenêtres à l’arrière de la maison, en face du bureau d’où j’écris. On installe du son, des bruits, de la musique autour de soi pour se rassurer. Je me laisse réveiller puis houspiller par la musique de Dhafer Youssef. Je tente de me convaincre qu’une petite escapade dans la campagne me ferait un peu de bien avant que le soleil ne me soit une épreuve. Comme souvent j’hésite entre le Condroz de l’arrière pays havelangeois, la vallée de la Leffe ou celle de la Molignée. Mes pas me poussent souvent vers Maredsous, Foy ou Vervoz sans que des raisons majeures ou objectives guident ces choix. Sauf peut-être le plaisir que j’avais d’en garder des traces sous forme d’aquarelles ou de croquis, le plaisir que j’avais d’y croquer la vie; aussi, sans doute.&lt;br /&gt;J’ai perdu, déchiré, brûlé, supprimé des centaines de pages d’écriture journalière. Persuadé , a posteriori, après mille relectures, de leur inutilité, de leur fiel ou de la douleur, de la haine qu’elles pouvaient provoquer chez le lecteur à qui elles n’étaient pas destinées. Je m’accommode aujourd’hui de quelques réflexions plus sages qui composent utilement avec le temps dont je ne me suis guère soucié jadis et dont je mesure à quel point il est conseiller avisé.&lt;br /&gt;Parfois pourtant l’envie d’écrire à la hache me reprend. Comment négocier et avec qui l’impunité en réponse à l’agression alors provoquée ?&lt;br /&gt;Je marche sur Maredsous. Par Sosoye et la route escarpée des crêtes plutôt que par l’enroulé sinueux de la vallée qui gigote entre les plateaux calcaires pelés. Je m’assieds dans la nef à cet endroit où le soleil vient casser l’ombre, parfaitement sur moi, au travers d’un vitrail que je devine à peine tant l’intensité de la lumière m’éblouit et m’empêche de le regarder. Je reste de longues minutes entre le rien et le silence. Entre leurs échos, dans la réverbération d’un cantique parfaitement silencieux. J’ai l’impression d’être au cœur d’un disque ECM. Reposant. Dehors, quand je marche sur les feuilles perdues par les sept marronniers d’une drève déjà asséchée, je ne peux éviter une canette de Red Bull. Dieu n’est pas toujours en forme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  14:47   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dimanche, octobre 30, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nougat&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;7 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;La journée, comme celle de samedi, est chaude, bienvenue.&lt;br /&gt;Cachou est pourtant un peu fébrile. La soirée d’hier fut bien agréable réellement. Des centaines de personnes nonchalantes dans les rues paisibles de Namur, attablés aux terrasses, dans le soleil tombant d’abord, dans la nuit tiède ensuite. Nous avons dîné superbement à la Petite Fugue en compagnie de Caro et Fabrice. Un nougat de foie gras d’oie aux fruits secs précède le poisson dans sa peau sombre, sandre sur un stoemp aux choux et une tartelette cassonade chaude pour conclure un petit voyage gastronomique entrecoupé d’anecdotes, de rires, de confidences confuses ou sincères. Nous ne saurons toujours pas où et comment ceux-là ses sont rencontrés. Il est toujours beaucoup question de tous les enfants de partout, dans toutes les familles et chez les amis. C’est à croire que la planète n’est peuplée que d’enfants. Nous nous autorisons le champagne, va savoir pourquoi... Nous rentrons doucement en traversant presque toute la ville, persuadés qu’il faut souhaiter très fort le bonheur de tous. Le souhaiter parce que c’est la dernière, première, seule option possible à tous les comportements de vie. Qu’il n’y a pas d’autre choix possible que d’avoir envie et besoin d’être heureux dans ce trafic émotionnel et familial. C’est juste toujours l’heure de pointe dans les familles qui ont du composer avec l’échec ou le changement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  17:21   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi, octobre 29, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'abri&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;HdV Lefebvre 10 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Le long texte ci-dessous reprend quelques pages essentielles de ce blog. Une manière de faire le point après tant de mois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  16:05   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Remise à niveau&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En parcourant le site, je mesure à quel point, les quelques mots écrits chaque jour ou presque condamnent le souvenir des précédents et hypothèquent la découverte sereine des suivants. J’ai rassemblé les émotions d’un peu plus d’une année dans les quelques lignes qui suivent pour vous faire une idée. Pas une idée juste mais juste une idée (comme disait JL Godard) de ce qui me tient en vie, me freine ou m’exalte. Pas de commentaires possibles juste vos remarques sur lefebvre.jeanpol@skynet.be&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi 7 août 2004&lt;br /&gt;Une lettre dans un roman. La dernière lettre qu'écrit Robert à Francesca dans Sur la route de Madison. Le temps sépare les êtres. Chaque lettre écrite est du temps que l'on essaie désespérément de sauver. Chaque lettre écrite est une victoire contre le temps. Cette heure qu'il a fallu pour écrire, cette heure passée à lire et relire. Ce rituel de l'écriture et de la lecture est une victoire sur le temps. Tout est prétexte à être autre chose. Or, une lettre vient chambarder l'ordre du monde et des choses.&lt;br /&gt;"J'essaie de garder cela présent à l'esprit", écrit Robert. Photographe qui vit quatre jours d'amour et se bat contre quatre milliards d'années-lumières.&lt;br /&gt;Clint Eastwood en a fait un film, de ce roman. On peut y voir Francesca (Meryl Streep) lisant cette dernière lettre écrite par Robert avant de mourir. Non, le temps n'efface pas tout entre les êtres. Une lettre peut en être le signe, puisque chaque lettre écrite est une mémoire, le récit d'une histoire, une trace d'encre sur le papier, une tache d'encre dans le firmament. Le ciel bleu, le ciel gris finira bien par l'effacer. Les hommes aussi lorsqu'ils s'amusent à bombarder la bibliothèque de Sarajevo. Mais le désir d'exister demeure. Toute lettre est la preuve de notre acharnement. Tant pis si c'est raté, tant pis si c'est oublié. Quelque part, quelqu'un cherche à comprendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dimanche 8 août 2004&lt;br /&gt;L’abri par temps d’alerte, c’est un peu le quartier, ses habitudes, ses bruits, ses émotions, le tout replié sur quelques mètres carrés, les gens essaient de dominer leur angoisse mais rien à faire quand les bombes ou les avions sans pilote s’écrasent en sifflant... Les bouches s’ouvrent, les petits cri étouffés s’échappent des gorges sèches. Chacun, dans l’instant, essaie de situer l’impact... Il doit être tombé pas loin du pont du tram... On verra plus tard les dégâts. &lt;br /&gt;- Dans l’abri, la société des voisins ne frime pas. On est véritablement qui on est, explique Paulina. Les qualités et forces de chacun, ses vertus et ses faiblesses apparaissent dans la minute ou l’avion survole les rues. Parfois, pour se donner du courage, on se serre l’une contre l’autre, on se tient la main. Parfois, quand c’est le déluge, on prie et on entend le silence qui reprend sa place entre les explosions. Un silence qui remonte du sol pour redonner de courage aux uns et de l’inquiétude aux plus vulnérables. Un silence qu’il ne vient à l’idée de personne de briser tant il soude les consciences.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi 4 septembre 2004&lt;br /&gt;Il s’agirait alors moins d’exercer, à travers l’autorité, un pouvoir que de concéder un droit. Et, conscient de son pouvoir sur un être, de lui donner les moyens d’augmenter le sien. À conditions, en effet, de lui en concéder le droit…sans intention de l’asservir. &lt;br /&gt;Autorité reconnue, autorité accordée. Autorité revendiquée, arrachée, contestée… L’autorité ne saurait être imposée sans être, d’une certaine manière, prouvée par la capacité d’octroyer, à celui sur qui elle s’exerce, ce droit d’être, à son tour, augmenté… Par cette même autorité. &lt;br /&gt;Ne peut-on penser alors qu’une saine relation d’autorité devrait déboucher sur une relation de confiance sans donner lieu, au contraire de certains pouvoirs, à aucun marchandage… ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi 11 septembre 2004&lt;br /&gt;Dans le train, une femme habituée au voyage matinal s'est émue d'avoir vu une superbe étoile filante dans la nuit, tard, vers vingt-deux heures trente, la veille, en allant déposer en bordure de route un sac d'ordures ménagères pour la collecte du lendemain.&lt;br /&gt;Ce même jour à la même heure, dans les mêmes circonstances domestiques, j'ai vu sans doute, cette même étoile filante. Une petite dizaine de kilomètres sépare nos deux vies.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lundi 20 septembre 2004&lt;br /&gt;J’ai traversé mille fois en courant l’atelier de la Neuville où Paulina, ma mère, commandait en douce reine un essaim d’ouvrières bruyantes mais actives. J’avais dix ans. Des tables larges entre lesquelles je m’aventurais, des allées jonchées de bouts de tissus, du paysage arrosé d’une lumière pâle et froide. Des femmes enfin et déjà que je frôlais sans avouer que je les empoignais, que j’escaladais sans avouer que je les caressais. Des femmes lourdes ou légères, vieilles et jeunes, sans âge pour moi, à vrai dire, que j’aimais parce qu’elles m’enveloppaient d’une attention qu’elles voulaient maternelle et que je traduisais sensuelle. Sous les tables et les machines, dans les “loques” glissantes sur le sol, je me roulais pour aller regarder les genoux et les mollets des femmes affairées, les bas nylon filés et les porte-jarretelles lourds sous leurs robes et leurs jupes que ne cachaient pas des corps encore secrets pour moi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi 20 novembre 2004 &lt;br /&gt;Elle s'est goinfrée de médicaments. La nuit du vendredi au samedi. Elle s'est assoupie dans une lourde mais paisible sérénité. Quarante et un ans. Un mari qui décède en lui laissant un garçon et une fille. Qui lui laisse une vie qu'elle ne parvient qu'à remplir de fumée de cigarettes. Sa main et sa pensée se mettent à douter, ses enfants, trop loins d'elle, trop exigeants, normalement exigeants, la font douter. Son compagnon la fait douter. Et l'argent qui fait défaut. Cela suffit pour en appeler à la clémence qu'elle se donne dans la discrétion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi 1er janvier 2005&lt;br /&gt;Il a donc fallu l’encombrante, l’insolente, l’irrespectueuse et soudaine présence de Dorothée accrochée à ses dérisoires et égoïstes certitudes - lesquelles doivent se compter sur les doigts d’une main -pour m’obliger à la contrition.&lt;br /&gt;Douloureuse contrition en face de Paulina.&lt;br /&gt;Ainsi donc j’aurai été incapable de regarder et aimer comme elle le méritait cette femme de don. Incapable tout au long d’un parcours chaotique et pardonné de lui rendre grâce et honneur.&lt;br /&gt;Il me faut voir l’indécente volonté de thésauriser de l’une pour bénir- trop tard hélas- la générosité de l’autre.&lt;br /&gt;Il me faudra donc avouer de la compassion pour l’une et un immense amour par défaut à l’autre.&lt;br /&gt;Grande souffrance que celle-ci. grande douleur. Grande épreuve.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mercredi, janvier 05, 2005 &lt;br /&gt;Et surtout, n'oubliez pas que dans la vie il n'y a que trois sortes de personnes : celles qui savent compter... &lt;br /&gt;Et celles qui ne savent pas !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lundi 10 janvier 2005&lt;br /&gt;Ma Belle,&lt;br /&gt;Savoir s’il faut dire je t’aime ou je t’aimais, revient à dire es-tu encore avec moi ? Et donc, la véritable question à se poser n’est-elle pas : Que penses-tu, là haut, de me voir pleurer pour toi ?&lt;br /&gt;Moi, là-haut, je ne veux pas, ma chérie, te voir pleurer pour moi ... Je veux te savoir forte et confiante en l’avenir. Je veux que, si tu m’appelles, ce soit pour me convier au bonheur de tes réalisations, aux sourires de tes réussites, aux folies de tes envolées. Et moi, là haut, je peux voir que tu t’y est mise déjà. Que je sens chaque battement de ton cœur comme une musique magique et celui qui t’accompagne comme un indispensable appuis. &lt;br /&gt;J’ai, moi-même, ma belle, cette merveilleuse sensation de confiance lorsque j’entretiens ma mère à propos de ma propre vie.&lt;br /&gt;Elle sourit plutôt que de juger et son sourire vaut, du lointain d’où elle se trouve, la plus ardente des complicités.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi 12 mars 2005&lt;br /&gt;Le couple des enfants passe dans les turbulences et les questions d'une séparation traînent sur la table entre le linge à repasser et un bouquet de tulipes. Les petits, eux, s'en remettent aux guides pour Louise et à Spiderman pour Milo.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mardi 29 mars 2005&lt;br /&gt;Vendredi. Descente au Tombeau. Comme chaque année, infinie compassion d'un petit peuple décalé, isolé dans la vallée de l'Ywoigne, loin de la planète et si au dedans d'elle. Je souffre tellement que lors de la longue génuflexion qui accompagne le trépas du Christ, je dois m'appuyer sur le banc qui me fait face. Je prie pour tous les miens et des proches tellement loin encore.&lt;br /&gt;Impasse de fatigue pour la nuit pascale.&lt;br /&gt;Je participe avec un recueillement sincère et dense à la liturgie romaine du dimanche et à l'eucharistie grecque du lendemain. Beaucoup de silence à l'intérieur de moi, sans qu'il soit question de paix pourtant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin une réponse de Maunthausen.&lt;br /&gt;Dear Mr. Lefebvre,&lt;br /&gt;in response to your inquiry the Mauthausen Memorial Archives can provide you with the information attached.&lt;br /&gt;notes on the attached information sheet:&lt;br /&gt;category of incarceration:&lt;br /&gt;„Schutz“ / „Schutzhaft“ (Prisoner in Protective Custody), „Politisch“ (Political Prisoner)&lt;br /&gt;The Protective Custody“ (or „Schutzhaft“) was based on a decree for the protection of people and state from February 28th, 1933. As from January 25th 1938, the “Schutzhaft” was defined as a forced measure against persons who were supposed to pose a “threat to the security of the people and the state”. The “Schutzhaft” did not have any temporary limits and was removed from any legal control and possible legal objections.&lt;br /&gt;The Mauthausen Memorial Archives hope that this information is of any help for you.&lt;br /&gt;En attachement, un tableau qui reprend les informations confirmées ci-après:&lt;br /&gt;database of male prisonners&lt;br /&gt;name: Parent first name: Siméon&lt;br /&gt;131 683&lt;br /&gt;date of birth : 08 06 1901 place of birth : Roux&lt;br /&gt;nationality: Belgien&lt;br /&gt;category: schutz&lt;br /&gt;arrived from cc: Sachsenhausen 18 02 1945&lt;br /&gt;date of death : 04 03 1945&lt;br /&gt;source : AMM E/13/11/5:Y:36&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dimanche 8 mai 2005&lt;br /&gt;Ces derniers jours, Caroline est venue passer soirées et nuits à la maison. Sa rupture avec François semble consommée. Son désintérêt de tout visible et solide.&lt;br /&gt;Dans ses actes, une lente descente aux enfers. Les enfants ne sont plus dans son champ de vision moral. On la sent inconsciente à la fois de la chance qui s'offre à elle et qu'elle doit saisir pour tout reconstruire et du malheur certain qui la conduit à fuir. Nous restons sans voix devant elle puisque chaque mot la heurte.&lt;br /&gt;Chaque silence de sa part nous casse également avec la même simplicité. Elle hésite seulement entre un verre de vin blanc et une cigarette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mercredi 17 août 2005&lt;br /&gt;Les petits sont ici pour trois jours. Ils reviennent d’Ardèche en belle forme physique. Milo s’assagit et passe désormais plus de temps à des occupations paisibles. Il écrit aussi à coup de grandes lettres droites et rouges. Milo écrit uniquement en couleurs. Vives de préférence. Hier avant de dormir, nous avons parlé de la vie avec Louise. Nous avons échangé des larmes, les miennes étant plus grosses que les siennes. Ce qui est très normal. Elle a des mots simples mais coupants pour parler de la séparation de ses parents. Ce soir, nous mangeons un gratin de pâtes aux carottes. De l’avis général, c’est encore et toujours le meilleur plat que Cachou puisse proposer en fin d’une journée estivale comme celle-ci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi 20 août 2005&lt;br /&gt; Les anges sont dans l’autre famille. Il en va maintenant ainsi. Un aller-retour hebdomadaire. Un échange de bons procédés. Un pire que je peux, un mieux que je veux. Un échange de bons procédés donc.&lt;br /&gt;Les petites fioles de parfums ont été adjugées à Louise pour 3 euros. De quoi se faire un commerce lucratif en cas de revente. L’étal dressé dans la pelouse est désert maintenant, lavé par la pluie incessante. Milo a renoncé à vendre du potage. Pas de clients et pas, à vrai dire, de légumes pour la soupe.&lt;br /&gt;Ainsi racontée, la dernière journée du passage des petits à Sorinnes à quelque chose de surréaliste. On s’est embrassé avec la vigueur de tous nos sens. On s’est promis de se revoir très vite et de s’aimer à nouveau comme jamais et pour toujours. Je pense réellement, mes bébés, qu’on s’aime comme jamais et pour toujours. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dimanche 11 septembre 2005&lt;br /&gt;Hier, quand le nuit est venue, les hommes sont allés se promener dans l’obscurité. Les hommes, ça marche toujours dans l’obscurité. Milo et papy ont marché dans la nuit profonde au moins jusqu’aux poiriers. Sous un ciel à quatre étoiles et dans un silence qui fait parler l’herbe mouillée. &lt;br /&gt;T’as pas peur papy ? Moi j’ai un petit peu peur et la main de mon homme est venue dans la mienne. Et puis après un si long moment mon homme s’est rassuré en disant je t’aime papy. En serrant fort ma main. Ça vaut la peine de faire des concessions comme ça quand on est un vrai homme.&lt;br /&gt;Hier, quand le nuit est venue, les hommes sont rentrés dans l’obscurité. Les hommes, ça complote toujours avec l’obscurité. Milo et papy ont marché dans la nuit profonde au moins des poiriers jusqu’ici. Sous un ciel à quatre étoiles et dans un silence qui fait parler l’herbe mouillée.&lt;br /&gt;Et puis ils ont raconté nimporte quoi. Qu’ils avaient vu un renard et des araignées lumineuses. Les hommes sont des enfants qui grandissent tout le temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dimanche 9 octobre 2005&lt;br /&gt;Les anges sont venus, ils ont virevolté et sont repartis. C’est le propre des anges d’agir ainsi, de se multiplier, se démultiplier et puis se reposer. Avant de dormir, Milo a hip-hoppé sur Jamie Cullum . Un beat du Bronx dans les quilles sur un ravalement de crooner. Grand, totalement indescriptible. Loulou a raconté la classe et les habitudes de la bande, les garçons qui en font trop, va savoir pourquoi et les filles qui les font marcher, va savoir pourquoi. Et puis Cachou a raconté l’histoire de Thimoty et Grand’Pa qu’on commence quand même à connaître. Puis on s’est endormi dans le bruit assourdissant de nos bisous. Quelque part dans la nuit, Loulou a senti ses jambes grandir et elle a dit “Ça me fait souffrir” et papy a massé doucement avec patience et douceur sa fine et longue jambe droite. Puis elle a dormi jusqu’à huit heures. On a mangé des fibres au chocolat avec Milo. Puis la journée a ressemblé à une musique de film, on ne la voit pas et on ne l’entend pas, elle passe. Et puis, les anges sont allés se perdre dans la ville pour cueillir des bazars et des choses, des machins et des joyaux rares... faire une provision d’inutile parfait et joyeux... Et puis les anges sont montés dans l’auto pour adieu et loin. Un pays à chier.... On ne peut pas dire à chier, Papy. Puis Papy a écouté, tout seul, Tracy Chapman qu’il venait d’enregistrer et ça lui a foutu le vrai cafard. Et le pire du plus beau restait à venir car sur l’oreiller bien tiré sur le lit ouvert dans sa chambre, Loulou avait laissé deux dessins pour lui, rien que pour lui, c’est écrit là : pour papy. Faut pas lui faire des coups comme ça à Papy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  15:57             &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;vendredi, octobre 28, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Manif&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;DSC00335 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Le soleil s’est collé d’un coup et très tôt sur les terres sombres désencombrées de leurs dernières betteraves amassées depuis plusieurs jours à l’horizon. La passion de Josquin “ Qui Velatus Facie Vuisti” convient à l’heure et au jour. La lecture de quelques pages matinales et savoureuse de Sapienza avant de rédiger les C98, achève de me convaincre que la journée sera douce. Caro téléphone pour convenir des modalités pratiques de notre rencontre de demain et nous rassurer sur la garde des enfants en cette journée de grève. Les enfants des deux familles se retrouvent complices pour un jour encore&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peut-être est ce un peu old school&lt;br /&gt;mais&lt;br /&gt;entre garder les fenêtres fermées/ mettre le son à fond/ étouffer&lt;br /&gt;et ouvrir les fenêtres/ respirer /baisser le son, &lt;br /&gt;bizarrement je préfère&lt;br /&gt;la deuxième solution,&lt;br /&gt;mais bon... (Atkison sur son blog, ce jour).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cent mille personnes dans les rues de la capitale. Le Soir : “Pour les syndicats, une seule solution: remettre le pacte de solidarité entre génération sur la table, une revendication à laquelle le gouvernement s'est jusqu'ici fermement opposé. Les responsables syndicaux - socialistes en particulier - soulignaient que, faute de réaction de la part du gouvernement, la manifestation et la grève ne pourraient constituer que la première étape d'un combat plus long. Alors que Jean-Claude Vandermeeren appelait à "continuer le combat", la FGTB-Métal a d'ores et déjà indiqué qu'elle pourrait appeler à une nouvelle grève d'ici le 21 novembre. &lt;br /&gt;A la CSC, Josly Piette n'a pas non plus exclu de nouvelles actions. Nous allons évaluer la façon dont notre message a été reçu, a-t-il indiqué, avant de nous concerter avec les autres syndicats sur les différentes possibilités. Les syndicats réclament le retrait du pacte de solidarité entre les générations, adopté par le gouvernement il y a quinze jours, pour faire face à la menace que fait planer le vieillissement de la population sur le financement de la sécurité sociale. Ce pacte prévoit notamment de repousser progressivement l'âge de la prépension de 58 à 60 ans. En outre, dans les entreprises touchées par une restructuration, les travailleurs âgés devront d'abord se rendre disponible sur le marché du travail, avant de pouvoir bénéficier d'une éventuelle prépension. &lt;br /&gt;Si les syndicats s'opposent en particulier à ces deux mesures, le mécontentement de leur base va bien au-delà, ce qui explique sans doute la mobilisation et les discours entendus ce vendredi. C'est la première fois en douze ans - à l'exception de la grève du 7 octobre organisée à l'appel de la seule FGTB - que la Belgique est touchée par une grève générale”. Je suis touché par une grève comme on l’est par la grâce. Contamination. Seuls, les vieux fils dénudés, décharnés sont conducteurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  20:14   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;jeudi, octobre 27, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon oeil&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;.041 &lt;br /&gt; Originally uploaded by babybluespikes.&lt;br /&gt;Beaucoup de monde à ce colloque discret mais important pour présenter les futures actions de Forem formation dans et autour du monde et des pratiques de l’insertion socio-professionnelle.&lt;br /&gt;Beaucoup d’inquiétudes personnelles aussi devant la récupération d’une grande partie de l’amont de notre travail et du rôle inféodant pour tous les opérateurs dans le chef du Forem. Le bras de fer de lobbying politique n’est pas à perdre. Antonio le sait. Nous faisons le chemin ensemble vers la salle de conférence et parlons des impératifs nouveaux engendrés par la signature de la convention collective. En matière de formation du personnel, un sacré boulot semble pouvoir ou devoir se faire. Nous nous reverrons la semaine prochaine.&lt;br /&gt;Alerte incendie en début d’après-midi, comme souvent intempestive et démobilisatrice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce matin, dans le train, je me suis retrouvé devant deux babies, aux études à l’Aca de Namur. En troisième année d’un cycle qui en compte cinq. La plus costaude des deux a la tête plongée sur un carnet de croquis dans lequel elle s’affaire. Je pense un instant à Virginie et à la difficulté d’oser tutoyer l’autre dans le trait volé. Puis soudain, elle relève la tête et me fixe. Je reste glacé, pétrifié. La gamine porte sur les yeux des lentilles artificielles, pupilles effrayantes de fauve, leurre de la défense ou de la haine, parure de l’ado en dispute. Je me reprends et m’aventure derrière son regard, au delà de ses yeux, au dedans d’elle même. Je suis surpris d’entrer si facilement dans une intimité sauvage. Je l’interroge violemment en silence dans l’impasse de son regard absent, j’essaie d’y mettre une inquiétude douce et tendre. Elle s’effondre, baisse les yeux stériles, courbe tête et épaules. Je m’en veux un instant tant je sens sa détresse. Elle ne dit plus rien. Elle ne dira plus rien, c’est sa copine qui fait du bruit imbécile et vulgaire jusqu’à ce qu’elles soient rendues à quai. Je ne sais quoi penser. Demain, on grève.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:09   2 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mercredi, octobre 26, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Carsid&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;carsid19378 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Je vais chercher au troisième étage ma petite enveloppe contenant les frais de déplacement dus pour l’accompagnement des pêlots. Montants dérisoires ici puisque représentant quelques kilomètres à peine dont le paradoxe veut qu’ils ne peuvent être comptabilisés que si vous en parcourez deux cents autres quotidiens, qui ceux là ne sont pas pris en compte. Toute la différence entre le privé et l’associatif. Entre la voiture de société et le bénévolat affectif roulant.&lt;br /&gt;Je passe la presque totalité de la journée à rédiger des rapports dont je m’interroge sur la fonction réelle et la portée sociale tangible et bureaucratique objective. Isabelle, qui s’use à courir plus vite que ses protégés, vient m’en dire ce qu’il faut en penser et m’en montrer les raccourcis techniques indispensables. &lt;br /&gt;Je convoque et rencontre (on dit j’invite et assiste) trois demandeurs d’emploi en vacances, souriants, libres et sereins. Pas envie des odeurs de viandes chaudes, pas envie de la chaîne mais plutôt d’un cours d’informatique fantôme, pas envie de boulot mais bien de la brocante de dimanche. J’écris ça dans les rapports ou j’ai honte secrètement de la niaiserie et de la faiblesse de notre apport normatif ? Je croise dans les couloirs un justiciable dont le bracelet lourdé de dix-huit années ne l’empêche pas de participer à la formation monteur pylône : &lt;br /&gt;-Vous m’avez secoué...&lt;br /&gt;-T’es pas mieux ?&lt;br /&gt;-Vachement mieux... Il a le sourire de Patrick Hammers, il est beau comme Brando jeune. Vrai de vrai.&lt;br /&gt;Cela faisait quelques semaines que je ne les voyais plus. Petite Anna que sa grossesse va éloigner des bureaux et dont la verve intelligente va manquer à ses partenaires. Magaly superbe comme toujours qui s’est réfugiée dans les airs de Ghinzu pour mieux s’éloigner de l’ordinaire. Monique la seule femme complète, absolue et donc douloureuse de la barque, du navire et Véronique qui retrouve, avec celles de l’automne, les couleurs d’une vitalité nouvelle.&lt;br /&gt;Merci James de m’autoriser à prendre vos images pour dire que je travaille là et ici, sous le feu mourant d’une région qui souffre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:45   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lundi, octobre 24, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Echarpe&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;loulou &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Louise devant l’entrée de l’école catholique de la rue Saint Joseph, à quelques pas du cul de sac où se cachent les ateliers de JL Godefroid, l’éditeur de toute-boites régionaux. C’est la rue qui relie les deux complexes cinématographiques de la petite ville, c’est dire si elle est fréquentée le samedi soir par les cinéphiles indécis ou plus prosaïquement par les ados qui tentent une ultime procession de séduction, l’aller-retour du m’as-tu-vu-j’suis-venu. Préliminaires en vue de conclure la rencontre qui leur fournira la compagne ou le compagnon de la soirée et qui sait, peut-être de la nuit... Louise ne connaît rien encore à ces pratiques d’un autre âge. Tout au plus est-elle ravie de s’enrouler autour du cou une nouvelle écharpe achetée, j’en prend le pari, à la boutique juste en face.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  16:27   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi, octobre 22, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Medocs-Metro&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;788783 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Annonce dans le journal Metro du vendredi 9/9/2005&lt;br /&gt;Les matins (8h25 exactement), metro Louise, je vous croise.&lt;br /&gt;Belle, grande brune et enjouée.&lt;br /&gt;Un chapeau orange en temps de pluie.&lt;br /&gt;Je vais vous attendre tous les midis place Stéphanie avec mon parapluie orange.&lt;br /&gt;Annonce dans le journal Metro du vendredi 16/9/2005&lt;br /&gt;Cher parapluie orange, je vous ai aperçu.&lt;br /&gt;Ce matin (8h25 exactement), metro Louise.&lt;br /&gt;Pas grand mais élégant.&lt;br /&gt;Je ne sais pas pourquoi mais je vais vous rejoindre un midi place Stéphanie avec mon chapeau orange.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le même jour où vous parlez du journal gratuit, je lis ces lignes sur le site de ma fille et de son ami. Des coïncidences simples.&lt;br /&gt;J’ai toujours un plaisir permanent quand je vous découvre. Plaisir n’est sans doute pas le mot le plus approprié mais il traduit assez bien les complicités aléatoires qui apparaissent dans nos vies. Je termine une semaine extrêmement éprouvante, les trois jours de repos qui viennent seront utiles. Je vous embrasse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je viens d’avaler les six petites pilules jaunes. Molécule(s) Méthotrexate&lt;br /&gt;Classe thérapeutique Cytostatique du groupe des antifolates&lt;br /&gt;Indications Ledertrexate est utilisé dans certains cancers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Informations pratiques Délivré seulement sur ordonnance.&lt;br /&gt;Délivrance hospitalière.&lt;br /&gt;Mode d'action Cette molécule inhibe la prolifération des cellules cancéreuses en inhibant une enzyme impliquée dans la synthèse de l'ADN. En effet, une cellule ne peut pas se diviser en deux si elle ne duplique pas son matériel génétique (l'ADN).&lt;br /&gt;Effets secondaires Il peut apparaître : troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée), éruption cutanée et ulcération des muqueuses, troubles neurologiques, rénaux, haptéiques, hématologiques, fièvre, troubles des règles, allergie.&lt;br /&gt;Pour ne rien arranger, le soleil s’est mis à briller. &lt;br /&gt;Je n’ai pas cette année encore visité la Fiac, tout au plus parcouru les allées virtuelles de l’expo qui retrouvait le Grand Palais. Cette image d'une oeuvre d'un artiste présent me trouble tant elle interroge la construction de l’homme qui ne serait qu’une accumulation de strates historiques plus ou moins équilibrées et d’effacements progressifs des pigments de l’âme et du corps. Les deux opérant ensembles, se construisant, se détruisant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  16:02   3 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A vrai dire&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Moon%20Through%20an%20Eyepi &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Il me reste encore quelques affaires à régler.&lt;br /&gt;Ainsi, je devrais&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;apprendre à Milo à regarder le ciel dans un télescope planté dans le champ et à le convaincre que j’ai vu sur la lune quelque chose bouger, et que je me demande bien ce que c’est et qu’il sait sûrement lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;aller manger une sole avec Louise au Royal, là même où sa mère alors âgée de huit ans, se débrouilla avec tant de sagesse pour lever la chair du poisson et la déguster avec une parfaite désinvolture qui fit l’admiration de Jean Servais, alors directeur du théâtre de Namur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;convaincre Cachou à préparer et cuire des galettes et apprendre aux marmots à tremper les doigts dans la pâte molle et sucrée et à négocier le droit de s’approprier les premières cuissons, ces petites alvéoles pas assez dorées mais si bonnes lorsqu’elles sont encore tièdes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;laisser Louise me lire des passages de l’Immortalité de Milan Kundera avant que je m’endorme, La laisser vérifier que je ne cède pas trop vite à la fatigue et qu’elle doit donc continuer et sentir le bonheur qu’elle prend à me faire partager la force des mots.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;installer une petite tente sous le vieux prunier et passer une nuit de printemps, rien qu’une, dans le secret de la petite maison de toile avec Milo et Louise, s’étonner des silences et des bruits et raconter des histoires de pays lointains avant d’avoir un peu peur de ce qui risque d’arriver quand le soleil est tombé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;partir au bord de la Semois avec Louise et revenir dans la nuit tombantes avec des dizaines d’aquarelles, les installer sur les murs et attendre que les amis, les proches et les parents en disent du bien. Rien que du bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;grimper sur un rocher avec Milo, pas très haut, bien sûr. Juste là où il sera plus haut que moi et qu’il dira comme il sait si bien le faire...Allez viens... et que je dirais que c’est trop haut pour moi et qu’il sera devenu presqu’un homme de six ou sept ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;boire avec Milo une première gorgée de bière. Toute petite pour goûter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;traverser la Lesse en septembre à Chaleux en se tenant la main tous les trois, sentir le courant qui nous pousse, nous bouscule et la température de l’eau qui change, qui refroidit les membres avant de les réchauffer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;parler sérieusement de choses graves comme le ciel et la mort, parler en rigolant de choses rigolotes comme le ciel et la mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis, si ça se trouve, je tenterais comme Paulina d’influencer le temps, de l’amadouer, de pactiser avec la vieillesse et je dirais qu’ “avec un peu de chance, je les verrais faire leur petite communion” comme elle disait. Ce qui me fera sans doute rire. Je n’en suis pas très sûr, à vrai dire, que cela me fera rire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  12:06   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'art de la joie&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Sapienza &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Vers le début de la nuit, un bref mais violent orage a plaqué sur le sols, en même temps que quelques éclairs très pâles, des milliers de feuilles jaunes, ocres, brunes. Le vent tournoyant a poussé des petits tas de mousse à l’aventure. J’ai préféré le bruit de la nature à celui du dernier album de Souchon. J’ai commencé la lecture de L’art de la joie de Goliarda Sapienza. Comme je le pressentais, je vais m’éblouir de ces mots justes et denses même s’ils sont prévisibles, de ces situations que l’histoire façonne ou cautionne, que la passion instruit.&lt;br /&gt;J’en oublie déjà les recommandations du toubib et les nouveaux médicaments prescrits pour le coeur et la tension compatibles avec les autres. Il veut me revoir sur un terrain de tennis. Cela me fait sourire, moi qui suit désormais persuadé qu’on a élargi les courts, qu’on les a allongé aussi pour faire la nique aux vieux, pour les dégoûter de jouer et laisser la place aux jeunes; c’est pour cela que nous débrayons encore lundi et vendredi prochains, non ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  10:50   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;jeudi, octobre 20, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le potier&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Namur. Dans la rue étroite du piétonnier, il passe devant moi. J’ai une seconde l’hésitation incrédule de celui qui a laissé trop faire le temps. Je le pensais disparu, ailleurs ou plus naïvement décédé. Il passe devant moi, avec la même silhouette légère, les mêmes cheveux flous et clairs qui jadis lui donnait l’air de n’avoir pas d’âge et une sagesse apaisée. Il devait avoir quarante ans quand j’en avais vingt et que je m’affairais maladroitement sur le tour de Lampecco. J’ai failli être potier un jour de l’inévitable après soixante-huit. Lui, en expert, travaillait la terre avec une rigueur souveraine et un sourire heureux. J’ai renoncé à pétrir la glaise jaune et aux cuissons imprévisibles et lui, je ne sais pas ce qu’il est devenu. De loin en loin, je l’ai vu toujours aussi heureux et doux, parcourir en bicyclette les rues de la ville. Et puis, je ne l’ai plus vu. Il vient de passer devant moi, à pied, douloureusement. Comme s’il marchait sur la pointe des pieds, cassé et vulnérable. Son visage et son corps marquent quarante années à peine mais sa démarche est celle d’un vieillard. Il vit, cela me suffit. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sandra, qui n’aime pas la manière directe et franche avec laquelle j’aborde la relation avec les demandeurs d’emploi, a pourtant assisté au Rite. Une session difficile parce restreinte. Moins il y a de participants, plus leur implication est profonde. Elle souffre en même temps que Christelle qui ne sait pas choisir entre le travail, ses parents qui la poussent à s’occuper de ses enfants en bas âge et son compagnon qui l’ignore. Elle pleure quand Christelle renonce, faiblit. &lt;br /&gt;-J’ai vécu exactement la même chose, soupire-t-elle à l’issue de la journée, les yeux rougis, la fatigue sur les épaules. Elle, avec qui je n’ai eu que des non-dits stériles et des incompréhensions théoriques, reconnaît l’utilité de la tentative et de l’effort envers la stagiaire dépourvue. Un moment, ma collègue est si proche que je la prends dans mes bras pendant de longues secondes, je sens son corps relâché, abandonné contre le mien. Elle me dit , sans le secours des mots, un désarroi encore présent. Je lui dis, sans le secours des mots, une tendresse que je veux paisible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:04   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lundi, octobre 17, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un lundi...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nouvelle session du Rite. Trois jours intenses pour conduire des caissier(e)s vers l’emploi. Une demi-douzaine des stagiaires, la moitié du groupe, est seulement en mesure de progresser aujourd’hui. Les autres, inexpérimentés, naïfs, puérils, trop jeunes et sans volonté, se demandent encore ce qu’est le travail. Deux jeunes filles ont pour seule passion la pratique assidue et béate des centres commerciaux sans en voir, ni savoir le rôle, l’influence et l’industrie. Elles veulent y travailler parce que leur vie n’est pas ailleurs qu’entre un escalator et des pulls à ranger. Tu fais quoi, Jean-Pol ? &lt;br /&gt;Tu te fatigues et tu en rajoutes. Vincent les recadre avec tout l’amour qu’il peut leur donner. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bonjour Jean Pol, &lt;br /&gt;Voici les candidats qui sont toujours en place chez Editor : &lt;br /&gt; - De Vylder Kevin &lt;br /&gt;- Tandela Maria-Christina &lt;br /&gt;Candidats à qui j'ai proposé une autre mission :- Bruggeman Virginie : fonction d'emballage à un meilleur salaire, quelques semaines, horaire de jour : ok &lt;br /&gt;- Maria Carola : fonction d'emballage idem : présentation de son cv aujourd'hui le 17 pour commencer le 18. &lt;br /&gt; - Doyen Germain : fonction d'ouvrier de production dans l'alimentaire à un meilleur salaire, horaire à pause, durée non définie : ok &lt;br /&gt;- Alfano Marco : fonction d'ouvrier de production idem mais il a abandonné dû aux odeurs de nourriture qui l'incommodaient... &lt;br /&gt;Candidats qui ne se sont pas présentés au stage : &lt;br /&gt;- Driessens Sabrina : malade - Willekens Alexandra : je n'ai eu que sa messagerie. Pour les autres candidats qu'Editor n'a pas retenus, je poursuis les recherches afin de leur trouver une mission le plus rapidement possible. &lt;br /&gt;Je vous tiens bien évidement au courant. Bien à vous, Séverine. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Véronique a laissé dans ma boite les formations possibles à mener de concert. Je n’ai eu aujourd’hui que son répondeur. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il a fait chaud et agréable au troisième étage. J’ai croisé Antonio, le boss, et nous nous sommes embrassés. Antonio aime ses gens. Pascal aussi aime ses gens. Il y a chez eux un profond et permanent respect des autres. Ils oublient parfois que les autres se cherchent encore et toujours et qu’ainsi, ils mettent en péril l’ordinaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:24   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dimanche, octobre 16, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Midi&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;escholtziaens &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Midi.&lt;br /&gt;Cachou a préparé un chou-fleur. Il refroidit doucement sur la chaise longue, dans une douce lumière jaune et pâle. A quelques mètres de là, des dizaines d’echolzias oranges sont venus nourrir le parterre de Loulou en ce début d’automne. Inattendus, ils se dandinent au vent léger, celui-là même qui envoie les feuilles des trembles par centaines vers le sol.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  15:53   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;matin&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;thynfnda &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Matin.&lt;br /&gt;Pour gagner Chevetogne, il faut, d’ici, plonger sur Foy. L’église fait le plein de catholiques intégristes venus en car du Pajoteland. Des hommes vieillissants bien robustes, en short, qui guident de jeunes garçons vers la force du caractère et les valeurs de 1930. La Leffe au fût n’est pas loin, à l’Auberge du Vieux Marronnier t toute proche qui a sorti le barbecue géant pour la circonstance. Il n’est pas dix heures. La fumée monte aspirée dans le ciel dégagé, les femmes rondes et tassées se tiennent à distance pour retarder l’heure où elles sentiront le fumé et le graillon.&lt;br /&gt;A Celles, deux kilomètres plus loin, c’est la bénédiction des animaux qui a fait descendre les cow-boys des manèges de la région sur la place pavée et ensoleillé. La Leffe au fût n’est pas loin. Les terrasses sont également partagées entre juments et femmes soldats, entre poulains et gosses très sages, chiens costauds et chats rares. Les veneurs soufflent, gonflent et crachent, ils ont le feu au cor. Dans les bois de Conjoux, au bout de cette longue route étroite au sommet de la dernière crête condruzienne avant la Famenne, une battue rassemble les 4X4 et leurs maîtres. Une femme belle et sauvage est postée seule au pied d’un mirador. Tous les trois cents mètres, un duo s’attend au pire, c’est à dire à une biche qu’il faudra tirer. C’est de l’humour grossier, n’est-ce-pas ? Cette année, lors de la nuit de Pâques, en allant vers le monastère, j’avais du m’arrêter pour permettre à quelques daguets, cinq ou six biches et un beau cerf bien paré de traverser la petite route. Juste là où est posté un vieil homme, grand et sec qui me fait un aimable et distant signe de la tête. La manière donc.&lt;br /&gt;Je vis dans cette contrée totalement gavée de son passé, se revendiquant de lui, incapable de générer d’autres pratiques collectives originales que celles, calendaires, qui permettent de finir la Leffe au fût. C’est peut-être pour cela que nous vivons ici et pas ailleurs, parce que la région oblige chacun a se forger un caractère propre et secret, qu’il doit de temps à autre, confronter à celui du groupe en partageant heureusement la Leffe au fût.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  15:52   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi, octobre 15, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;TrouverX1 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Il nous faut souvent évaluer la maturité et la connaissance de nos pêlots. Pour les métiers de l'industrie, un minimum de connaissances techniques est indispensable. Pour le reste la poésie est autorisée et facultative.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  13:26   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;notes de lecture&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;hanff &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Ce matin, je me suis taillé la barbe. Il y a des petits matins où l’on doit se résoudre à recadrer l’image, à reformater le contour de son faciès sous peine de paraître incapable de tenir son rang, de permettre aux autres de trouver des points de repère. A moins qu’il ne faille, en retournant vers le glabre, se ressourcer, se remettre en situation de vieillir, de mûrir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“J'adore les livres d'occasion qui s'ouvrent d'eux-mêmes à la page que leur précédent propriétaire lisait le plus souvent” (Hélène Hanff, Charing Cross Road). Il y a dans la cuisine, à côté des biscuits, des bonbons et des ordonnances de toubibs, une édition économique de l’Art d’Aimer d’Ovide qui traîne là, sur le plan de travail; depuis des années. Cachou y tire au sort des décisions de vie quotidiennes et j’y lis parfois des bribes qui m’ont fait rêver ou qui me sont redoutables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“J'adore les dédicaces sur les pages de garde et les notes dans les marges, j'aime ce sentiment de camaraderie qu'on éprouve à tourner, à lire les passages sur lesquels quelqu'un, disparu depuis longtemps, attire mon attention. (Hélène Hanff , Charing Cross Road). Walter Carloni, un fidèle, lointain et discret ami de jeunesse a annoté sur des dizaines de pages “Le Loup des Steppes” de Herman Hess que je lui ai laissé quelques années avant qu’il me retourne le livre. Des ratures enflammées au crayon , des surlignages revendicatifs, de délicates interrogations ou des acquiescements comblés. Aujourd’hui encore je parcours avec bonheur la lecture de sa lecture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  13:21   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;feeling&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;feeling &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Le graffiteur anglais parvient à mêler rupture et réflexion, poésie et hargne. Haine et tendresse. &lt;br /&gt;www.banksy.co.uk&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  11:50   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;jeudi, octobre 13, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Presque vingt minutes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a 184 pas à parcourir avant d’atteindre le chemin composé de près de 300 dalles de bétons de 7 à 8 pas chacunes. C’est un vieux calcul que j’ai fait il y a quelques années. J’ai donc parcouru tous ces pas pour l’aller et pour le retour, trois fois. afin de déposer les poubelles de la semaine et celles de la précédente, refusées par la grève. A l’issue de la première partie de mon troisième trajet, je me suis retrouvé nez à nez, sous la lampe au sodium, avec ma voisine d’en face, de l’extrème en face, qui doit au mieux parcourir deux cents pas avant d’atteindre le chemin composé donc de 300 dalles de béton de 7 à 8 pas. Nous sommes arrivés face à face avec nos deux sacs que nous avons déposé sur notre bord. Nous avons échangé, sans réellement voir nos visages, des phrases de convenance, d’humour et de société. Puis, elle est repartie, un peu fatiguée dans son peignoir clair. Je suis reparti, un peu fatigué dans mon pull trop large et dans les volutes de fumée d’un cigare à son terme. J’ai connu des passions qui naissaient avec moins que ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Caroline a appelé pendant 19 minutes et 23 secondes.&lt;br /&gt;Elle a raconté la difficile et délicate montée en puissance des exigences patronales, ses remue-méninges professionnels, ses pressions hiérarchiques et finalement son enthousiasme et sa fulgurance. Je serais toujours désarçonné par sa vitalité. Je me dis en même temps qu’il y a là pour elle,en permanence sans doute, matière à choisir, à prioriser. Deux enfants et une vie affective et familiale à construire encore, du temps à gérer, des instants à bien disperser pour que chacun y trouve son compte. Il se pourrait qu’elle doive compter sur une sagesse qu’elle n’a pas encore vu dans le fond de sa poche. L’en-cas, le quatre-heures. A moins qu’elle soit tellement sûre d’elle qu’elle nous fasse le coup du “pique-nique en novembre”. Ce qui, dans les couleurs de la saison et l’amour des autres, voudrait dire quelque chose comme “ regardez comme j’assure”. Elle en est foutue. Elle le fait. Bon Dieu, comme je l’aime.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  23:13   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mercredi, octobre 12, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hosto&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Commencée très tôt , la journée se termine très tard, avec la reprise de Cachou à St Anne. Dans les couloirs de la clinique et de la résidence on ne croise, en début de nuit, que du personnel soignant âgé. Cachou fait partie du personnel soignant âgé. Les plus jeunes déclinent le travail de nuit, cela les prive de leur vie de famille, de leurs enfants et de la Starac. Je n’ai pas respecté l’ordre de préférence. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’aime l’atmosphère des cliniques le nuit. Un silence disponible autorise les attentions les plus intimes. La lumière présente où il faut, éclaire l’espace ou l’estompe quand il le faut. On entend le bruit discret de la présence rassurante des machines, le bourdonnement léger de l’électricité, de l’électronique qui circulent en réseau, dans les câbles, sur et dans les boites, les pièces, les coins et les recoins. &lt;br /&gt;L’humain délègue à la technique le soin de... dans une clinique quoi de plus normal. &lt;br /&gt;Je garde en tête un livre dense, roublard et batailleur de Victoria Thérame sur le sujet, Hosto Blue, peut-être. Le titre n’est plus fidèle à ma mémoire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’odeur dans la clinique la nuit est absente ou au repos. Elle ne se faufile plus nulle part, elle reste en suspend. Le cas échéant, on l’évacue par de petites fenêtres ouvertes discrètement sur l’extérieur. Personne ne traîne dans les couloirs pour se plaindre de ces petites fenêtres ouvertes qui refroidissent les lieux. C’est ainsi que la douleur des gens s’estompe, libérée par de petits orifices. Il faut faire place à une nouvelle journée propre, pure et paisible qui suffira bien à la peine et à la douleur des gens. Les gens ne savent rien des tendresses du personnel soignant, sauf quand ils souffrent et se meurent, mais il est alors souvent trop tard pour le dire à qui que ce soit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:35   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mardi, octobre 11, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Semences&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes presque déjà au coeur de la nuit puisque dans le ciel, seule une fine ligne rouge mais intensément lumineuse subsiste, qu’elle est vouée à disparaître, étouffée par un amas de nuages inoffensifs dans quelques secondes. Voilà, c’est fait... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Encore quelques coloquintes et déjà des fleurs de tombes sur les bords de la place communale toujours paisible. Je shoote dans une canette de Jupiler vidée en hâte et secret maladroits par un gars que je devine aux limites de la dépendance et que je sens vulnérable mais qui me fait une belle sortie marxiste sur sa condition. Cela fait des siècles que je n’ai pas entendu un pêlot revendiquer avec tant de précision sa lutte désespérée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’immense tracteur arpente, tous feux allumés, le terrain débarrassé de ses betteraves et tamisé pour accueillir la semence. C’est pour ce soir, l’engin dépose en terre la graine. Amours industrielles. Mariage de raisons économiques urgentes. Il y a pendant quelques temps, un doux questionnement sur ce qui va pousser dans les semaines à venir. J’aime ce partage douloureux et ordonné entre la mécanique et la nature. Chacun y laissant du sien. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est la fin d’une journée que j’esperais rare et qui ne fut que vide de tout. J’ai une pensée pour Virginie dont le combat semble rude et pour Dervenn dont le silence m’inquiète. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:43   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lundi, octobre 10, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les maïs&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je m’accroche encore à la musique sereine de Chapman. Je m’accroche à toutes les petites choses de la vie. Je pense qu’accumuler au fil du temps les petites choses de la vie la rendent grande. Un terril de petites choses accumulées. Des objets inutiles, des rencontres inattendues ou improbables, des chapardages émotionnels souriants, des cambriolages amoureux désespérés, voilà ce qu’il nous faut partager et revendiquer. Je dîne seul sur le tard. La journée, commencée vers cinq heures, est enfin à son terme. Les maïs sont tombés dans les champs à gauche de la maison. Je l’écris à Virginie en lui précisant que l’hiver fait un pas encore vers nous. Demain, début d’un Rite à Mariembourg. La Place Marie de Hongrie a des airs de Provence quand le soleil la traverse et l’enrobe. Il fait bon y planter ses sens pendant quelques heures. Entre le fleuriste, la terrasse du bistrot et le terrain de basket-ball déserté, les gens vivent au rythme d’un pas qui leur est propre, ni pesant ni léger... Un pas vu pas pris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  23:14   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dimanche, octobre 09, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tracy Chapman&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les anges sont venus, ils ont virevolté et sont repartis. C’est le propre des anges d’agir ainsi, de se multiplier, se démultiplier et puis se reposer. Avant de dormir, Milo a hip-hoppé sur Jamie Cullum . Un beat du Bronx dans les quilles sur un ravalement de crooner. Grand, totalement indescriptible. Loulou a raconté la classe et les habitudes de la bande, les garçons qui en font trop, va savoir pourquoi et les filles qui les font marcher, va savoir pourquoi. Et puis Cachou a raconté l’histoire de Thimoty et Grand’Pa qu’on commence quand même à connaître. Puis on s’est endormi dans le bruit assourdissant de nos bisous. Quelque part dans la nuit, Loulou a senti ses jambes grandir et elle a dit “Ça me fait souffrir” et papy a massé doucement avec patience et douceur sa fine et longue jambe droite. Puis elle a dormi jusqu’à huit heures. On a mangé des fibres au chocolat avec Milo. Puis la journée a ressemblé à une musique de film, on ne la voit pas et on ne l’entend pas, elle passe. Et puis, les anges sont allés se perdre dans la ville pour cueillir des bazars et des choses, des machins et des joyaux rares... faire une provision d’inutile parfait et joyeux... Et puis les anges sont montés dans l’auto pour adieu et loin. Un pays à chier.... On ne peut pas dire à chier, Papy. Puis Papy a écouté, tout seul, Tracy Chapman qu’il venait d’enregistrer et ça lui a foutu le vrai cafard. Et le pire du plus beau restait à venir car sur l’oreiller bien tiré sur le lit ouvert dans sa chambre, Loulou avait laissé deux dessins pour lui, rien que pour lui, c’est écrit là : pour papy. Faut pas lui faire des coups comme ça à Papy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  18:17   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi, octobre 08, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Coloquintes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;stripey gourds &lt;br /&gt; Originally uploaded by jensect.&lt;br /&gt;Petit matin maussade. Je suis taquiné dès l’aube par une douleur dans les mollets. Douche brûlante comme chaque matin et la peau qui rétrécit pendant l’heure qui suit. Café et médocs. J’entends à la radio les analyses de la grève d’hier, je regarde ce qu’en disent les médias français.&lt;br /&gt;“ Principale cible des grévistes, la réforme à venir de la sécurité sociale et des retraites. Le gouvernement libéral-socialiste a engagé, il y a quelques semaines, une vaste concertation sur ces deux questions face à l'amenuisement continue de la population active (le taux d'emploi y est l'un des plus faibles d'Europe) en raison du vieillissement de la population et au coût d'un système de sécurité sociale réputé généreux.&lt;br /&gt;(Libération.fr)”.&lt;br /&gt;A la radio, les vieux monstres de la pop défilent de bonne heure. Déjà du gros lourd qui tache. Deep Purple, Alice Cooper. J’avoue que je m’accroche. Ça n’a pas fait que vieillir, ça a un peu pourri.&lt;br /&gt;Je lis le billet de Marc Ochinsky dans le Vif. Lennon sur les ondes.&lt;br /&gt;Le vieux pic vert, plus tôt qu’à son habitude sur le gazon. Il entame un vol circulaire lent et maladroit qui le fait passer entre deux peupliers, disparaître une petite minute et revenir par les sapins pour recommencer la même procédure alimentaire. Je fais le tour des amis. Dervenn en absence. De jonckeere toujours : “Anne et moi avons regardé attendris ces images et d’autres voisines dans le temps, toutes vieilles de deux ans, un chahut dans la pièce du bas entre Nathan et Julien, un réveil en famille au dessus de la librairie et quelques extraits aussi aux Rigaudières, les enfants sont tellement grandi, je crois que c’est ce que l’on se dit en général devant pareil spectacle ...” &lt;br /&gt;Atkinson : “ le ciel est parfaitement blanc &lt;br /&gt;je n'arrive pas à me défaire des considérations météorologiques et rentre dans la fraîcheur silencieuse avec délectation: le temps parfait pour lire des comics en buvant du café bien au chaud: il est tôt et pourtant : les petites lumières sont déjà allumées, la dépression délicate permet travail, contemplation et recueillement. Et cèpes, marrons, thé, crumble...” &lt;br /&gt;Rien sur le site de ma fille, occupée sans doute à de célestes désarrois.&lt;br /&gt;Lecture distraite d’un bref entretien paru dans les Inrocks de Jean-Philippe Toussaint. Il y parle de l’influence plus importante qu’il y a trente années des images qui nous submergent sur l’écriture. &lt;br /&gt;La brume se lève difficilement. Le jardin est bien affairé à son vain combat automnal. L’écureuil ( ils sont en fait deux à partager l’espace autour de la maison) transporte avant de les enterrer des provisions jaunes que j’ai du mal à identifier. Le rouleau rouillé attend que je le rentre dans le garage, les derniers outils utilisés s’appuient quelques jours encore contre le mur pas trop loin du balai de sorcière. Les poiriers sont complètement déshabillés déjà. Pas un fruit n’a été récolté. Quelques bûches attendent encore une éventuelle et tardive envie de barbecue. A vrai dire, je patiente comme je peux avant d’accueillir les petits. J’arpente les abords en me disant que bientôt, je peinerais à pousser la tondeuse, à vider l’herbe à l’avant du champs dans ce compost improvisé parfois fumant, toujours coloré.&lt;br /&gt;J’apprends à serrer dans la paume de ma main, au fond de ma poche, des petits objets familiers qui me sont signes de quiétude ou de réconfort, de promesses d’instants futurs paisibles et heureux. Je tripote ainsi, la tête d’un petit homme casqué en fonte, ce qui reste d’un crampon destiné à empêcher les volets de se rabattre sur les fenêtres. Dans le bureau, les fleurs en papier de soie rouge, souvenir du mariage de Caroline, pâlissent sous les assauts de deux années de soleil. Je ne m’en étais pas rendu compte mais la lumière efface en même temps qu’elle éclaire. Comme le temps d’ailleurs qui peut revendiquer pareilles fonctions et excès. Cachou a ramené des coloquintes de toutes les couleurs dorées de la saison. Elles sont disposées là où la lumière leur donne plus de présence, de volume et d’éclat. Les éboueurs, en grève hier, n’ont pas collecté les sacs de déchets. Je vais les reprendre au bord de la rue, accompagné sur le parcours par les brebis curieuses et bruyantes. La mousse en cette période humide envahit doucement le sentier lui donnant un air oriental lorsqu’il glisse sous les conifères. Le geai est évidemment catastrophé par ma présence au pied des arbres et il le fait savoir...&lt;br /&gt;Il faudrait pouvoir montrer le Rite ( mais au fait à qui et pourquoi ? Dans quel but particulier et précis ?) en le filmant sans le filmer réellement. Sans en faire un reportage mais plutôt un constat proche des pratiques du Dogme. Je prends des notes et fait quelques croquis pour supposer des plans utiles. Je relève la liste des personnes qu’on peut interroger sur le sujet et dans quel sens et avec quelles émotions ils sont capables de répondre. Je déjeune rapidement avec Cachou très énervée du trafic et de la foule qu’elle a rencontrés pendant ses courses ce matin, de charcuteries arrosées d’un bordeaux jeune et léger. J’avale quelques raisins blancs trop sucrés et trop petits à mon goût. Je peine à quitter la table, mes articulations me figent dans ces postures que je connais maintenant trop bien, préalables à la douleur sourde et donc au traitement inconfortable et pesant qui la suivra.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  13:37   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;vendredi, octobre 07, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La grève&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;boould(or &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Grève générale et nationale. Pour moi la grève restera toujours attachée à l’hiver 60-61. Au pied des deux terrils à l’arrière de la chaussée de Montignies, parcourus par les glaneuses. Nous jouions au football alors qu’au loin la foule grondait “Eyskens au poteau”, que les pétards explosaient et que la cavalerie chargeait. Trop tendre pour comprendre. Les cris, slogans et chants exaltés des grévistes ressemblaient tellement aux envolées bruyantes des supporters de l’Olympic et du Sporting lors des joutes du dimanche après-midi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  15:22   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;jeudi, octobre 06, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Gilly&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;IMG_9646 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;La journée est ensevelie sous un brouillard épais. La route vers Nivelles, un piège permanent et le combat pour sauver l’emploi des pêlots insouciants difficile et âpre. De neuf à quatorze heures pour défendre trois têtes de gosses, une panse de théoricien de l’insolence et une midinette. Cinq sur six sont provisoirement à quai. La seconde session commence lundi, plus facile sans doute mais celle-ci réserve encore sûrement quelques surprises.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n’y a désormais plus rien qui me conduira vers Gilly. La maison de Dorothée est vendue et avec son discret estompement du paysage s’écrit en pointillés la fin de nos souvenirs d’enfance. Avant de passer chez le notaire pour conclure l’affaire puisque Cachou récupérait de sa nuit de travail, j’ai traîné dans les rues proches du gazomètre et des quatre bras. Une promenade triste et lasse. Le quartier dans les années septante si prospère et ouvert, ne peut cacher son délabrement et sa peur. Les trottoirs sont envahis de touffes d’herbe et jonchés de papiers et d’ordures. Les vitrines sont abandonnées ou éventrées et les seuls commerces qui subsistent s’acharnent au discount, au rabais. Des gens, on ne dira rien ou alors peu tant ils sont effacés et résignés. Les jeunes sont gros et les vieux bas. Il y a sans doute de la mélancolie dans mon jugement ou de la désillusion auquel cas, il se pourrait que je sois quelque part en cause dans ce délabrement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cachou souffre beaucoup de ces instants de fin de quelque chose d’essentiel. Je ne lui suis guère d’une grande utilité tant ce qu’elle a vécu lui appartient, lui colle aux membres. Elle a dormi sur son vieux missel retrouvé dans les tiroirs du déménagement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Coup de fil vespéral de Didier. Mis au courant de l’avertissement qui me concerne, il a les mots d’un réconfort solide et sincère et donc forcément efficace.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les anges viennent dans deux jours! Vous entendez ? , les anges viennent dans deux jours !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:26   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mercredi, octobre 05, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On serait mercredi&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai laissé glisser dans un bain brûlant et réparateur les reliquats d’une journée remplie de fatigue mais aussi de sollicitations. Quatre rites ont été programmés pour les jours à venir et l’idée de consacrer un module d’humour et d’action à nos demandeurs d’emploi agite ce vieux pote Vincent qui croit comme moi qu’un peu de théâtre ne peut pas faire de mal à qui doit composer avec le discours pour s’en sortir. Je pense que la sympathie que Vincent me porte, et que je souhaite lui rendre simplement en toutes circonstances, lui vaut sans doute parfois d’être isolé voire déconsidéré dans sa démarche créative de mise à l’emploi. J’aime chez lui l’homme vulnérable et juste. Vulnérable pour lui et juste pour l’autre. J’aime, sans les connaître, ses deux enfants qu’il accroche à la vie comme on s’entête à planter des graines pour ouvrir un beau jardin. J’aime ses envies d’amour fou pour les femmes qu’il croise, j’aime que ses pêlots l’aiment sans mesure. Et qu’il les aime sans mesure. Et puis, il s’y connaît pour faire les meilleures soupes, rares et savoureuses et il peut chanter - wap doo wap- cent tubes d’affilée des années soixante en français et en anglais. Ce qui est rare et tellement wap doo wap évidemment. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:22   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mardi, octobre 04, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On serait mardi...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sylvia écrit la nuit en musique. J’ai toujours la crainte qu’elle renonce à ses confidences. J’aimerais acquérir cette sagesse face aux choses à faire simplement ou à dire tout aussi simplement en temps utiles. “Nous avons regardé ensemble de vieilles photos et elle m'en a données que je n'avais jamais vues de mon père, petit garçon et jeune homme. Elle est remontée dans ses souvenirs, dévoilant des aspects de mon père que malheureusement j'ignorais. Je ne sais pas où est passé ce jeune homme des photos, celui que j'aurais tant voulu connaître.”&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Stéphania a passé une heure à me dessiner le théâtre des jeux de rôles. Les libérables ou les justiciables. Les blacks, les browns, les yellows et l’arc en ciel des émigrés qui nous viennent. Je vais travailler avec elle sur les projets marginaux. Fin de parcours avec les plus jeunes.Carte jaune de la part de mes supérieurs pour non services rendus à un duo d’accompagnantes sociales en les “agressant” verbalement ( elles ont pleuré paraît-il) et en faisant de la rétention d’info... Je ne suis ni surpris ni déçu, ni ravi bien entendu. Il y a dans cette remontrance la mesure d’un fonctionnement qui sied à l’univers de l’insertion et de l’accompagnement. On s’accomode en grand(es) professionnel(les) d’un comportement immature et autoritariste sans mesure ni limite de la part d’un pelôt mais on refuse de partager les territoires de l’insolence quand ils sont balisés en dehors du champ de jeu. Ou plutôt dès que les clés de l’expérience sont dans la poche de quelqu’un d’autre à qui on n’a pas envie de dire qu’on en a besoin. Et que donc, l’éternel conflit des passeurs de savoir se répète. J’aime utiliser le mot branque qui n’est qu’un imbécile piémontais à l’origine, mais qui est devenu dans nos langues le maladroit, le demi-cougni, comme on dit en wallon. Celui qui a été fait à moitié. Sans doute suis-je à moitié fait. Seulement. Je revendique ce statut de branque, de demi-cougni, parce qu’il impose la violence de l’espoir et non la démission de l’espoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Véronique est aujourd’hui encore absente..&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Phil rencontre les élèves de la classe de Nathan. Il explique l’autisme de son gars. Je lui écris :&lt;br /&gt; J'écoute parce que je ne peux pas faire autrement. J'entends vos voix,&lt;br /&gt;celle de Anne et la vôtre; inconnues jusqu'ici. J'entends des enfants&lt;br /&gt;qui ne sont que des enfants. J'entends parler de lui, de ce qu'il est,&lt;br /&gt;ce qu'il faut faire ou essayer de faire ou envisager d'essayer de&lt;br /&gt;faire; J'entends l'appel aux parents. Je suis le grand-père de deux&lt;br /&gt;petits. Louise et Milo. Milo pense au bout de ses mains de quatre ans&lt;br /&gt;que Spiderman peut tout régler et Louise pleure parfois dans les bras&lt;br /&gt;de mon épouse et de moi-même la séparation de ses parents. J'aimerais&lt;br /&gt;vous convaincre que la quatrième personne qui encombre, perturbe,&lt;br /&gt;complique ou ralentit vos relations n'est que le temps. Rien d'autre&lt;br /&gt;que le temps. Je ne sais pas de quel droit je m'autorise ces remarques.&lt;br /&gt;Peut-être le même que celui qui vous pousse à parler de Nathan aux&lt;br /&gt;gosses et aux parents. Cette envie de rétrécir l'espace de séparation.&lt;br /&gt;Donc de rapprocher choses et gens, donc de serrer corps et âmes. Je&lt;br /&gt;voudrais encore un rayon de soleil dans vos regards. Un de plus. Il y&lt;br /&gt;en a tant déjà. Ceux que Nathan fait briller. &lt;br /&gt;Il me répond :&lt;br /&gt;Merci Jean Pol pour ces paroles aimables. J'ai peur que ce qui les motive&lt;br /&gt;est que vous sentiez dans les lignes du bloc-notes une manière de désespoir,&lt;br /&gt;ce n'est pas le cas, il y a de la rage à vaincre cette affaire surtout. Ce&lt;br /&gt;qui me pousse à rendre ceci public tient davantage d'un autre&lt;br /&gt;questionnement, c'est-à-dire, celui artistique qui consiste à faire son&lt;br /&gt;sujet du quotidien. Cela peut heurter, ce n'est cependant pas le but, la&lt;br /&gt;question du respect est chaque fois posée.&lt;br /&gt;Je lui réponds :&lt;br /&gt;Je n’ai pas l’impression d’avoir mal perçu votre démarche. Je la sens cette rage de vaincre. Il est tellement difficile de faire la juste part de son engagement quotidien. Souvenez-vous de votre texte sur l’impuissance face à l’accident prévisible de ce conducteur ivre. Nous sommes tous un peu paralysés devant ce qui détermine notre devenir et en même temps heureusement exaltés et débridés. Vous faites parfaitement ce qu’il convient de faire en le disant mot à mot. son par son, en corrigeant les émotions et les validant. Le partage créatif ne vient qu'entre mesure et démesure.&lt;br /&gt;Vous faites sans doute ce que j’ai échoué à faire. Donner à lire trois carnets de vie, des centaines de pages par crainte de me montrer tel quel, tel que naïvement et superbement pur et sincère donc.. Ce que vous êtes vous et les vôtres.&lt;br /&gt;J’ai bien du bonheur à vous connaître, à vous lire et relire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:08   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi, octobre 01, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Concert de Cologne&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;94156513@N00 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;S’appeler Marte Bonaparte et avoir vingt ans aux States. Ecrire que les deux premieres minutes trente du Concert de Cologne sont parfaites. De la pure poésie. Et puis ne plus rien savoir d’autre d’elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  20:13   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;E1064g &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Hier, dans la fin de la nuit, une écoute si loitaine et indulgente de ce pur instant de grande ferveur. Je veux me souvenir de ces minutes dont je dirais si j'osais qu'elles font comprendre les mathématiques et la douceur. Il y a tout dans l'éclosion progressive et patiente de ce morceau de soie douce.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  15:39   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se peut que d'ici, les habitudes ne soient que des morceaux de vie bien rangés dans une armoire dont on a pas gardé la clé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  13:29   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;11/01/2005 - 12/01/2005 09/01/2005 - 10/01/2005 Page d'accueil &lt;br /&gt; Inscription à :  Messages (Atom) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui êtes-vous ?&lt;br /&gt;Jean-Pol Lefebvre&lt;br /&gt;Afficher mon profil complet &lt;br /&gt;    &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Archive de blog&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    &lt;br /&gt;vendredi, septembre 30, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;parapluie&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier, j’ai conduit un Rite avec de futurs préparateurs de commandes pour une entreprise de Nivelles. Les onze garçons et les filles sont de bonnes volontés, conscients que c’est un passage obligé vers plus d’exigences. &lt;br /&gt;Parmi eux, un gamin taiseux a perdu son père et celui qui l’a remplacé dans le creux de sa mère n’est pas tendre avec lui. Pendant toute le session, il a caché son silence. Maintenant il faut. &lt;br /&gt;-Il m’a toujours rrrrrrrrrabaissé...Les mots sont longs et improbables... .il les cherche et ne les trouve pas...plus que le bégaiement, c’est l’astoc. Le butoir. &lt;br /&gt;-Je sais que je vvvvvvvvvais ddddevoir... il se met à suer, à grosses gouttes. &lt;br /&gt;-Monsieur, je ne vais pas vous mettre à l’emploi parce que vous bégayez... &lt;br /&gt;la sentence écrase le groupe, soudain silencieux, ahuri. &lt;br /&gt;-Vous m’avez bien compris, Monsieur, vous êtes trop vulnérable, vous êtes incapable de vous défendre. Je ne me demande pas si je vais trop loin, je sais que je vais réussir à venir plus près. &lt;br /&gt;- Monsieur, prouvez-moi que j’ai raison de vous engager... &lt;br /&gt;Et le garçon se met à parler, parce que je lui dis qu’il doit me regarder en face comme une belle montagne qu’il doit gravir. Et les mots viennent avec douceur et beauté. Et les phrases se construisent et le groupe a soudain envie de marcher à ses côtés Je dois me contrôler pour ne pas laisser submerger par son bonheur, sa fougue et sa volonté, par la merveilleuse douceur de sa voix. Je ne lui ai pas encore parlé de sa voix. Les unes pleurent et les autres écrasent d’un coup le banal d’une vie trop facile, trop futile. C’est tout, on se quitte pour se retrouver demain à l’usine. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Non, c’est pas tout, le gamin reprend le même train que moi....Il est là et il dit de sa belle voix : je voudrais vous dire merci parce que je crois que vous m’aimez... Je m’accroche à mon parapluie. C’est la seule chose à faire quand l’envolée est vertigineuse. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  20:21   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;jeudi, septembre 29, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Slow&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;F1000009 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Mets de la lenteur pour aborder une entreprise; mais le travail commencé, poursuis-le avec énergie.&lt;br /&gt;Bias (de Priène) Les penseurs grecs avant Socrate&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  19:19   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;DSC00189 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Les grands hommes ont toujours porté la barbe. Le grand schtroumpf est né avec une barbe sous son bonnet. La lutte des classes maternelle et primaire est restée dans la mémoire de Karl. Saint-Nicolas faisait croire à tout le monde qu’il existait sous sa barbe. Que dire de Nietzche ou de Bakounine, les camarades vitamines et de Dieu lui-même qui la portait en pointe. Je ne parle pas de Charlemagne qui la faisait parterre ou de Don quichotte qui, moustache et bouc dressés, fendait l’air. Les grands hommes ont toujours fièrement porté l’oeuvre et les petits ont toujours pensé que le savon rapprochait de la sagesse. A juste titre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  19:08   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mardi, septembre 27, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;femme_au_sourire&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;femme_au_sourire &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;J’ai parcouru votre blog dense et urbain en me disant que votre patience et votre tenacité compliquée par la vie sauvage et insousciante des enfants ne s’exprimerait que par accoups, par bribes. C’est l’inverse, il ronronne le moteur de votre travail; doucement, sans arrêt prévu et passage ravitaillement par le stand de l’inspiration.&lt;br /&gt;J’isole un de vos croquis, un signet. Une femme au sourire. Vous me l’autorisez j’espère (sources : Virginie Ducoulombier). Pour être plus concrètement dans votre sillage. Je vous lis maintenant. Un autre manière de me laisser happer par la vitesse de vos élans et leur parfaite mesure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  17:08   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Godinne&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je viens de lire vos pages du mois de septembre et je suis touchée, vraiment, par votre écriture qui me parle fort... Travaillée, forcément, car elle coule de source, c'est beau, c'est une musique qui fait du bien... C'est bon tous ces moments que vous décrivez, c'est comme une douce promenade le long d'un ruisseau, je ne me sens pas obligée de rester, je reste, les angles sont arrondis, adoucis, je peux me promener là en toute sécurité... C'est tout ça que j'ai ressentis à vous lire... Je pensais parcourir très vite, trop vite, survoler vos écrits car pas le temps... et puis non, je me suis arrêtée, j'ai lu et je me suis laissé conduire par votre main à votre rythme à vous et vous m'avez fait voir la vie à votre façon à vous, c'est vachement bien, merci!... C'est magique des découvertes comme ça!... &lt;br /&gt;En plus, Namur... est très proche de mon enfance à moi, et Godinne... de ma jeunesse ... &lt;br /&gt;A bientôt! &lt;br /&gt;Virginie &lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  16:26   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lundi, septembre 26, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;trajectoires&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sortir de la trajectoire. Aujourd’hui, j’ai vu un petit véhicule mordre l’accotement et glisser sans contrôle sur sa droite dans un petit carré d’herbes rases. &lt;br /&gt;Sortir de la trajectoire. J’ai lu les dernières lignes simples et détachées du journal de Sylvia. Il y a la maîtrise du temps dans ses patiences. &lt;br /&gt;Sortir de la trajectoire. J’ai regardé les photographies de James. Le Pays Noir avec des majuscules pour la nostalgie et l’histoire et le vent qui souffle au dessus des terrils. &lt;br /&gt;Sortir de la trajectoire. J’en ai voulu à Dervenn d’être une ombre dans le décor de la télévie des autres. &lt;br /&gt;Sortir de la trajectoire. Voilà ce qu’il reste à faire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, le vent frais a soufflé du nord pendant quelques heures. &lt;br /&gt;La fête de la Communauté, demain mardi, permet de prolonger le week-end de deux journées. J’ai consacré celle d’aujourd’hui à la rédaction d’un dossier consécutif à un appel à projet de la Fondation Léonardo Da Vinci. Tenter de valoriser le Rite pour une mise à l’emploi réussie dans les zones socialement et économiquement à la dérive. Je suis fatigué. Les mêmes mots toujours employés à l’identique pour convaincre les mêmes acteurs politiques. &lt;br /&gt;Aujourd’hui en fin de journée, le vent s’est tu. &lt;br /&gt;J’ai écouté les dix dernières chansons de Léonard Cohen et, comme souvent quand je suis las, les voix de choeurs baroques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  20:47   4 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;jeudi, septembre 22, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;anémones&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On arrache les betteraves à l’arrière de la maison. Huit ou neuf hectares tous visibles qui ne seront plus que boue si l’averse vient. Elle n’est pas attendue. Le lourd matériel s’active dans un boucan régulier, industriel. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toutes les jardinières se vident. Cachou est impitoyable pour chaque fleur fatiguée. Seuls subsistent quelques clématites apparues sur le tard le long de la gouttière, de grandes belles anémones blanches qui me dépassent en taille et quelques annuelles à la traîne et lasses. Les poires pourrissent sur les branches, renoncent et se laissent tomber dans l’allée. Les bégonias sèchent sans couleur sur leur branche. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’automne a commencé hier. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chauffage s’enclenche maintenant chaque jour à six heures. La vieille tuyauterie accueille la chaleur bruyamment. Depuis une dizaine de jours, nous dormons fenêtres closes. les grosses araignées remontent sans vergogne dans les éviers. Les mouches qui subsistent sont pataudes et vulnérables. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a revu Arte entre les branches des peupliers, les satellites sont au plus bas. La télévision a repris quelques forces et nous avons consentis deux fois trois heures de silence éveillé devant l’écran. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons dîné un risotto un peu terne en parlant de Freud et du rêve étrange qui a secoué mon épouse. Nous avons bu un bourgogne dans le soleil écrasé, en fuite. Nous avons constaté que Caro restait décidément secrète. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  16:51   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mercredi, septembre 21, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soleil&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cordier. Il n’est ni juge, ni flic. Plutôt de l’autre côté de la barrière. Il doit rentrer dans sa cellule pour dix-neuf heures. Quand le train s’arrête à la première voie, il lui reste une trentaine de minutes pour regagner son univers. Il va marcher pendant dix minutes. Il se reposera alors dix minutes encore dans le soleil bas et fuyant à l’arrière de l’hôtel Ibis. Seul contre un mur, en buvant avec mesure une dernière canette de bière avant d’appeler, sur le gsm, son épouse et lui dire - je ne sais trop comment- qu’il l’aime. Puis dans le noir, peut-être moins sombre bientôt de sa vie, il va s’endormir jusqu’à demain avant de reprendre le chemin de la gare à six heures trente et revenir suivre un cours d’informatique inutile à cent kilomètres d’ici, juste là où je travaille. Demain, on prévoit du soleil, de la lumière. &lt;br /&gt;- C’est essentiel pour moi la lumière, souvent elle me manque. Cela ne vous dérange pas que nous restions assis au soleil en attendant le train en retard. &lt;br /&gt;Bien vite, paisiblement installé à ses côtés, je me rends compte que la douce chaleur et la lumière de cette fin de journée du premier jour de l’automne me comblent d’un plaisir simple. &lt;br /&gt;-Je ne vous ennuie pas ? Il ne doit surtout pas attendre la réponse à la question. &lt;br /&gt;-Je ne peux pas vous parler de football, tout au plus de la pêche. Je ne sais même pas pourquoi pêcher me remplit de plaisir. &lt;br /&gt;Quand il part vers la rive du fleuve, il emporte toujours son secret comme une poignée d’ascicots. Il me dira dans les jours qui viennent la martingale qui le tient en vie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:48   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lundi, septembre 19, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;voix&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai perdu l’essentiel de ma voix pour quelques heures ou pour quelques jours. A cause d’un refroidissement peut-être ou d’un nouveau développement de la maladie. Reste un filet grave et éraillé qui racle entre deux quintes de toux le fond de ma gorge. J’aime cette voix rauque et douloureuse, comme si parler méritait un effort constant, pénible et en même temps jovial. J’aime le versant chaleureux de mes mots difficilement prononcés. Ces cassures de tons, ces brisures de souffles. Savoir qu’on ne peut plus chanter ni crier, qu’on est obligé de composer avec la douceur rugueuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:15   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi, septembre 17, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les femmes du train&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La petite douce aux yeux noisettes qui reprend sa voiture verte sur le parking. &lt;br /&gt;La mamy de Matéo, belle femme simple qui rit stupidement mais si bien des tirades machistes de ses collègues. &lt;br /&gt;La chiqueuse solitaire dont la bouche dit le dégoût de vivre, la solitude et tellement de méchanceté. &lt;br /&gt;Pincette, la soupireuse cassante déplacée sur terre, inconsciente de ses devoirs de sourire &lt;br /&gt;La petite ronde, enceinte que je croyais étudiante besogneuse. &lt;br /&gt;Agatha Christie, j’ai jamais pensé qu’il y en avait tant. &lt;br /&gt;La petite vive à la tête qui bouge qui descend à Lustin, sans un regard pour les autres. &lt;br /&gt;Tricote blonde sèche et raide d’un autre âge. &lt;br /&gt;La fonctionnaire noire du cabinet qui monte à Yvoir. &lt;br /&gt;la petite sexagénaire sexy de Godinne aux mille vestes et aux lamellés dorées. &lt;br /&gt;Rondelette de Godinne à la nuit difficile et sans sommeil. &lt;br /&gt;Josette qui ne travaille pas aujourd’hui. &lt;br /&gt;Bénédicte qu’on a plus vu depuis longtemps-comme-c’est-curieux &lt;br /&gt;La femme au sac en papier discret d’un magasin sélect. &lt;br /&gt;La femme aux deux sacs en plastic géants. &lt;br /&gt;La première femme du chemin de fer. &lt;br /&gt;La deuxième femme du chemin de fer. &lt;br /&gt;La femme de la poste ou du tri. Va savoir. &lt;br /&gt;La frisée sereine aux yeux tendres. &lt;br /&gt;La femme qui dort sur la tablette. &lt;br /&gt;La femme au short beige. &lt;br /&gt;La grande grise au parka bariolé. &lt;br /&gt;La blonde qui s’est coupé les cheveux et qui s’en veut. &lt;br /&gt;La blonde qui dort la main sur la bouche. &lt;br /&gt;La femme qui reste debout. &lt;br /&gt;La maman de Sharapova quadra au physique olympique. &lt;br /&gt;La sœur de Sharapova avec sa boutroule à l’air. &lt;br /&gt;La femme qui écoute la musique et qui lit Voici en chiquant. &lt;br /&gt;La femme qui s’habille comme les nouveau-nés, en rose ancien et blanc d’hier. &lt;br /&gt;La femme qui ne dit rien mais qui n’en pense pas moins. &lt;br /&gt;Blanche de Namur. &lt;br /&gt;La vieille femme toujours bronzée qui monte à Godinne. &lt;br /&gt;La femme toujours bronzée qui monte à Lustin. &lt;br /&gt;La femme qui garde les clés de sa voiture en main. &lt;br /&gt;La femme qui sourit aux anges. &lt;br /&gt;La femme que son homme conduit sur le quai. &lt;br /&gt;La femme-enfant à qui on ne peut donner d’âge et qui porte le violon de son fils. &lt;br /&gt;La belle femme sans âge austère qui corrige des équations. &lt;br /&gt;La petite à lunettes qui les cogne en buvant du fanta. &lt;br /&gt;La mère albanaise qui parle sa langue avec sa fille. &lt;br /&gt;La contrôleuse blonde des tickets. &lt;br /&gt;La hippie de Godinne et ses sandalettes en cuir &lt;br /&gt;Les femmes des premiers wagons de Jambes &lt;br /&gt;Régine de la compta des cinémas. &lt;br /&gt;Les quatre vendeuses italiennes de fringues. &lt;br /&gt;La grande femme blonde qui se plaint de tout si bien. &lt;br /&gt;Nez d’aigle qui boude toujours pour rien. &lt;br /&gt;Et puis d’autres entr'aperçues ou d’autres encore plus discrètes, plus rares que je me réjouis secrètement et tendrement de voir chaque matin parce qu’elles sont des étoiles filantes. Que c’est toujours merveilleux une étoile filante dans le jour naissant. Ça autorise l’aveu plutôt que les vœux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  11:21   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;jeudi, septembre 15, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paris&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;assise en tailleur sur le fauteil face a mon ecran d'ordinateur, je ne peux m'empecher de sourir en mastiquant mon chewing gum. &lt;br /&gt;vous etes incroyable! &lt;br /&gt;quel est l'interet de vous parler de ma saison. &lt;br /&gt;je suis les quatres saisons a moi toute seule!!!!! &lt;br /&gt;et pour repondre a votre question ,je me suis sentie blessée par les regards de ces fillettes pleine d'assurance et d'energie. j'ai eu peur d'elle.&lt;br /&gt;elles etaient pretes a prendre le dessus (que je ne voulais pas perdre) quand j'ai compris que je n'avais rien a leur enlever pour pouvoir moi exister. elles ont besoin de moi pour apprendre ce que je sais et j'ai besoin de leur fraicheur de leur vitalité. &lt;br /&gt;voila ce que j'ai compris alors le jour où.... je leur laisserai ma place sans en etre frustrée, consciente que mon bonheur sera ailleur. &lt;br /&gt;je suis sereine....aujourd'hui....peut etre pas demain!....mais ca c'est un combat que je veux bien mener. &lt;br /&gt;vous etes tellement discret! &lt;br /&gt;j'ai tellement peur d'etre sans interet(je ne cherche pas la flaterie en disant cela.) &lt;br /&gt;je vous embrasse &lt;br /&gt;prenez soin de vous &lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  23:18   2 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lustin&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai toujours préféré Lustin à Profondville, plus encore qu’à Rivière. C’est avec mon oncle Victor que j’ai imaginé pêcher en barque juste en aval de l’écluse qui n’avait pas l’apparence et la majesté qu’elle revendique aujourd’hui. C’était une écluse dont on ouvrait les vantelles à bras d’hommes. Nous vivions quelques jours de vacances ici dans une cabane de pêcheur sur la rive droite avec Adélia et ses pains perdus au sucre vanillé. Au pied du pont, la plaine de jeu laissait courir sur ses flancs une petite cascade qui descendait au fil des escaliers jusqu’au bord de la rive. A deux pas vers la gauche, en regardant le fleuve, on pouvait manger de grosses frites dans une espèce de garage aménagé en friterie-terrasse. A deux pas sur la droite, on sentait l’odeur des pommes qui cuisaient chez Confilux. Les trains roulaient sans fils au dessus de leur tête. La criée aux fraises se faisait sur le parking de la gare. L’air embaumait d’une merveilleuse douceur sucrée dans une couleur de champs de coquelicots. Sur la route quelques cafés (aujourd’hui des maisons de repos) vivaient de l’insousciance des touristes. C’étaient les congés de l’immédiat après-guerre, les premières voitures et les week-ends coquins et goguenards. On pouvait acheter des cartes postales avec vue du village pour témoigner d’un passage bienfaisant dans la région. On s’écrivait encore. J’ai vu mon premier orvet sur la route des crêtes et dans le dessus de la côte, les fougères envahissaient le paysage et le petit sentier en lisière de bois.&lt;br /&gt;J’ai regardé sans rien comprendre du drame qui se jouait, la barge qui transportait des enfants habillés en princes et princesses se retourner sous le pont et noyer les anges. Vingt ans plus tard, Robert Delieu est venu me raconter la douleur qui se cicatrise mal.&lt;br /&gt;J’ai passé un mois dans une colonie de vacances dans la maison juste en face de la gare. Celle qui enferme aujourd’hui des bégonias derrières des grilles bleues. C’était un ancien militaire qui commandait les enfants. J’ai en bouche encore la saveur du sirop dans les tartines des quatre-heures, la douceur des pommes de terres froides-légumes lors des soupers et le souvenir des files bruyantes pour la distribution de l’argent de poche et donc des bonbons qu’on pouvait s’acheter. J’étais amoureux d’Olga Thielemans, une bruxelloise d’au moins quatorze ans, la première fille à m’avoir fait le coup des larmes au robinet sur un courrier de rupture. J’étais comme un petit enfant de Souchon. Vulnérable et montré du doigt parce que sans papa et maman qui vivent ensembles. De l’autre côté du fleuve, à Profondville, alors que je ne la connaissais pas, Cachou échappait à la noyade après avoir glissé d’une barque dans le fleuve. Elle se souvient encore de la punition de Nestor.&lt;br /&gt;Quand, jeunes mariés, nous faisions la navette quotidienne entre Charleroi et Ciney, je confesse avoir asphyxié le moteur d’une deux-chevaux en confondant la troisième et la première vitesse dans la solide montée entre le passage à niveau et le haut du village. Ce qui nous valut de disposer d’un second moteur grâce à la garantie et de rouler ainsi deux années supplémentaires.&lt;br /&gt;Je crois qu’un village où l’on a embrassé une femme est un village inoubliable. Je crois qu’un village où l’on a été triste et heureux en même temps est un village que l’on porte dans son histoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  23:09   3 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dimanche, septembre 11, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les enfants&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;DSC00005 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Les enfants s’y prennent tellement mieux. Il y a dans les attitudes et les échanges la fulgurance de la confiance et la brillance des bonheurs futurs. Ils disent tout haut ce que leurs sens pensent tout bas. Les adultes eux doivent se dire je t’aime avant de se faire confiance. Ils disent tout bas, ce que leurs sens pensent tout haut.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  17:01             &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les hommes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier, quand le nuit est venue, les hommes sont allés se promener dans l’obscurité. Les hommes, ça marche toujours dans l’obscurité. Milo et papy ont marché dans la nuit profonde au moins jusqu’aux poiriers. Sous un ciel à quatre étoiles et dans un silence qui fait parler l’herbe mouillée. &lt;br /&gt;T’as pas peur papy ? Moi j’ai un petit peu peur et la main de mon homme est venue dans la mienne. Et puis après un si long moment mon homme s’est rassuré en disant je t’aime papy. En serrant fort ma main. Ça vaut la peine de faire des concessions comme ça quand on est un vrai homme.&lt;br /&gt;Hier, quand le nuit est venue, les hommes sont rentrés dans l’obscurité. Les hommes, ça complote toujours avec l’obscurité. Milo et papy ont marché dans la nuit profonde au moins des poiriers jusqu’ici. Sous un ciel à quatre étoiles et dans un silence qui fait parler l’herbe mouillée.&lt;br /&gt;Et puis ils ont raconté nimporte quoi. Qu’ils avaient vu un renard et des araignées lumineuses. Les hommes sont des enfants qui grandissent tout le temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  16:23   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi, septembre 10, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu sais&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle est grande comme Caro, belle comme Caro, elle a juste l’âge de Caro. Elle exerçait, il y a peu encore, au sein de l’institution des responsabilités qu’elle a abandonnées. Manque de compétences avance-t-elle pour justifier un moment de doute.&lt;br /&gt;Aujourd’hui, la langueur coule du nez et de ses yeux clairs. Elle se courbe, se plie depuis quelques mois sous le poids des épreuves et des craintes. Ceux qui sont partis autour d’elle, ceux qui doutent d’elle, elle qui doute d’elle, ça fait beaucoup de gens à oublier, à laisser sur le côté pour repartir. Ca patine, ça dérape ...&lt;br /&gt;Elle parle longtemps et doucement, avec retenue pour raconter ses démissions multiples et dérisoires, ses retraits, ses défaites, sans indulgence pour l’histoire qu’elle côtoie et qu’elle voudrait ne plus savoir sienne. Elle s’excuse en partant, pas fière du tableau. Elle vient déjà d’ oublier, parce qu’elle n’a plus la force d’écouter, ce que je lui ai promis et qu’il me faut répéter ici et qu’il me faudra répéter aussi dans les couloirs, dans son bureau, au réfectoire et sur le parking, sur outlook et sur ses mails :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma Belle, ma toute belle,&lt;br /&gt;Je sais que tu sais sourire et rire. Je l’ai vu et entendu. Je sais que tu sais marcher comme une libellule vole. J’ai vu ta grâce et ta légèreté. Je sais que tu sais parler, discourir, argumenter, négocier, convaincre. Je l’ai entendu cent fois en réunion ou ailleurs. Je sais que tu sais décider dans l’instant ou après réflexion, dans l’urgence ou la patience. J’ai partagé tes mesures ou tes sanctions. Je sais que tu sais grandir sans avoir besoin de talons hauts. Je t’ai vu immense. Je sais que tu connais la compassion et la fraternité, la solidarité et l’exigence. J’ai entendu tes conseils, tes reproches, toutes ces choses qui nettoient le cœur et le renforcent. Je sais que tu sais que les autres attendent tout de toi et qu’ils se trompent. Je sais que tu sais qu’il faut en donner beaucoup pour en récolter un peu. Je sais que tu sais que parfois on aime la mer, le vent, les hommes, les anges et que parfois on s’en passe. Je sais que tu sais que plus loin c’est pas forcément plus chaud, plus doux, plus sûr, plus facile. Je sais que tu sais qu’indulgence et compétence se tournent le dos au travail. Je sais que tu sais que l’ambition est légitime et motrice. Je sais que ton désordre n’est que l’ordre sans l’exercice du pouvoir. Je sais que tu sais que tu n’es pas que douce et tendre, vulnérable mais aussi dure et forte, battante. Je sais que tu sais que tu reviens de là où y a plus rien avec tout dans ton regard et tes mains. Je sais que tu remontes sur l’amont, vers la source, là où la rivière est plus étroite, plus fraîche, plus souple, plus vive, nouvelle de chaque averse. Je sais que tu deviens le début. Je sais que tu apprends à voler avant de vouloir courir. Je sais que c’est toi que je vois se déplier et s’élargir, se déployer et s’ouvrir, se donner. Je sais que je ne me trompe pas. Je sais que tu sais que je ne me trompe pas. Je sais que tu sais que ça y est. Fonce, ma belle, et surtout, t’occupe pas de moi si je me repose dans la côte... On t’attend de l’autre côté de la colline.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  16:38   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;scan20030726_235927 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Nous vivons dans un monde hyperfictif où on est tous potes (M. Dantec)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  09:21   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Envie ou pas&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peu d’envie, à vrai dire, d’écrire depuis quelques jours. Le travail (deux séances du Rite et deux autres encore à venir) a sérieusement conditionné toutes mes attitudes; Les difficultés de la communication quotidienne entre Adeline et moi n’arrangent rien à l’installation d’une paix intérieure. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Modérateur dans un débat d’un jour sur l’insertion des travailleurs étrangers dans l’entreprise, je suis bien obligé de livrer que dans l’industrie du bassin, si l’étranger n’est pas rejeté, les travailleurs des pays de l’est sont préférés aux nord-africains qui sont eux-mêmes choisis de préférence aux centrafricains. Le tout non pas sur des délits de faciès mais sur des attitudes comportementales et sociales. La fameuse nonchalance donc. La palabre ou une gestion du temps qui fait qu’être à l’heure, pour l’Africain, c’est arriver dans l’heure. &lt;br /&gt;En écoutant les intervenants me vient cette pensée. A propos de l’Islam dans nos régions. Pourquoi l’occident démocratique et généreux qui fait se décomposer une religion catholique à coup d’ouvertures sociales sur les champs du comportement ou de la tolérance ne parvient-il pas à condamner les mêmes travers qu’il combat ici dans l’Islam qu’il pourrait combattre là, pour les même raisons surtout qui l’ont fait se battre ici ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Envie de lire ( transmise par Pascale Haubruge dans Le Soir) le roman de Goliarda Sapienza, L’art de la joie. &lt;br /&gt;Petit bout du texte : Le mal réside dans les mots que la tradition a voulu absolus, dans les significations dénaturées que les mots continuent à revêtir. Le mot amour mentait, exactement comme le mot mort. Beaucoup de mots mentaient, ils mentaient presque tous. Voilà ce que je devais faire : étudier les mots exactement comme on étudie les plantes, les animaux ... et puis les nettoyer de la moisissure, les délivrer des incrustations de siècles de tradition, en inventer de nouveaux et surtout écarter pour ne plus m’en servir ceux que l’usage quotidien emploie avec le plus de fréquence, les plus pourris comme : sublime, devoir, tradition, abnégation, humilité, âme, pudeur, cœur, héroïsme, sentiment, piété, sacrifice, résignation. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  09:13   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;vendredi, septembre 02, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bonheur&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est un site d’une discretion parfaite. Je veux dire que chaque phrase qui y est inscrite absorbe la jachère de la vie. L’auteure est une femme d’un âge amical. Sans doute. Je la lis depuis des mois. J’ai l’impression de connaître sa demeure, sa rue, son quartier, de précéder ses déplacements. A vrai dire, de comprendre ses attentes simples et évidentes. Cette phrase, par exemple, pleine et lumineuse que personne n’écrira sauf elle. Cette phrase magnifiquement anodine et si parfaitement essentielle. “Une de nous, celle qui est habituellement la plus secrète, nous a assez timidement confié certaines vulnérabilités et quelques difficultés qu'elle connaît actuellement. J'ai beaucoup, beaucoup aimé l'attitude des autres. Je les regardais toutes trois et j'étais fière d'elles. Je pensais aussi à tous ces gens de ma vie, principalement à ceux auxquels je suis particulièrement attachée et je me sentais vraiment heureuse, vraiment riche. Je suis en vie et j'aime.”. &lt;br /&gt;C’estr une valse lente si douce au coeur. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:01   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;10/01/2005 - 11/01/2005 08/01/2005 - 09/01/2005 Page d'accueil &lt;br /&gt; Inscription à :  Messages (Atom) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui êtes-vous ?&lt;br /&gt;Jean-Pol Lefebvre&lt;br /&gt;Afficher mon profil complet &lt;br /&gt;    &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Archive de blog&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;samedi, août 27, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Saison&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;P1040008 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Les jours changent de lumière rapidement. Les fleurs échangent leur superbe contre quelques jours de répis avant le relachement automnal. Les peupliers vont être les premiers à se laver de leurs feuilles et de leurs fines branches mortes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  12:47   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lieu&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;P1040007 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Le bureau ordonné par un jovial bordel. Les hauts confières au dehors empêchent de voir la vallée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  12:40   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paris/danse&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À vingt ans, on danse au centre du monde. À trente, on erre dans le cercle. À cinquante, on marche sur la circonférence, évitant de regarder vers l'extérieur comme vers l'intérieur. Plus tard, c'est sans importance, privilège des enfants et des vieillards, on est invisible. &lt;br /&gt;Christian Bobin&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  11:37   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;trains&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les trains (pour me rendre au travail) sont encore vides. Juste quelques sièges de plus occupés entre Namur et Charleroi. Pas vraiment la rentrée encore. Les juste-back de vacances sont irrésistibles derrière la couverture d’ Interview ou des peoples . Ce matin, une des reines du bon chic “du bureau de la rame”, curieusement fagotée à la va-vite, a enlevé ses chaussures et s’est recroquevillée sur la banquette, parlant pour elle seule, terne, blanche, morte. Elle partage soudain avec elle-même, sans retenue la détresse d’une petite employée seule. Que son mec a laissé seule, qui a choisi de vivre seule, à qui la vie a imposé de vivre seule, qui court derrière sa propre solitude en lui parlant tout haut devant tout le monde qui s’en fout. Tout le monde qui est au bord du rire. Une femme désespérée qui fait rire, c’est d’une classe folle...une classe de train de banlieue. Une seconde classe. Je crois que nous ne méritons rien d’autre que ces images rudes et glacées dans nos statuts de journaliers sociaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les trains de la ligne sont maculés de tags, à l’extérieur comme à l’intérieur des wagons. A vrai dire , ce sont les plus inconfortables et les plus bruyants de tout le réseau. De Charleroi à Bruxelles, les dégradations sont permanentes, les sièges sales, les couloirs remplis de canettes. On y parle fort et vulgairement. Les petits groupes y sont nombreux et impudiques, les clans banalisent les lieux, conquièrent les banquettes, s’octroient des passe-droits corporatistes. Les autres ont trouvé refuge dans des oreillettes de mp3 ou dans John Irving. Ou dans des regards fuyants, des relâchements physiques qui tendent à l’amorphe, des absences feintes. Faire semblant de ne pas être là... quel destin pendant deux heures le matin et deux heures le soir. Être ailleurs, oui mais où ?&lt;br /&gt;Traitement ce midi et déjà la fatigue qui tombe anticipée et lourde. Le ciel est superbement dégagé. On promet quelques jours de lumière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  11:13   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi, août 20, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Août&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;scan20030726_233059 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Les anges sont dans l’autre famille. Il en va maintenant ainsi. Un aller-retour hebdomadaire. Un échange de bons procédés. Un pire que je peux, un mieux que je veux. Un échange de bons procédés donc.&lt;br /&gt;Les petites fioles de parfums ont été adjugées à Louise pour 3 euros. De quoi se faire un commerce lucratif en cas de revente. L’étal dressé dans la pelouse est désert maintenant, lavé par la pluie incessante. Milo a renoncé à vendre du potage. Pas de clients et pas, à vrai dire, de légumes pour la soupe.&lt;br /&gt;Ainsi racontée, la dernière journée du passage des petits à Sorinnes à quelque chose de surréaliste. On s’est embrassé avec la vigueur de tous nos sens. On s’est promis de se revoir très vite et de s’aimer à nouveau comme jamais et pour toujours. Je pense réellement, mes bébés, qu’on s’aime comme jamais et pour toujours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  15:15   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paris&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai le souvenir, un dimanche triste, sur le Quai d'Orsay, au début des années nonante, d'avoir croisé des humains venus de nulle part qui transportaient, avec mille précautions, d'énormes choux verts. Ils se dirigeaient dans une ville muette vers la maison de Gainsbourg. Hommage parisien et mondain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  11:45   2 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mercredi, août 17, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Landscape&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;HdV lezfebvre &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;une farde vieille de six ans . Collages et aquarelles. A l'epoque, le blog n'existait pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  20:33   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Atkinson&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a quelque chose d'infiniment précis dans les courtes descriptions de ces lieux visités sous la pluie par un couple dont elle est l'un de deux. Un mot, toujours discret, pour dire la limite palpable entre le crachin et la pluie, la langueur et la lenteur, la beauté et l'essence. Je lis son blog avec un réel sentiment d'apprendre sur les choses ce que les gens en font.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  17:44   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Gratin&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les petits sont ici pour trois jours. Ils reviennent d’Ardèche en belle forme physique. Milo s’assagit et passe désormais plus de temps à des occupations paisibles. Il écrit aussi à coup de grandes lettres droites et rouges. Milo écrit uniquement en couleurs. Vives de préférence. Hier avant de dormir, nous avons parlé de la vie avec Louise. Nous avons échangé des larmes, les miennes étant plus grosses que les siennes. Ce qui est très normal. Elle a des mots simples mais coupants pour parler de la séparation de ses parents. Ce soir, nous mangeons un gratin de pâtes aux carottes. De l’avis général, c’est encore et toujours le meilleur plat que Cachoux puisse proposer en fin d’une journée estivale comme celle-ci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  17:42   4 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dimanche, août 14, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Santé...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cinq jours difficiles, douloureux. Il me semble que je passe encore au travers de cette crise, une fois encore. Un jour, le traitement s’arretera là, net et ce sera la fuite vers plus rien. Les douleurs dans les genoux ont été plus tenaces. Cette période de mort douce s’apparente à la coulée continue- si chère à mes pêlots dans l’industrie, si présente encore à quelques mètres du bureau- dont le flux chaud, brillant et épais se transformerait dans mes veines en un lait pâle et tiède. J’ai froid depuis cinq jours. Aujourd’hui, j’ai tenu à peine une demi-heure à l’office de Chevetogne. Dehors le vent rappelait les premières feuilles à un rôle modeste, secouées mais bienheureuses puisqu’encore accrochées à l’arbre. Le cimetière du monastère a été nettoyé. Les buis taillés et les petites lanternes redressées et rangées.&lt;br /&gt;Je n’ai le besoin de rien et plus la force de sortir. Marcher me manque mais la force de me mettre en recherche d’un itinéraire tout autant. &lt;br /&gt;En relisant les pages de ce blog, je me rends compte des moments d’absence provoqués par la maladie et la douleur.&lt;br /&gt;Demain, il me faut profiter de cette dernière journée d’un congé qui ne fut qu’un long sommeil entrecoupé de réveils réguliers mais éphémères. Demain, selon le calendrier désormais ordinaire de mes traitements, les tensions devraient se relâcher et la douleur s’estomper.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:44             &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lundi, août 08, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Corps&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Votre blog, la simplicité des mots qui s'y écrivent (leur force aussi), les photographies absentes aux signes trop évidents donnent une idée assez précise du travail en cours. Manque la musique feutrée, glissée ou têtue des pas et des sauts sur le parquet. Le chant du souffle et d'autres bruits parasites ou attendus comme celui des cordes et des poulies... sans doute. Je vous suis de loin... &lt;br /&gt;9:44 PM &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;merci beaucoup...&lt;br /&gt;les sons de feutre, des feutres, et les souffles de dictaphones et autres respirations sont effectivement la bande originale qui pourrait s'imiscer...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:52   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;delvaux2 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:33   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un soir un train...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Courrier de la fille de André Delvaux à propos de sa bio. Me reste en mémoire la voix douce et raffinée de cet homme brillant. Me restent en mémoire ces mots prononcés au cours de l'année 1969, à l'Insas. L'homme y donnait un cours d'initiation aux techniques cinématographiques aux théâtreux que nous étions : "Le réalisateur qui doit expliquer son film a raté son film"...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:22   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paris&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'entre dans votre blog par mégarde, mais vous aviez ouvert sans le vouloir la porte du mien il y a quelques jours, Comme on entre dans un petit appart aménagé et désuet dans une demeure bourgeoise pas faite pour cette fonction. Je me doutais bien que je n'allais rien connaitre de ce qui fait votre univers. Même pas le nom des chanteurs sur les cd's par terre, même pas le nom des victuailles que vous grignottez. Enfin, ça sent pourtant bon chez vous... un mélange de parfums légers et de bonbons. Je voulais vous dire que j'étais passé...j'ai laissé pour vous, à côté du clavier, une tablette de chocolat belge. J'ai vu que vous aviez laissé trainer votre montre. C'est dommage, car c'est un modèle précieux, elle marque l'heure de demain. Elle vous serait d'une grande utilité pour agencer les bribes du temps à venir d'autant que ce modèle permet de se choisir des lendemains qui chantent. Vous avez beaucoup de chance. je me sauve. Merci encore d'avoir laissé la porte ouverte. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;6:32 AM, August 07, 2005 j'ai glaner quelque bribes de votre vie au fil de ma lecture, et oui vous avez raison je ne connais rien de votre univers et pourtant....&lt;br /&gt;j'ai,de loin, entrevu votre quete et il m'a semblé la reconnaitre.&lt;br /&gt;Sur la porte de mon appartement parallele il n'y a pas de clef, et meme si la lumiere n'est pas allumée n'hesitez surtout pas a y entrer.&lt;br /&gt;PS j'ai beaucoup aimé le roman de louise. &lt;br /&gt;2:00 AM &lt;br /&gt;merci pour la barre chocolatée...&lt;br /&gt;J'ADORE LE CHOCOLAT!!!&lt;br /&gt;Quant a la montre je la croyais cassée merci de l'avoir reparée....&lt;br /&gt;j'ai deposé pour vous a coté du clavier une pitite bougie parfumée lavande, angelique et fleur d'oranger.... &lt;br /&gt;2:13 AM &lt;br /&gt;il est 11h47 a Paris &lt;br /&gt;Un grand merci au pitit ange du web qui a retrouvé et réparé la montre que j'avais piétinée.&lt;br /&gt;Je parlais hier de mon impatience a retourner travailler.&lt;br /&gt;Pourtant que de soucis depuis mon arrivée dans cet endroit !&lt;br /&gt;Ne parlons pas des conditions de travail desastreuses, ni de la mediocrité du spectacle présenté. J'avais accepté tous ces points.&lt;br /&gt;Mais j'ai du affronter la pression morale, les rumeurs, les actes mesquins, le mensonge... Les etres humains font parfois preuve de tellement de bassesses.&lt;br /&gt;La victimisation m'exaspere meme si parfois j'ai tendance a m'y adonner et je ne veux en aucun cas m'apitoyer en disant tout cela.&lt;br /&gt;Non aujourd'hui je voulais simplement dire qu'après quatre ans de bons et loyaux services dans cette boite, on reconnait enfin mes qualités professionnelles&lt;br /&gt;et la c'est limite orgasmique!&lt;br /&gt;On me demande mon aide, on reconnait que j'ai un oeil experimenté, ainsi que du talent..&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:08   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi, août 06, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Petite rentrée&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Semaine de rentrée paisible mais besogneuse. La Mirec délaissée par la quasi totalité de son personnel devient un lieu propice au travail. Moins de frottement thermodynamiques dans les couloirs et dans les bureaux et donc une énergie plus fluide et plus utile. Les pêlots sont en vacances aussi. Juste deux messages de gars devenus chauffeurs de taxi qui me remercient et l'étreinte reconnaissante et sincère de Mohamed, heureux chez Bemis. Ces marques de tendresse et d'amitié nouvelle sont sans doute un des petits bonheurs du métier. je suis seul dans le bureau (pour combien de temps ?). Une situation qui me ravit; elle aussi propice au travail et à la concentration.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  14:26   2 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;vendredi, août 05, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Esperanzah!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec le H et le point d'exclamation. J'ai une pensée tendre, émue et sincèrement attachée au festival de Floreffe. Il sera un de mes plus beaux rêves éveillés. Je suis persuadé que les gamins vont y arriver. Il leur faudra galèrer dans des eaux troubles mais quel bonheur de voir la gueule de pablo plus jeune et déterminé qu'avant (il y a quatre ans) devant l'ampleur de la tâche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  19:53             &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;09/01/2005 - 10/01/2005 07/01/2005 - 08/01/2005 Page d'accueil &lt;br /&gt; Inscription à :  Messages (Atom) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui êtes-vous ?&lt;br /&gt;Jean-Pol Lefebvre&lt;br /&gt;Afficher mon profil complet &lt;br /&gt;    &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Archive de blog&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dimanche, juillet 31, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;hic&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Boire au corps vivant. Un texte déniché sur la toile de George Picard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne m’est jamais arrivé de croire que l’ivresse soit un moyen de combattre l’ennui pour la raison que je ne m’ennuie guère, très peu souvent et jamais longtemps. Mais que l’ivresse soit plus un moyen qu’une fin n’est pas absolument prouvé. On peut avoir envie de s’enivrer sans véritable raison, ou pour la raison légère de se sentir léger. Boire procure une illusion éphémère qui n’est pas sans agrément. Mais peut-être y a-t-il quand même autre chose de plus dans ce désir d’étourdissement. Je ne suis pas du genre à rouler sous la table, ni même à picoler très souvent. Trop boire tue la soif et anesthésie les sensations fines. &lt;br /&gt;    Mauvais chemin. Il faut plutôt se mettre en disposition et s’arrêter très vite en évitant les alcools forts qui abrutissent*. Un verre de bon vin a ma préférence. J’affirme qu’il est d’une grande conséquence de ne s’enivrer qu’à un moment choisi, après s’être débarrassé de ses soucis car, à les prendre avec soi, on est à peu près sûr de les excéder jusqu’au pessimisme. Mieux vaut s’enivrer quand on est heureux ; la tristesse déteint partout et décolore tout. Le vin triste est une malédiction. L’ivresse permanente aussi, je le soutiens contre Baudelaire et son comminatoire : « Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question ». Certes, il précise que l’on peut s’enivrer « de vin, de poésie ou de vertu, à votre guise » – mais l’ivresse permanente, même l’ivresse de poésie, est soûlante à la longue. Je prends le contre-pied de cette curieuse hygiène existentielle, d’un romantisme quelque peu exalté, qui conduirait, si on pouvait l’appliquer, à une espèce de folie monotone et vite retombante. L’idée serait plutôt de s’enivrer rarement pour conserver de la fraîcheur aux sensations aériennes et colorées que procure une ivresse maîtrisée. Ce n’est pas tout à fait un art, ni même une technique ; c’est presque déjà une esthétique. Peut-être suffirait-il de s’enivrer dix fois dans sa vie, à condition de préparer ces expériences et d’en exploiter ensuite intensément le souvenir. L’époque ne nous y prépare guère qui nous voue au quantitatif, à la répétition boulimique et morose de la consommation réplétive. S’enivrer : vous voulez dire se soûler, se beurrer, se torcher ? Qui croit que se cuiter étanchera jamais une certaine soif peut cuver sans moi. Non que je sois moi-même toujours capable d’une telle économie vitale : je ne peux qu’envier les vrais épicuriens, puristes du plaisir mesuré. Comme la majorité des gens, sans doute, je goûte mal à la vie, faute d’un clair parti pris. Quand on ne peut contraindre ses appétits, au moins devrait-on avoir la ressource de les déchaîner à la façon rabelaisienne, buvant « pour la soif advenir et éternellement ». Au lieu de quoi, nous buvons la plupart du temps sans authenticité ni conscience, rarement à la bonne mesure. Comment tirer philosophie de ce train médiocre ? Si les Dieux n’ont plus soif, c’est que nos libations ne les sollicitent plus. Les dieux antiques s’enivraient pour exalter le lyrisme surnaturel de leur état. En contrepartie, les hommes s’enivraient pour glorifier les dieux et participer à la griserie dionysiaque de la Création. C’était le temps héroïque des ivresses magiques. Dans un monde matérialiste, l’hydromel est un breuvage de dupe. Quant au sang du Seigneur, il y a belle lurette qu’il n’irrigue plus que les esprits complaisants envers un sacré de routine. Même la dive bouteille provoque des aigreurs aux derniers fidèles de Bacchus. Boire a été rabaissé à un acte social et économique, provoquant des injonctions hygiéniques dont le but déclaré est la préservation de l’équilibre budgétaire de la Sécu. Pour le dire clairement, je me fous de la santé publique. Cette santé-là n’est qu’une affaire de statistiques pour laquelle les corps ont la minceur d’unités arithmétiques. Je préfère boire au corps vivant, chaud, frissonnant, éphémère, singulier. Le sacré, c’est la réalité de ce corps qui passe - si présent et bientôt éternellement absent. Je n’en vois pas d’autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  09:24   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;jeudi, juillet 28, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je veux vous dire.&lt;br /&gt;Si je devais partir brutalement demain, ne pleurez pas pour moi. J'aurai fait ce que je voulais faire, vécu plus que ce que la vie m'avait réservé. J'aurai été une femme heureuse, malgré les moments de doute et de détresse j'aurai été ce que j'avais fait de moi et j'aurai aimé ce que j'étais. Je n'aurai pas nourri de regrets. J'aurai aimé, oh tellement aimé... et j'aurai reçu plus d'amour qu'il n'est permis. &lt;br /&gt;Alors non, ne versez pas de larmes sur ce qui aurait pu être. Célébrez, souriez, vivez comme j'aurai vécu. Le deuil n'entre pas dans la maison du poète.&lt;br /&gt;Quelques mots trouvés dont l'auteure est restée discrète.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  13:44   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mercredi, juillet 27, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bios&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le travail d'écriture se termine doucement. A ce jour près de 80 bios sont terminées; Certaines me semblent inconciliables avec le projet de par la personalité même des acteurs. Enfin.&lt;br /&gt;Je feuillette Belle du seigneur et surtout Mémoires d'Hadrien. je plonge avec bonheur dans ces mots du plein exercice et de la patience. Je vole une petite citation et voilà pour ce jour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  15:36   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;jeudi, juillet 21, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;21 juillet...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;21 juillet 1969...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’avais passé la journée à Liège. Parti très tôt le matin de Charleroi pour la retrouver. Ma Christine, ma petite douce. Elle passait son temps entre le Sart-Tilman, où elle résidait et le centre de la ville où se donnaient les cours. Elle serait pharmacienne dans quelques temps. Pendant le week-end, la ville était presque déserte et j’avais deviné la confirmation de la victoire finale d’Eddy Merckx au Tour de France, au travers de la retransmission muette dans la vitrine d’un vendeur de téléviseurs de la rue des Guillemins. La fière Belgique, vélocipédique et sociale, renvoyait aux exploits du cycliste une gratitude palpable.&lt;br /&gt;J’avais embrassé mille fois celle qui devenait doucement mon épouse au millieu du Parc d’Avroy avant de reprendre au milieu de la nuit, le train vers Charleroi. Paulina, la tendre, m’attendait à l’autre bout de la ligne. Une mère de tendresse et de douce compréhension. Un steack épais et grésillant avalé ensembles pour tenir encore. Le quartier de l’Europe, le Chant des Oiseaux, à Chatelineau ne dort pas. Armstrong vient comme le père Noël. Il y a un soudain moment de magie lorque je découvre tous les halos noirs et blancs (donc gris) aux façades des maisons. Nous sommes donc bien des milliers, voire des milions à chercher la lune et à la trouver. Je rentre pour ne rien perdre du spectacle. J’ai parfaitement conscience de vivre un moment unique et historique. Parfaitement exceptionnel. . Découvrez ce que les autres en disent en cliquant sur “comment” ici en dessous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  12:46   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mercredi, juillet 20, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fête Nationale&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;PICT5166 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Nicolas Hoizey.&lt;br /&gt;Je me réjouis à l'idée de conduire Milo, demain, près de la collégiale pour assister au feu d'artifice. L'an dernier, "grand guerrier" s'était caché, bousculé par le bruit des fusées dans l'étroite vallée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  12:56   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lundi, juillet 18, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mensonges&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un long article du monde (appuyer sur comment ci-dessous pour lire)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  12:34   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;jeudi, juillet 14, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Totems&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;julos2 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Les textes à écrire sur Julos me laissent glisser dans une douce nostalgie. Ma loulou et tous les mots d'une tendresse revendiquée malgré la douleur. Lettre d'adieu insensée pour l'époque. La sublime poésie de la vie banale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:27   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bonbon&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Entre la bio de Charlemagne, celle de julos et celle de Vandervelde, je me prends un instant de détente. A la télé, un documentaire sur la tournée de Birkin "Arabesque". Un petit film qui se monte au fur et à mesure d'une tournée. Là, pendant quelques secondes, un cadeau. Elle, le public du Châtelet et moi, au bord des larmes, nous chantons ensembles doucement "La Javanaise". Le film s'arrête juste après la séquence... c'est un ravissement d'après-midi d'été.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  17:28   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mercredi, juillet 13, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;soeur sourire&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;soeur_sourire_01 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;L'article est signe Ghislain Debailleul, en date de mai 2005. Il y a si peu de temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:30   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le travail de biographie à réaliser pour l'exposition de Beloeil m'oblige à écrire sur Soeur Sourire dont j'ai topujours en mémoire le Dominique nique nique. Je peine à trouver sur internet une bio crédible jusqu'à ce que j'arrête ma recherche sur ces lignes douloureuses : Jeannine Deckers, le véritable nom de Soeur Sourire, est née le 19 octobre 1933 à Bruxelles. Son père, Lucien Deckers, est pâtissier et sa mère, Gabrielle Denis, est la fille de commerçants aisés. Jusqu'à l'âge de 13 ans elle vit avec ses parents et sa soeur cadette rue de Laeken à deux pas de la Place de Brouckère. En 1946, toute la famille déménage pour gagner Woluwe-Saint-Lambert, une commune bruxelloise plus cossue pour tenir une pâtisserie et un salon de dégustation. La future religieuse est une bonne élève au caractère indépendant. Elle entre dans les Guides, un mouvement de jeunesse catholique où elle recoit le surnom d'Ourson concentré. &lt;br /&gt;A l'issue de ses études secondaires, elle entre à l'école normale pour devenir en 1953 professeur de dessin. De 1954 à 1959 elle enseigne le dessin et joue de la guitare tout en suivant des cours dans un institut supérieur d'architecture. &lt;br /&gt;En septembre 1959 elle décide de tenter l'expérience monniale au couvent de Fichermont près de Waterloo. En mai 1960 elle revêt les habits de dominicaine. Elle restera attachée au couvent dominicain de Fichermont de septembre 1959 à juillet 1966. &lt;br /&gt;Le 24 octobre 1961 elle entre dans les studio de la grande firme de disque Philips pour enregistrer un premier 45 tours. Début 1962 le disque sort et connaît immédiatement un succès considérable. La chanson Dominique restera numéro un durant quatre semaines et dix semaines en tête des hit-parades des albums ! &lt;br /&gt;Le 21 juin 1963, Soeur Luc-Gabriel, son véritable nom chez les dominicaines, prononce des voeux provisoires pour une période de 3 ans. Elle suit des cours de sciences religieuses à l'Université de Louvain. A la mi-décembre 1964 elle retrouve Annie Pecher, une amie d'adolescence, qui ne la quittera plus jusqu'à leur fin commune tragique. Le 20 juin 1965 elle renouvelle ses voeux au couvent de Fichermont. En 1966, les Etats-Unis décide d'exploiter le succès considérable de Soeur Sourire en lui consacrant un film The Singing Nun avec l'aval des autorités religieuses belges. Comme le voulait la règle monacale, Soeur Luc-Gabriel reverse la totalité de ses gains à l'Ordre des Dominicains qui les utilisa pour ses oeuvres. En juillet 1966, Jeaninne Deckers signe une série de documents que lui proposent sa Mère Supérieure et l'avocat-conseil du couvent. Ces documents seront à l'origine des énormes problèmes que connaîtra la nomme chantante car elle y renonce au surnom de Soeur Sourire et conforte le flou qui règne dans la perception des droits sur ses chansons. Elle quitte le couvent et le couvent rompt le contrat avec la firme Philips.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 21 mars 1967 Jeaninnne Deckers se libère officiellement de son ordre, elle n'est pas strictement parlant une nonne défroquée car elle n'a jamais prononcé de voeux définitifs. Elle prend alors le nom de Luc-Dominique pour continuer son apostolat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1967 elle provoque un mini-scandale en composant et en chantant La pillule d'or pour défendre la contraception. En juin de la même année elle fait une tournée au Québec qui rencontre un franc succès mais est victime d'un impressario peu scrupuleux. Les doutes quant à sa foi et les nombreuses épreuves qu'elle doit affronter conduisent Luc-Dominique à une grave, longue et profonde dépression.&lt;br /&gt;Elle suit des séances d'assistance pscychologiques à répétition. Les années 70 et 71 restent des périodes médiatiques avec une interview par Philippe Bouvard et un passage en télévision en compagnie de Nino Ferrer. En mai 1973 elle suit un recyclage religieux à la côte belge. 1974 est une année noire pour Soeur Sourire qui reçoit du courrier du receveur des impôts qui lui réclame des sommes considérables en guise d'arriérés. De plus en plus fréquemment Jeaninne Deckers fait appel à des coktails de médicaments mélangés à de l'alcool, les périodes d'euphorie succèdent aux périodes de dépression avec une fréquence alarmante. Elle évoque à de nombreuses reprises des idées de suicide dans son journal intime. En 1976 elle fait appel aux techniques du Docteur Tomatis et à sa fameuse oreille électronique pour signer son état pscychologique fragile. Les problèmes d'argent et les relations conflictuelles avec le fisc marqueront les dernières années de sa vie. L'appartement du dernier étage des Verts Horizons à Wavre dans le Brabant Wallon abrite Jeannine Deckers et Anne Pecher pour des périodes de plus en plus sombres.&lt;br /&gt;Complètement désespérées les deux amies décident de mettre fin à leurs jours. La police locale retrouvera autour des 2 corps des lettres d'adieu, dans un coin reposent Adèle la première guitare de la nonne chantante et une autre offerte autrefois par Georges Brassens. Suivant leurs ultimes volontés, Jeannine Deckers et Annie Pecher sont enterrée ensembles au cimetière de Wavre après une messe dans la chapelle du monastère Saint-André de Clerlande à Ottignies. La mort de Soeur Sourire est annoncée aux médias le lundi 1er avril 1985. Une fin qui laisse songeur si l'on pense que Soeur Sourire meurt dans le denuement le plus complet alors que l'ensemble de sa carrière a généré des gains pour environ 2,5 millions d'euros !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:17   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lundi, juillet 11, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;SREBRENICA, Bosnie - Des rescapés du massacre de Srebrenica sont revenus sur le lieu de la pire atrocité commise en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale pour réinhumer une partie des 8.000 Musulmans tués par des soldats bosno-serbes puis jetés dans des fosses communes, en juillet 1995.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vivants et morts convergent vers cette ville de l'est de la Bosnie où se tiendra lundi une cérémonie marquant le dixième anniversaire de ce massacre, en présence d'environ 50.000 personnes dont Richard Holbrooke. L'ancien émissaire américain dans les Balkans a été l'un des artisans des accords de paix de Dayton, qui avaient mis fin en 1995 à la guerre en Bosnie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Samedi, des cercueils recouverts d'un drapeau vert - couleur de l'islam - et contenant les corps de 610 Musulmans massacrés à Srebrenica ont été portés dans les rues de Sarajevo, sous les yeux d'une foule bosniaque recueillie. Ces victimes doivent être réinhumées lundi dans des tombes individuelles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des femmes déversent déjà leurs pleurs sur les tombes du cimetière de Srebrenica, surmontées chacune par une plaque de bois vert frappée d'un numéro.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux mille victimes dont les corps ont été retrouvés dans des fosses communes ont déjà eu droit à un enterrement en bonne et due forme, mais 7.000 sacs contenant des corps doivent encore être analysés et il reste à fouiller une vingtaine de fosses communes. Une fosse récemment découverte doit être présentée au public lundi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autre moment fort de ces commémorations, depuis vendredi, un demi-millier de rescapés du massacre parcourent les collines de l'est de la Bosnie, reproduisant, par une marche commémorative de 73 km, la fuite éperdue qui leur avait permis de survivre aux forces séparatistes serbes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:19   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;journée de soleil&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Belle et bonne journée. Le soleil a guidé les fleurs vers l'ouverture. Passé la journée à rédiger des biographies. Dix utiles et une superflue. A cette heure de la presque nuit, le vent s'est levé. Les jours qui viennent devraient être chauds mais secs.&lt;br /&gt;Baekeland, Gramme, Adamo pour dire la Belgique qui gagne. Mais aussi Cordy et Fabian pour dire la Belgique qui triche. Aujourd'hui, tristesse de l'enclave. A la lisière, à la tache, à l'attache de la Serbie et de la Bosnie. Qui se souvient de ces marques vieilles et douloureuses de dix ans d'âge déjà ? Une première page de Libération.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:02   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dimanche, juillet 10, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Metta Sutta est un des textes les plus récités dans la tradition du bouddhisme vipassana&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Longue et belle journée de respiration lente. Vers vingt-deux heures, le dernier merle se tait. souriant sans doute.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:44   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sage&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voici ce qui doit être accompli par celui qui est sage, &lt;br /&gt;Qui recherche le bien et a obtenu la paix. &lt;br /&gt;Qu’il soit appliqué, droit, parfaitement droit, &lt;br /&gt;Sincère, humble, doux, sans orgueil, &lt;br /&gt;content de toutes choses et joyeux. &lt;br /&gt;Qu’il ne se laisse pas submerger par les soins du monde, &lt;br /&gt;qu’il ne se charge pas du fardeau des richesses. &lt;br /&gt;Que ses sens soient maîtrisés, &lt;br /&gt;qu’il soit sage sans être hautain, &lt;br /&gt;et ne convoite pas des biens de famille. &lt;br /&gt;Qu’il ne fasse rien qui soit mesquin &lt;br /&gt;et que les sages puissent reprouver. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que tous les êtres soient heureux. &lt;br /&gt;Qu’ils soient en joie et en sûreté. &lt;br /&gt;Toute chose qui est vivante, faible ou forte, élevée &lt;br /&gt;Moyenne ou basse, petite ou grande, visible ou invisible, &lt;br /&gt;Près ou loin, née ou à naître, &lt;br /&gt;Que tous ces êtres soient heureux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que nul ne déçoive un autre ni ne méprise aucun être &lt;br /&gt;Si peu que ce soi t. &lt;br /&gt;Que nul, par colère ou par haine, ne souhaite du mal à un autre . &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi qu’une mère au péril de sa vie, &lt;br /&gt;surveille et protège son unique enfant, &lt;br /&gt;Ainsi, avec un esprit sans entrave &lt;br /&gt;doit-on chérir toute chose vivante, &lt;br /&gt;aimer le monde en son entier, &lt;br /&gt;Au dessus, au dessous, et tout autour, sans limitation &lt;br /&gt;Avec une bonté bienveillante et infinie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Etant debout ou marchant, étant assis ou couché, &lt;br /&gt;tant que l’on est éveillé, on doit cultiver la pensée &lt;br /&gt;que cela est la manière de vivre la meilleure du monde. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Abandonnant les discussions oiseuses, &lt;br /&gt;ayant la vision intérieure profonde, &lt;br /&gt;débarrassé des appétits des sens, &lt;br /&gt;Celui qui s’est perfectionné &lt;br /&gt;ne connaîtra plus les renaissances.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:40   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;vendredi, juillet 08, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lieu de silence&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;scan20030726_233905 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;sur la hauteur de la cite. A quelques pas du fleuve, dans le dos du quartier commerçant. En contrebas de la vieille ville, sur les marches de l'esplanade. Loin et ici, dans un silence d'absence et de chaleur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  18:05   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Saramago&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certains sons inarticulés qui nous sortent parfois involontairement de la bouche ne sont en vérité que les gémissements irrépressibles d'une douleur ancienne qui se rappelle soudain à nous, à l'instar d'une cicatrice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  11:53   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'image date de quelques années.( 2000 peut-être). Les couleurs sont le résultat de la lente dégradation des pigments dans l’eau qui a servi pour d’autres couleurs. Au fil du temps, les résidus deviennent non seulement ternes mais virent au brun et au vert sales. Ils se densifient et les dépots rendent une matière- de la matière- qui s’exprime sur la feuille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  11:32   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dancing time&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;scan20030727_001959 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  11:28   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mercredi, juillet 06, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Holidays&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le traitement agit enfin, les gosses sont à la maison pour quelques jours. je travaille par ailleurs sur la liste de Monoye. Aujourd'hui, nous avons travaillé au premier roman de Louise. (on peut le lire intégralement en cliquant sur comment)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  17:51   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;rust&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;rust &lt;br /&gt; Originally uploaded by Idio Lector.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  17:43   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;08/01/2005 - 09/01/2005 06/01/2005 - 07/01/2005 Page d'accueil &lt;br /&gt; Inscription à :  Messages (Atom) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui êtes-vous ?&lt;br /&gt;Jean-Pol Lefebvre&lt;br /&gt;Afficher mon profil complet &lt;br /&gt;    &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Archive de blog&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;mercredi, juin 22, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Wimbledon&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Justine est sortie dès le premier tour du tournoi de tennis. Il y a quelque chose d'ordinaire dans le dégoût ordinaire que cette petite femme ordinaire provoque chez les wallons ordinaires. On n'aime pas Justine. On n'aime pas son côté j'explique le monde parce que je ne suis pas de ce monde ou parce que je suis trop de ce monde. Justine ne partage pas les valeurs des wallons, elle est une jack-pot en jupettes, les wallons n'aiment pas les jack-pots encore moins en jupettes. Elle est indécente. Voilà...Indécente. Donc on ne peut pas vraiment la regarder. Justine est le vrai mal wallon... le wallon ne supporte pas d'être un tueur, un gagneur...juste un "réalisateur" de douleurs et de défis...C'est bon d'âtre wallon... Ca permet de dormir sur ses deux oreilles et de respecter l'autre. Je parlais de tennis ou quoi...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  20:56   0 commentaires         &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2016329538476784943-6763445663146823791?l=porte-paroles.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://porte-paroles.blogspot.com/feeds/6763445663146823791/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2016329538476784943&amp;postID=6763445663146823791&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2016329538476784943/posts/default/6763445663146823791'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2016329538476784943/posts/default/6763445663146823791'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://porte-paroles.blogspot.com/2009/04/autre-visage-wom2-originally-uploaded.html' title=''/><author><name>La notice</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2016329538476784943.post-1921213652098470358</id><published>2009-04-15T07:08:00.000-07:00</published><updated>2009-04-15T07:09:21.476-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>Helena Rubinstein&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Lights in a circle &lt;br /&gt; Originally uploaded by joki.&lt;br /&gt;La terrasse du Leffe est ouverte dans un nid d’ampoules que le vent caresse. En contrebas, la Meuse renvoie la douce clarté des candélabres et des guirlandes qui se noient en bordure de sa rive. Je longe le quai doucement, porté par un pas qui ne m’est ni habituel, ni familier. Il est sans destination. Je marche dans le simple but d’accompagner mon pas, fatigué et maladroit. Sur l’autre versant de la vallée, le long convoi d’un train de marchandises traverse la ville sur toute sa longueur, dans un bruit terne. Un bruit d’acier secoué. Je m’enfonce dans les petites venelles étroites. Là où habitait jadis Babouschka qui a déménagé son grand sourire et quelques meubles, un jour sans prévenir. La rue paisible, à peine éclairée, du toubib rassure par ses odeurs de soupes, ses lumières discrètes, ses volets ouverts sur des intérieurs qui font se côtoyer les classes sociales, sans animosité, rancoeur ou envie. Je croise Helena Rubinstein, pressée, souriante et haute sur des talons bruyants. Je croise le guitariste, un presque vieux au regard d’enfant qui chante une joie de vivre cassée, forcée, dans le train. Je croise Youki, le cabot bâtard de Bérangère qui ne mérite rien d’autre que l’engueulade tendre, si tendre, de tous. Je croise le bûcheron du Pont d’amour. Je voudrais croiser Marcelle pour qu’elle me demande si elle a toujours raison d’écrire. Je croise un échevin et un conseiller de l’opposition, un peu éméchés. Je croise la factrice encombrée de courrier à livrer encore, qu’estampillent son sourire et sa bonhomie. Je croise des regards qui cherchent des noms, des amis. J’ai pris le parti de dire bonjour à tout le monde. Tout le monde répond bonjour ou bonsoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  19:18   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mercredi, décembre 28, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Recenser&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Place Mairie 18e Paris-69 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Julie70.&lt;br /&gt;En fin d’année, recenser les gens. Les gens qu’on aime et qui sont entrés dans votre vie, ceux qu’on aimait mais qui en sont sortis sans rien dire, les autres qu’on n’aime pas forcément moins ou plus qui sont entrés de votre vie. Ceux aussi qu’on se demande pourquoi on les aime, ceux qui n’auraient jamais du vous dire qu’ils vous aimaient. Les gens qui ne font rien pour qu’on les aime mais qu’on aime tellement. Ceux qui ne savent pas ce que c’est que l’amour mais qui en donnent. Ceux qui ne veulent pas en concéder mais qui en donnent malgré eux. Ceux qui ne savent pas qu’ils sont l’amour. Ceux que l’amour effraie mais attire, ceux qui attirent l’amour parce qu’ils sont effrayés. Ceux qui se demandent pourquoi ils aiment ou croient aimer, ceux qui doutent de leurs sentiments, de leurs passions. Ceux qui tremblent de trop aimer ou de ne pas assez donner, ceux qui brillent ou se ternissent d’amour, de trop peu aimer. Ceux qui croient qu’aimer c’est gagner, battre, finir, commencer, achever, lever, coucher, briser. Ceux qui conviennent que l’amour est silence, patience, décence. Les autres qui pensent qu’il est urgence, décadence et insolence. Ceux qui aiment en silence. Ceux qui aiment par défaut. Ceux qui gueulent leur émoi, ceux qui le mutilent, le balafrent, le serrent, le brisent. Ceux qui ne savent pas de quoi on parle, qui en parlent sans savoir ce que c’est. Ceux qui pleurent de trop aimer, de pas assez aimer. Ceux qui rient de trop peu s’engager, de trop peu s’offrir. Ceux qui préfèrent chanter des chansons d’amour que de les vivre.&lt;br /&gt;Recenser les gens qu’on aime, les gens qui aiment. La plus belle aventure planétaire en ces derniers jours de l’an.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  11:13   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mardi, décembre 27, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jours suivants&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;papymi &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Ce qu’il reste encore. Tant de belles choses de Françoise Hardy dans itune sur l’ordi du bureau à côté du scanner allumé sur le dessin de Milo. Une dose de Brazil Blend dans le Senséo penché sur la tasse jaune. Trois figues douces et tendres; Deux petits Cortès. Une petite roue de reblochon à peine entamée, un saint-émilion grand cru Jean Voisin Fagouet à côté d’une plaquette de Coversyl 4mg et d’une bougie solitaire mais courageuse. L’étiquette de la boutique Baroc, 32, rue des fripiers, 7000 Mons, accrochée à une fleur en papier mauve. Deux larges paysages, aquarelles à la bougie de Louise. Lucy qui regarde un épisode d’Inspecteur gadget à la page 167 de Brooklin Follies. La nappe sur la table. Une nappe qui paresse sur une table de fête n’est qu’une envie de ne pas oublier trop vite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  16:28   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lundi, décembre 26, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nowel !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;papylou &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Un vrai beau Noël musclé, débridé, imprévisible comme il convient. Un Noël avec son lot de grandes envolées philosophiques de bout de table et d’emballages cadeaux au dessus des cadeaux. de disques qu’on a déjà, de bouquins à lire en priorité, de vêtements aux couleurs de sables, aux richesses chatoyantes. Noël ne vaut que si le baroque s’y invite. Les plus grands y étaient cette année. Papy beau et lisse, juste requinqué pour l’occasion, grisé par les pilules et un Sancerre rouge, le cheveux long et le verbe retrouvé, curieusement facile. A ses côté, Eminem se prend la tête en se balançant et fait surgir Bonnie et Clyde sur son biceps droit, sous le nez de Milo qui le suit dans un hip-trip d’enfer, sous les petits baffles. les boites font de leur mieux pour cracher du son sympa. Cachou avait sorti du four les petites bouchées pleines de crevettes et de poulet quand Paul Auster a débarqué de son lointain Brooklyn avec son pote Nathan Glass. Auster a vieilli mais il nous casse toujours aussi efficacement avec son humour nouillorquais. Assis à côté des deux américains, Quick Cam Pro regarde partout sans souffler le moindre mot, elle ne bouge pas la tête pour ne pas en louper une. Demain, elle nous rappellera nos petites folies. Elle a un côté raccuse-pot agaçant mais sans elle, pas trop de souvenirs à se mettre dans l’oeil. L’entrée est un périple exotique. Caro s’acharne sur les mandarines qu’elle marie avec des saint-jacques poêlées en douce et quelques olives noires, du cumin, de la menthe. Tout le monde se penche sur l’ assiètte comme au dessus d’un nouveau-né. Pauline Croze et la grande Sophie arrivent bras-dessus bras-dessous. Louise, éventail et longue jupe, est Esmeralda. Cela s’emporte et valse dans le couloir. Calogéro tire la tête dans le bureau et la ramène avec Bruxelles. En cours de nuit, c’est l’empoignade sur des valeurs à maintenir, des valeurs de vie. Ça larme et ça se défend. Le w-c fait le plein, le Cointreau a disparu. Que personne ne sorte. Personne ne sort. Fabrice fait la connaissance de Art Spiegelman qui est venu avec Arvö Pärt qui a lui-même convoque les choeurs et les cuivres. On se chamaille pour un châle, on s’écharpe pour l’écharpe. Les figues sont renvoyées avec l’agneau au lendemain; les fromages se tirent, seule la bûche s’impose. Le Sauternes parade en or et paillettes; Mv650 i filme la nuit. C’est une nuit à dormir debout. C’est le partage des chambres et des lits. Les ampoules des guirlandes n’en font qu’à leur tête. C’est un tirage au sort de coupe du monde; Spiegelman empoigne Auster qui chourave la bûche. &lt;br /&gt;A ce moment là, j’en profite pour sortir, regarder au travers de la grande baie vitrée le monde qui se fait. Quelques plumes de neige virevoltent lentement, gracieusement. Les voisins sont venu avec du pop-corn. On regarde comme au match. Sauf qu’il n’y a pas de gagnant.&lt;br /&gt;-Bon, j’y retourne, allez, Joyeux Noël.&lt;br /&gt;Louise me prend le bras gauche et Milo la main droite.&lt;br /&gt;-Tu tiens Papy ?&lt;br /&gt;-Allez, on y va...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  20:40   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi, décembre 24, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oser&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Merry Christmas!!! &lt;br /&gt; Originally uploaded by Gerald Yuvallos.&lt;br /&gt;Il y a bientôt un an que c’était l’autre Noël. Celui de cette année n’a pas les mêmes acteurs, les mêmes couleurs, le même rythme. Il n’a pas les mêmes spectateurs, la même musique.&lt;br /&gt;On ne s’assied pas dans les mêmes fauteuils, aux mêmes places, on ne boit pas les mêmes alcools dans les mêmes verres, on ne rit pas des mêmes choses, on ne va pas dormir aux mêmes instants, on n’a pas la même irrévérencieuse insousciance.&lt;br /&gt;On a changé d’époque et de style, de mesures et d’espoirs.&lt;br /&gt;Cela vaut pour des couples, des enfants, des familles dont j’ignore souvent tout mais qui portent leur nouveau destin à bout de bras.&lt;br /&gt;Il faut s’effacer parfois pour que d’autres défis s’imposent.&lt;br /&gt;C’est un drôle de Noël, cette année. Plein de neige artificielle dans une drôle de boule, parce que tout le monde veut que personne ne souffre. Somme toute, c’est un beau Noël... tellement généreux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut oser dire : Je vous aime.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  10:03   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;vendredi, décembre 23, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La grande roue&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;La grande roue &lt;br /&gt; Originally uploaded by instantdecisif.com.&lt;br /&gt;Depuis six jours, je n’ai pas mis le nez dehors. Ces jours d’absence sociale imposée par le traitement me font à la fois mal et me soulagent. Je devine une lente régression encore, une fatigue supplémentaire qui s’installe, une démission discrète de plus. Une part d’énergie qui s’envole mais en même temps, ce renoncement qui me pousse à dormir plus que de raison, nettoie mes pensées et restaure la distance nécessaire avec les temps du combat. J’ai trouvé la force d’écrire et de lire un peu.&lt;br /&gt;Aujourd’hui, je suis sorti un peu. Descendu dans la ville illuminée, j!ai vu la grande roue qui se penche sur la prison plus que vers le fleuve. Je suis allé chercher quelques cadeaux fous, rares, comme s’ils m’étaient destinés. &lt;br /&gt;Chantal, ma caissière adorée au Delhaize m’a demandé ce que je devenais, que j’avais l’air las et lointain. Un peu plus que la grippe... &lt;br /&gt;- Vous me raconterez ça après les fêtes, promis ? Ma psy préférée ouvre à l'occasion son cabinet au bout du tapis de la caisse neuf. Elle est la seule qui sait tout de moi. Ce que je mange, ce que je bois, à quelle fréquence et en quelle quantité. C’est une grande femme toujours souriante. Un accident l’à fragilisée et en partie défigurée. Son magnifique visage vit par les seuls sourire et regard qu’elle offre. Cette rature visible la rend pudique avec certains et impudique avec d’autres. Elle choisit toujours son camp. je suis dans le bon camp.&lt;br /&gt;Je rentre par l’arrière-pays pour éviter de retraverser la ville. La nuit vient déjà s’enrouler autour des arbres et le brouillard n’a pas lâché les champs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  17:53   3 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;jeudi, décembre 22, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rock around the Time&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;ratcposter &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Dans les années soixante, j’ai acheté mon premier disque 45 tours. Bill Haley, Rock around the Clock chez un disquaire de Couillet. Avec le fils de Simon, l’ami, sans doute secret, de ma mère. L’enfant qui achète un premier disque aussi historique et définitif que celui-ci a compris l’audace. L’achat suivant, aux Galeries Anspach de Gilly, est moins glorieux, un quarante-cinq tours de Danyel Gerard. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années deux mille, la télévision locale a consacré une émission de trente-trois minutes et trente-sept secondes à ma vie. Un seul plan, sans interruption, deux inserts des jardins d’Annevoie au montage. Plus de temps et de moyens auraient été gaspillage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années nonante, j’ai exposé soixante aquarelles de petits formats en arc de cercle, sans cadre, sous film plastic. Quelques unes furent vendues, d’autres offertes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années quatre-vingt, j’ai donné sa voix rocailleuse et agressive à Adalbert Tirouflon, paysan de Wavreille et personnage d’une saga radiophonique quotidienne de deux ans. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années nonante, j’ai descendu en rappel une falaise lisse, en schiste, à Waulsort, en compagnie de Jean Bourgeois et de Robert Van de Walle Cinquante-trois mètres de défi pour moi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années quarante, j’ai été très amoureux, tendrement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années septante, j’ai rencontré Lucifer à Goyet, peintre délaissé, l’homme, vivant en pagne et sans identité, s’est révélé être un sage révolté. Un homme qui pleure donc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années cinquante, j’ai eu la grippe espagnole moins célèbre, il est vrai, que l’asiatique qui la précédait. Je suis resté quelques jours dans le canapé de velours rouge et j’ai reçu un Hankwer Hunter, un avion Dinky Toys qui a volé quelques heures entre mes doigts avant de s’abimer va savoir où .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années septante, j’ai joué au basket-ball avec Charleroi Majeca, en première provinciale, sur la place de l’Ouest. Je portais un maillot noir, le 13. A la fin de chaque match, on pouvait gagner un poulet à la tombola expresse qui rapportait quelques sous au club, très pauvre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années cinquante, ma mère était belle, ravissante, une femme libre et généreuse. C’est seulement maintenant que je me rends compte à quel point ce simple mais essentiel paramètre nous a conduit vers notre existence. Flattée, courtisée, adulée, séduite ou séductrice, c’est elle qui a construit avant de la conduire la relation familiale au côté d’un mari trop préoccupé par sa tâche. Là où il était besogneux, elle était légère. Là ou il s’appliquait, elle virevoltait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années quatre-vingt, j’ai été amoureux à chaque seconde de mon temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années nonante, j’ai chanté la Requiem de Mozart dont les notes initiales et fermes sont entreprises par le pupitre des voix basses dont je faisais partie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années soixante, mon professeur d’anglais redoutable et redouté m’a vraiment appris l’anglais. D’autres choses aussi comme la tolérance, la vigilance, l’esprit d’équipe et le respect. Il parlait d’une voix douce et portait les cheveux en brosse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années septante, Jean-Pierre Verheggen a consacré un quart de page dans Libération aux recherches que j’avais effectuées sur l’art brut en Wallonie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années quarante, je suis venu au monde dans un beau paquebot rose à Charleroi. Aujourd’hui disparue, la Maternité Reine Astrid ressemblait à un bateau, fenêtres hublots et bastingages à tous les étages. J’avais le bras gauche cassé. Je n’ai jamais su comment il pouvait être cassé puisque je devais me construire au départ de cartilages. Mais c’est ainsi que l’histoire est venue. Mon bras emprisonné entre deux attelles et des infirmières autour de moi comme les fées autour d’un prince qui s’affairaient, me cajolaient. Mon rapport confiant et reconnaissant aux femmes doit venir de là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années cinquante, je suis tombé très souvent amoureux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années quatre-vingt, j’ai entendu pour la première fois, le choeur des moines de Chevetogne. Ils me sont si souvent et tellement simplement l’occasion d’une remise en perspective de toutes les choses du temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années soixante, je mangeais des glaces Ola achetée à “L’abeille” et des boules sûres, quatre pour un franc, de chez “Georgette”.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années nonante, j’ai vu une soucoupe volante, un objet volant non identifié dans un ciel sombre de novembre sur les hauteurs de Ciney. Immense comme un building, en forme de triangle, estampillé de trois points lumineux dans les angles et d’une tache brillante au centre, la chose se déplaçait lentement et silencieusement. Puis elle a disparu en prenant la direction d’Havelange. Le lendemain, Vers l’Avenir, le quotidien régional, chroniquait les aveux et confidences de dizaines de témoins dignes de foi qui avaient tous vus ce qui restera, pour eux comme pour moi, un passage entre la fiction et la réalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années quatre-vingt, j’ai passé une bonne partie d’une nuit avec Pierre Desproges. Repas copieux et considérations politico-culturelles. Des rires immenses et une intelligence fulgurante. Il a noté dans un carnet deux ou trois images qui lui sont venues en cours de discussion .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années deux mille, j’ai emporté les cendres de Paulina vers le cimetière de Ciney où elle a retrouvé Mamy. Les humbles osent écrire “Mamy” sur la pierre tombale d’un caveau familial qui est le dernier repaire de l’amour terrestre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années cinquante, j’ai mangé du riz au lait à la cassonade du petit garçon. Du choco Kwatta. J’ai fait partie de la brigade M, quelques mois plus tard aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années nonante, j’ai parcouru, chaque jour ébloui pendant un an, toutes les allées des magnifiques Jardins d’Annevoie. A en connaître la maîtrise des eaux et les niches des faons, le nom ainsi que la santé des arbres et le martin-pêcheur habitué du pont sur le petit canal. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années soixante, j’ai été, plus souvent qu’à mon tour, en amour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années septante, j’ai fait la une d’un hebdomadaire d’extrême-droite belge qui s’appelait le Nouvel Europe Magazine. L’institution pour laquelle je travaillais alors (mon premier travail, à vrai dire), La Maison de Nos Enfants, à Felenne réservait selon l’éditeur un traitement infamant aux enfants du juge. Il faut préciser que l’institution socialiste se séparait de sa directrice indélicate et libérale. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années septante, je suis devenu le parrain du premier fils de Jan Bucquoy, anar tendre, scénariste de bédés et cinéaste de “La vie sexuelle des belges”. Je n’ai vu Lawrence (comme Lawrence Durrell, écrivain référentiel pour Jan à l’époque) qu’à quelques reprises à Custinne où la famille de l’ex-libraire, orpheline de Gand, avait installé ses pénates avant d’éclater et de remonter vers la capitale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années deux mille, j’ai organisé avec Jean-Yves Laffineur et Jean-Pierre Binamé, le festival de musique du monde Esperanzah toujours aujourd’hui riche d’une générosité primaire et essentielle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années deux mille, je suis encore plus d’une fois de plus tombé amoureux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années soixante, j’ai adoré You keep me hanging on par les Vanilla Fudge, Friday on my mind des Easybeats, Good Vibrations des Beach-Boys, les Beatles et les Stones, alternativement. J’ai lu pourtant Juke-Box et Salut les Copains avec inspiration et me souviens de Françoise Hardy et Sylvie Vartan, dénudées comme l’époque le permettait, œuvrant à ma solitaire plénitude sexuelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années septante, j’ai fait la guerre à la caserne Marie-Henriette à Namur. Les combats étaient sporadiques à l’époque sauf dans les cafés du centre ville, repaires d’une résistance à l’ennemi intérieur. L’habitué y parlait plus de Marx que de Merckx.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années nonante, il y a peu de temps où je n’ai pas été férocement amoureux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années septante, j’ai conduit Cachou à la maternité où elle a accouché superbement avec bravoure et application de Caro en vingt-cinq minutes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années nonante, j’ai traversé, les larmes aux yeux, les cellules des moines dans le cloître San Marco à Florence. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années quatre-vingt, j’ai été vingt fois condamné par la justice de mon pays pour utilisation interdite de matériel de radiodiffusion, dépassement de la puissance d’émission et autres futilités liées à la transmission hertzienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années soixante, la neige était bien entendu plus blanche que de nos jours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années septante, je roulais en deux-chevaux Citroen. Dans les années quatre-vingt, en Lancia Théma, dans les années nonante en Roover, dans les années deux mille, en train. Un jour, enfin, je marcherais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années cinquante, j’ai reçu des “bonnes notes” de Soeur Rosalie à l’école de la rue des Audouins. Soeur Rosalie sentait le lait écaillé et parvenait à peine à enfourner les boulets dans la gueule du gros poele à charbon à l’arrière de la classe. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années soixante, j’ai vu Julian Beck et Judith Malina, le Living Theater au 140 et j’ai pleuré aussi au théâtre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années nonante, j’ai volé pendant vingt heures pour aller à Georgetown, en Malaisie, et y trouver la raison d’aimer les miens, si près, si proches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années septante, j’écoutais Mamy blue et Julio Iglésias dans les deux cafés du village de Felenne entre les heures de travail. Le café Malaise fréquenté par les aines et les travailleurs et le café Perpête réservé aux oisifs et aux jeunes. Avantage au second qui disposait, en plus d’un juke box, d’un kicker. J’ai donc appris très jeune la différence entre dix blondes en position de gardien de but et six brunes d’abbaye en pilier de comptoir philosophe. J’ai appris d’autres choses encore qui m’ont éloigné du sommeil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années quatre-vingt, j’ai pensé définitivement que Paul Klee était essentiel a qui voulait saisir l’ âme du beau et du juste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années soixante, je venais très tôt à l’école pour pouvoir jouer au foot, avec Walter, les autres et une petite balle en plastic jaune &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années qui viennent, et particulièrement celle-ci, je me réjouis d’être encore scandaleusement amoureux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  14:46   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une petite poignée&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;wom 15 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;J’ai tracé une ligne droite au centre de la feuille pour séparer sans équivoque deux colonnes. A gauche, j’ai griffonné le prénom des femmes de ma vie. A droite, avec la même application, le prénom des hommes qui avaient à un moment ou à un autre tenu une place importante tout au long, ou en des instants particuliers, des cinquante années d’une pérégrination naïve mais volontaire. Quelques conditions étaient indispensables pour entrer de manière utile dans la sélection. les hommes et femmes retenus devaient avoir été fréquentés personnellement, physiquement, entretenus par le langage et le corps et ne pouvaient rien revendiquer à titre posthume. Je devais les avoir entrepris et admirés de leur vivant. Leur âge n’avait aucune importance. La durée de notre relation non plus. Quelques instants d’une présence humble valent parfois mieux qu’un demi-siècle d’envahissements exigeants. Les prénoms de vingt-six femmes se succédèrent dans la colonne de gauche, cinq prénoms d’hommes dans celle de droite. Pour affiner la sélection, j’ai convoqué, en un second tour, les indispensables. Ici, une poignée de prénoms féminins n’ont pas été barrés. Aucun représentant masculin n’a trouvé grâce à mes yeux. Je me suis préparé un potage chaud. J’ai relu la liste dix fois, arrachant pour chaque visage évoqué les instants précis, ciselés que ma mémoire gardait précieusement. J’ai lu les prénoms des femmes à haute voix, lentement, doucement. J’ai vu comme chacun n’avait d’importance que parce que l’autre au dessus ou en dessous existait ou avait existé. J’ai compris que l’un existait parce que l’autre s’absentait, que celui qui brillait devait son éclat à la discrétion de l’autre. J’ai vu les fils ténus et souples de baves et de semences qui se sont noués de bouches à seins, de lèvres à ventres. J’ai senti d’un coup la démesure de notre existence, sa fulgurante beauté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  14:15   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mercredi, décembre 21, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marilyne&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Num%3F%3Friser0003 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Tu regardes ta toute petite. La mienne a déjà quelques années de plus. Elle marche et parle avec l’immense talent qui sera le sien. La tienne se débrouille pas mal avec de grands rires que ponctuent des phrases inachevées. Elle sent le vent. Tu as vraiment imaginé avoir un enfant qui sent le vent. Tu es de la chance, un enfant qui sent le vent de la Dordogne et du bordelais, c’est la liberté de vivre assurée. L’air du large qui se faufile entre narine et poitrine. Tu as de la chance, un enfant du vent.&lt;br /&gt;Comme tous les enfants du vent, elle a roulé du sud-est à la ville. Ces voyages qui font mal à tous et qui cassent le cœur avant de le sceller dans le plomb. Ces voyages qui aboutissent toujours dans des chambres de partages ou de solitudes. Des lieux où les choses et les gens traînent avant de vivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu devrais regarder ta toute grande. La mienne a déjà cessé de croître. Elle marche et parle avec l’immense talent qui est le sien. La tienne s’étend, se déplie, s’envole, sourit. Elle est le vent. Tu as vraiment imaginé avoir un enfant qui est le vent. Qui s’engouffre dans la vie des autres comme un courant d’air sec.&lt;br /&gt;Comme tous les vents, elle s’est trouvé des déserts à lever, des jachères à redorer. Elle a roulé de Paris à ses quartiers, des grandes avenues aux impasses, des illusions aux confusions. Comme tous les vents, elle a creusé ses sillons, ses chemins. Ces voyages qui aboutissent à des petits matins barbares et rauques. Des lieux où les gens vivent avant de se traîner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Grande, elle finit par se dire que d’autres vents la rattrapent. Grande, nous devrions lui dire qu’elle y arrive enfin. Que nous sommes petits tant elle est devenue grande.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:55   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mardi, décembre 20, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cuberdon&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;001_rick_sm &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Déjà dans l’histoire, un film essentiel. Casablanca.&lt;br /&gt;Le Ricks Café. Un café américain en bordure de l’avenue Louise. Le parquet ciré glisse et chante sous les pas des serveurs agiles et des dizaines de repas copieux et ronds sont servis à l’american society ou aux hommes d’affaires pressés qui s’y croisent le midi. A quelques pas de là, la blue tower, jadis appelée la tour Seïfi au dessus de laquelle tanguaient les antennes des deux radios que je dirigeais, détourne les vents frais pour en faire des courants d’air glacés. &lt;br /&gt;Viktor Lazlo, une chanteuse si belle des années quatre-vingt, s’est perdue un jour pour un direct dans les rue d’un faubourg de Namur. Elle était transie sous un petit pull rose indécent, indélicat.&lt;br /&gt;Le Ricks Café et Viktor Lazlo sont passés un jour dans ma vie. Là, ils ne sont que des références, des balises, des personnages d’un film élégant et pervers. Somptueux. La musique est présente dans presque tous les plans du film, comme un appoint de lumière ou d’ombre. Bergman est tout sauf une star. Je crois avoir embrassé un jour ses lèvres mouillées au champagne et que quelques cuberdons avalés en cachette rendaient plus délicieuses encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  15:10   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Inultime&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;ally &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Atkinson écrit :&lt;br /&gt;l'année goutte&lt;br /&gt;le jour s'étiole&lt;br /&gt;pour y remédier, peut être une tarte à la framboise et un thé&lt;br /&gt;prendre le bus l'apres midi peut devenir assez extrême, le 96 monte la pente, bondé, hurlé, comme un téléphérique angoissé, prêt à exploser, j'imagine des télé sièges tout le long de la rue de menilmontant, si j' étais une artiste millionnaire, je demanderai à Yvon lambert ou Saatchi de me payer ça: un télé siège de pelleport jusqu'au marais, comme oeuvre inultime&lt;br /&gt;les jambes ballantes dans l'air et une pomme d'amour dans les mains.&lt;br /&gt;Fabrice écrit :&lt;br /&gt;Dimanche soir, la grande dame et moi sommes retournés à Forest National où Jamie a vraiment 'déchiré'... Superbe spectacle avec la visite surprise de Toots.&lt;br /&gt;Phil écrit :&lt;br /&gt;Je me réveille en pleine nuit&lt;br /&gt;Anne, de nouveau à côté de moi, endormie&lt;br /&gt;La poitrine nue dans la lumière argentée de la lune.&lt;br /&gt;Marilyne écrit : &lt;br /&gt;le moral dans les talons.&lt;br /&gt;l'énergie ...pfuit... partie, envolée.&lt;br /&gt;je me perd, je me lasse je me désespère..&lt;br /&gt;je suis si fatiguée de lutter.&lt;br /&gt;fatiguée des secrets qui me rongent&lt;br /&gt;je n'en peux plus&lt;br /&gt;Virginie écrit :&lt;br /&gt;Je ferme boutique vendredi soir! Quinze jours de vacances dans les Pyrénées Orientales. dodo, lecture, feu de bois et bons petits repas en&lt;br /&gt;prévision... Je suis sur les genoux . Affectueuses pensées... Nous ne sommes pas si loin... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour fêter la fin de l’année, on est tous descendu, pour une fois, au bar d’à côté. Moins sélect qu’à Manhattan, plus balajo. Tous les potes sont venus comme dans les derniers instants de quelques épisodes de Ali Mc Beal. Quand il y a des flocons et des guirlandes de lumière partout et qu’on sait bien qu’elle ne va pas s’accrocher à Bon Jovi. Il y a sans doute du Mc Beal dans ce qu’on s’écrit, ce qu’on espère donner. Il nous arrive d’être superbement à côté de tout ou d’être pile poil là où se cache la tendresse. Il nous arrive de donner ce qu’on ne veut pas et de prendre ce qu’on était pas venu chercher. De venir en larmes et de repartir avec un pot de fleur, de se pointer défait et de repartir hilare. On peut faire les grimaces qu’on veut, des pieds de nez aux fous et aux fourbes. On peut s’imaginer nos enfants, dans cinq ans, en train de se moquer de nous, lisant des lignes que nous aurons du mal à revendiquer. j’entend la voix brûlante de Barry White, c’est bon signe. Il me reste quelques pirouettes à exécuter dans les toilettes, à m’expliquer avec le miroir et je reviens te faire danser.&lt;br /&gt;Inultime est quand même le plus beau néologisme de l’année.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  13:55   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;vendredi, décembre 16, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les gens biens&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;FTD-F063_tulipe2 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Je connais un fleuriste attentionné, généreux qui soigne ses clients à défaut de ses affaires. Je lui ai emprunté son seau de fleurs. Les deux qui suivent méritent de se le partager. Non... Ils en méritent un chacun.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Régine répond à Cyd&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis petit à petit, les vents semblent se calmer, la tempête perd en force et semble s'éloigner. &lt;br /&gt;Vous pouvez alors commencer à relever la tête, à prendre conscience que vous avez résisté, que vous êtes passé au travers.&lt;br /&gt;L'heure est au bilan, et je dirai que c'est ce moment précis qui est le plus pénible moralement : &lt;br /&gt;tout est toujours là, mais plus à la même place.&lt;br /&gt;Il faudra reconstruire une nouvelle vie, un nouveau rythme, un nouvel environnement et SE reconstruire en évitant, et Dieu que c'est difficile !, de culpabiliser par rapport aux enfants. &lt;br /&gt;Comme vous me l'avez justement dit les enfants ne seront épanouis que si Maman et Papa le sont eux aussi.&lt;br /&gt;Mais comme il est difficile de l'être après avoir livré pareil combat !&lt;br /&gt;Le temps fera certainement son office ... pour moi il est encore un peu tôt pour en parler ... je suis encore dans la phase de reconstruction.&lt;br /&gt;Je me permettrai donc de vous donner un seul conseil : Soyez présent, aimant et sans jugement négatif auprès de Caroline et des enfants.&lt;br /&gt;Ceci afin de les rendre plus forts et plus résistants pour traverser au mieux la tempête et faire face aux vents. &lt;br /&gt;Mais je devine, par vos propos et les récits de votre blog, que vous vous y attelez déjà avec ferveur ...&lt;br /&gt;Continuez, ils ne pourront que vous en remerciez la tourmente passée !&lt;br /&gt;Dernière précision avant de clôturer mon oraison : &lt;br /&gt;même s'il est vrai qu'un sentiment de tristesse m'habitait lorsque j'ai quitté le train, ce n'est pas vos propos qui en étaient la cause, mais bien le souvenir de tous ces moments pénibles traversés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n'ai donc rien à vous pardonner... mais plutôt à vous remercier de m'avoir mis en confiance pour m'exprimer &lt;br /&gt;Il y a des matins qui font tellement du bien !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Régine&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(texte complet sur “comment” Cyd 12/01/2005 - 12/31/2005 de Porte-paroles).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vincent s’inquiète de la souffrance&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le médecin qui me reçoit le matin pour l’injection a une allure de « Professeur Tournesol ». A mots choisis, il m’explique la procédure (sans douleur) et le but de l’imagerie : détecté une inflammation osseuse (ostéite). Ses mots ont la lenteur du professeur d’école primaire qui essaie de rassurer face au monde inconnu et complexe dans lequel il est expert : la Médecine Nucléaire. Cheveux hirsutes autour d’une calvitie centrale, il parle lentement et son discours tient de l’humanisme qu’il dégage. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais ce jeudi après-midi, ma souffrance se relativise quand mon vieil ami bourru Jean-Pol entre dans mon bureau après un « dîner d’affaires » avec notre directeur, Antonio. Il est accablé. Son visage est celui d’une Souffrance Intérieur masquée. Je ne l’ai jamais vu se plaindre en public. Je lui arrache quelques mots sur son état mais comme à chaque fois, j’ai droit à une pirouette humoristique. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sa souffrance le transcende. Son langage, notamment dans le Rite, est celui d’un être qui peut comprendre et aider nos pélots dans leur « souffrance du travail ». Si ces moments vécus en formation dans le Rite sont si intenses, c’est justement parce que ses plaintes de sa souffrance, Jean-Pol les a transformé en mots. Mots qui réveillent, mots qui secouent, mots qui « heurtent », mots qui déchirent, mots qui font « mouches » pour autant que les hommes et les femmes qui les entendent soient prêts à les recevoir. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jean-Pol souffre devant moi mais continue malgré sa foi : Foi en l’Homme, Foi dans le message qu’il veut laisser. Et à ce moment-là, ma souffrance personnelle est minime mais le Rite doit continuer malgré tout. Faut-il souffrir pour transmettre cette notion d’éternité que l’on a en chacun de nous et que l’on voudrait voir perdurer ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La souffrance physique, comme disent les Écritures, est toujours le fil conducteur de la sanctification céleste mais à quel prix, terrestre ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(texte complet sur www.lapartdesmots.blogspot.com )&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  13:58   2 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;jeudi, décembre 15, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lumières&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Champs Elysées lights &lt;br /&gt; Originally uploaded by Andy Gilham.&lt;br /&gt;Les broderies de lumières glissent doucement sur les quais en bordure de Meuse. Les rues à l’intérieur de la ville dégoulinent, à l’excès, de paillettes lumineuses. Vers vingt heures, il n’y a plus personne dans la ville, pas un touriste, pas un passant. Quelques voitures se faufilent vers les magasins de nuit. Je suis immensément seul dans une féerie silencieuse et déplacée. Un sapin manque sur le pont, volé probablement parce qu’accessible et tentant. Le silence blanchit la lumière et la rend triste. Pensée pour Marilyne aux prises avec les lumières de Paris. Sur scène et en rue, tromper, illusionner.&lt;br /&gt;Faut-il que nous ayons besoin de souffrir pour aimer ou avant de l’être ?&lt;br /&gt;Déjeuner avec Antonio. Je ne dois plus “m’exposer” personnellement au travers du Rite. Je ne dois plus livrer bataille au risque de prendre des coups. Des coups assénés, sans doute aussi, à la Mirec. Je suis revenu très tôt, très éloigné des conseils et messages de l’homme généreux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  20:50   3 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mercredi, décembre 14, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patricia&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;merci &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Fin de Rite à la Porte Ouest. Je suis fatigué, accablé par la douleur. Le dernier jour d’application sincère pour cinq femmes qui donnent ce que je leur demande de donner. Avec des larmes et de l’injustice au creux des poings. Des histoires qui, comme toujours, expliquent qu’elles en sont là, à questionner le futur, à se chercher un rôle, une place. A penser leurs blessures avant de les panser. Le Rite marque la fin d’une époque pour tous les participants, une époque de soumission à la fatalité. Le Rite marque le début d’une époque de combat. C’est fini vers midi. Tout le monde est aussi fatigué que je peux l’être. Patricia sort de son cahier une enveloppe sur laquelle il est écrit “Monsieur Jean-Pol”. Au verso de la carte colorée elle a écrit au dessus de sa signature “De tout cœur , Merci”. Elle ouvre son petit thermos bleu au dessus de quatre tasses et nous offre une soupe épaisse au potiron. Tout le monde boit en silence le potage qui nous remplit d’une vigueur bienvenue. Patricia a deux enfants de dix-huit et douze ans, qu’elle élève dans le respect de valeurs équilibrées et nobles, riches et presque désuètes. Elle confesse, avec retenue et dignité, qu’elle a été SDF pendant quelques mois. J’ai devant moi une femme sauvée déjà, qui construit le futur de ses enfants. Patricia va conduire, chaque jour, au cimetière une proche et très vieille voisine qui vient de perdre son mari. Je la bouscule :&lt;br /&gt;-Tu ne vas pas aller travailler Patricia, tu vas continuer à te mettre au service des autres sans prendre la peine de t’occuper de ta propre vie.&lt;br /&gt;-Non, je vais lui expliquer que je dois travailler, elle comprendra... Le samedi, je pourrais la conduire au cimetière. &lt;br /&gt;Patricia est la bonté même comme il est donné rarement de la rencontrer. Je l’embrasse longuement comme il est essentiel de le faire quand on doit montrer aux gens, aux combattants, aux sages qu’ils ont raison d’être ce qu’ils sont.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:56   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dimanche, décembre 11, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Doucement&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Sunset at Sønderstrand, Rømø &lt;br /&gt; Originally uploaded by ·heiner·.&lt;br /&gt;Caro et Fabrice sont venus dîner. Fatigués comme on l’est un dimanche. On ne doit rien demander aux fins d’après-midi des dimanches. On doit se laisser glisser dans les fauteuils; dans la lumière douce et la clarté de quelques bougies. On doit essayer d’oublier la fatigue de la veille. Parler sans faire de bruit, ne pas réveiller les passions ni les étrangetés de l’existence. Sourire doucement pour rien, s’étirer, se rappeler qu’on travaille demain mais pas trop. Ils ont passé la soirée de samedi avec Gaëlle et Olivier, un couple cher à la tendresse et à l’amitié de Caro. Lui, au caractère trempé (dans tout ce qui gouleye) et elle si douce. Un de ces couples qu’on est heureux d’avoir comme ami.&lt;br /&gt;Quelques photographies d’hier sur lesquelles tout le monde était plus léger et souriant, qu’on commente en riant. Un saint-émilion pour un civet de biche et un gâteau aux spéculoos; Une fin d’après-midi d’un dimanche d’hiver donc, à laquelle on ne demande rien sinon de finir en beauté. Ils s’en vont dans la nuit vers un lit. discrètement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:30   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi, décembre 10, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Batman&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Bat 1 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Batman est venu prendre un pot à la maison. On en a profité pour refaire la galaxie mais aussi pour se dire ce qu’on a trop peu souvent l’occasion d’oser. Ça nous soulage tous les deux. Sa liquette noire est un peu usée maintenant et son casque n’est plus agréé aux nouvelles normes de sécurité. Il prend des risques à se déplacer comme il le fait. Et pourquoi, s’il vous plaît ? pour des raisons pas toujours très claires et souvent naïves de protection des plus pauvres, d’assistance à ceux qui sont en danger, de recours ultime offert aux faibles, aux minorités et aux plus vulnérables en général. Il est moins définitif sur son utilité qu’il y a quelques années quand il maintenait la justice dans les cases des bédés. Il se pose des questions sur la fin de sa carrière et le maintien de ses droits. Il a bu plus que de coutume, ce qui l’ouvre à un humour douteux. Il imite superman avec une pointe de jalousie. Tu vas pas rentrer dans un pareil état ?&lt;br /&gt;Deux essais infructueux de se dégager par la porte et la fenêtre le poussent à accepter mon hospitalité. Après quelques dernières gorgées, il s’effondre dans le canapé. Je lui arrache péniblement ses vieilles bottes. Il y a un trou dans sa combinaison et le gros &lt;br /&gt;orteil du pied gauche en profite pour s’enfuir. Il dort.&lt;br /&gt;Je regarde mon vieux pote avec toute l’indulgence qu’autorise notre complicité de toujours. La part de moi sous les habits noirs fatigués comme celui qui les porte me remonte par la gorge et serre le cœur. Parfois le batman qui nous est le plus cher, celui que nous portons en nous, se paie un coup de blues. &lt;br /&gt;Il faut alors en prendre sa meilleure part au creux des mains, sortir dans la nuit froide, et jeter au plus haut, en direction de Sirius, la petite forme noire comme on le fait d’un moineau qui s’est assommé contre une fenêtre, qu’on croit mort et qui revit en dépliant ses ailes dès qu’on lui dit : va .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  11:29   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;vendredi, décembre 09, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Babette&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Pfilm1169531931 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Le village, Sorinnes, n’a pas encore ses allures et parures de Noël. Trop proche de la grand route, il n’a pas non plus la discrétion, la nonchalance des autres écarts de la vallée. Là où quand elle tombe, la neige tient. Là où les guirlandes de lumière semblent s’accrocher naturellement aux arbres et façades.&lt;br /&gt;J’ai renoncé au vernissage à Jambes pour écouter Colette Nys-Mazure raconter l’exigence familiale. Dans la petite église, les paroissiens sont nombreux ce soir. Pas rien que les paroissiens puisqu’on straraque ailleurs et que deux cents personnes sont venues quand même.&lt;br /&gt;Elle est exactement, à la ride près, comme je pensais qu’elle était.&lt;br /&gt;Elle dira précisément, sauf à citer Lacan à deux reprises, ce que j’attendais qu’elle dise pour me réchauffer et me mûrir.&lt;br /&gt;Parfois, on va au cinoche pour se faire une frayeur devant une toile d’horreur. Ici, je suis venu pour me faire bonheur en écoutant la mesure, le rythme du don. Vieux Tasiaux lui donnera la réplique en Dieu improvisé. Vieux Goffinet lui servira le thé au miel à la maghrébine. Elle signera quelques exemplaires de ses ouvrages vendus à la sauvette.&lt;br /&gt;C’est tout. Je rentre dans le froid. Quand je rentre dans le froid d’une soirée qui m’a apporté son poids de tendresse ou de plénitude, je pense toujours aux dernières images du Festin de Babette. C’est un réflexe. Quand j’y pense, c’est que j’ai pris l’essentiel du meilleur, le plus simple du beau. La vérité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  23:15   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Zip&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Zip &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Aujourd’hui j’ai mangé un Zip.&lt;br /&gt;Il y a plus de trente ans que je n’avais pas mangé un Zip.&lt;br /&gt;Trente années, ça change la carte magnétique du palais, l’appréhension des saveurs et le baratin d’adhésion ou de dégout.&lt;br /&gt;Le Zip contemporain est plus mou que celui de jadis. Incontestablement.&lt;br /&gt;Le caramel effiloché reste une composante majeure et bénie du biscuit mais sa carapace est devenue tendre et vulnérable. Il y a moins de mérite à conquérir un Zip. Hier, les dents devaient vaincre. Aujourd’hui, elles accompagnent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:39   4 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;jeudi, décembre 08, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vie de château&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Num%3F%3Friser &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Camille est là. Comme Clément ou Charlotte ailleurs. Des enfants pas encore au bout de leurs peines mais surtout pas encore au bout de leurs joies. J’aime, lointaine et douce amie, la manière dont vous me confiez vos poignées de sable. Il faut faire vite pour profiter de la chance offerte. Le sable file entre les doigts et reste alors le souvenir de sa lente dérobade. Et si vous nous construisiez un château de sable, une de ces forteresses que seules les marées détruisent. Nous savons, vous et moi, que les marées ne concernent que les vieux frileux qui se promènent sur le littoral, dans les vaguelettes, en tenant à la main leurs chaussures. Les autres savent que les châteaux résistent. A toutes les tempêtes. &lt;br /&gt;Je descends sur votre épaule à Noël. &lt;br /&gt;Je descends sur vous à Noël est un doux serment improbable mais tellement sincère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:52   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Anna&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;293041136_small &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Chère toute petite Anna,&lt;br /&gt;Une fois l’an, les hommes et les femmes de la Mirec se retrouvent ailleurs que dans le couloir de soixante-sept pas flanqués de bureaux inflammables et bruyants. Une fois l’an, c’est le repas de corps (comme on dit à l’armée), celui qui instaure ou restaure, réhabilite, noue ou renoue, celui du pardon ou de la rancune. Les plus jeunes ignorent les vertus du potlach. Ils en ignorent la définition, le sens et la vertu. Une fois l’an la Mirec convie au banquet de ses riches. Les riches de forces, de vertus, d’idées. Dommage qu’on ne sacralise pas ces instants, trop bâclés pour faire sens.&lt;br /&gt;J’ai regardé, chère toute petite, nos collègues.&lt;br /&gt;Ils sont tous si dignes. D’ un tendre respect à défaut d’une glorieuse reconnaissance.&lt;br /&gt;J’ai un regard sur quelques visages proches. Didier, dont l’immense intelligence de la relation en fera un maître. Vieille Monique qui aurait mérité Toulouse-Lautrec pour la peindre et Albert Cohen pour la raconter. Patrick et Roberto qui, empêchés de boire jusqu’à plus soif, préfèrent tirer leur révérence et leur bon coup ailleurs. Franklin, seul dans sa noire détresse. Sandra le trop douce de la Porte ouest. Stéphania, fébrile, grippée, dont je découvre seulement maintenant l’essentiel. La main de velours dans un gant de fer mais aussi le si beau visage paisible. Petite Sabrina, si tendre, qui vit la rupture et le banal de la vie. Pascal de Trace, héros grec cassé à ne plus pouvoir se battre. Les images des autres se superposent les unes sur les autres. Leurs rires se confondent et leurs sourires trichent souvent mais s’acharnent surtout.&lt;br /&gt;Pascal voudra me dire qu’il y a encore du travail comme s’il fallait construire une université. Le défi est si beau mais venu si tard sur ma route. Antonio me serre la main avec la générosité d’un frère de combat, d’un guérilleros inquiet.&lt;br /&gt;Vrai. Vrai que nous restons en guerre. C’était seulement un moment de tendresse.&lt;br /&gt;Voilà, chère toute petite, ce qui s’est passé ce jour. Avec tout cela, j’ai oublié de te dire que tu tenais dans les bras le plus beau bébé du monde. Mais je pense que tu n’as pas attendu que je te le dise pour en être persuadée. Je t’embrasse, toute petite, je t’embrasse pour la route et surtout les mille virages à négocier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:27   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mercredi, décembre 07, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lessive&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;lou10 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;J’aime ma fille.&lt;br /&gt;Pendant près d’une heure j’ai regardé ces lignes toutes simples écrites sur l’écran. &lt;br /&gt;J’aime ma fille.&lt;br /&gt;Le mot “fille” est beau parce que dressé et fier. Bien plus beau que “garçon”, emprunté, presque vulgaire.&lt;br /&gt;J’aime ma fille.&lt;br /&gt;Il y a dans “j’aime ma fille” le champ qui lève et la tige avant la fleur, la plante gourmande qui se dresse. Une fierté.&lt;br /&gt;le J est droit, et toutes les lettres de “fille’ sont hautes.&lt;br /&gt;J’aime ma fille&lt;br /&gt;quand elle se bat.&lt;br /&gt;Se battre, c’est ramasser ses vêtements sales et les laver. Transformer le tas en lignes. Le tas à laver en lignes à sécher. Je suis accroché comme d’autres au fil, une pince à linge dans la main droite, une autre dans la main gauche. Balancé, bousculé, secoué par le vent qui assèche et calme. Traversé par l’odeur du naturel, de la pureté, le sent-bon originel. Je suis dans les simples qu’on lave. Je deviendrais un jour un petit chandail qui réchauffe comme d’autres deviendront des chemises et des blouses.&lt;br /&gt;Mais d’abord,&lt;br /&gt;J’aime ma fille&lt;br /&gt;qui propose la lessive au vent.&lt;br /&gt;Il faut oser proposer la lessive au vent.&lt;br /&gt;Parfois, le vent décline la lessive.&lt;br /&gt;Il faut alors la patience pour rendre les éléments au soleil, à l’ombre, à la douceur, à la tendresse, à la chaleur.&lt;br /&gt;On se rend compte alors que les cigales sont venues chanter dans la lessive.&lt;br /&gt;On sourit alors de l’insolence.&lt;br /&gt;On est prêt&lt;br /&gt;alors, à s’entendre dire, je t’aime.&lt;br /&gt;Une petite phrase qui n’a plus rien à voir avec&lt;br /&gt;“J’aime ma fille”, décidément bien rétrograde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  00:08   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mardi, décembre 06, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ryan&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;spr_024 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Quelques gâteaux sont déjà en vitrine chez Wittamer. Une belle tarte aux pommes et quelques ganaches. Un peu plus haut dans le quartier du Sablon, en bordure du petit parc, les bâtiments de la Défense nationale courent dans une rue fraîchement repavée. Brigitte, capitaine, ma capitaine, va conduire l’intervention en français. Un major pour les néerlandophones. Dans la rue des Petits Carmes, se situe le dernier club de l’armée belge. Les autres îlots de nostalgie, dans les casernes du royaume, ont fermé leurs portes aux petits vieux gradés, aux retraités et à leurs épouses, aux notables et magistrats en quête de déjeuners sobres mais réglés par une machinerie que l’uniforme et la déférence obligent. Il est question, ici et maintenant, du recrutement de la troupe. On ne parle plus de guerre mais de missions de paix. Qui le soldat Ryan va-t-il sauver ?&lt;br /&gt;Aidez-nous à trouver des recrues. Préparer aux premiers tests du recrutement ne suffit pas, il faut besogner pour ouvrir à nos pêlots les portes bien gardées d’un bastion où l’illusion de démocratie et d’acceptation de la différence cachent la pénurie de main-d'oeuvre Ils ont leur place, nos colorés de la peau, dans le fortin des baroudeurs. J’ai connu sans qu’il le sache, par un hasard de la vie, le général chargé de la formation des gars. Il m’est sympathique bien que, jadis, redoutable adversaire. Je sais comment l’aborder, nous avons bataillé sur les mêmes territoires à des moments différents de notre vie. Rendez-vous est pris avec Brigitte, ma capitaine, pour le début de l’année qui vient.&lt;br /&gt;Je retrouve la rue Pépin, la petite voie de la Rainette, les troquets de l’époque ont disparu. Le quartier, hier mal famé, est devenu européen. On ne boit plus de Rodenbach chez Jean parce que Jean n’existe plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:35   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lundi, décembre 05, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Constant&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Fishing in the Early Morning &lt;br /&gt; Originally uploaded by bard of the lake.&lt;br /&gt;Aujourd’hui, un des pêlots qui m’est sympathique, m’a longuement et doucement parlé dans le couloir de la pêche qui est son seul passe-temps, son seul recours face à la tristesse de la vie. Il m’a raconté le bras mort de la Sambre et le blanc qu’il ramène à la berge sans en avoir vraiment envie. Parce qu’il faut faire quelque chose du “temps de sa vie” et montrer qu’on existe encore. Et si tous les pêcheurs n’étaient jamais que des grands baroudeurs au prise avec la modestie de leur existence. Je pense à ce vieux Constant, mon si vieux, si discret et si lointain beauf qui traîne sur les rives de la Meuse ou du Canal Albert, une si paisible passion. Cacherait-elle une si douloureuse injustice, une si violente révolte ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  22:21   0 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cyd&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;sofa05 &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;J’effectue la seconde partie de mon voyage matinal ferroviaire, le trajet entre Namur et Charleroi, avec Régine, une femme généreuse au sens biblique du terme, que la quarantaine traque mais n’inquiète pas et que la rudesse de la vie a obligé à pactiser avec l’arbitraire. Rupture du couple et sauvegarde des enfants. Un fils aîné aux études à Malonne et une petite, si toute petite encore.&lt;br /&gt;La femme a le caractère que veut bien révéler son sourire merveilleux et son rire jovial.&lt;br /&gt;Son visage, si parfaitement équilibré et rayonnant, cache toutes les formes de douleurs. De la plus dérisoire à la plus sensible. Elle a appris à se battre contre l’injustice de la séparation avec les armes de la tendresse.&lt;br /&gt;Inquiet pour Caroline, je lui ai naïvement demandé comment elle avait procédé pour passer au travers de l’épreuve qu’est la rupture, ce qu’elle avait mis en branle, en oeuvre, en défi pour asseoir sa force souveraine.&lt;br /&gt;Je n’ai pas réalisé le mal que je provoquais ainsi et soudain.&lt;br /&gt;Il n’y a pas de rédemption pour le coup.&lt;br /&gt;Elle a du recourir au conseil pour elle, à l’écoute pour les enfants, à la confiance transmise pour se tirer d’une sale affaire. Elle le raconte dans le bruit du train. Je m’en veux. Elle parle des enfants protégés et d’elle sauvée à moitié. &lt;br /&gt;-Ma mère pensait que mon sourire était de l’insouciance, c’était le change, ce qu’il fallait donner pour apporter la sérénité à tous.&lt;br /&gt;Je m’en veux.&lt;br /&gt;Il faudra qu’elle me pardonne l’écart. Je la sens si triste quand elle descend sur le quai.&lt;br /&gt;J’aurais été mieux inspiré d’écrire quelques mots sur Cyd Charisse. Ce sera pour demain ou un autre jour, peut-être. &lt;br /&gt;Comme si cela ne suffisait pas, le vieux Vincent est toujours plein d’attentions. Une sale journée donc pleine de belles promesses. désespérées. Tellement généreuses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  21:28   1 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dimanche, décembre 04, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je crois que le jour est levé&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;5 pièces &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Huit heures, la maison s’éveille. Milo se penche doucement au dessus de ma tête.&lt;br /&gt;-Je crois que le jour est levé.&lt;br /&gt;Petit regard sur le chantier de la fête. Tous les jouets en l’état, abandonnés ou en suspension dans le temps. L’hélico transporte encore un valeureux soldat qui attend d’être propulsé dans les airs. Les billes roulent par terre heureusement canalisées par les joints du carrelage. La moto de Batman est toujours au garage, lui par contre, a été appelé en mission toute la nuit, il a dormi à côté de Milo. Chez Louise, le set de sorcellerie appliquée et de confection d’amulettes s’impose. J’ai droit à un collier magique pour ne jamais avoir froid et un pour être guéri de tout. Si je vous disais que ça marche!&lt;br /&gt;Les femmes dorment encore à dix heures. J’ai donc du trouver seul deux paires de chaussettes assorties pour marcher pas rien qu’à pieds nus sur le sol entre les bonbons et les boites, admirer le bronze géant du gaillard, coulé dans le pot après une séance d’équilibriste sur la planche, choisir et préparer les corn-flakes qui s’accomodent de l’humeur des deux. Me rabattre sur un café corsé pour affronter le montage d’un dragon orange. Trouver une excuse grossière pour ne pas avoir à assembler mille bouts de plastic d’un Playmobil. Ramasser tout ce qui traîne dans les coins, deux figurines, quelques “chiques”, m’asseoir et écouter les bons plans et les histoires qui accompagnent le maniement des jouets. Il n’y a pas de jeu sans apport de la parole, du cri, du soupir. Pas de pratique de l’art de jouer sans la construction de fictions personnelles, intimes. J’écoute mes petits construire leur monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; délivré par Jean-Pol Lefebvre   à  10:44   3 commentaires           &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;samedi, décembre 03, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Double enfance&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;clerc &lt;br /&gt; Originally uploaded by Jean-Pol Lefebvre.&lt;br /&gt;Les anges plongent dans la vallée pour un rendez-vous avec le Saint. Le grand, celui qui parvient à faire se dépasser Cachou, à lui faire parcourir des kilomètres pour vérifier personnellement la couleur d’un dinosaure en mousse, la taille d’un hélico ou d’une poupée à piles et cheveux mauves, la solidité de la moto de Batman.&lt;br /&gt;C’est déjà le quatrième rendez-vous de la journée avec le barbu pour les petits. Une livraison chez maman, un paquetage chez papa, chez mamy y a partout du rêve et ici, au milieu de la presque nuit, c’est la conquête de nouveaux emballages, de mécanismes et de pièces à empiler, de jeux à déployer. Entre l’étonnement et la fatigue, entre la lassitude et le contentement, les gestes se font plus lents et les engouements plus discrets. Bientôt il faudra rendre les armes vaincus par le trop à faire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’enregistre à la va-vite l’opus de Clerc. Double enfance. J’aurais pas du mettre mes oreilles là dessus, j’aurais pas du prendre la peine de m’attarder sur ce titre. J’aurais du casser le disque. Ça parle de la séparation des adultes et de la marque douloureuse que laisse la rupture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand Paulina et Robert se sont séparés, j’avais douze ans. Je me suis rendu compte qu’il était parti parce que la bibliothèque avait disparu et laissé sur le papier peint son “ombre claire”. Partis les “Tout connaître”, les albums de vignettes des chocolats Jacques, les dictionnaires, les cartes routières et les livres de science-fiction et d’anticipation dont les couvertures me fascinaient. Je m’arrêtais soudain d
